All posts by Véronique Valette

Samedi 24 mai 1919

Louis Guédet

Samedi 24 mai 1919

1716ème et 1714ème jours

8h soir  Chaleur torride ! Pris le train à 11h et arrivé ici à 4h1/2. Sortant de la Gare j’ai rencontré le nouveau juge de Paix Villermin et sa femme, qui m’avoue qu’il prend 15 jours de vacances !! Çà re…  commence !! Je n’insiste pas car tous ces magistrats sont au-dessous de tout…  comme mauvais vouloir et fainéantise !!

Déjeuné à Charleville avec Charles Demaison qui venait de voir une de ses fermes (120 ha) à Lumes complètement dévastée. On lui a coupé à un mètre du sol (les allemands) toutes ses jeunes plantations de peupliers !!…

Rentré ici je trouve Béliard notaire à Reims et Forzy notaire à Fismes, nous causons un instant car j’ai à faire. Courrier énorme, je m’y attellerai demain. Je suis las ! de cette vie…  et je serais bien aise de lâcher tout !… Pour le peu de satisfactions qu’on a !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Fismes, la gare du CBR et la sucrerie


Cardinal Luçon

Samedi 24 – Visite de M. le Marquis de Polignac, demandant de faire visiter la Cathédrale à 4 personnages américains de Washington. Visite de la Cathédrale à une Mission américaine. Expédié Lettre collective des Evêques.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 24 mai

Brockdorff-Rantzau et ses délégués sont repartis pour Spa où ils vont conférer avec les ministres allemands.
Dernburg et Max de Bade ont déclaré que l’Allemagne ne pourrait pas signer les préliminaires de paix dans leur forme actuelle.
Une note officielle italienne dit que M. Orlando et ses collègues sont parfaitement d’accord sur la question de l’Adriatique.
Le cercle de l’offensive anti-bolcheviste se resserre autour de Pétrograd.
La situation est devenue assez grave à la frontière de l’Afghanistan. La guette sainte a été proclamée dans ce pays.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Vendredi 23 mai 1919

Louis Guédet

Vendredi 23 mai 1919

1715ème et 1713ème jours

Très chaud. Parti à 10h55 et arrivé à Charleville à 3h1/2, étant descendu à Mohon et pris une voiture au lieu de faire le tour par Warcq avec le train, qui ne m’aurait descendu à la Gare qu’à 4h3/4. Vu immédiatement Guinet et Laurent et pris les valeurs Jacquemart sans les Théret qui n’avaient pas jugé à propos de rester !! On n’est pas plus sans-gêne, mais je crois que la signification que j’ai faite à mes confrères pour la réunion pure et simple de l’Union d’Ivry à celle de Neufmanil les ramènera à la saine raison.

Dîné au buffet le soir avec Guinet, et fait un tour aux bords de la Meuse pour voir les ponts sautés. C’est formidable !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Visite de la Société Archéologique conduite par M. Lefevre Pontalis.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 23 mai

Un délai supplémentaire de huit jours a été accordé à l’Allemagne pour remettre ses contre-propositions. Brockdorff-Rantzau a été autorisé à faire venir un train d’imprimerie.
M. Orlando est revenu à Paris après avoir tenu conseil à la frontière.
Les gouvernements alliés se préoccupent du nouveau conflit ukraino-polonais.
la marche des Esthoniens se poursuit vers Petrograd.
On annonce que M. Sasonoff serait accueilli à Londres comme ambassadeur de l’amiral Koltchak.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Jeudi 22 mai 1919

Louis Guédet

Jeudi 22 mai 1919

1714ème et 1712ème jours

8h soir  Très beau temps. Levé à 5h1/2, je file à 6h1/2 Gare de l’Est m’installer dans le train de 7h55 pour avoir une place jusqu’à Reims. Arrivé ici fourbu. Courrier indescriptible. J’y renonce.

