Paul Hess

Depuis plusieurs jours, la gare est assiégée pour les départs de Reims. La nuit passée, des gens qui n’avaient pas pu prendre le train, faute de place, ont dormi dans les promenades afin de pouvoir partir dès la première heure, aujourd’hui.

– Le journal L’informateur de Reims, en date de ce jour, porte en manchette : Les Français continuent de supporter le choc des Allemands et leur infligent des pertes considérables, et ceci est suivi simplement du communiqué qui dit, entre autres choses… Des forces allemandes se sont avancées dans la région de Rocroi, marchant dans la direction de Rethel. Actuellement, une action d’ensemble est engagée dans la région comprise entre la Meuse et Rethel, sans qu’il soit possible d’en prévoir l’issue définitive.

Paul Hess dans La Vie à Reims pendant la guerre de 1914-1918

Marcel Morenco

Épernay, mardi 1er septembre 1914

Après une nuit blanche, je renonce à aller au bureau de recrutement de Châlons-sur-Marne et je reprends à bicyclette la route de Reims. Pendant 30 Km, je ne croise que convois de vivres et de munitions, qui à toute allure se replient de Reims à Epernay. Mon voyage s’effectue dans un nuage de poussière et mainte fois je risque d’être écrasé. A Reims, les grands services sont arrêtés: chemin de fer, banques, postes ne fonctionnent plus. Beaucoup de Rémois ont profité des derniers trains pour fuir. Journée d’angoisse, les Allemands approchent, les forts ne tirent pas, on ne se bat pas.

Marcel Marenco

Paul Dupuy

Visite de P.D. au 16 de la rue du Carrouge une femme d’en face, qui secoue ses tapis, le regarde d’un œil inquisiteur et soupçonneux. Il ne s’en effraie pas, et entre hardiment dans l’immeuble que la foule du matin semble avoir évacué.

Suivant le conseil d’un écriteau trouvé sur les marches de l’escalier, il ferme le compteur à gaz ; pour celui à électricité, dont il ne connaît pas le maniement, il demandera à Félicien de venir faire le nécessaire.

Le parcours de tout l’ensemble n’ayant rien accusé d’anormal, il se retire enlevant comme prises de guerre un artichaut et trois tomates au profit du 23 de la Rue de Talleyrand.

Dans l’après-midi, les hommes des N° 22 et 23 s’en vont.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires

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Mercredi 1er septembre

Violente canonnade sur l’ensemble du front, où nos batteries opèrent efficacement contre les tranchées ennemies.
Ces actions d’artillerie sont particulièrement vives en Belgique (Hetsas), en Artois (Neuville), en Woëvre septentrionale, en forêt d’Apremont et au nord de Flirey.
L’ennemi a lancé encore, sur Arras, quelques obus de gros calibre.
Les Allemands, au front oriental, livrent de violents combats sur les positions à l’ouest de Friedrichstadt, et vers Dwinsk, où les Russes, en plusieurs points, sont passés à l’offensive. Dans l’ensemble, l’armée russe continue à battre en retraite régulièrement couverte par de fortes arrière-gardes. Celles-ci ont arrêté une grande offensive sur le front Proujany-Gorodetz.
Les Italiens ont occupé, après un brillant assaut, la Cima Cista, dans le Val Sugana. Ils ont repoussé, en Carnie, une attaque autrichienne contre le val Piccolo: dans le bassin de Plezzo, ils ont dépassé cette localité, ils ont progressé dans le secteur de Tolmino, et enlevé des tranchées dans le Carso. Leurs avions ont bombardé plusieurs gares et campements.
Un aviateur a détruit le grand hangar de Gand.
Les Italiens qui n’avaient pu encore s’échapper de Turquie sont retenus comme otages.
Le Vorwaerts, journal socialiste de Berlin, dit que l’Allemagne court à une guerre civile.
L’aviateur Pégoud est mort au champ d’honneur.

 

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