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Dimanche 6 février 1916

Cardinal Luçon

Dimanche 6 – Nuit silencieuse ; + 2. Quelques coups de canon pendant le jour. Cinq on six bombes chez les Petites Sœurs des Pauvres. Des aéroplanes allemands ayant vu les soldats venir au vaccin et a la messe les ont signalés, et aussitôt les obus sont tombés.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 6 février

Entre Soissons et Reims, tir de notre artillerie sur la tête de pont de Venizel et les ouvrages ennemis de Vendresse et de Cernay. Une colonne en marche a été prise sous notre feu, à l’est de Saint-Souplet.
En Champagne, nos batteries ont endommagé les organisations allemandes du plateau de Navarin.
Entre Aisne et Argonne, nous avons bombardé les abris et les tranchées de Saint-Thomas. A la Haute-Chevauchée, nous avons occupé une portion d’entonnoir.
Le sergent pilote Guynemer a abattu un avion allemand dans la région de Frise. C’est le cinquième appareil qu’il détruit.
M. Zimmermann, sous-secrétaire d’État allemand aux Affaires étrangères, parlant au correspondant d’une agence américaine de l’affaire du Lusitania, a déclaré que le cabinet de Berlin était arrivé à l’extrême limite des concessions.
A la suite de la découverte des faits délictueux reprochés aux colonels Egli et de Wattenwyl, le Conseil fédéral suisse a décidé de transférer l’état-major de Berne à Lucerne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Comment le docteur Mencière évita l’amputation à un grand nombre de soldats blessés

ob_1b4f17_docteur-menciereLe Docteur Louis MENCIÈRE est né le 25 septembre 1870 à Saint-Genis-de-Saintonge.

Il a soutenu sa thèse en 1896 à Bordeaux puis vint à Paris oû il fut assistant dans les services des Professeurs Lannelongue et Broca.

Il vint s’installer à Reims en 1898.

Spécialisé dans l’orthopédie, il avait installé une Clinique à Reims, rue du Pont Neuf.

La renommée de cette clinique orthopédique, obligea le Docteur MENCIÈRE à s’établir, l’année suivante, en 1899, dans un immeuble plus vaste, rue Libergier pour aller ensuite au 38 rue de Courlancy à REIMS. Il fonde «la Clinique de Chirurgie Osseuse et Orthopédique de Reims». Il n’en existait aucune en France; il fut le pionnier de cette spécialité. Très vite par ses techniques et ses méthodes opératoires (phénolisation, phénopuncture des tuberculoses osseuses, traitement de la luxation congénitale de hanche, transplantations tendineuses, création des tendons artificiels, …) il eut une renommée internationale. Il fut aussi le précurseur de nombreux instruments opératoires ( pour la phénopuncture, ostéome révolver, levier de MENCIÈRE …)

Le 01 janvier 1905 le Dr Louis MENCIÈRE est Officier d’Académie.

Il préconisa qu’il fallait obligatoirement prendre en charge le patient dans sa totalité; ainsi après l’intervention qu’il a subit sa prise en charge devait se prolonger par des méthodes rééducatives à l’aide d’appareils de mécanothérapie et de physiothérapie qu’il avait lui-même conçus.

En 1907 le Pr LANDOUZY, doyen de la faculté de médecine de Paris, a tenu à faire visiter son établissement unique en France par les membres du congrès de l’Association de médecine qui s’est tenu le 1er Août 1907.

Mobilisé pendant la 1ère guerre mondiale, il entreprit dans ses laboratoires de la Clinique, dans les premiers mois de la guerre, ses études sur le pansement de guerre.

Attaché à la VIè armée, sous les ordres du médecin inspecteur général Nimier, comme chirurgien-chef à l’hôpital des Sablons à Compiègne et chirurgien consultant du Centre hospitalier. Ce Centre hospitalier recevait tous les blessés provenant de Quennevières, Tracy-le-val, Tracy-le-Mont et de tous les combats livrés sous Compiègne.

Il fût chargé de mission par le sous-secrétariat du Service de Santé pour étudier aux armées le pansement de guerre et le problème des évacuations.

En effet une victime était mis en attente, avant d’être évacué à l’arrière du front pour se faire soigner; mais souvent l’attente était longue, tellement longue que ces plaies avaient le temps de se surinfecter et étaient la cible favorite des bactéries responsables de la gangrène gazeuse. Devant une telle situation le seul recours était alors d’amputer le malade pour essayer de le sauver…

Il préconisa «son traitement de l’embaumement des plaies» par un liquide, dit « Liquide de MENCIÈRE ». Ce traitement porta le nom de «pansement MENCIÈRE ».