Vu le nouveau juge de Paix des 2ème et 4ème cantons de Reims, M. Villermin, un ancien juge de Paix d’Épinal… Très bonne impression !!…  mais il est un peu démonté !!…  de la vie qu’il va avoir ici !… Audience toute l’après-midi, rentré à 5h et attelé à ma correspondance, sans parler des clients !! Demain je pars à 10h1/2 / 11h pour Charleville. Une vraie corvée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 22 – Premier anniversaire de l’incendie de notre maison de la rue du Cardinal de Lorraine ; visite de la Supérieure de la Divine Providence rentrée à Villers-Allerand.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Jeudi 22 mai

M. Clemenceau a répondu à la note de Brockdorff-Rantzau sur les responsabilités.
Les représentants des Yougoslaves ont déposé devant la commission des affaires balkaniques.
MM.Orlando et Crespi ont quitté Paris pour assister à un conseil des ministres qui se tient à Bardonnèche, à la frontière, et où la question de l’Adriatique sera de nouveau examinée.
Le message de M. Wilson au nouveau congrès américain a trait surtout aux rapports du capital et du travail et au problème fiscal.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mercredi 21 mai 1919

Louis Guédet

Mercredi 21 mai 1919

1713ème et 1711ème jours

10h soir  Chaleur extrême. Parti à 5h20 de Reims, arrivé à Paris à 11h. Couru 2 ou 3 hôtels près du Palais Royal pour trouver une chambre !! Trouvé une mansarde Hôtel des Alpes, rue de Richelieu, mais propre.

Passé toute mon après-midi avec les Heidsieck pour l’affaire Jacquemart, vu Loncle, avocat, et Thorel, avoué, pour s’entendre sur la procédure à suivre… Je vais à Charleville le 23 pour assister à l’ouverture du coffre chez Claude La Fontaine et prévenir de notre…  attaque ! Le soir sur les 9h pour prendre un peu d’air j’étais sur la terrasse du café la Régence place du Théâtre français (167, rue Saint-Honoré, Paris 1er), j’entendis pour la première fois depuis 5 ans !! L’air de Salomé « Mon bien aimé vivre sans toi !!! » joué par l’orchestre du café !! Air si prenant ! Les larmes jaillirent de mes yeux, et je fus pris d’une émotion indescriptible ! La dernière fois que je l’avais entendu chanter, c’était par ma pauvre femme en juillet 1914, dans notre salon de la rue de Talleyrand, 37 !!… Tout cela n’est plus que cendres et souvenirs. Que tout cela est dur et amer ! Quand je songe à notre misère et notre vie de parias actuelle !! Tout cela me broie, me brise et me tue.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Reu de Talleyrand, autochrome


Cardinal Luçon

Mercredi 21 – Visite à Vouziers avec le Général Didier. Visite de la Cathédrale avec l’ancien Maire de Chicago, et le premier Adjoint de Philadelphie, présentés par M. Maxence de Polignac en compagnie de M. le Maire et de M. Charbonneaux, adjoint.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Mercredi 21 mai

Nombreuses réunions à la Conférence.
Les Quatre ont tenu séance dans la matinée. Le thème de la conversation a été le sort de la Turquie d’Europe et d’Asie. Aucune solution n’a été adoptée.
Les Cinq ont siégé dans l’après-midi (MM. Pichon, Balfour, Lansing, Sonnino, Makino). Ils ont entendu, de nouveau M. Hymans et M. van Karnebeek. Le ministre des Affaires étrangères de Belgique a exposé le point de vue de son pays, en ce qui touche la révision du traité de 1839; il a évoqué les problèmes juridiques, comme les questions territoriales (Limbourg, Flandre zélandaise) et économiques (navigation de l’Escaut). M. Hymans a formulé un certain nombre de suggestions.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mardi 20 mai 1919

Louis Guédet

Mardi 20 mai 1919

1712ème et 1710ème jours

7h soir  Temps magnifique. Journée fatigante. Ce matin du monde. Été à la Maison de Retraite rue Simon, 26, vu le Directeur M. Lepecqueur (à vérifier) pour deux successions à régler et mettre au point. Vu Mme Verdun, Directrice, que je n’avais pas vue depuis 2 ans. Toujours aimable et bonne personne.

Après-midi à 1h Réunion de Chambre pour décider de notre Assemblée Générale, qui est fixée au 17 juin 1919.

On parle de nouveaux membres pour 1 an, Jolivet et Bruneteau, pour 2 ans Chémery, Demoulin et moi, et pour 3 ans Béliard et Cailteaux ou Ferté.

