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Jeudi 7 mars 1918

Louis Guédet

Jeudi 7 mars 1918
St Martin

1273ème et 1271ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Brouillard ce matin. Mal dormi. J’ai des cauchemars effrayants, je ne suis plus fort. Travaillé ce matin, peu de courrier. Répondu. Eté avec Maurice à Songy pour acheter de l’encre. Une bouteille de 2 sous : 9 sous !! Je me suis abstenu et rabattu sur un achat d’une poudre…  mirifique ?! qui doit me donner une petite bouteille d’encre noire. Je me laisse faire. Nous verrons…  le miracle. En revenant à moitié chemin nous voyons un incendie sur Cheppes. J’y vais avec Marie-Louise et Maurice. C’est chez M. Aubert, son ancienne maison, les écuries et la moitié de la maison d’habitation qui sont détruites (Marie-Edouard Raoul Aubert, alors mobilisé au 6e Escadron du Train). Je rentre fatigué. Des troupes arrivent loger ici, le 18e Train et le 49e d’Infanterie, nous devons loger le commandant. Je suis toujours fort triste. Lettre de Jacques Simon qui m’annonce que le ministre des Beaux-Arts a décoré dans la Cathédrale de Reims M. Sainsaulieu, l’architecte, qui a procédé depuis le commencement de la Guerre au sauvetage et aux consolidations de la Cathédrale. Je lui ai envoyé un mot de félicitations.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

7 mars 1918 – Bombardement, toujours avec gaz. Aujourd’hui, a eu lieu l’enterrement de notre camarade Mon­brun. La réunion à l’hospice Roederer-Boisseau était fixée à 14 h ; Cullier et moi nous étant mis en route afin d’y parvenir quelques minutes avant la levée du corps, avions manifesté, auprès d’une religieuse, le désir de présenter si possible nos condoléances à Mme Monbrun, intoxiquée en même temps que son mari — moins gra­vement atteinte — et soignée aussi à l’établissement où il est décé­dé.

On nous fait entrer dans une salle garnie de lits, dont une di­zaine sont occupés par des femmes victimes des derniers bombar­dements à gaz. Nous ne nous y attardons pas, mais le peu de temps que nous passons là, dans ce milieu infiniment attristant, suffit à nous remuer profondément. La vue de ces malheureuses gémissant, méconnaissables, avec des figures congestionnées, les yeux bouffis, dont deux ou trois — prises par les voies respiratoi­res et ne pouvant plus aspirer qu’un peu d’air — sont visiblement en train de mourir, est horriblement lugubre. Ah ! nous sommes bien fixés sur les terribles effets des gaz…

Nous sortons très émus, saisis de pitié pour les pauvres fem­mes qui endurent d’aussi affreuses souffrances et nous nous joi­gnons aux quelques assistants venus saluer le cercueil, exposé nu, sans drap mortuaire. Les brancardiers-volontaires tout dévoués qui, en la circonstance, suppléent les Pompes funèbres, assurent l’in­dispensable du service, avec leur voiture, qui doit servir de cor­billard. Cette voiture qui a si souvent roulé en ville pour le trans­port des blessés ou des morts, est conduite par M. Fauvelet. Le­jeune et Cogniaux faisant office de porteurs, y placent la bière, aussitôt l’arrivée des membres de la municipalité, s’installent sur le siège, auprès du conducteur, puis le pauvre convoi se met aussitôt en marche, sans clergé.

Le cortège est composé de MM. le Dr Langlet, maire et de Bruignac, adjoint ; MM. Cullier, chef du bureau de la comptabilité ; Luchesse, secrétaire général de la police ; Bauchart, secrétaire adjoint ; Cachot, Deseau, de l’état-civil, Mlle G. Jaunet, auxiliaire du bureau militaire ; P. Hess, directeur du mont-de-piété, de trois autres collègues puis de M. Reynier, préposé en chef de l’Octroi, qui s’y joint en cours de route.

