Louis Guédet

Mercredi 5 juin 1918

1363ème et 1361ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Toujours temps magnifique avec de l’air. Rien de nouveau, l’attente, situation stationnaire de la bataille. Quelle vie. Nouvelles de Robert qui ne peut sortir de Fontainebleau, rien de Jean. (Rayé).

Le bas de la page a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 5 – Le Major du Cantonnement, M. le lieutenant Meidinger, m’apporte des photographies. Visite de M. l’Aumônier qui a accompagne les reliques à Arcis-sur-Aube. Visite de M. le Supérieur du Grand Séminaire. M. le Curé de Cumières.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 5 juin

Entre l’Oise et l’Aisne, l’ennemi, maintenu par l’énergique résistance de nos troupes, n’a fait aucun progrès.
Entre l’Aisne et l’Ourcq, la bataille s’est poursuivie avec acharnement. De violentes attaques ont eu lieu sur la région Pernant-Saconin-Missy-aux-Bois-Troesnes. Pernant est tombé aux mains de l’ennemi, après une défense opiniâtre, qui a coûté des pertes élevées aux assaillants. Plus au sud, nos troupes ont cédé un peu de terrain, à l’ouest de Saconin et de Missy-aux-Bois. Faverolles, attaqué par l’ennemi, a été conservé par nous, ainsi que Troesnes.
Lutte vive aussi dans la région au sud de l’Ourcq. L’ennemi, appuyé par l’artillerie, a porté son effort sur Mosloy-Veuilly-la-Poterie-Torcy-Bouresches. Une contre-attaque nous a permis de reprendre Mosloy. Veuilly-la-Poterie a été le théâtre de combats violents. Le village pris et repris, est resté aux mains des Allemands.
Les Américains ont enrayé l’avance des forces allemandes qui cherchaient à pénétrer dans le bois de Veuilly, et par une magnifique contre-attaque, les ont rejetées au nord de ce bois. L’ennemi, plus au sud, n’a réalisé aucun gain.
Sur la Marne, un bataillon ennemi qui s’était glissé sur la rive gauche, à la hauteur de Jaulgonne, a été contre-attaqué par les Franco-Américains, et rejeté sur l’autre rive, avec de lourdes pertes. La passerelle a été détruite et cent prisonniers sont restés entre nos mains.
Les Anglais ont réussi un coup de main à l’ouest de Merville. I1s ont brisé une attaque près de Vieux-Berquin.
Nos aéroplanes ont jeté 18 tonnes de bombes. Nos attaques ont été dirigées spécialement sur les gares de Saint-Quentin, Douai et Luxembourg.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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