Mais que de choses à solutionner !! Et j’ai bien peur que l’on me donne la Présidence !! Encore bien du mal, et réussirais-je ?? à satisfaire aux exigences de la situation ? Je pars demain à 5h20 pour Paris, et rentrerai à Reims jeudi à 11h12.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Mardi 20 – Visite de M. Remi Lavollée, du Général Beaudemoulin ; de Mme de Sainte-Marie ; à M. Adolphe Charbonneau, non trouvé ; à M. de Polignac, absent, à M. le Provisoeur du Lycée

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 20 mai

 

La délégation allemande à Versailles a remis une neuvième note à M. Clemenceau. Elle a trait à la condition des missions religieuses germaniques en Chine et en Afrique.
Les Cinq se sont réunis pour entendre M. Hymans, ministre des Affaires étrangères de Belgique, et M. van Karnebeek, ministre des Affaires étrangères de Hollande, sur la révision des traités de 1839.
Le Congrès américain a entendu un message de M. Wilson.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Lundi 19 mai 1919

Louis Guédet

Lundi 19 mai 1919

1711ème et 1709ème jours

8h soir  Je pars à 7h de St Martin le cœur bien gros !! A la Gare causé avec Mme de Riocour et Melle de Puymaigre, toujours aussi bonnes et charmantes. Rentré à 11h1/2. Monceau de lettres qui me coupent bras et jambes. Il faut me hâter car demain Chambre des notaires et mercredi à 5h je pars pour Paris, appel dimanche dernier par les Heidsieck pour leur affaire Jacquemart. Ils sont charmants, mais ils ne se doutent pas du mal qu’ils me donnent sans le temps qu’ils me font perdre. Je les verrai à 2h mercredi, je repartirai jeudi matin pour arriver à mon audience de 2h jeudi. Et repartir vendredi à Charleville à 10h1/2 et rentrer ici enfin samedi soir, et le mercredi suivant je retourne à St Martin pour la première communion de Maurice !!! Et on dit que nous ne faisons rien !!

Dérangé toute l’après-midi, tiré de-ci de-là ! Quelle vie, je suis fourbu ! Ajoutez à cela ma grande tristesse !!! Couru à la Ville pour obtenir un acte de naissance d’André et mon autorisation pour son baccalauréat !! Mais à la Ville j’obtiens tout ce que je veux ! Heureusement !! Demain à 8h1/2 signatures d’actes, légalisations, signatures de registres de régie, etc…

Appris vendredi au Parquet qu’Harel, mon confrère notaire à Reims, avait donné sa démission de notaire !! C’est simple ! Il est fou !! (Rayé).

M. Villermin qui vient d’Épinal est nommé juge de Paix des 2ème et 4ème cantons, il doit prêter serment le 23, vendredi. Je resterai donc en attendant un titulaire pour les 1er et 3ème cantons… Cela me soulagera d’autant.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 19 – Voyage à Rethel, avec le Général Didier et Mgr Neveux. Visite des Prélats américains (en mon absence). Visite de Mme la Directrice du Lycée, catholique pratiquante, qui vient de Vitry-le-François, et dont le père était Inspecteur d’Académie dans le Nord où elle-même dirigeait un Collège, à Lille, jusqu’en 1917. Visite de Mme du Doré avec M. de Lambilly. Visite d’adieu de M. Boucher qui retroune en Bretagne, chez les Auxiliatrices, ou la communauté où il était réfugié.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 19 mai

Brockdorff-Rantzau est parti pour Spa, où il doit conférer avec des hommes politiques et des financiers allemands. Il a remis une contre-proposition à la Conférence au sujet de la Sarre.
Cette contre-proposition s’inspire en fait de la note du 14 mai où Brockdorff-Rantzau protestait contre le transfert des mines de la Sarre à la France. Le chef de la délégation allemande insinuait qu’il y avait d’autres moyens d’indemniser notre pays de la destruction des charbonnages du Nord et du Pas-de-Calais. Ce sont ces moyens qu’il a envisagé dans le document.
Les Quatre ont tenu une séance intéressante, M. Montagu, sous secrétaire d’État britannique pour l’Inde et le maharajah de Bikanir ont fait valoir contre une mutilation trop grande de l’empire ottoman les sentiments des musulmans hindous.
Les conversations sur Fiume n’ont encore produit aucun résultat.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Dimanche 18 mai 1919

Louis Guédet

Dimanche 18 mai 1919

1710ème et 1708ème jours

Messe à 9h. Ensuite je suis allé sur la tombe de mon Père et de ma Mère. Je me repose en souffrant de voir mes pauvres aimés si isolés, et si pauvres !…

Mon (rayé) pour ses dommages de Guerre, après ce qu’il m’a fait ! (Rayé). Non, c’est du tyrannisme ou de (rayé). Et (rayé) raison là !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 18 – Visite de la famille Delaunay, offrant une belle Eau-forte de la Cathédrale. Visite de Mme Changeux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 18 mai

