• Monthly Archives: novembre 2013

Reims Cathédrale, photos prises après la Grande Guerre

Ces cartes postales ont été éditées par la Société des Amis de la Cathédrale de Reims.
Les photographes étaient Lefevre-Pontalis (2 photographies) et les autres de Antony Thouret

Collection/Scan : Daniel Wilmotte

 

Share Button

Reims en ruines, de Raoul Varin graveur

Une dynastie de graveurs

(Pierre-)Amédée VARIN a eu 2 enfants, un fils, Paul-Amédée Varin, mais aussi une fille dessinatrice et illustratrice, (Elise-)Charlotte Eulalie VARIN (06/07/1851, qui a épousé en 1870 le célèbre graveur, aquafortiste et peintre, Alfred Alexandre DELAUNEY (Gouville, Manche, Avril 1830-1894 Nanteuil-sur-Marne), rejoignant ainsi la lignée des artistes VARIN.

Son jeune frère et co-signataire de nombreuses gravures, Eugène(-Napoléon) VARIN a quant à lui eu deux fils, dont un aquafortiste réputé à Londres & New-York, Raoul VARIN, 1865-1943 qui a réalisé de nombreuses gravures d’après des peintures historiques sur New-York et les premières villes des États-Unis et une série de gravures sur Reims en ruine durant 14/18. Raoul Varin a eu lui-même deux filles dont une peintre pastelliste, illustratrice et professeur de dessin, Yvonne VARIN.

Collection/scan : Daniel Wilmotte, merci à lui

Share Button

Sur Gallica les « Archives de la parole » : le Cardinal Luçon

à écouter : cet extraordinaire témoignage du Cardinal Luçon racontant le martyre de la Cathédrale sur l’excellent site de Gallica qui n’hésite pas à partager toutes les richesses de son inestimable collection.

Merci à Richard Carlier pour cette trouvaille !

luçon

Share Button

Vues aériennes de Reims en ruine (1915-1919)

Ces clichés présentés ici proviennent du site Gallica.bnf.fr

Ils montrent des vues aériennes de la ville dans ses années de bombardements. Ils ont l’avantage de nous montrer Reims « avant » la reconstruction avec ses rues disparues ainsi que l’ancienne configuration de la place du Forum, appelée alors, place des Marchés, avec ses deux halles et les deux bâtiments qui disparaîtront après guerre, le Cours Langlet inexistant, et bien d’autres changements.

Je vous invite donc à petit ce voyage dans le temps !

– 1915 : la vue montre la cathédrale et le quartier « des Laines », compris approximativement entre les rue Cérès, rue de l’Université et boulevard de la Paix. Ce sera le premier quartier entièrement détruit, en même temps que la cathédrale, dès le 18-19 septembre 1914.

(Au premier plan : un élément de la structure de l’avion)

ob_6afb680e0649a42cf7946ec18ca1c420_vue-aerienne3

Le 18 mars 1916 :

ob_1db2ad92b51479528ffc637fdf986e76_vue-aerienne4

15 septembre 1916 : vous remarquerez l’Hôtel de Ville (en haut). Encore intacte et sera la cible d’obus incendiaires le 3 mai 1917.

ob_fa1b01a7acf0a98d548c4dccc4a4bfff_vue-aerienne1

1916 : sur ce cliché vous pouvez voir l’ancien « Hôtel du Lion d’Or » sur le parvis devant la cathédrale, le Palais de Justice et le Théâtre. Vous voyez aussi les rues qui existaient avant la percée du Cours Langlet.

ob_8fdab62244f2156f187669cbb3c85a6f_vue-aerienne5

18 Mars 1919 : la guerre est finie. Après la Deuxième Bataille de la Marne (qui mettra Reims sous une nouvelle menace d’occupation par l’ennemi), la ville est ravagée. Il ne reste qu’une dizaine de maisons intactes, pour la plupart seules les façades subsistent, comme en témoigne la place Royale, vue ici.

ob_35a63bab5e6479298fc3a5f56451d9d2_vue-aerienne2

Photos Gallica.bnf.fr

Share Button

Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier

Ces petites bornes de granit sont installées sur une ligne de 700 km de long (des Flandres à la Suisse) et symbolisent la ligne de front telle qu’elle était, lors du point de départ de la contre-offensive des Alliées le 18 juillet 1918, plus connue sous le nom de « Deuxième Bataille de la Marne ».

