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Vendredi 1er janvier 1915

Abbé Rémi Thinot

1er JANVIER 1915 :

Minuit sonnant ;

Mon Dieu. Je vous fais hommage de cette nouvelle année de ma vie pour la vivre dans votre service, dans votre amour, et pour qu’elle me soit un appoint nouveau pour l’éternité au sein de votre gloire.

Mon Dieu ; que ce soit une année d’expiation, une année de mérites.

Elle s’ouvre parmi les tragédies de la guerre, d’une guerre impitoyable et dont rien ne saurait faire prévoir 1’issue… Peu importe, mon Dieu, pourvu qu’il e sorte le salut religieux de la France. Tant de sang est versé déjà, tant de vies se répandront encore à la face de votre Justice irritée… Parce Die populo tuo

Je vais partir comme aumônier[1]. Alors, je vous offre ma vie, ma vie en expiation de mes pêchés, de mes crimes, de mes scandales, de toutes mes innombrables misères… Je vous l’offre pour la grandeur morale, la sainteté toujours grandissante, l’union à vous des âmes qui me sont si chères ; je vous l’offre pour le salut de toutes les âmes sur lesquelles mon sacerdoce s’est exercé ; je vous l’offre joyeusement, de tout mon cœur, Seigneur… en union bien humble à votre sacrifice sur le calvaire pour mon rachat… Fiat, fiat, fiat

[1] Sur Wikipédia : Œuvre des aumôniers volontaires https://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%92uvre_des_aum%C3%B4niers_volontaires

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à Reims

 


Louis Guédet

Vendredi 1er janvier 1915 !!

111ème et 109ème jours de bataille et de bombardement

7h1/4 matin  1915 ! Que sera cette année pour les miens et pour moi ? Elle débute dans les larmes et la tristesse ! Sera-t-elle plus heureuse, plus clémente que l’année 1914 !! Mon Dieu ! Protégez tous mes adorés ! Sauvez mon Jean de la tourmente ! Qu’il échappe à la Guerre et que la Paix soit faite avant qu’il ne parte comme soldat ! Mon Dieu protégez moi. Faites que je sois déchargé de toutes les épreuves que je viens de subir et que je subis encore, en retrouvant bientôt mes aimés et en ayant une vie heureuse et bénie du Ciel !

9h soir  Journée plutôt lugubre pour un premier de l’an. Personne dans les rues mornes. Vu sous-préfet M. Dhommée qui m’a annoncé que Hanrot allait revenir à Reims sur ordre (sur réquisition) du Procureur Général : il venait de signer son laissez-passer ! Je me demande ce qui se passera lorsque je le verrai ! Le sous-préfet ne savait rien à l’égard de Bigot. Et cependant c’est lui qui a fuit le premier. Dès le 15 août.

Vu le Maire M. Langlet ! M. et Mme Emile Charbonneaux, cette dernière avec un mot charmant pour mon Jean qui va partir ! Charles Heidsieck ! Soullié, Lelarge et Masson qui est venu me voir très gentiment. Voilà ma journée avec un tas de lettres à écrire !

Quelle tristesse ! quelle vie de désespérance !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Les événements de la guerre ont amené une véritable perturbation dans les services de l’hôtel de ville. Il en est qui se sont trouvés désorganisés entièrement ; d’autres qui n’ont pu continuer à marcher qu’avec l’aide d’auxiliaires. Enfin, des bureaux provisoires nouveaux ont dû être installés et mis à même de fonctionner, pour les allocations, les déclarations à recevoir de la part des sinistrés, etc.

La « comptabilité » peut pourtant exercer son rôle à peu près normalement au début de cette années 1915.

M. Cullier, encore sous l’uniforme de GVC, vient chaque jour, le fusil à la bretelle*, afin de se conformer aux ordres stricts de l’autorité militaire, prescrivant à tous les soldats de circuler dans Reims toujours en armes. Il prépare les écritures et les comptes nécessités par la nouvelle situation financière de la ville et s’efforce de faire rattraper un peu le retard.

L’occupation ne manque pas.