Les Cinq ont délibéré sur les frontières de la Bulgarie.
Les forces alliées ont occupé Salonique : les Grecs ont pris position dans la ville, les Français dans les forts, les Anglais et les Italiens aux environs. Le gouvernement ottoman avait été, la veille, informé, par les soins des autorités navales alliées, de l’opération qui s’est effectuée aux termes de l’article de l’armistice. Celui-ci prévoit, pour les alliés, le droit d’occupation, dans le cas où un état de choses menaçant pour leur sécurité viendrait à se produire.
La commission de la paix s’est réunie à Berlin. L’Allemagne ne pourra éviter de signer, déclare lord Curzon.
Lenine annonce une victoire sur les troupes roumaines.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Samedi 17 mai 1919

Louis Guédet

Samedi 17 mai 1919

1709ème et 1706ème jours

Beau temps. Je dors presque toute la journée, je suis tellement fatigué ! et puis je jouis un peu des miens.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 17 – Rentrée à Reims. Visite de la famille de La Ferronnaye, Marquis, Marquise et fille de Mme de Pommerau.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Le Marquis Henri de La Feronnaye


Samedi 17 mai

On annonce de nouvelles notes de Brockdorff-Rantzau.
Les Quatre ont statué sur les clauses du désarmement de l’Autriche, et les Cinq sur la délimitation de la Bulgarie.
Le traité secret de Londres a été publié à Rome.
Le maréchal Foch s’est rendu sur le Rhin pour prendre certaines dispositions en prévision d’un refus que l’Allemagne opposerait à la signature de la paix.
Lenine a envoyé un ultimatum à la Roumanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Vendredi 16 mai 1919

Louis Guédet

Vendredi 16 mai 1919

1708ème et 1706ème jours

Je pars à 10h1/2. A Épernay je vois le Président qui me parle des commissions arbitrales et des dommages de Guerre. Je vois également notre nouveau Procureur de la République, M. Jonc (à vérifier), un homme tout rond ? hum ?!… peut-être trop ? Enfin l’avenir nous dira le reste.

Arrivé à St Martin le soir à 6h. Ma pauvre chère femme va un peu mieux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 16 – En retraite au Waridon. Visite du Général Raulin, j’étais absent.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 16 mai

Brockdorff-Rantzau

Brockdorff-Rantzau a fait remettre à M. Clemenceau trois nouvelles notes.
La première visait les responsabilités. Tout en reconnaissant que l’Allemagne devait des réparations pour les dommages causés, elle s’efforçait de diviser ces responsabilités et d’en rejeter une partie sur les adversaires de l’empire.
La seconde avait trait à la situation économique de l’Allemagne, et tendait à montrer que cette situation était quasi-désespérée. Tout, en effet, disait-elle, manquait ou allait manquer, puisqu’on prenait à l’Etat germanique sa houille et sa potasse, qu’on le privait de sa marine marchande, qu’on lui refusait les matières premières, etc.
Le troisième document, le plus développé, concernait les cessions territoriales. Il étudiait minutieusement chacune d’elles en parlant de la Sarre, de Moresnet, de Malmédy, etc., et confrontait les revendications de l’Entente avec les thèses wilsoniennes.

Share Button

Jeudi 15 mai 1919

Louis Guédet

Jeudi 15 mai 1919

1707ème et 1705ème jours

9h matin  Toujours du beau temps plutôt chaud. Je suis d’une tristesse indescriptible, et découragé à l’avenant !! Mon Dieu, que la mort me serait une délivrance !! Je n’en puis plus ! Mon agonie est trop longue ! Et puis je ne sais où je vais !! Je suis désespéré.

7h soir  Du monde en quantité. Audience à 2h jusqu’à 6h1/2 du soir. Réquisitions. Conciliations. Conseils de familles. Je suis très fatigué. Et mon chagrin, mon désespoir ne font qu’accentuer cette fatigue. Que dirais-je de plus, rien. Rien de drôle à ces conciliations. Le nouvel intendant est de la carrière. Donc rien à faire. En sorte que les affaires passent sans intérêt. Tout cela me lasse !! du reste je n’ai plus aucun goût au travail ni à quoi que ce soit. Mon Dieu que la mort me serait une délivrance !!