Vous êtes obligatoirement déjà passé devant une de ces bornes et peut-être vous êtes-vous demandé ce que ce petit monument faisait là et quelle en était sa signification ?

Alors si vous souhaitez tout savoir sur ce qui forme à la fois, le plus bas, mais surtout, le plus long monument de France, je vous invite à lire la suite de cet article sans oublier de « cliquer » sur les liens internet :

Les « bornes Vauthier », comme on les nomme dans le langage courant, portent le nom du sculpteur français Paul MOREAU-VAUTHIER, ancien combattant de Verdun, qui imagina dans les années 1920 de matérialiser la ligne de front de la Mer du Nord à la frontière suisse, par l’érection d’une borne tous les kilomètres.

L’idée ayant été approuvée par les présidents des Touring-club de France et de Belgique (TCF, TCB), on demanda au Maréchal Pétain d’établir une liste des lieux dignes d’accueillir ces bornes souvenirs. Cette liste comportait à l’origine 240 lieux.

Au final il n’y aura que 118 bornes érigées entre 1921 et 1927 (96 en France, 22 en Belgique), généralement distantes de 5 à 10 km les unes des autres, formant une route commémorative.

En France chacune de ces bornes ( hauteur 125 cm x longueur 75 cm x largeur 65 cm ) taillée dans le granit rose d’Andlau en Alsace, est surmontée d’un casque Adrian 1915 posé sur une couronne de laurier et ornée d’un bidon, d’un étui de masque à gaz et de deux grenades offensives, avec l’inscription «Ici fut repoussé l’envahisseur Juillet 1918», date qui correspond à la libération de Château-Thierry, ville où fut érigée la première borne.

Le lieu concerné est inscrit sur la couronne supportant le casque.

Selon leur endroit d’implantation, certaines bornes portent le casque britannique, d’autres le casque belge.

Chaque borne porte, gravé dans le dos, le numéro qui correspond à l’ordre chronologique dans lequel elle a été posée, mais il n’est parfois plus lisible. La borne de Château-Thierry, porte donc le n° 1.

Sources :

– Le site de l’association de Dormans : memorialdormans.free.fr : C’est « LE » site incontournable pour tout savoir sur les bornes Vauthier.

– J-P Husson : cndp.fr/crdp-Reims (en bas de page).

Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier

A Reims nous avons 3 de ces petits monuments :

– Reims « Les Epinettes », à la sortie de Reims, route de Witry-lès-Reims, un peu avant le rond-point (place du Souvenir Français). C’est la N° 7.

Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier
Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier
Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier

Reims « Nord », avenue de Laon, une cinquantaine de mètre avant le rond-point du boulevard des Tondeurs. C’est la N° 76.

Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier
Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier

Reims « Tinqueux » à Tinqueux bien sûr : à l’angle de la route de Soissons et de la rue Anatole France. C’est la N° 29.

Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier
Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier
ob_83d6d40e6d12380b62fc3c6b9582b055_google

Les trois portent la simple inscription « Reims ».

Il y a eu une série de cartes postales sur les bornes Vauthier, je n’en ai jamais vu avec les bornes rémoises.

Par contre il existe des cartes postales pour la borne du Fort de la Pompelle.

A l’origine elle se trouvait au bord de la D944 (ex RN 44), Elle se trouve aujourd’hui sur le chemin d’accès au fort.

Elle porte le N° 50 et fut offerte par les anciens combattants du Mexique.

Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier
Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier

(Collection personnelle)

Ces deux cartes postales de la borne « La Pompelle » indiquent par erreur : Borne de la Voie Sacrée.

En effet la « Voie Sacrée » est la route qui relie Bar-le-Duc à Verdun et qui servit à ravitailler les combattants pendant toute la Bataille de Verdun en 1916. Cette route est également jalonnée de bornes casquées mais différentes des bornes Moreau-Vauthier.

Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier
Les Bornes de la Ligne de Front de Paul Moreau-Vauthier

La borne telle qu’on peut la voir aujourd’hui.

Il y a eu au total 15 bornes érigées dans la Marne, il en reste actuellement 14, la borne de Marfaux ayant disparu.

Les bornes de Vrigny et de Ville-sur-Tourbe sont tronquées à mi-hauteur (abîmées par l’occupant en 1940. Ce fut d’ailleurs le cas d’autres bornes, certaines ont même été entièrement détruites.

Il reste aujourd’hui 97 bornes entre la France et la Belgique.

