• Daily Archives: 14 octobre 2015

Correspondance 14-18 – La Cathédrale à 17h25…

Correspondance 14-18 - La Cathédrale à 17h25... Maintenant, je vais mieux mais je souffre toujours beaucoup de l’estomac.
Vois-tu, ce qui nous faudrait, c’est la fin de la guerre, enfin, il faut espérer que nous en approchons, car je t’assure qu’il me tarde de te revoir ainsi que toute la famille.
Prenons patience, ce grand jour, espérons-le, sera vite-là.
Embrasse, chère Maman, toute la famille pour moi.
Reçois chère Maman, de ton fils qui t’aime, ses plus affectueux baisers.
H. Janisson

Correspondance 14-18 - La Cathédrale à 17h25...

Hélas, une lettre non datée, mais le titre de la photo nous laisse à penser que nous sommes en 1915 (Reims dans sa deuxième année de bombardement 1914-15)… malgré l’espoir d’une fin proche, la guerre va encore durer longtemps, de quoi user le moral de nos soldats.

Le recto de la carte nous ramène à l’incendie de la Cathédrale de Reims, suite aux bombardements allemands du 19 septembre 1914…
…le moment est très précis, comme l’indique la légende au bas de la carte :
« On remarque qu’une des deux toitures au bras septentrional n’est pas encore consumée (17h25)
à 17h30 tout était détruit »

Il faut effectivement de bons yeux pour apercevoir un semblant de charpente en train de terminer sa vie dans les flammes. Mais on croit aisément le photographe.

« A cinq heures et demie, la toiture achève de se consumer. On aperçoit, à travers les vitraux de la grande nef, des lueurs rouges faisant supposer qu’à l’intérieur tout brûle.
On s’arrache à grand’peine de ce spectacle terrifiant qui ne sortira jamais de notre mémoire. »
M. Aubert (Reims, un siècle d’événements, par D. Pellus).

Finalement, aucune photo n&b de l’époque ne sait rendre fidèlement, ce que fut réellement ce spectacle d’horreur et de désolation, comme si Notre-Dame de Reims se faisait dévorer toute entière par les flammes de l’Enfer ! …on ne peut que l’imaginer.

Laurent ANTOINE LeMog – AMICARTE 51

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Jeudi 14 octobre 1915

Louis Guédet

Jeudi 14 octobre 1915

397ème et 395ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Journée magnifique, splendide. De la pluie toute la nuit, le matin du brouillard, puis vers 10h, un soleil radieux. Vers 2h, 40 à 50 avions à une très grande hauteur se dirigèrent vers Bazancourt, Pomacle comme l’autre jour. C’était un spectacle merveilleux ! Le ciel en était sillonné. Les allemands tirèrent peu dessus, mais quand ils furent passés ce fût nous qui écopèrent vers 2h1/2. J’étais au Palais de Justice, cela dura une 1/2 heure. Je me remis en route pour l’Hôtel de Ville et ensuite chez Faupin pour m’entendre avec mon greffier Landréat. Il était 4h1/4, quand je m’apprêtais à revenir chez moi, les obus recommencèrent à pleuvoir copieusement. Nous descendîmes tous deux dans la cave de Faupin et attendîmes que la rafale fut passée, cela dura 3/4 d’heure. Je repartis quand Place d’Erlon cela recommença un peu. Je me réfugiai sous le petit réduit qui se trouve au bout du jardin de M. Rome, ancien avoué (Jules Rome, habitant au 45, rue de Talleyrand), un abri très sûr, puis enfin je repris le chemin de la maison où je rentrais vers 5h1/2. On me signale quelques incendies. Dans notre quartier presque rien. Est-ce que nous allons revoir les mauvais jours ? Hélas, si nous recommençons un nouvel hiver dans ces conditions, nous ne verrons pas bientôt la fin de nos misères !! C’est décourageant !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Passage, vers 15 heures, d’une escadrille de trente-cinq à qua­rante appareils, en plusieurs groupes, filant encore dans la direc­tion de Bazancourt et de retour un quart d’heure après.

Par représailles, sans doute, les Allemands déclenchent aussi­tôt un violent bombardement sur Reims. Environ une centaine d’obus.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 14 – Nuit tranquille. 2 h. Escadrille de 50 avions français.

Visite à M. Ch. Demaison aussitôt après. Bombardement Esplanade Cérès. Descendu à la cave de M. Ch. Demaison. Obus tombés n° 3 Esplanade Cérès. 4-5 h, nouveau bombardement, long et dru. Obus tombé dans le jardin le long de l’allée, au détour au fond. Pas d’éclats. Vu la fumée. Je venais d’y passer 10 minutes auparavant. J’étais sur l’escalier extérieur de la cave au jardin, quand il est tombé à la place même où j’étais. Peu d’éclats. Je ne l’aurais pas cru si près, si je n’avais vu que la fumée était en deçà du mur qui dépasse notre jardin de celui du voisin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 14 octobre 1915. Obus tombés n° 3 Esplanade Cérès

Jeudi 14 octobre

La Bulgarie déclare la guerre à la Serbie

L’ennemi a renouvelé avec des forces importantes ses attaques au nord-est de Souchez, à l’est du chemin de Souchez à Angres, contre nos positions aux abords des Cinq-Chemins, sur la crête de Vimy, contre le fortin précédemment conquis par nous dans le bois de Givenchy et quelques tranchées avoisinantes.
L’ennemi, en dépit de la violence du bombardement, n’a pénétré que dans quelques éléments de tranchées. Partout ailleurs, il a été repoussé avec des pertes très élevées.
Combats d’artillerie au sud de la Somme, dans le secteur de Lihons, en Champagne, au nord de Souain et de Massiges, en Argonne et entre Meuse et Moselle.
Plusieurs attaques allemandes ont été dissipées par notre feu, au Linge, dans les Vosges.
Les Russes ont remporté un brillant succès sur la Strypa, en Galicie, et l’on prévoit l’évacuation de la Bukovine par les Autrichiens.
Les Austro-Allenlands ont été à plusieurs reprises repoussés par les Serbes devant Semendria. Les Bulgares ont été rejetés devant Vrania, entre Nisch et Uskub.
Le cabinet Viviani, interrogé sur les affaires d’Orient, a repoussé le comité secret et a obtenu un v
ote de confiance.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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