• Daily Archives: 12 mars 2015

Reims 14-18 – Aller au casse-pipe ! ou pas ?

ob_dd8317_amicarte51-10012 mars 1915
Étant de repos, je viens de passer toute la journée avec Marcel.
Il est rempli de courage, mais je crains bien pour lui,
étant chef de section, il doit marcher le 1er et craint que ses hommes ne le suivent pas dans l’as
saut.
Son régiment est au repos pour 6 jours. Je le reverrais demain à la gare.

Bon souvenir à nos amis.
Les meilleurs baisers
.
Vincent

Déjà 7 mois de guerre, le courage et la détermination sont toujours là pour certains, comme Marcel, le Chef de Section…
…mais pour beaucoup d’autres, aucune envie de partir à l’abattoir, on peut aisément le comprendre.

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Quant à la carte postale, encore une vue de la désolation, et des ravages dans notre belle ville de Reims.
Nous sommes Rue du Cardinal-de-Lorraine. Un cliché « à chaud », on remarque la rue encore jonchée de décombres non évacués.
La légende nous dit « Vue extérieure de l’Archevêché après le bombardement ». Difficile de situer précisément le lieu, si la rue existe toujours, son tracé à cet endroit est aujourd’hui un peu différent.
La photo a dû être prise de l’angle de la Rue du Cloître, et le jardin que l’on identifie à droite est celui de l’Archevêché.
Sur la gauche, ce sont les ruines de l’immeuble de la Maison Prieur et Cie. On trouve donc un peu plus loin, l’angle de la Rue de l’École de Médecine, dont nous avons pu voir une carte la semaine dernière.

La vue ci-dessous nous offre une vue avec un peu plus de recul, l’Archevêché, du moins ce qu’il en reste, bien visible à droite, derrière les arbres.

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Vendredi 12 mars 1915

Louis Guédet

Vendredi 12 mars 1915 

181ème et 179ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Journée toujours fort triste. Je ne puis me relever du coup que j’ai reçu. Le Cardinal Luçon est venu me voir tout à l’heure avec l’abbé Camu son vicaire général, il a paru fort ému de mon désastre. Le chanoine Prévoteau de même. Tout cela ne relève pas mes ruines !! Oh ! que je suis découragé. Et rien ne vient me soutenir ni me réconforter !! Non ! L’épreuve est bien dure ! et…  est-elle finie ??

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Nous avons encore été bombardés le 7. La canonnade, de notre part, n’a pas cessé de toute la journée du 8, de la nuit suivante et des journées des 9 et 10.

Au cours des nuits des 10 au 11 et du 11 au 12, un bombardement violent a été mené sur le quartier de Saint-Remi et vers la maison de retraite. Des batteries seraient nouvellement installées dans les parages, paraît-il ; l’ennemi cherche vraisemblablement à les démonter.

Aujourd’hui 12, journée calme.

– Ainsi que tous les soirs depuis quelques temps, je vois fonctionner de mon lit, avant de m’endormir, les projecteurs éclairant les lignes devant Reims, sur le front Bétheny-Cernay. Ces jours derniers, ils m’ont rendu service assez souvent pour regagner, dans la nuit noire la rue Bonhomme.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Vendredi 12 – Nuit comme la précédente. Bombes d’heure en heure. Visite à Saint-Benoît, à Clairmarais, à M. Guédet incendié.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
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