Voir la liste des bornes dans la Marne et dans les autres départements français sur mémorialdormans.free.fr

D’autres liens :

Forum Pages 14-18

Les bornes sur la commune de Blâmont (54)

Richesse en Somme

Photos : Béatrice Keller

Share Button

Thomas Venet mène une recherche picturale sur la représentation des systèmes et processus

Extrait du communiqué de presse :

Thomas Venet travaille actuellement sur la guerre 14-18.

Sa peinture s’appuie sur des « variables », autrement dit des données objectives, ne souffrant pas d’interprétation. Pour la guerre 14-18, elles sont, par exemple, des dates, des indications géographiques, le nombre d’hommes participant à telle ou telle action, la nature des troupes impliquées, ou encore les courbes balistiques d’un poste de tir… Des données « codées », qui déjouent tant les réflexes faciles de consommation des images que les représentations archétypes de la Guerre 14/18.

L’interdépendance, l’association, l’affrontement de ces variables, Thomas Venet les traduit dans un système de notation formellement réduit à quelques symboles graphiques, traits et chiffres. Si les compositions qui en résultent sont quasi abstraites, elles sont donc le reflet exact d’une vérité historique : « L’exploration des possibilités ouvertes par ce système de notation, transformant la toile en partition, me poussent aujourd’hui à interroger la représentation de situations complexes, en relevant le défi d’un « réalisme abstrait » en utilisant les variables comme éléments traducteurs de faits objectifs. »

thomas-venet thomas-venet2

Voir le communiqué de presse de la Mairie pour La Fileuse, friche culturelle [pdf]

Share Button

Travail imaginaire sur Mahmadou Diop en 1914-1918, travail de Jean Bigot, plasticien

Mahmadou Diop, par Jean Bigot

A travers divers objets et documents, l’artiste Jean Bigot redonne vie au célèbre tirailleur sénégalais imaginaire, emblématique de tous les Africains venus combattre en France entre 1914 et 1918

Présenté en 2004 à l’Ancien Collège des Jésuites de Reims dans le cadre de l’exposition HOSTIES NOIRES, hommage aux tirailleurs sénégalais proposé par l’association CASCADE

Présenté à la Bibliothèque universitaire en octobre-novembre 2013

L’HISTOIRE
Mahmadou Diop, par Jean BigotMahmadou Diop est né près du fleuve Sénégal en 1895.
Âgé de 7 ans, il arrache une touffe de poils à la crinière d’un lion qui menaçait sa mère, après que l’animal se fut couché à ses pieds. Dès lors, l’enfant acquiert un statut particulier au sein de son village et de toute la colonie.
Lorsque la première guerre mondiale éclate, il est recruté comme tirailleur sénégalais puis embarqué pour la France. Très vite, il impressionne ses camarades comme ses officiers ; il semble deviner le danger et prédire les réactions de l’ennemi. Ses supérieurs n’hésitent bientôt plus à lui demander des conseils lors des assauts, et s’accommodent volontiers de ses gris-gris et autres rituels magiques.
Alors que le bataillon de Diop s’illustre lors de la libération de Reims, Monsieur Langlet, Maire de la Ville, veut rencontrer celui dont tout l’État major parle désormais. Les deux hommes feront quelques pas ensemble et le Maire, fort impressionné par le soldat, promet de lui offrir une parcelle de vignes aussitôt la paix revenue.
Après Reims, les batailles se succèdent, et malgré; une blessure, Diop garde son assurance et son sourire.
A la fin du conflit, le Maire de Reims tient sa promesse et le Champagne Mahmadou DIOP voit le jour en 1920…
Diop devient un personnage important de la vie Rémoise et épouse le 16 mai 1924 la belle Adèle Ramier qu’il avait rencontrée lors de son bref séjour à l’hôpital militaire.
Mais la nostalgie du Sénégal et des ancêtres est trop forte, il s’embarque donc pour l’Afrique le 12 février 1926 pour un voyage sans retour. Son bateau s’échoue en effet sur une plage de Mauritanie, et un seul passager manque à l’appel des secours : Diop, dont on ne retrouvera que les bagages…

Voir la suite sur le site de Jean Bigot

Share Button

Reconstitution d’une exécution de 1917 : travail du plasticien Jean Bigot

Artiste plasticien et vidéaste, Jean Bigot crée des collections d’objets et documents divers qui sont autant de traces d’histoires et de personnages imaginaires. Il expose dessins, manuscrits, Images photographiques, vidéos, sons, maquettes et autres animaux naturalisés en d’étranges installations qui font parfois penser aux anciens cabinets de curiosités, et qui nous plongent dans des espaces à la fois extraordinaires et réalistes…

Reconstitution d’une exécution de 1917

Il s’agit d’un vrai-faux film qui aurait été tourné clandestinement pendant une exécution de soldat en 1917. Ce film m’a été commandé par un historien à l’occasion d’une exposition sur les exécutions de soldats pendant la guerre 14/18, au musée de la Caverne du Dragon.