M. Vigogne assure son service habituel des traitements et pensions.

M. Cochet expédie le courant avec le concours de M. Guérin, qui perçoit en outre les versements à la caisse départementale des incendiés et M. Hess est chargé de la délivrance des bons de farine ou de denrées diverses aux boulangers et commerçants, ainsi que de la préparation des états de recouvrement des sommes dues, pour les marchandises cédées par la ville à la population civile, d’&après les renseignements donnés par le « Ravitaillement ».

Dans le bureau, l’esprit est excellent. Différentes alertes ont contribué à cimenter une bonne et saine camaraderie entre tous. Nous supportons philosophiquement le dangereux voisinage de l’ennemi que nous aimerions mieux, certes, savoir ailleurs, mais nul ne broie du noir dans cette ambiance de mutuelle sympathie.

Le bombardement sévit journellement, il nous faut bien tendre le dos quand nous ne le voudrions pas ; cela ne va pas toujours sans imprécations ni sans que les Allemands ne se fassent copieusement baptiser, surtout par Guérin ou M. Vigogne qui nous font parfois rire avec l’à-propos de leurs mots. On s’est généralement accoutumé aux sifflements et les écritures ne sont laissées en suspens que lorsque les explosions des arrivées deviennent trop proches. Alors, c’est l’occasion de sortir les pipes, car dans ces circonstances, on fume beaucoup.

On fume même facilement, entre temps, dans le bureau, où un immense spot à tabac pouvant contenir trois ou quatre paquets de scaferlati de troupe, se trouve à demeure à la disposition de chacun ; il est toujours approvisionné par l’un ou l’autre. Nous faisons en sorte d’éviter qu’il soit vide et sauf M. Vigogne qui n’en use pas, personne ne se prive d’y puiser.

Quant aux opérations militaires, elles n’ont pas apporté pour nous un grand changement, depuis l’épouvantable surprise du 14 septembre, lendemain du jour où les troupes françaises étaient entrées si joyeusement dans notre cité.

Notre patience, depuis cette époque, a subi de très dures épreuves ; nous avons passé, nous avons vécu toute une série d’espoirs et nous avons été souvent fortement déçus ; cependant, nous gardons confiance.

Nous ne sommes pas des fanatiques du communiqué. Nous avons appris à apprécier la valeur exacte de ses termes quand il lui faut annoncer un revers… et s’il lui arrive de signaler un succès partiel, ce ne sont pas les boniments des journaux qui nous réconforteraient, oh non !

Mais nous croyons fermement que la victoire de la Marne aura la suite logique que l’impréparation à la guerre n’a malheureusement permis de lui donner immédiatement, et nous avons foi en notre libération.

C’est dans ces conditions que nous commençons l’année nouvelle, 1915, à la « comptabilité ».

– D’autre part, rue Bonhomme, j’ai eu l’occasion de causer avec une voisine qui, en compagnie de son fils âgé d’une quinzaine d’années, garde la maison Burnod (n°10).

Elle m’a appris que la rue est vide de ses habitants ; qu’une seule personne reste avec sa fille pour occuper la maison L. Abelé (n°5), et qu’elles sont convenues de se réunir dans la cave du n°10 en cas d’alerte. En me faisant part de leurs frayeurs dans la nuit du 17 décembre. Lorsque nos environs ont été si fortement bombardés, elle m’a proposé d’aller me joindre à leur petit groupe, me représentant ce que m’avait déjà dit Mme Martinet, qu’il n’était guère prudent pour moi de rester seul au n°8 en de tels moments et j’ai accepté puisque nous sommes porte à porte, quoique les descentes à la cave, surtout en nombre, pour éviter les risques du bombardement ne me sourient pas beaucoup.

Quittant assez tôt mon domicile provisoire, pour n’y passer que peu de temps pendant midi et y revenir le soir dans la plus complète obscurité, je n’a ais pas eu encore l’occasion de connaître mon nouveau voisinage.

Après cette conversation, je me rends compte qu’en effet, la rue Bonhomme qui n’a que quatorze numéros est bien tranquille, presque trop tranquille, car à l’une de ses extrémité il y a bien un débitant, M. Sarrazin, mais l’entrée de son petit café est en pan coupé et plutôt sur la rue Courmeaux ; de l’autre côté de la rue, il est en de même pour le magasin de Mlle Bourg, situé en angle sur la rue Cérès.