Je pars demain pour St Martin, encore souffrir à voir encore ma pauvre femme malade, hélas !! Quel calvaire que ma misérable vie !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 15 – Cinéma, film à la Cathédrale à 9 h. photographies du Cap. Faure. Départ pour la retraite des prêtres démobilisés, au Waridon, Charleville.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 15 mai

Une crise gouvernementale apparaît imminente à Berlin. Les catholiques et les démocrates prétendent vouloir se retirer du cabinet, et les socialistes indépendants refusent d’assumer les charges du pouvoir.
Les délégués autrichiens sont arrivés à Saint Germain.
Le transport des troupes polonaises à travers 1’Allemagne serait suspendu.
Les Tchèques annoncent qu’ils ont subi une attaque du côté hongrois.
Brockdorff-Rantzau s’est fait interviewer. Il a déclaré que l’Allemagne subissait la méfiance générale et qu’elle devait prouver par des actes qu’elle avait changé d’esprit.

Share Button

Mercredi 14 mai 1919

Louis Guédet

Mercredi 14 mai 1919

1706ème et 1704ème jours

10h matin  Temps magnifique d’été, très chaud. Toute la nature est gaie, hélas !! Et cette végétation luxuriante jure avec nos ruines !! Je rentre du Cimetière du Nord pour faire enlever la serrure de la chapelle de Maurice Mareschal et refaire une clef. Je suis assailli de chaleur, et puis chaque fois que je parcoure les rues de Reims avec toutes ces ruines amoncelées, cela me crève le cœur ! Certes ! plutôt la mort que cette vie au milieu de cette Pompéi moderne !! Quelle misérable existence ! et quelle triste fin de carrière j’aurais eue, j’aurais vécue !

3h soir  quelques lettres. Visite de Dufay, mon propriétaire, qui me dit que la porte que je devais faire pour communiquer avec la maison voisine et la pièce que j’ai l’intention de louer me coûtera… 600 F !!! Avant-guerre cela aurait coûté 150 Francs… C’est formidable, tout cela me démonte !…  si seulement je n‘avais pas cette charge ! Dieu que je serais débarrassé si je pouvais la lâcher !… Il fait une chaleur torride !…  si cela continue cela ne pourra nous amener que des orages…

En tout cas je pense partir à St Martin vendredi pour 2 ou 3 jours là-bas !…

Je n’ai le goût à rien, je vais tâcher de sortir un peu ! mais là…  quoi faire ?

6h soir  Sorti pour faire un tour et me faire coiffer les cheveux, quand en passant devant l’École Professionnelle je m’entends interpeller, c’était l’ancien Directeur, M. Beauvais, qui a été si utile durant les bombardements. Il venait surveiller la remise en état de l’École. Il est maintenant Directeur de l’École des Arts et Métiers de Châlons où a été mon grand-père Jules Guédet au début de cette école en 1813/1814, comme fils ainé de 7 enfants, et où il a fait le coup de feu en 1814 (mars) contre les Russes et les cosaques dans les rues de Châlons. Pressé par les cosaques il ne dû d’avoir la vie sauve qu’en piquant une tête dans la Marne au Pont du Mau, et de remonter le courant jusqu’au barrage. C’était, parait-il, du reste un nageur de première force !!

Nous causâmes donc avec Beauvais, heureux de nous revoir… Il m’apprit qu’à la suite d’une imprudence du service de santé qui occupait une partie des bâtiments de l’École des Arts venait d’être incendiée…  et…  bien entendu les Galonnards du service de santé cherchèrent à faire endosser la responsabilité de l’incendie à ce vil civil de Directeur, mais ils sont tombés sur un bec de gaz !! Car Beauvais connait ces pierrots… Et justement c’était Boncourt ancien pharmacien à Reims, arrivé à 4 galons, Légion d’Honneur, etc…  qui comme tous ces parvenus-là, voulut le prendre de très haut…  mais çà n’a pas pris et il a dû en déchanter. C’est extraordinaire comment ces officiers de complément ont pris de la marque aussitôt qu’ils ont endossé l’uniforme !!…

Beauvais me disait qu’ils le paieraient cher car au lieu de comprendre qu’il va falloir rentrer dans le rang et la légalité, ils veulent continuer à parader et à régenter !! Ce temps-là est passé heureusement.

Il parait que notre nouveau Préfet du reste les a dans le nez tous ces galonnards et les fait pivoter, c’est, du reste, bien leur tour !! Rentré pour recevoir Brimont, avocat, qui va s’installer à Trigny, ne pouvant habiter Reims, sa maison étant démolie.

