• Daily Archives: 1 octobre 2017

La Guerre 14-18 – Hôtel de Ville de Reims, incendié le 3 mai 1917

Correspondance… de la Champagob_dd8317_amicarte51-100ne au Calvados ! de Jules à Maurice…
1er octobre 1917 – Courrier adressé à Trouville-sur-Mer – Calvados

Mon cher Maurice,
avec le grand désir de bientôt te voir, je t’envoie tous mes sincères désirs de bonne santé,
et surtout et par dessus tout que tu effleures seulement le danger, sans en ressentir les atteintes.
Cordiale poignée de main et

amitiés de ton père.
Jules

Incendie de l'Hôtel de Ville

Que dire de cette carte postale ? certainement pas de quoi rassurer Maurice, même si le cliché a déjà 5 mois lors de l’envoi.
Les obus incendiaires, tombés le 3 mai 1917 ont fait leur office !
Il ne reste plus grand chose du magnifique Hôtel de Ville, œuvre de l’architecte rémois Jean Bonhomme, dont la façade avait été inaugurée en 1636.
Des ajouts successifs ont été réalisés, jusqu’en 1880… Tout est parti en fumée, 37 années plus tard !
Il renaîtra de ses cendres, la reconstruction commença en 1924, et sera inauguré par le Président Doumergue le 28 juin 1928.

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Une vue prise de la butte Saint-Nicaise, on aperçoit au loin, les fumées de l’Hôtel de Ville de Reims qui se consume !

Laurent Antoine LeMog – Amicarte51

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Lundi 1 octobre 1917

Louis Guédet

Lundi 1er octobre 1917

1116ème et 1114ème jours de bataille et de bombardement

6h3/4 matin  Nuit calme jusqu’à 3h du matin. A 3h1/2 alerte de nos canons, quelques minutes, puis à 4h1/4 une vraie tempête jusqu’à 5h1/2, impossible de dormir. Bref je me suis levé à 6h1/2, fini ma valise et je vais aller à la messe de 7h. C’est la St Remy.

9h  Arrivé à Épernay. Trouvé Minelle, Dondaine, Landréat, causé, donné des signatures et ensuite été à la Banque de France pour voir à des valeurs de clients. Déjeuné avec Texier juge au buffet de la gare. En montant au train à 2h trouvé Parant, notre ancien garde-chasse de Nauroy, sous-lieutenant au 2ème d’Infanterie, 2ème Bataillon, Croix de Guerre 3 étoiles, fait voyage avec lui jusqu’à Châlons. Il me confirmait ce que je savais du moral des troupes. Rancœur contre la riche Bourgeoisie qui s’est embusquée jusqu’à la gauche, et esprit des troupes très excitées contre eux. Nous allons aux socialistes à grand pas.

Arrivé à St Martin à 5h, je trouve les enfants en larmes à la gare (André et Marie-Louise). Pas de nouvelles de Jean depuis le 24 septembre ! Que lui est-il arrivé, mon Dieu ! Ma femme est dans un état indescriptible. Pour elle il est tué !! La contagion me prend, quelle nuit !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

1er octobre 1917

Canonnade très forte, à 4 h, pour la préparation d’un coup de main sur Bétheny qui, paraît-il ne donne aucun résultat.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Lundi 1er – Saint-Remi: + 9°. Nuit bruyante et agitée autour de Reims. Activité de nos batteries à 4 h. du matin. Petite attaque pour avoir des pri­sonniers ; pas fait de prisonniers. Visite des jeunes photographes du 152e qui ont voulu me photographier pour le régiment avec la Fourragère et la Croix. Visite du Colonel de Combarieu et du Capitaine de Viril-Castel qui m’ont fait apporter un appareil Tissot contre les gaz. Vers 6 h. soir, coups de canons français.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 1er octobre

Sur le front de l’Aisne, après une préparation d’artillerie, trois détachements ennemis ont tenté d’aborder nos tranchées au nord de Berry-au-Bac. Une fraction allemande, qui avait réussi à pénétrer dans un élément avancé de nos lignes, en a été chassée aussitôt. Sur les autres points, nos feux ont arrêté les assaillants, qui ont subi des pertes sensibles.
La lutte d’artillerie s’est maintenue très vive sur les deux rives de la Meuse, notamment au nord de la cote 344 et vers le bois de la Chaume.
Des avions allemands ont bombardé la région de Dunkerque. Il y a plusieurs victimes dans la population civile.
Nous avons abattu deux appareils.
Nos avions ont opéré sur la gare de Colmar et sur les établissements ennemis au nord de Soissons.
Sur le front de Macédoine, entre les lacs de Prespa et d’Okrida, l’ennemi a effectué deux attaques qui ont été vigoureusement repoussées.
A l’extrême gauche, les contingents albanais, refoulant les postes autrichiens, se sont emparés du village de Cesme, dans la haute vallée du Skouch.
Les Italiens ont fait environ 1800 prisonniers à l’est de Gorizia.
Quatre escadres d’avions ont survolé l’Angleterre jusqu’aux abords de Londres. Il y a 11 morts et 82 blessés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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