Ce triste enterrement, que rien ne ferait remarquer sans la douzaine de personnes suivant la voiture, longe les rues de Courlancy, Martin-Peller, les avenues de Paris et d’Épernay, salué au passage par quelques soldats rencontrés ; il continue son chemin vers le cimetière de l’Ouest entre des 155 d’un côté et leurs projec­tiles emmagasinés en face, de l’autre côté de la route.

Auprès de la tombe, le maire, évoquant le souvenir des victi­mes civiles de Reims, flétrit les moyens barbares employés toujours par nos ennemis, parle de l’épreuve douloureuse supportée par la population et fait ressortir les qualités et le dévouement sans bor­nes de l’excellent collègue que nous accompagnons à sa dernière demeure.

Ce petit discours écouté sans émotion trop apparente, l’assis­tance salue la dépouille mortelle puis, un à un, les assistants rega­gnent la porte du cimetière, ayant plus ou moins à l’esprit l’appré­hension du danger qu’ils courent eux-mêmes, actuellement.

Après la cérémonie, quelques collègues échangent leurs im­pressions. L’avis des moins pessimistes est que l’existence des quelques centaines d’habitants restant encore à Reims, est de plus en plus sérieusement menacée avec les épouvantables bombarde­ments à gaz et que, dans ces conditions, le plus tôt pour l’évacua­tion sera le meilleur.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Avenue de Paris – CPA : collection Pierre Fréville


Cardinal Luçon

Jeudi 7 – + 2°. Gelée blanche. Beau temps, soleil. Visite du Général Petit qui dîne avec nous. Visite d’adieu des Sœurs de St-Vincent de Paul de St-André. Visite d’officiers anglais(1) accompagnés d’officiers français. Ils résident à Jonchery. Tir contre nos batteries pendant 2 ou 3 heures, de 2 h. à 5h. soir. Nuit marquée par de fréquents bombardements des batteries.

(1) Le 9e Corps d’Armée britannique et venu tenir le front entre Craonne et Berry-au-Bac. il est rattaché à la VIe Armée française du général Duchêne. Ce sont ces troupes qui vont combattre à l’ouest de Reims et dont nous retrouvons aujourd’hui les cimetières d’Hermonville au Tardenois et à la vallée de l’Ardre
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 7 mars

Actions d’artillerie, parfois vives, dans la région de la Pompelle, en Champagne et dans quelques secteurs des Vosges.
Un coup de main ennemi vers la Main de Massiges est resté sans succès.
Sur le front britannique, l’artillerie ennemie s’est montrée plus active que de coutume, au sud de Saint-Quentin et vers le bois Grenier; elle a été assez active à l’ouest de Cambrai, au sud-est et au nord-est d’Ypres.
Les pilotes britanniques ont fait du réglage et quelques reconnaissances. Ils ont jeté des bombes sur les voies de garage de Mouscron (nord-est de Lille) et sur des objectifs voisins des lignes ennemies. Deux appareils allemands ont été abattus en combats aériens et un troisième, contraint d’atterrir désemparé. Un appareil anglais n’est pas rentré.
Nos alliés ont bombardé la gare d’Ingelmunster et un champ d’aviation au nord-est de Saint-Quentin. Tous leurs appareil sont rentrés indemnes.
Sur le front italien, reprise d’artillerie, entre le lac de Garde et l’Astico, dans la région de Monterello et le long du littoral.
Nos alliés ont concentré des feux sur des troupes ennemies en marche du côte d’Asiago, au Sud de Primolano et sur la rive gauche de la Piave.
Un aviateur anglais a abattu un avion ennemi près de Conegliano.
Le croiseur anglais Calgarian a été torpillé.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 21 avril 1917

Louis Guédet

Samedi 21 avril 1917

952ème et 950ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 matin  Temps gris, triste, brumeux, le baromètre remonte cependant. Changement de lune, nouvelle lune. Bataille formidable toute la nuit, à peine avons-nous dormi avec un bruit pareil. Les bombes commencent à tomber, assez près. Adèle est sortie aux provisions, pourvu qu’il ne lui arrive rien. Elle rentre.