Bref j’en sais avec ma coupe de cheveux !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Trigny

Cardinal Luçon

Mercredi 14 – Visite de Mme la Marquise de Polignac. Mission Hellénique. Conférence avec M. Dufay. Visite du Capitaine américain Faure (Croix-Rouge)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 14 mai

Scheidemann a prononcé un grand discours à l’Assemblée nationale de Berlin. Il déclare les préliminaires de paix inacceptables, mais il ajoute qu’il veut continuer à négocier.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Mardi 13 mai 1919

Louis Guédet

Mardi 13 mai 1919

1705ème et 1703ème jours

10h matin  Temps couvert, lourd, je suis délabré. Je travaille comme une machine mais sans force. Toujours souffrir, toujours pleurer, c’est trop. Et puis le souci de l’avenir des miens, de la santé de ma pauvre femme me tue. Je suis sans forces.

9h soir  Vu la Supérieure de l’Hôtel-Dieu qui est maintenant à l’Hôpital Général en attendant qu’elle regagne Roederer avec ses religieuses. Je lui ai communiqué la lettre de la Mère Supérieure Sœur Pauline, de Cras Avernas, qui malheureusement ne se rend pas compte que leur intérêt est d’accepter ce que les Hospices leur offre de s’installer toutes à Roederer. En tout cas l’Aumônier, le Directeur et la Supérieure de Reims sont de cet avis, et si elles ne saisissent pas cette occasion elles pourront dire que ce sera la mort de leur Communauté, les Religieuses Augustines de l’Hôtel-Dieu de Reims auront vécu ! C’est leur mort. Malheureusement les Religieuses qui sont en Belgique ne se rendent pas compte de la situation. Il faudrait qu’elles voient avec des yeux moins avertis les concessions de pure forme qu’elles peuvent faire sans toucher à leur ordre et à sa règle.

Du reste il n’y a que l’ordre à Reims, parmi les Augustines de France, qui est réfractaire à cet ordre d’idée !

Vu ce soir l’abbé Andrieux, causé d’un tas de questions, et il déplore le peu d’initiatives du haut clergé qui, comme notre administration municipale, laissent tout à l’abandon et à l’initiative privée. On ne fait rien, rien… Pauvre Reims !! sera-ce aussi sa mort ?!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 13 – Visite du Général Dupont avec un officier. Visite de M. Maudoul, Proviseur du lycée de Reims ; de M. le Curé d’Asfeld, de Lagery.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 13 mai

M. de Brockdorf-Rantzau a fait remettre deux nouvelles notes à M. Clemenceau.
L’une traite des prisonniers de guerre, l’autre de la législation internationale du travail. Les Quatre se sont réunis pour préparer la réponse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Lundi 12 mai 1919

Louis Guédet

Lundi 12 mai 1919

1704ème et 1702ème jours

7h soir  La pluie, chaude, lourde, persistante. Enterrement de Madame Abelé – de Müller, 98 ans, mais le corps n’était pas là !! une panne d’auto-corbillard étant survenue en route. On a été obligé de faire le service sans…  l’intéressée !! Je me suis énormément amusé de la tête que m’a fait le brave Houlon quand je lui ai dit qu’il avait jeté de l’eau bénite avec complexion et…  composition sur…  un…  simulacre !! Il ne voulait pas me croire !! Alors il a crié à l’abus de confiance !! Toutes les paroisses de Reims étaient représentées, y compris Mgr Neveux. Peu de Rémois marquant, Lochet, Houlon, Duchateau, Marle, c’est tout.

Lettre de ma chère femme qui va toujours fort doucement.

Après-midi perdue avec Mme Changeux – Heidsieck (Marie Françoise Emilie Heidsieck (1853-1927), veuve d’Edouard Victor Changeux (1847-1915)). La chère dame a bien la mentalité des gens qui ont été loin de la tourmente, bien que rémoise !! Cela me fait de la peine !… Journée triste et monotone dans son ensemble. En peut-il être autrement ? hélas ! pour le pauvre misérable que je suis !!