Immédiatement appliqué sur les plais délabrées, il avait pour effet d’empêcher toute infection secondaire, en éloignant ainsi toute menace de gangrène, et donc d’amputation.

Au cours des terribles batailles livrées sous Verdun et dans la Somme, les grandes évacuations de blessés ne devinrent possible que grâce à ce pansement.

En 1916 il fut chargé d’un service spécial de chirurgie osseuse au Grand Palais. Un médecin Major (M.M. Creignon) a été délégué auprès de lui pour «…étudier dans quelles conditions le pansement MENCIÈRE pourrait être utilisé aux évacuations.»

Adoptée par les armées françaises et alliées, la méthode MENCIÈRE fut appliquée dans une mesure de plus en plus large jusqu’à la fin des hostilités.

Par ailleurs avec le liquide de MENCIÈRE , les résultats sont si probants que la plupart des soldats peuvent être renvoyés sur le front!.

Puis il fut nommé chirurgien-chef de lhôpital militaire du Vésinet (en région Parisienne).

Promu médecin-major de première classe il a été nommé Chevalier de la légion d’Honneur en 1917 à titre militaire pour son traitement salvateur proposé pendant la guerre 14-18 et qui sauva plusieurs milliers de blessés de la gangrène et donc de l’amputation.

Démobilisé il poursuivit ses recherches. Les vertus stérilisantes, et en même temps favorables à la vitalité des tissus musculaires et osseux des principes actifs de la série aromatique utilisés dans la méthode, l’incitèrent à poursuivre ses recherches. Il constate que sa méthode, avec quelques variantes suivant les cas particuliers, parvenaient à amener la guérison radicale des tuberculoses osseuses et articulaires, des coxalgies, des tumeurs blanches, des ostéomyélites, des séquelles de guerre, des fistules osseuses.

C’est le 13 février 1939 que le Docteur Louis MENCIÈRE arrête officiellement d’exercer son métier confiant à son fils la poursuite de son œuvre, le Docteur Jean-Louis MENCIÈRE , qui en avait déjà pris le relais depuis 1935. Mais c’est malheureusement la guerre qui a mis fin à ses ambitions.

Le Docteur Marie François Louis Ernest MENCIÈRE est décédé le 5 octobre 1941 à OSSUN (Hautes Pyrénées )(en exode) dans sa 72e année.

Article : Docteur François Mencière, petit-fils du Docteur Louis Mencière

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L’établissement vue du coin de la rue de courlancy et de l’ancienne rue de mulhouse (Gal de Gaulle)

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L’ambulance Sainte-Marie (avenue de Laon)

Dès le mois d’août 1914 des hôpitaux militaires sont mis en place sur les zones de combats pour soigner les blessés. Parfois leur durée est éphémère selon qu’ils sont soit bombardés, soit qu’ils se retrouvent en zone occupée.

On distingue plusieurs types d’hôpitaux : permanents HP, temporaires HT, complémentaires HC, auxiliaires HA dit aussi « Ambulance »… pour plus de compléments suivre ce lien sur le Forum Pages 14-18

A Reims différents hôpitaux complémentaires ou auxiliaires vont être installés pour une brève période (Pages 14-18).

Voici une carte postale de l’ambulance de Sainte-Marie située dans les Etablissements Sainte-Marie Dupré et qui a fonctionné du 13 au 14 septembre 1914 !

Cette usine avait deux entrées, une au 270 avenue de Laon et l’autre au 10 rue Boudet.

Le 14 septembre deux obus allemands tuèrent 14 ou 16 soldats , 2 infirmières et 1 brancardier :
Melle Germaine Gosse
Mme Fontaine Faudier
Mr Léon Bobenrieh

Ils ont été inhumés à l’époque au cimetière, du Nord.

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Carte Postale : Collection Thomas Geffrelot.

Merci aux contributeurs du Forum Pages 14-18

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Dimanche 16 août 1914

Paul Hess

…La curiosité me pousse à profiter de la liberté de ce dimanche pour connaître l’aménagement de l’Hôpital militaire installé à la clinique du Dr Lardennois (angle de la rue Coquebert et de la rue de Savoye) où mon beau-frère, P. Simon-Concé, est gestionnaire. Dans cet établissement sont soignés actuellement 17 malades ; il ne s’y trouve pas encore de blessés quoique Reims, où il existe plusieurs hôpitaux temporaires de territoire et de nombreux hôpitaux auxiliaires, en reçoive journellement.