Été à la Ville, vu Raïssac où j’apprends les noms des blessés indiqués plus haut. Aucune autre nouvelle.

11h  Des bombes, il faut descendre à la cave, d’où nous remontons à 11h20. Une simple alerte.

11h50  Des bombes, redescente en cave…  à 1h05 remontée au jour !!

A 2h je vais retirer mon courrier. J’apprends là que Colnart est mort, c’est un brave et on songe à lui donner la Croix de Guerre !! On les compte à ces malheureux, tandis qu’on les prodigue à des lâches, qui au moindre sifflement se terraient dans les caves, pendant que ces malheureux sauveteurs et pompiers de Reims courraient au danger !!

J’apprends aussi que le cabinet du Maire a été éventré au bombardement d’une heure de l’après-midi par un 105. Je fais mon courrier dans la crypte du Palais, au bureau de Villain, greffier civil. Je vais chez Michaud prendre un Écho de Paris, je porte mes lettres chez Mazoyer et je rentre.

Je finis mon courrier moins pressé pour demain.

6h du soir  Une bombe toute proche, fuite éperdue à la cave. On vient de me remettre les valeurs et argent, ainsi que le testament de ce pauvre Colnart, blessé hier rue Colbert, mort aujourd’hui. Il faisait partie d’une association spirite, dont la Présidente, Mme Nicolas, habite rue de l’Équerre, 79 (l’Union spirite). Je range tout cela à la cave ! Cela me fait passer le temps, mais quelle émotion.

7h soir  Une vraie séance et près. Une de ces bombes en éclatant a secoué la cave où nous sommes. L’orage parait calmé, mais nous avons tous été fort émotionnés, sauf Lise qui était remontée malgré moi, et qui ne voulait plus descendre malgré nos appels. Quand elle est venue, je l’ai secouée d’importance et l’ai menacée de la faire partir de Reims. Je lui ai dit qu’elle devait m’obéir au moindre appel. Elle n’a pas pipé cette vieille entêtée. Quelle mule !

7h20  Nous remontons pour dîner. On mange en vitesse, un œuf sur le plat, salade de pissenlits, plus que verts, et moi un peu de saucisson, un peu de gruyère, 3 gâteaux secs. On mange sans conviction, à la hâte, l’oreille aux aguets, « La bête traquée !!… » Non, si je ne deviens pas fou avec une pareille vie !!  Le Diable m’emporte !!  Mes 3 parques sont aussi affolées que moi ! Non ! il faut que cette vie cesse bientôt, sans cela on tomberait. A 8h tout le monde est descendu à la cave pour se mettre à l’abri et se coucher. Voilà un bombardement dont on se souviendra. Peu de bombes, mais proches et vraiment impressionnantes. Il y a des victimes certainement…  Nous verrons cela…  demain ! si nous y sommes !?!?!?!  Que nous réserve la nuit ? Je ne sais !! Le temps est si beau ! Le ciel si clair depuis 4h du soir !! que l’on peut s’attendre à tout !! Oh ! si nous pouvions dire. Demain ? c’est la délivrance !!!!…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 avril 1917 – A 12 h 1/2, pendant que nous déjeunions, deux projectiles de gros calibre sont arrivés sur l’hôtel de ville. Le premier a abattu une des grandes cheminées qui, en tombant, défonçait le toit, à l’angle de la rue des Consuls et de la rue de la Grosse-Ecritoire ; l’autre a éclaté sur l’encadrement du chartil (côté cour), conduisant à la rue des Consuls.

Nous avions quitté nos popotes, après les terribles secousses ressenties, afin de risquer un coup d’œil, de l’angle dans lequel se trouve la descente aux sous-sols. Il nous a fallu réintégrer vite ; trois autres obus tombaient ensuite sur la place.

Au total, ces explosions ont causé encore des dégâts considé­rables dans la plupart des bureaux de la mairie.

Le cabinet de l’administration municipale, le « 1er secrétariat » et la « comptabilité », encore saccagés, donnent, cette fois, dans leur ensemble, l’aspect d’un chantier de démolitions.