Il est donc entendu que la nuit, les cinq hôtes actuels de la rue Bonhomme se réuniront dans le sous-sol de la maison n°10, s’ils ont lieu de se croire en danger.

1er janvier 1915

En cette journée, le bombardement continue, après une nuit calme.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

* Ayant été mis à la disposition du maire, par le commandant Magnaud des CVC, M. Cullier est maintenu dans cette position par une note du général Dalstein, commandant la 6e région, lorsque le groupe des GVC reçoit l’ordre de quitter Reims, pour se rendre à Ay (Marne). il lui est enjoint d’aller se faire désarmer en cet endroit le 15 janvier


Cardinal Luçon

Vendredi 1er – Nuit tranquille, sauf une bombe vers minuit.

Canonnade toute la journée jusqu’à 4 h. Lettre de remerciement à Mgr de St Claude pour offrande.

Visites à MM. de Bruignac, Albert Benoist, Demaison, Camuset, Becker.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Eugène Chausson

Année 1915 – 1/1-15 – Jour de l’an.

Temps de pluie. Les grosses pièces ont fait rage toute la journée sans doute pour envoyer quelques étrennes aux Allemands. Mais, de notre coté, ils nous en ont envoyées aussi car la ville a reçu un peu d’obus. Nuit assez calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


Hortense Juliette Breyer

Vendredi 1er Janvier 1915.

Tous mes vœux à toi mon Charles. Ma première pensée fut pour toi et elle le sera toujours.

Aujourd’hui, mon tit, j’ai conduit André chez tes parents. Je n’ai pas voulu que le Jour de l’An se passe sans qu’ils le voient. Ta maman l’a trouvé grossi, grandi et avancé. Tu vois que le séjour des caves ne lui nuit pas. On serait mieux chez nous mais puisqu’on ne peut pas, et les boches ont encore bombardé ; ils n’arrêtent pas, jour et nuit, et il y a des victimes, surtout des enfants. C’est pourquoi je tremble pour André quand je le sors. Ta maman ne semble pas se rendre compte du danger qu’il peut courir et ton parrain, lui, crie toujours après moi que je suis imprudente.  Mais c’est pour lui faire plaisir.

Aussi à trois heures je me suis empressée de repartir. Les marmites passaient tout prés de nous, mais encore cette fois-ci nous n’avons pas eu d’accident. Enfin voici le Jour de l’An passé. Vivement l’autre, que nous puissions le passer meilleur.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


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Vendredi 1 janvier 1915

Duel d’artillerie en Flandre ; en Champagne, au nord de Sillery, l’ennemi fait sauter deux de nos tranchées; mais au nord de Mesnil-les-Hurlus, nous atteignons les tranchées de sa seconde ligne de défense; dans la même région, nous gagnons du terrain près de la ferme de Beauséjour. En Champagne toujours et plus à l’est, notre artillerie disperse des rassemblements allemands; progrès dans le bois de Mortmare, entre Meuse et Moselle; prise de la moitié du village de Steinbach, en Haute-Alsace, où le combat se livre de maison à maison.

Au surplus, le communiqué de l’état-major de Berlin reconnaît que la situation de l’armée allemande devient difficile et la grande presse de Berlin publie des articles dans le même sens.
Les Taubes ont lancé dix-sept bombes sur Dunkerque sans atteindre aucun des bâtiments militaires qui étaient visés.
Une torpille française a touché devant Pola le dreadnought autrichien Viribus Unitis qui a été endommagé.
Le président américain Wilson commente, dans une déclaration à la presse, la note qu’il a fait remettre au cabinet de Londres au sujet de la liberté des mers. Il dit qu’il ne demande pas à l’Angleterre des concessions impossibles, mais seulement quelques concessions. La presse anglaise, de son côté, dit que l’incident ne laissera aucune trace dans les rapports anglo-américains.
M. Venizelos prononçant un discours à la Chambre d’Athènes, a affirmé que la Grèce pouvait faire face à toute éventualité.

