Louis Guédet

Samedi 24 août 1918

1443ème et 1441ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Temps correct, embrouillé par l’orage d’hier, température encore lourde et humide de lendemain d’orage, pluie molle. On est fatigué de ces nuits d’orages durant lesquelles ont dort mal. Hier Jeanne me disait que son gendre de Vaucresson allait enfin passer lieutenant-colonel, ce qu’il aura attendu ce 5e galon ! le pauvre garçon.

6h soir  Peu de courrier, téléphoné à Raux. C’est entendu que j’irai à Vitry lundi et que là je le retrouverai retour de St Remy-en-Bouzemont à 4h1/2 au café de (en blanc, non cité) près de Notre-Dame, pour causer et je retournerai avec lui dans son auto qui me déposera à St Martin. Auparavant j’aurais vu le Président du Tribunal, le Procureur de la République de Vitry, et au besoin Lainé mon confrère juge de Paix suppléant de Vitry. Ensuite nous verrons à avoir un greffier militaire. Malheureusement le train de midi 05 est supprimé et il me faudra prendre le train à 6h40. Par contre j’aurai du temps pour me retourner… Été à Vitry-la-Ville cet après-midi pour différentes courses. Le temps est toujours orageux, mais un peu plus frais. Rien d’autre.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Samedi 24 août – Temps couvert et orageux. Visite des Cures d’Ay, Magenta, Dizy. Visite des Sœurs de l’Enfant-Jésus. Mort de Sœur S. Vic­tor, des Sœurs de l’Espérance, qui passa 25 ans à Reims, estimee, popu­late ; morte à Paris où elle était réfugiée

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 24 août

Nos troupes ont continué à progresser sur tout le front de la bataille en cours.
Entre Matz et Oise, nous bordons la Divette, depuis son embouchure jusqu’à Evricourt.
Le long de l’Oise, nous nous étendons depuis Sempigny jusqu’à la voie ferrée de Coucy-Le-Château.
A l’est de Solens, nous avons porté nos lignes jusqu’aux abords de Guny et de Pont-Saint-Mard.
Le matériel abandonné par l’ennemi entre l’Aisne et l’Avre, est considérable. Plus de 200 canons ont été dénombrés.
Les troupes ang1aises ont progressé de trois kilomètres sur un front de neuf, entre Somme et Ancre. Elles ont rencontré une sérieuse résistance sur certains points, notamment sur les pentes au nord de Bray.
Les combats ont continué, dans Albert, jusqu’à ce que la ville eût été nettoyée. Au cours de cette opération, 1400 prisonniers ont été faits, et des canons capturés.
Nos alliés ont progressé aussi sur la rive gauche de l’Ancre, au sud de Beaucourt. L’ennemi a contre-attaqué au nord de l’Ancre. Il a échoué à Miraumont et à Achiet-le-Grand. Le chiffre total des prisonniers dénombrés par les Anglais est de 5000. Nos alliés ont encore avancé sur le front de la Lys.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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