Un des obus ayant éclaté sur la place a envoyé des blocs de pierres de tous côtés, dans la salle où se tiennent d’habitude le maire, les adjoints et M. Raïssac, secrétaire en chef. D’épais mor­ceaux de plâtre, détachés de son magnifique plafond à comparti­ments, complètement disloqué, couvrent partout le plancher, les tables-bureaux chargées de papiers. Les dossiers disséminés sont en outre recouverts d’une forte couche de poussière blanche.

Au premier bureau du secrétariat, l’explosion de la cour a projeté de forts éclats qui ont disjoint les pierres de taille de la maçonnerie, sous la fenêtre et arraché les lambris ; d’autres ont crevé les pupitres. Le déplacement d’air a envoyé en tous sens les paperasses diverses, les imprimés ; expulsé hors de la bibliothè­que, dont les portes sont brisées, quantité de recueils, de livres de tous formats, de toutes épaisseurs retombés ouverts ou dont les feuillets sont épars, le tout pêle-mêle, sur les tables ou dans les coins, dans un désordre indescriptible.

Dans notre bureau de la comptabilité, tout est encore sans dessus dessous, au milieu de débris et de plâtre pulvérisé.

Le bombardement continue mais, pendant la première accal­mie, la consigne de déménager qui vient d’être donnée aux servi­ces, court comme une traînée de poudre.

L’administration municipale avec M. Raïssac, les employés des quelques bureaux qui fonctionnaient toujours dans les locaux de l’hôtel de ville et la police quittent alors en hâte le monument, au début de l’après-midi, pour aller s’installer, comme ils peuvent, dans les premières caves de la maison de vins de champagne Werlé & Cie (marque Vve Cliquot-Ponsardin), rue de Mars 6, dont l’entrée est en face des bureaux du commissariat central.

Les allées et venues pour le transport des tables, des chaises, des dossiers, de tout le matériel nécessaire à la mise en place et pour le travail de tous, se font en vitesse, malgré les sifflements, sous l’œil bienveillant de M. Raïssac, occupé lui-même à prendre ses dispositions de concert avec M. Fournier, l’accueillant directeur commercial de la maison.

Le maire, M. le Dr Langlet, M. Emile Charbonneaux et M. de Bruignac, adjoints, disposent, avec le secrétaire en chef, d’un petit caveau situé au fond, à gauche d’un grand emplacement destiné aux services et où sont placées les unes à la suite des autres, de chaque côté, les tables des différents bureaux, lesquels sont an­noncés par des pancartes.

Le personnel des plus réduit, ainsi groupé à ce moment, est composé de :

Comptabilité : MM. E. Cullier, A. Guérin, P. Hess ;

Etat-civil : MM. Cachot, Deseau ;

2e Bureau du secrétariat : MM. Landat et E. Stocker, avec, au­près d’eux, M. Bouvier, receveur des droits de place ;

Bureau militaire : M. Montbrun ;

Appariteurs : MM. Cheruy, Maillard et Haution.

En face, pour la police, M. Pailliet, commissaire central ; M. Gesbert, commissaire du 4e canton ; M.L. Luchesse, secrétaire- chef ; MM. Poulain et Compagnon, de la Sûreté ; Lion, inspecteur des sergents de ville ; Demoulin, sous-inspecteur ; Noiret, Schuller, secrétaires ainsi que quelques brigadiers et agents.

Et l’on peut bientôt recommencer à travailler, d’un bout à l’autre de la galerie, à l’aide d’un éclairage assuré par environ vingt-cinq lampes à pétrole.

— Sur le soir, des obus de très gros calibre (305), comme ceux tirés le 19, sont envoyés à nouveau sur la cathédrale. Un entonnoir, derrière son abside, tient toute la largeur de la rue du Cloître ; le trottoir lui-même est enlevé, il ne reste qu’un étroit passage sur le bord de l’excavation, contre les maisons.

Les effets des projectiles de 305 sont véritablement effrayants.