 

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1915… et mon sale bourrin !

1915... et mon sale bourrin ! Je suis resté 4 jours. Le régiment partait et j’ai voulu partir aussi.
Ce sont des infirmières anglaises qui étaient en promenade et qui m’ont trouvé étendu à côté de mon sale bourrin.
J’en suis quitte pour une entorse du genoux et contusion de la cuisse et de l’épaule droite.
La tête fut des plus solides bien qu’elle me fasse encore mal.
Enfin, je suis presque guéri. Le genoux sera long à guérir. Ne le dis pas, je ne voudrais pas que mes pare
nts le sachent !

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CPA Coll. Michel THIBAULT

Hélas, on n’en saura pas beaucoup plus de ce courrier… pour une fois, les maux ne semblent pas avoir été causés par la guerre, à moins que le cheval ne se soit emballé à cause de déflagrations ?
Mais l’objet reste toujours le même, informer, donner des nouvelles, et surtout rassurer, comme on peut le lire à la fin de cette petite correspondance : « Ne le dis pas, je ne voudrais pas que mes parents le sachent ! ».
En revanche, pas de nouvelles du cheval…
Quant au recto de la carte, la photographie nous montre une vue prise de la rue du Cloître, barricadée, on aperçoit un policier.
Pas facile de situer précisément le lieu où a été pris ce cliché, mais il semble que le photographe soit placé dos à la rue du Cardinal de Lorraine à l’angle de la rue du Cloître.
En face, c’est la rue des Cordeliers, et la voie perpendiculaire est la rue de l’Université.
Difficile de s’y retrouver aujourd’hui, la topologie des lieux ayant beaucoup changé après guerre lors de la reconstruction de Reims, la rue du Cloître part toujours de la Place Royale, mais s’arrête à la Cathédrale, ensuite c’est la voie élargie du Cours Anatole France qui prend le relai pour rejoindre la rue de l’Université.
De même, la rue des Cordeliers ne commence plus dans le prolongement de la rue du Cardinal de Lorraine, mais à l’angle de la rue St Symphorien, à partir de la « nouvelle » rue Voltaire. Et dans notre dos à droite, c’est la bibliothèque Carnegie.

La photo ci-dessous nous offre une vue approximative de l’emplacement actuel.

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Et histoire de s’y perdre un peu plus, voilà une autre vue, prise également en 1915, mais de l’autre côté, à l’angle de la rue de l’Université, vers la rue du Cardinal de Lorraine, en direction de la barricade.

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CPA Coll. Laurent ANTOINE

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Pierre Loti à Reims – 2 – 25 et 26 août 1915

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Un bombardement à Reims dans son Journal
et dans son ar
ticle de L’Illustration du 18 septembre.
En 1915, Loti participe beaucoup à la vie politique et diplomatique : débats contre l’expédition britannico-française dans les Dardanelles, mission auprès du roi et de la reine de Belgique, contacts secrets avec la Turquie qu’il soutient, « tournée en vitesse folle » avec le président Poincaré, son collègue à l’Académie Française, dans les Vosges et « villages d’Alsace reconquise » et « aux avant-postes » d’où il aperçoit les glaciers des Alpes…

Son activité d’écrivain célèbre redevenu militaire-journaliste-propagandiste est aussi très importante en 1915 : voir la liste de ses nombreux écrits dans le chapitre « Les écrits de guerre de Pierre Loti », pp. 410 – 416, de la réédition de son Journal intime. Cette réédition en format de poche, collection la petite vermillon, vient de sortir en librairie (10,20 €, nouvelle édition revue et corrigée : agrandir la couverture à gauche). Merci encore aux Éditions de la Table Ronde pour leur autorisation de mettre en ligne les extraits de ce journal pour Reims 14-18.

Dans son journal : Verzy, Suippes où il retrouve son fils, Reims…

On lit comment Loti arrive à mêler sa préoccupation de chercher son fils Samuel vers Suippes, son rôle de propagandiste en passant par Reims pour revoir la cathédrale, préparer un article et dormir, non pas à l’Hôtel du Lion d’Or mais à l’Hôtel du Nord… aller enfin au quartier général de Jonchery pour sa mission de liaison.

