Abbé Rémi Thinot

24 JANVIER – dimanche –

J’ai fait hier la connaissance de M. Couennon, de Rennes, aumônier du 10ème Corps ; il en veut à mort au 17ème Corps qui, en Septembre, à Suippes, a arraché les croix du cimetière, y compris celles des soldats morts, pour faire du feu…

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à Reims

Louis Guédet

Dimanche 24 janvier 1915

134ème et 132ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Journée froide, glaciale, calme après la tourmente de la nuit, où l’on s‘est battu fortement. J’ai mis à peu près mon courrier à jour. Personne (ou presque) n’est venu me déranger. Vu M. Renaudat  qui se rend compte que nos troupes s’amollissent et qu’il faudrait une marche en avant. Bref il ne sait trop que me dire. Après l’affaire de Perthes-les-Hurlus on doit s’attendre à toutes les lâchetés des troupes des XVème et XVIIème Corps et encore plus de la part des officiers que celles des simples soldats.

Les génisses du Midi !! quoi !! Tas de lâches !! Quel châtiment auront-ils donc pour leur lâcheté !! Nous ne devons cependant pas toujours trinquer (payer) pour eux !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

24 janvier – Bombardement et fusillade.

Le Courrier publie aujourd’hui ce court avis :

La classe 1917.

Nous sommes autorisés, en réponse à certaines indictions prématurées, à déclarer qu’il n’a jamais été question jusqu’ici d’appeler la classe 1917.

En lisant cela, je pense tout de suite qu’on peut être certain que l’inscription de cette classe ne tardera pas à être ordonnée, car c’est ainsi que les journaux nous ont appris à lire ou plutôt à comprendre certains communiqués officiels qu’ils ont à insérer dans leurs colonnes.

 Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Dimanche 24 – Nuit tranquille pour la ville. Grand’messe rue du Couchant.

Envoi de l’Adresse (au Cardinal Mercier) à Bordeaux. Canons Français et fusillade de temps en temps toute la nuit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Eugène Chausson

24 – Dimanche. Assez beau temps. Violente canonnade de nos grosses pièces jour et nuit un peu moins la nuit cependant

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


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Dimanche 24 janvier

Notre infanterie répare sur tout le front les dégâts causés par la tempête dans nos travaux. Nous avons légèrement progressé près de Lombaertzyde. Combats d’artillerie autour d’Ypres, d’Arras, d’Albert, de Roye et de Soissons; les Allemands bombardent Berry-au-Bac, échouent dans une attaque près de Beauséjour, sont repoussés dans l’Argonne, subissent des pertes sérieuses près de Saint-Mihiel. En Alsace, le combat continue dans le massif d’Hartmannsweilerkopf et nous gagnons du terrain près de Cernay.
Une grande concentration de troupes autrichiennes s’opère en Bukovine. Une division hongroise qui a attaqué les Russes de ce côté a été défaite. Le général allemand von Kuk, qui commande dans Cracovie, a réclamé d’urgence des renforts.
Le président du Conseil autrichien, le comte Sturgkh, est sur le point de démissionner.
Le choléra se développe en Hongrie.
Le gouvernement allemand fait pression sur la Roumanie en protestant contre la mobilisation ordonnée à Bucarest.
Le prince Youssoupof, envoyé extraordinaire du tsar, est arrivé au quartier général français pour remettre au général Joffre les insignes de l’ordre militaire de Saint-Georges.
La Grèce convoque plusieurs classes de réserve.
L’Allemagne a appelé l’attention du gouvernement de Washington sur l’importance des fournitures d’armes que les négociants américains ont faites à l’Angleterre.

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