Pour moi, l’enjeu était de faire croire à ce film dont les images sautent et sont volontairement abîmées.

Bien qu’il ait été présenté comme une reconstitution, le film, visible parmi de nombreuses photographies d’époque, a fait scandale lors du vernissage.
Or, il s’agissait précisément de questionner l’utilisation banalisée d’images et de documents d’archives lors d’expositions sur divers événements historiques.

De plus, l’historien faisait remarquer que de nombreuses photographies et séquences filmées de l’époque sont en fait des reconstitutions tournées après le conflit.

Voir son site

<div « >

Share Button

Plans de Reims bombardé de 1914 à 1918

Suite des plans déjà publiés sur ce site : après le Plan de la ville de Reims 1917 issu vraisemblablement des services municipaux de l’époque et conservé dans la collection du Reims Histoire Archéologie, après le « Plan jaune » détaillant l’état du centre ville après octobre 1918 et qui a été réalisé par Max Sainsaulieu dont il faudrait retrouver les dessins originaux, peut-être dans ses archives à la BM Carnegie ; après, toujours par Max Sainsaulieu, les deux versions du Graphique… des obus allemands… tombés sur la Cathédrale de Reims jusqu’en mars 1918.

Voici les plans de Reims bombardé, réalisés par François Cochet entre 1982 et 1986 à partir du journal de Paul Hess ; cf. maintenant l’édition : Paul Hess, La vie à Reims pendant la Grande guerre, notes et impressions d’un bombardé, édité par Remi Hess, éditions Anthropos, 1998 ; il n’y a pas de plan de Reims bombardé dans l’édition mais une très complète table alphabétique…

1 – en 1983 dans Rémois en guerre 1914-1918 paroles de témoins. Cinq plans de Reims, un par années : 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, pour une « géographie du bombardement » (p. 206-215 de sa thèse de doctorat 3e cycle Paris VII s. d. Michelle Perrot, 440 pages, voir catalogue en ligne et empruntable à la BU R. de Sorbon)…

Voir ci-dessous deux des 5 cartes : 1915 et 1916 avec les lieux bombardées colorisés :

1 ob_0ace6df0c82daf69d9a1d949ad2443a6_1916

Document 11 les lieux bombardés en 1915 et document 12 les lieux bombardés en 1916 (selon Hess)

2 – Les plans réalisés pour deux dossiers du CRDP de Reims :
La guerre de 1914-18 dans la vill
e des sacres

  • Reims ville-martyre : vie et mort d’un mythe républicain ? (1985)
  • Reims ville-martyre : recueil de 12 diapositives commentées (1986)

ob_fb45012134fcfb7ce8f10c84c565cb1e_1917-plan-lorquet-crdp

Bombardements de l’année 1917, impacts approximatifs d’après le manuscrit Hess. Fond de l’Annuaire rémois, éditions Marguin, vers 1900

ob_80a055315a599cb9068579ee751f0c48_page2
ob_dda0eabbcd32ae5af33a8d537fafa7ef_page3
ob_be0ef893695600abc23e2086245f3b1c_page5
Deux diapositives commentées pour l’année 1914 et l’année 1917 :

ob_c370a50fae60bab06d0c4168752185be_img-009

ob_481f6a4c9c60a9008adac5b8b79cc035_img-010
ob_840b5f8b08d25584b8eb2a735c389da8_page1

Pour l’évaluation actualisée des destructions des habitations dans Reims voir :
le livre de François Cochet, 1914-1918 – Rémois en Guerre, L’héroïsation au quotidien, Presses universitaires de Nancy, 1993, pp. 160-161, [empruntable à la BM Reims Carnegie] et un extrait à la fin de l’article sur le « plan jaune »

Share Button

Le réseau de tranchées dans le secteur de Reims nord-est

– Le sous-secteur de Reims Sud le 18 décembre 1917 :

ob_1f379d03f7ca0d72c99b1ca0466d9cc8_carte-reims-2

– Le sous-secteur de Reims Est le 21 juin 1918 :

ob_04e98f962ec32765b6927e146e7e773b_carte-reims-1

A gauche la ville de Reims, les lignes françaises en rouge, les lignes allemandes en bleu et à droite la ville de Cernay-lès-Reims.