Je vois dans le journal que von Brockdorff – Rantzau (Ulrich von Brockdorff – Rantzau (1869-1928) Ministre allemand des Affaires Étrangères en 1919) a l’inconscience de demander qu’on renvoie les prisonniers allemands habillés de neuf dans leur pays !! C’est du cynisme !! Il oublie donc comment et dans quel état de délabrement, moral et physique, ils ont renvoyés nos prisonniers, en guenilles !! C’est de l’audace !! J’espère bien que Clemenceau va lui répondre de la belle manière ! A moins que cet imbécile de Wilson ne se mette encore en travers… Quel vil individu ce Wilson !! Grâce à lui nous aurons peut-être encore la Guerre dans 10 ans !!… Dieu que cet homme-là nous aura été néfaste !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 12 – Visite de M. Hearn, Chevalier de Colomb, qui me propose de créer ici une sorte de Cercle pour les militaires blessés, avec des fonds de la Croix-Rouge américaine.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 12 mai

M. de Brockdorf-Rantzau a adressé deux notes à M. Clemenceau: l’une au sujet de l’esprit des conditions de paix, l’autre sur la Ligue des nations. M. Clemenceau y a répondu aussitôt: il déclare que les conditions de fond de la paix ne pourront être modifiées.
Les Quatre ont continué à délibérer sur la question de l’Adriatique. Il ne semble pas encore qu’un résultat ait été atteint.
Les Cinq ont discuté et adopté un rapport de la commission spéciale de la Yougoslavie sur les frontières yougoslaves vers l’Autriche allemande. Une consultation populaire aura lieu dans la partie de la Carinthie dont Klagenfurt est le centre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Dimanche 11 mai 1919

Louis Guédet

Dimanche 11 mai 1919

1703ème et 1701ème jours

2h soir  Beau temps chaud mais de l’air. Triste anniversaire pour moi, date de l’enterrement de ma pauvre Mère morte le 9 mai 1898 ! 21 ans déjà !! Tout cela me bouleverse quand j’y songe et surtout quand je pense à tout ce que j’ai souffert depuis !! Oh ! Que je l’envie !! Quelle délivrance pour moi serait la mort.

Lettre de ma pauvre femme toujours fort délabrée ! Tout cela me brise !

Vu à la messe de 8h rue du Couchant Edouard Benoist, (rayé) ? Emile Français ! etc…

Dans le Courrier et l’Éclaireur, je lis que M. Villermin juge de Paix d’Épinal est nommé juge de Paix des 2ème et 4ème cantons de Reims. Celui pour les 1er et 3ème cantons ne tardera sans doute pas à l’être. Alors le juge de Paix de Guerre de Reims aura vécu ! Je disparaitrai sans regret ! si c’était le repos éternel !!

3h  Une visite qui vient de me remuer profondément, c’est celle de M. et Mme Schlumberger – Schoën (Paul Schlumberger (1877-1952) et son épouse, née Elisabeth Schoën (1884-1942)) qui sont venus visiter Reims ! et n’ont pas voulu le quitter sans venir me voir. Ils sont charmants, délicieux tous les deux !!! Mon vieil ami leur Père doit venir la semaine prochaine, que je serai heureux de le revoir… !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 11 – Réception dans la Cour de la Fédération nationale des Sociétés de Préparation militaire, Président M. Lucien Lattes, photographiés ensemble signature, etc. Visite au Petit Séminaire de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Dimanche 11 mai

L’Allemagne officielle se livre à toute une série de manifestations contre les préliminaires: discours de Fehrenbach et de Scheidemann à la commission de la paix de l’Assemblée nationale; appel d’Ebert au peuple allemand; autre appel aux Allemands de l’Est. Discours aux Chambres de Prusse et de Wurtemberg. Mais la presse ne dit pas qu’il ne faudra point signer.
Les Quatre et les Cinq ont continué les discussions sur la question d’Autriche.
Le président Wilson annonce qu’il restera en Europe jusqu’à la signature du traité de paix.
La Belgique, qui protestait contre la répartition des mandats coloniaux en Afrique, aura une satisfaction: on va réviser cette répartition.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Samedi 10 mai 1919

Louis Guédet

Samedi 10 mai 1919

1702ème et 1700ème jours

7h1/2 soir  Pluie légère mais beau temps. Journée écrasante, une suite ininterrompue de gens qui n’ont pas cessé de me voir, aussi ai-je peu rattrapé le retard de mon courrier. Et puis je suis dégoûté du travail !! que je fournis et qui ne me récompense nullement de mon effort, alors à quoi bon !! Pas de nouvelles de St Martin. Décès de Mme Abelé – de Müller à 98 ans, on l’enterre lundi à 11h1/4 (Marie Hélène Lucie de Müller (1822-1919), épouse de François Joseph Abelé (1811-1876)). Oh ! que je suis fatigué ! découragé surtout !! Il n’est pas permis de souffrir comme cela ! que de fois je désire la mort, ayant fait le sacrifice de ma vie depuis longtemps !!… La mort me serait une réelle délivrance !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Margaret Woodrow Wilson