Le 19, la place du Parvis où leurs explosions, sauf une s’étaient localisées, a été recouverte, ainsi que le terrain inutilisé derrière le Palais de Justice, de nombreux pavés de grès projeté en l’air et retombés par-ci, par-là, dans ce rayon le plus court, mais il en est qui sont allés voltiger jusque sur la place des Marchés. A cours de recherches sur les causes de l’inondation d’un plafond, j’en ai trouvé un dans le grenier de la maison de mon beau-frère, rue du Cloître 10 ; il y avait pénétré en crevant la toiture.

Si l’on se rend compte que chacun de ces engins a lancé ainsi, en fouillant la terre, des centaines de pavés en tous sens, cela donne une idée de la force et de la violence de leurs éclatements.

— Cette journée du 21, de même que celle du 20, a été excessivement dangereuse et atrocement inquiétante. Pour être allé, vers 9 h jusqu’auprès des halles, rue Courmeaux, je me suis trouvé pris dans des arrivées subites. J’ai pu, heureusement, me réfugier tout de suite dans une bonne cave, au soin de la place des Marchés et de la rue Courmeaux, où il m’a fallu rester environ une heure.

Le nombre des obus, pour chaque jour depuis le 6, ne peut plus être évalué ; il est trop important.

—  Nous avons appris aujourd’hui, la mort du pompier Colnart. Ce malheureux, volontaire depuis la guerre, connu pour son dévouement et son insouciance du danger, avait été blessé hier, en même temps que le capitaine Geoffroy, des pompiers de Reims et Cogniaux, brancardier volontaire, par un des obus tombés devant l’hôtel de ville.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Samedi 21 – + 6° De grand matin, de 4 h. à 6 h., combats violents et nourri au nord et à l’est de Reims. 9 h., bombes sifflantes de gros calibre, un peu de tous côtés. A 11 h. très très violents bombardements d’un quart d’heure : 2 h. 1/2 quelques obus. Expédié aujourd’hui lettre aux Cardi­naux ;

6 h. bombardement de la Cathédrale, gros calibre ; pas atteinte. Pluie de pierres dans le jardin autour de moi. J’étais sorti pour dire mon bréviaire, croyant que c’était fini, cela reprend tout à coup. Je regarde en l’air ; le ciel est rempli de points noirs : pavés, éclats d’obus, pierres, à la hauteur du vol des hirondelles. Je remarque qu’il n’y en a pas au-dessus de ma tête. Je ne bouge pas, laissant tomber la quête. Deux pavés tombèrent l’un à 3 mètres, l’autre à 10 mètres de moi. Je ne suis pas touché. A la Cathédrale, un obus perce la voûte au-dessus du Maître-autel.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 21 avril

Entre Saint-Quentin et l’Oise, activité des deux artilleries, spécialement au nord de Grugies.

Journée calme au sud de l’Oise. Au nord de l’Aisne, nos troupes harcelant l’ennemi ont continué à progresser vers le chemin des Dames. Nous avons occupé le village de Sancy.

Après une violente préparation d’artillerie, les Allemands ont lancé sur la région Ailles-Hurtebise une attaque à gros effectifs qui a été brisée par nos feux d’artillerie et de mitrailleuses et complètement repoussée.

En Champagne, nous avons enlevé plusieurs points d’appui important dans le massif de Moronvilliers, malgré une résistance acharnée de l’ennemi.

En quatre jours, nous avons fait 19000 prisonniers entre Soissons et Auberive. Le chiffre des canons actuellement recensés dépasse la centaine. En Argonne, après un vif combat, nos troupes ont atteint la deuxième tranchée ennemie.

Les Belges ont dispersé une reconnaissance près de Stuyvekensaerke, en faisant des prisonniers.

En Macédoine, nos troupes ont repris quelques éléments de tranchée qui avaient été perdus à Cervena-Stena.

Les Serbes ont repoussé deux attaques à l’est de la Cerna.

Un raid d’avions autrichiens a échoué à Venise.

Simple fusillade sur le front russe.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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