Quand on dit que Reims se trouvait sur la ligne de front, ce n’est pas une « vue de l’esprit ».

Remarquez la place des Casernes Louvois et Jeanne d’Arc (Bld Pommery) : elles étaient en bordure des « boyaux » d’accès aux tranchées de 1ère ligne. Ce qui deviendra ensuite le quartier Europe, n’était qu’un champ de bataille.

Source : Pages14-18.mes discussions

Share Button

La cathédrale de Reims et ses abords : bombardements de 1914 à 1918

« Graphique » de Max Sainsaulieu d’après Monseigneur M. Landrieux paru dans L’ILLUSTRATION du 22 mars 1919

Yann HARLAUT a mis sur ce site : le détail jour par jour du nombre d’impacts

ob_039140aca8c56cdd8c7cfc69527c6208_e-brunessaux-2

ob_20cfd9a50e6fe83934d598a9cf1b8784_e-brunessaux

Document noir/blanc paru dans L’Illustration mars 1919, Collection Eric Brunessaux.

Le document original en couleurs se trouve dans LANDRIEUX (Maurice), La cathédrale de Reims ; un crime allemand, Paris, Librairie Renouard, 1919, 236 p. et 96 planches d’illustrations, plus ce plan hors texte + l’annexe C détaillant chaque jour de bombardement.

Photo JJV prise dans l’exemplaire du Musée Historique Saint-Remi qui conserve aussi une version de cet ouvrage en anglais. Un tirage géant plastifié de ce plan avait été exposé au sol avec le « plan jaune » « plan jaune »en 2008-2009 au Musée Historique Saint-Remi pour l’exposition Tenir… Reims sur le Front 1914-1918.

ob_93a9bdd8ea0f13fb6eef2adf9d1e4d80_sainsolieu-couleur2

Share Button

Etat du centre de Reims… octobre 1918

Plan de Reims dit « plan jaune » publié dans L’Illustration en juin 1920 n° 4031

ob_223482_plan-illustration-1920-etat-du-centre-apres-retra

« Etat du centre de Reims après la retraite allemande octobre 1918 » (avec 8 légendages).

ob_7d66909a0b8244bddc261c667624c205_sainsolieu

Plan récemment montré dans le nouveau livre « Reims 14-18 – De la guerre à la paix« , article de Yann Harlaut « La ville la plus meurtrie de France » pp. 153-164. Un tirage géant plastifié de ce plan avait été exposé au sol en 2008-2009 au Musée Historique Saint-Remi pour l’exposition Tenir… Reims sur le Front 1914-1918.

Ce plan dit « plan jaune » a été publié dans un article de 1920 intitulé : Le nouveau plan de Reims par André Halleys, journaliste conférencier [alsacien ?] ; voir un extrait du début du texte et la double page de plans (à gauche : Reims détruit, à droite : Reims à reconstruire selon le plan Ford) ; dans « Reims 14-18… » voir l’article d’Olivier Rigaud pp. 165-169 :

ob_4e94971f952b78ffb1a2d65ceb348341_plan-jaune

à la BMR Carnegie : cote de la revue L’Illustration PER X G27

Ce plan a été réalisé par l’architecte Max Sainsaulieu « représentant officiel des Monuments Historiques à Reims » cf. l’Avant-Propos de Pierre Antony-Thouret dans son album d’octobre 1920 sur le « Travail Allemand » et cf. la note de Hallays ci-dessus.

Le plan jaune de 1918-20 ne concerne que le noyau urbain et le détail de sa réalisation semble mal connu (parcellaire, données cartographiées, commandes ou destinataire…) même si le légendage est bien fait. Max Sainsaulieu était au service des M.H. l’architecte ordinaire, résident rémois, de la cathédrale, Deneux étant l’architecte en chef (voir l’article Max Sainsaulieu et la guerre sur le site Cathédrale de Reims de Yann Harlaut.