Samedi10 –Visite de M. Bocquillon, Curé de S. André ; de M. le Curé de Montigny, de M. le Commandant Chabauty, et d’un autre, cousin ; des Soeurs Auxiliatrices ; de Mademoiselle Wilson, fille du Président, et de deux officiers arrachés à sa personne.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 10 mai

MM. Pichon, Balfour, Sonnino, Lansing et Makino se sont occupé de la question autrichienne. Ils ont entendu les rapports qui avaient été rédigés par 1es commissions territoriales: commissions des affaires roumaines, yougoslaves, tchécoslovaques et polonaises. Ils ont adopté en bloc la solution qui leur a été proposée, c’est-à-dire que les frontières des nouveaux Etats et les nouvelles frontières des anciens États sont tracées.
Le matin et l’après-midi, MM. Clemenceau, Wilson, Lloyd George. Orlando, ont repris le débat sur l’Adriatique. M. Barzilaï est attendu à Paris et MM. Salandra et Salvago Raggi, les deux autres membres de la délégation italienne, ne tarderont pas à le rejoindre. MM. Barrère, ambassadeur de France à Rome, et M. Nelson Page, ambassadeur des États-Unis, viennent de même participer aux conférences qui ont pour thème le sort de Fiume et de la Dalmatie.
La presse allemande se déchaîne contre le texte des préliminaires de paix, dont elle demande le rejet.
Par contre, ce texte est, en général, bien accueilli en France, en Angleterre et en Amérique.
On annonce que la Bulgarie mobiliserait de nouveau contre la Serbie.
La Belgique proteste contre la répartition des colonies allemandes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Vendredi 9 mai 1919

Louis Guédet

Vendredi 9 mai 1919

1701ème et 1699ème jours

9h soir  Temps excessivement chaud ! Promené le matin dans Charleville au bord de la Meuse, ce qui me rappelait le pays mosellans à Metz, même fraîcheur, même humidité de l’atmosphère, douceur exquise qui ne peut se décrire et qui vous berce comme dans un rêve ouaté de brume et de soies…

Parti à midi 1/2 seulement et arrivé à 5h fatigué. J’ai remarqué sur ma route quantités de troupeaux de chevaux et des cultures… On descend à Charleville et non à Mohon maintenant, en faisant de Mohon un immense circuit d’une heure qui contourne toute la boucle de la Meuse pour revenir à Mézières et Charleville.

Arrivé ici à 5h, rencontré Luchesse avec le nouveau Commissaire de Police qui doit me servir de ministère public en simple police. Ici monceau de lettres, que je viens de finir d’ouvrir, et il me faut répondre !!! Et des clients qui ne décollent jamais !! Thiénot qui est gentil !!… Houlon !! qui m’a conté qu’Emile Charbonneaux l’ai traité de bouché parce qu’il faisait une observation au sujet du projet d’établissement de la Gare de Petite vitesse derrière les casernes de cavalerie !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 9 –Visite à Mgr Tessier à Châlons, à M. le Préfet (Chapion), aux deux secrétaires de Préfecture ; au Général Debeney, non trouvé ; au Général Dupert, trouvé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 9 mai

Les délégués allemands étudient le texte des préliminaires de paix. M. de Brockdorf-Rantzau ayant, par avance, déclaré qu’il n’accepterait d’autre paix que celle qui serait conforme aux principes wilsoniens.
Un pacte a été conclu entre MM. Wilson, Clemenceau et Lloyd George.
Il a été porté à la connaissance du public par la note suivante:
« En plus des garanties fournies par le traité de paix, le président des États-Unis d’Amérique s’oblige à proposer au Sénat des États-Unis, et le premier ministre de la Grande-Bretagne s’oblige à proposer au parlement de la Grande-Bretagne un engagement soumis à l’approbation du Conseil de la Société des nations aux termes duquel les États-Unis et la Grande-Bretagne viendront apporter immédiatement leur assistance à la France en cas d’une agression non provoquée dirigée contre-elle par l’Allemagne. »
M. Barzilai est revenu à Paris.
Les Trois continuent à délibérer sur la question de l’Adriatique. Un texte de préliminaires devant être remis sous peu à l’Autriche, dont les délégués seront mandés à Saint-Germain-en-Laye.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button