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Reims 14-18… la popote des sous-officiers.

Reims 14-18... la popote des sous-officiers.23 avril 1915
Étant au repos pour deux ou trois jours, je viens vous donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes.
Je fais toujours la popote des sous-officiers.
J’ai un peu de travail, mais d’un autre côté, je ne suis pas malheureux. L’ordinaire est assez bon en ce moment.
Les camarades passent leur temps à réparer les chemins, enlever les fumiers et embellir le pays.
Avez-vous des nouvelles de Sophie ? Elle est placée à Versailles et me dit qu’elle est très bien.
Marguerite va très bien aussi, mais est fatiguée. Elle a rudement de travail en ce moment, et on compte toujours sur la fin de cette guerre qui ne vient pas vite.
On a toujours pas de nouvelles de l’allocation.
Je pense que vous
allez tous bien et je vous embrasse tous.
Emile.

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Effectivement, Émile ne doit pas être le moins bien loti de sa compagnie.
Être à la « popote » lui assure certainement un travail dans de meilleurs conditions que ses camarades…

au chaud et à l’abri, avec, on peut l’imaginer, moins de risque de ce prendre une « marmite » sur la tête !
Hélas, on ne saura pas où se trouve exactement l’auteur de cette correspondance… à Reims… ou ailleurs ?
Même si le visuel de la carte représente bien la Place Royale de Reims, c’est une carte parisienne, qui a pu être achetée n’importe où.
Il s’agit d’une carte « très légèrement » colorisée… et si le bleu du ciel est un peu visible, les autres couleurs ne font que se deviner…
Les bombes allemandes ont déjà fait leur œuvre sur cette vue de la Place Royale en direction de la Rue Colbert et la Place des Marchés.

Ci-dessous, une autre vue de la Place Royale, prise cette fois-ci à la fin de la guerre (carte écrite en 1919)… une photo au cadrage presque artistique, mais ô combien tragique, et le reflet de cette infâme guerre et des tragédies subies pendant toute cette période.

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Vendredi 23 avril 1915

Paul Hess

Le Courrier d’aujourd’hui donne le compte-rendu d’une réunion du conseil municipal qui a eu lieu hier, sous la présidence de M. le Dr Langlet, maire et à laquelle étaient présents : MM. Jallade, Drancourt, Bataille, Guernier, Demaison, de Bruignac, Gustave Houlon, P. Lelarge, Rohart, Em. Charbonneaux, Chezel, Gougelet.

M. Regnier, le nouveau sous-préfet de Reims, assistait également à la séance.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Du 22-23, nuit tranquille pour la ville. Journée assez paisible. Réponse à Rome pour l’Évêché de Beauvais.

Visite de M. Telllier pour messe aux Caves Chauvet.

Visite de M. Debeauvais, aumônier militaire.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Hortense Juliette Breyer

Vendredi 23 Avril 1915.

Sept mois mon Charles que l’on t’a dit tué. Je ne peux m’y faire et je deviens de plus en plus triste. Il y a des moments où le courage m’abandonne. Hier j’ai encore reçu une lettre d’un de tes camarades à qui j’avais écrit. C’est un dénommé Ternet, de Crugny, et comme les autres il me dit que tu as été blessé et pas ramassé par eux. Il me dit de reprendre espoir. Que veux-tu, après chaque lettre que je reçois, je suis encore plus découragée, mais je veux savoir.

Hier je suis sortie faire quelques courses. Cela bombardait violemment ; on ne rencontrait personne. J’en étais à souhaiter d’être frappée à mon tour car ce n’est pas une vie que je mène. Mais mes pauvres petits, les tiens mon Charles, je n’ai pas le droit de les laisser. Pauvres cadets, ils sont si beaux.

J’arrête car je crois que j’arroserais le cahier. Je sens les larmes qui coulent. Je t’aime mon Lou, plus que tout.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


le 23 le colon des territoriaux arrivent, c’est encore un vrai tremblement

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

Voir la suite sur le blog : Activités de Francette: 1915 : janvier à juillet : 2e carnet de guerre de Renée MULLER


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