Ce plan en couleurs a souvent été utilisé pour illustrer et justifier qu’il n’aurait resté à Reims, en octobre 18, qu’une dizaine de maisons debout ou habitables…

Un peu paradoxalement car l’article de A. Hallays était plutôt destiné à montrer que le plan de reconstruction américain ne tenait pas assez compte des vestiges et du tissus urbain rémois, comme l’avait déjà fait Paul Léon en 1918, le patron des Monuments Historiques et le protecteur d’E. Kalas, dans son article de la revue Les Arts n° 172.

La question historique (Y. Harlaut p. 158) sur la quantité et la lourdeur des destructions dans la ville de Reims n’est pas close mais a progressé depuis les années 1980. Plutôt que dans sa thèse à Paris VII de 1983 sur le même sujet, [à la B.U Robert de Sorbon] ou bien dans les dossiers du CRDP de Reims (1985-1986), c’est dans l’édition abrégée de sa thèse que François Cochet a fait une mise au point précise en 1993 : 1914-1918 – Rémois en Guerre, L’héroïsation au quotidien, Presses universitaires de Nancy, 1993, pp. 160-161, [à la BM Reims Carnegie].

Cette réévaluation par F. Cochet fait passer le nombre de maisons « habitables tout de suite », en juin 1919, à 950 c’est à dire 7% des 13800 habitations de 1913, on est loin de la dizaine de maisons… voir l’évaluation détaillée ci-dessous :

f-cochet-0
f-cochet-1
f-cochet-2

Cependant, les témoignages de destructions et d’incendies n’en restent pas moins effroyables, par exemple, pour avril 1918, le rapport publié dans « Reims Ville des sacres » par Albert Chatelle en 1939-51, p. 242.

ob_12cb9aac42d0956791deb0475a4cc83d_chatelle7

Pour d’autres cartographies des bombardements : voir celle du quartier de la cathédrale par M. Sainsaulieu, voir également celles d’après le journal de Paul Hess par F. Cochet

Share Button

Plan de Reims en 1917

L’état des destructions sur un plan de la ville peu connu…

Ce très grand plan, 1m20 x 1m20 environ, se trouve dans les archives du Rha ; bien moins connu que le plan paru dans L’Illustration en 1920, il semble être un plan de gestion de la Ville, fait en « 1917 », pour les problèmes de canalisation des eaux usées et pour l’état des démolitions qui sont bien représentées.

ob_fb45012134fcfb7ce8f10c84c565cb1e_1917-plan-lorquet-crdp

ob_cfc412650b46ca40ae3f0477d85946f9_legende

Ce plan semble montrer l’état la ville après l’incendie de l’Hôtel de Ville le 3 mai 1917 (voir les deux détails ci-dessous) et avant les dernières offensives allemandes, les terribles bombardements de 1918 et l’évacuation totale des civils en mars-avril (voir d’autres plans des destructions).

ob_5ad0ffcf2f4cabccb7944615fd933620_detail

Le fond de plan très détaillé qui est utilisé ici permet aussi de connaitre et localiser des éléments urbains d’avant la guerre, ex. : gares du CBR, tramway…
Ce fond de plan est donc utile pour situer au mieux des cartes postales d’avant 1914 ou des destructions de la ville.

ob_82166877bac87021b187d6c66ef86a29_dsc-0020a

Share Button

J’étais médecin dans les tranchées

J’étais médecin dans les tranchées : 2 août 1914 – 14 juillet 1919

Préface de Marc Ferro , Auteur Louis Maufrais, Sous la direction de Martine Veillet, 2008, chez Robert Laffont

Crédit photo : tous droits réservés, collection Louis Maufrais

2 mai 1917 à Reims. L'hôtel de ville photographié par Louis Maufrais au lendemain de l'incendie

2 mai 1917 à Reims. L’hôtel de ville photographié par Louis Maufrais au lendemain de l’incendie

2 août 1914 – 14 juillet 1919
Louis MAUFRAIS

Livre rédigé par Martine Veillet, préfacé par Marc Ferro
Extrait du journal de Louis Maufrais : visite à Reims

« Fin avril 1917. Puisque tout est calme, je décide d’aller visiter Reims, guidé par un officier rémois – une trotte d’au moins quatorze kilomètres aller et retour. Nous abordons la ville par le faubourg de Vesle au sud, où il y a encore quelques civils, terrés dans les caves. Nous nous procurons des légumes frais et quelques conserves, puis nous nous dirigeons vers le centre, attirés vers la cathédrale.