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ob_74cab9_p1160848Son fils légitime Samuel est depuis le 28 juillet sur la ligne de feu entre Suippes et Perthes. Ils s’étaient faits photographier tous les deux le 25 octobre 1914, d’après le journal de Loti, et cette photo était parue dans L’Illustration du 28-11-14, n° 3743. Osman Daney est le domestique familial de Loti depuis longtemps et il est devenu son ordonnance ; c’est lui qui retrouve Samuel avec des Saintongeais dans une cabane baptisée « la cagouille », l’escargot en charentais. Plusieurs mois après sa première visite de la cathédrale et son premier article La basilique fantôme du 21 novembre 14 dans L’Illustration, sa description de la cathédrale en ruine est plutôt sobre dans son journal, ce sont les étapes du déclenchement d’un bombardement en ville qu’il note alors en détail. Comme L’Hôtel du Lion d’Or, face à la cathédrale, est détruit  il va dormir à l’Hôtel du Nord, place d’Erlon où le bombardement allemand l’a rattrapé… Il existe très peu de cartes postales anciennes de cet Hôtel du Nord toujours existant entourant l’angle de la place et de la rue de Châtivesle. Configuration parcellaire déjà visible sur le cadastre napoléonien des années 1820 ! En 1914, dans l’annuaire Matot-Braine, le garage de l’hôtel est indiqué rue de Châtivesle où une enseigne est toujours visible. Merci à Michel Thibault d’Amicarte 51 pour ces deux cartes postales avant 14 et après la reconstruction de 1922

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L’article de Loti paru dans L’Illustration du 18 septembre 1915 n° 3785

Loti ne relate pas ici l’épisode de Suippes à la recherche de Samuel mais il développe une description patriotique mais réaliste des nombreux cimetières provisoires qu’il a croisés sur sa route, en particulier un cimetière musulman. Au sujet de la cathédrale, il continue dans le style de son article de novembre 14 : « par quel miracle tient-elle encore ? »… « Ah ! les sauvages ! … …capables de lui donner, d’une heure à l’autre, le coup de grâce »… mais un bombardement commence que Loti va subir et rapporter aux lecteurs de L’Illustration

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Suite : 3 – Pierre Loti à Reims en 1918

Revoir le premier article sur Loti à Reims en janvier 1914

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Vues aériennes de Reims en ruine (1915-1919)

Ces clichés présentés ici proviennent du site Gallica.bnf.fr

Ils montrent des vues aériennes de la ville dans ses années de bombardements. Ils ont l’avantage de nous montrer Reims « avant » la reconstruction avec ses rues disparues ainsi que l’ancienne configuration de la place du Forum, appelée alors, place des Marchés, avec ses deux halles et les deux bâtiments qui disparaîtront après guerre, le Cours Langlet inexistant, et bien d’autres changements.

Je vous invite donc à petit ce voyage dans le temps !

– 1915 : la vue montre la cathédrale et le quartier « des Laines », compris approximativement entre les rue Cérès, rue de l’Université et boulevard de la Paix. Ce sera le premier quartier entièrement détruit, en même temps que la cathédrale, dès le 18-19 septembre 1914.

(Au premier plan : un élément de la structure de l’avion)

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Le 18 mars 1916 :

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15 septembre 1916 : vous remarquerez l’Hôtel de Ville (en haut). Encore intacte et sera la cible d’obus incendiaires le 3 mai 1917.

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1916 : sur ce cliché vous pouvez voir l’ancien « Hôtel du Lion d’Or » sur le parvis devant la cathédrale, le Palais de Justice et le Théâtre. Vous voyez aussi les rues qui existaient avant la percée du Cours Langlet.

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18 Mars 1919 : la guerre est finie. Après la Deuxième Bataille de la Marne (qui mettra Reims sous une nouvelle menace d’occupation par l’ennemi), la ville est ravagée. Il ne reste qu’une dizaine de maisons intactes, pour la plupart seules les façades subsistent, comme en témoigne la place Royale, vue ici.

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Photos Gallica.bnf.fr

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