A ce propos, il est à noter que le drapeau de la Croix-Rouge flotte à l’École ménagère, place Belle-Tour, à la Bourse du Travail, boulevard de la Paix, au Lycée de garçons, rue de l’Université, à l’École des Arts, rue du Barbâtre et à la Communauté de l’Enfant-Jésus un peu plus loin ; on le voit encore à l’ancien lycée de jeunes-filles, également rue de l’Université, sur les différentes cliniques et sur nombre d’autres établissements divers ou maisons particulières. (Albert Duchenoy est planton – civil en raison de son jeune âge – à la clinique Lardennois ; de même, mon fils Lucien est de service continuellement à l’Hôpital auxiliaire installé à l’angle de la rue des Trois-Raisinets et de la rue de Mâcon, dans l’immeuble à la disposition des religieux franciscains).

Au soir, passant par la gare, je vois transporter quelques blessés sur des brancards, à la descente d’un train et, en m’en revenant, je m’arrête sur la place de l’hôtel de ville, pour essayer de lire le communiqué; l’affluence est telle, devant la dépêche, que les gens qui se pressent ne peuvent pas en prendre connaissance. La teneur de ce communiqué est donnée par un concitoyen placé au premier rang, qui a la bonne idée de le lire à haute et intelligible voix, pour tous. Il y est dit que l’on envisage l’imminence d’une action considérable, susceptible de se développer sur un front de 400 kilomètres, de Bâle à Maëstrich. Cette dépêche recommande la confiance ; cependant, elle me semble préparer en quelque sorte l’opinion, pour le cas où, sur un point ou un autre, il surviendrait un revers. Mon impression, en retournant à la maison, sans avoir écouté les conversations animées, est que la grande bataille dont on parle comme pouvant durer une huitaine de jours est déjà commencée – et je rentre tout rêveur.

Paul Hess dans La vie à Reims pendant la guerre de 1914-1918, notes et impressions d'un bombardé 

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Juliette Breyer

Encore une semaine de passée. J’ai reçu une lettre de toi. Tu penses si je me suis pressée d’acheter le journal tous les jours. On nous y annonce des victoires, tant mieux.

A Reims la troupe commence à arriver. A la ferme Demaison, il y en a beaucoup. Ils se fournissent chez nous pour le vin et la bière. Mme Millet, rue de Nogent, avait été leur faire ses offres mais elle leur a vendu trop cher et le chef leur a défendu d’y aller.

Il y a aussi des soldats avec les autos qui sont sur le boulevard depuis chez maman jusque route de Cernay. Ils viennent beaucoup chez nous. Il y a entre autre un gros épicier de Paris avec un camarade qui m’a demandé si je voulais leur faire le café matin et soir. Il  m’a donné quelques renseignements sur le commerce. D’abord sur les pâtes Rivoire il y a un bon tiers à gagner et il m’a dit qu’il avait commencé sans un sou et qu’aujourd’hui il avait « amassé ». Aussitôt la guerre, il se mettra en correspondance avec toi.  Et tu sais, de tous ceux qui viennent, jamais un soldat ne m’a manqué de respect. L’inspecteur comme je t’ai dit sur les lettres vient tous les deux jours. Il s’intéresse à tout et il est très gentil.

Tiens, M. Sauviron est venu, croyant te voir encore pour te faire ses adieux. Il ne va pas au feu. Il a de la chance. Il s’est marié la semaine dernière avec Mlle Bocquillon.

Enfin, encore une semaine … Bons baisers mon Charles et à bientôt.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Dimanche 16 août

Le ministère de la Guerre communique d’intéressants détails sur nos succès de la veille. Nos forces de Lorraine ont battu le corps d’armée bavarois en plaine d’abord, sur les hauteurs ensuite et les pertes de l’ennemi sont déclarées très sérieuses. Nos blessés se sont montrés admirables.
Nouvelle avance de ce côté : nous poussons jusqu’à Lorquin, à quelques kilomètres de Sarrebourg.
Dans le massif du Donon, qui vient d’être occupé et qui est la dernière sommité des Vosges vers le nord, très importante par sa situation. Plus bas, nous occupons encore Sainte-Marie-aux-Mines et St-Blaise, dans la vallée de la Bruche.
On annonce un grand combat à Dinant, sur la Meuse, entre Namur et Givet, nos troupes y ont eu l’avantage sur les Allemands. Notre cavalerie a fait merveille et a rejeté l’ennemi avec grosses pertes sur la rive droite de la Meuse.
On confirme des succès des croiseurs anglais sur la côte de l’Afrique orientale allemande.
Le généralissime britannique French, qui était venu passer quelques heures à Paris, où il s’est entretenu avec le Président de la République et avec les ministres, est repartie au début de la matinée. On n’indique pas la direction qu’il a prise.
Le Japon a lancé un ultimatum à l’Allemagne. C’est la guerre immédiate dans les mers de Chine.

 

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