Reims, ville martyre… ça avait commencé en 1914 au moment de la Marne et, depuis, les Allemands n lui avaient jamais tourné le dos. Toute la partie nord était en secteur allemand, et, à cet endroit-là, les tranchées couraient dans la ville même. Pour le reste, les bombardements successifs, en particulier celui du moment, avaient rasé les maisons à la hauteur du premier, maximum deuxième étage. Et les déblais entassés au milieu de la rue formaient un remblai qui atteignait à peu près la hauteur du premier étage. On ne pouvait passer que dans des boyaux creusés au ras des maisons. Les Allemands concentraient leurs tirs sur la cathédrale, parce qu’ils savaient qu’en haut des tours il y avait de postes d’observation et que la neutralité n’était pas toujours respectée par nous.

Nous nous dirigeons vers la cathédrale. A peine sommes-nous arrivés sur le parvis qu’un obus énorme, au moins de 210, arrive contre une des tours. Nous nous précipitons dans un trou déjà creusé, où la terre est encore chaude, signe qu’il est récent. Sur le portail, la statue de Jeanne d’Arc est emmitouflée d’énormes tas de sacs de terre. La cathédrale est évidemment fermée, et nous ne restons pas trop longtemps – cela sent trop mauvais.

Nous revenons par la place Royale, la place de l’Hôtel-de-Ville, où nous trouvons un café encore ouvert.

— Ce n’est plus tenable, nous explique le patron, je vais m’en aller.

Il veut bien nous vendre trois bouteilles d’apéritif, et je lui demande s’il n’a pas des jeux de cartes même usagés à nous donner.

— Ben, je vais regarder cela, me répond-il. Revenez après-demain, mais pas après parce que je ferme.

Le jour dit, peu désireux de rester trop longtemps dans Reims, je vais droit vers la place de l’Hôtel-de-Ville ; sur mon chemin je croise un homme qui court dans la rue, l’air absorbé, et il me semble reconnaître notre patron de bistrot. En arrivant sur la place, je tombe devant un spectacle tel que les bras m’en tombent : l’hôtel de ville est en feu, pris dans des flammes qui atteignent presque la hauteur de l’immeuble. On voit les gouttières de plomb et toute l’armature fondre et s’en aller baver par plaques sur la façade. Et tout cela brûle dans un silence absolu, rompu seulement par le vague ronflement des flammes et quelques crépitements. Sur la place, ici et là, des civils rassemblés en petits groupes regardent sans dire un mot. Un homme pleure. Un autre me dit :

— Qu’est-ce que vous voulez faire ? Rien. Il y a bien longtemps que les conduites sont crevées. Il n’y a pas de pompiers. Il faut laisser tout brûler.

Nous constatons que feu à gagné une maison de la place. Mon café est vide, les rideaux sont baissés. Alors nous rentrons aux positions les mains vides.

J'étais médecin dans les tranchées
Share Button

Le journal de guerre du Rémois Jean Bousquet (1889 – 1992)

Le journal de guerre du Rémois Jean Bousquet (1889 - 1992)

« Pendant la Guerre j’avais pensé à plusieurs reprises faire un album de toutes les photos que je faisais ou qui me resteraient à faire en les accompagnant d’un petit récit pour éviter les absences de mémoire possibles; -mais vers 1916 j’avais renoncé à ce projet sachant que ce serait un travail long et peu intéressant pour ceux qui auraient l’occasion de le parcourir-.

En 1918 j’ai même demandé à mes parents de brûler toutes les lettres que je leur écrivais depuis le 1er août 1914 tous les jours, il ne me restait donc uniquement que les photos…

Lire la suite sur le blog : « Le journal de Jean Bousquet »

Le journal de guerre du Rémois Jean Bousquet (1889 - 1992)

Le journal de guerre du Rémois Jean Bousquet (1889 – 1992)

Share Button

Trois photographies de destruction de Reims

parues dans le double dossier du CRDP de Reims en 1985-86 : « La guerre de 1914-18 dans la ville des sacres – Reims ville-martytre : vie et mort d’un mythe républicain ? » par François Cochet, pp. 6-7 ; photographies du Musée des Deux Guerres Mondiales, BDIC, Université de Paris.

Trois photographies de destruction de Reims

L’après-midi du 11 novembre 2013 : l’Hôtel de Ville qui a été complétement reconstruit et inauguré en 1928 par Gaston Doumergue.

Trois photographies de destruction de Reims
Share Button