• Monthly Archives: novembre 2018

Vendredi 15 novembre 1918

Louise Dény Pierson

15 novembre 1918

Ma guerre est terminée. Nous travaillons tous à Paris dans des conditions satisfaisantes.
Nous ne rentrerons à Reims qu’à la fin de l’été 1921.

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Louis Guédet

Vendredi 15 novembre 1918

1526ème et 1524ème jours

9h1/2 matin  Temps magnifique ! il a gelé. Causé hier assez longuement avec le Lieutenant-colonel Artigue qui loge à la maison. Il regrette qu’on n’ait pas été faire la Guerre en Allemagne ! Il me disait que ceux qui avaient été les plus courageux et qui avaient donné le plus c’étaient les cultivateurs, les paysans et les étudiants. Quant aux ouvriers de ville et à la riche bourgeoisie ils n’avaient cherché qu’à s’embusquer. C’est aussi mon opinion.

Pour les alsaciens il était aussi de mon avis. Expulser tous ceux qui ne justifiaient pas de leurs origines françaises d’avant 1870. En un mot, remettre tout à 1870, comme si l’annexion n’avait jamais existée !…

4h1/2 soir  Il fait déjà nuit ! Rien de saillant, nous avons des nouvelles de Jean qui est à Troyes en convalescence. Il a dû être fortement pris. Rien de nouveau je ne suis pas sorti.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 15 – Visite de M. Abelé. Annonce au Général de Galembert(1) la mort de son fils qui était en Bulgarie.

(1) La fin de la guerre n’est pas la fin des pertes. On mourra encore beaucoup dans les hôpitaux et, sans compter les mutilés, combien de victimes des gaz asphyxiants agoniseront lentement dans les sanatoriums !
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 15 novembre

Les escadres alliées sont entrées à Constantinople. Les forces françaises comprenaient la deuxième escadre de l’armée navale, commandée par l’amiral Amet, ayant son pavillon à bord du cuirassé Diderot. Les troupes britanniques et indiennes occupant les forts étaient rangées en ordre au passage des bâtiments.
Les troupes serbes ont atteint en Hongrie la région de Weisskirchen.
Les troupes françaises ont pénétré en Valachie en même temps que l’armée roumaine mobilisait. Leur offensive avait duré cinquante-sept jours, au cours desquels l’armée alliée d’Orient avait étendu ses opérations sur un front de 1500 kilomètres, de la mer Noire, à la mer Egée, au Danube et à l’Adriatique.
Cette armée a successivement, malgré les fatigues et les privations de toute sorte, écrasé la Bulgarie, délivré la Macédoine orientale, la Serbie et le Monténégro, isolé la Turquie, participé à la défaite de l’Allemagne et de l’Autriche. Elle a enfin tendu la main à la Roumanie libérée. Les Roumains de Transylvanie se sont partout soulevés contre leurs oppresseurs Magyars.
Le kronprinz allemand est arrivé en Hollande. La kaiserin est à Hombourg.
Les socialistes allemands ont manifesté la volonté de faire comparaître devant une haute cour les hommes qui sont responsables d’avoir prolongé la guerre, et en particulier, l’amiral Tirpitz et le général Keim.
Lord Derby, ambassadeur britannique, a fait une visite à M. Pichon, ministre des Affaires étrangères. Les deux hommes d’Etat ont déclaré que l’alliance franco-anglaise continuerait à s’exercer dans la paix comme durant la guerre.
Une séance violente a eu lieu aux Cortès espagnoles.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Jeudi 14 novembre 1918

Louis Guédet

Jeudi 14 novembre 1918

1525ème et 1523ème jours

8h1/2 matin  Temps magnifique comme hier. Il a gelé et il fait un soleil splendide ! L’armistice fait le fond des journaux. C’est le 1561ème jour de la Guerre qu’il a été signé, le lundi 11 novembre 1918, St Martin, à 5h du matin pour entrer en vigueur à 11h le jour même.

Hébert me disait que son frère était allé à Mézières et qu’il avait vu le désastre commis quelques heures avant la fin de la Guerre, juste 2 heures avant l’entrée en vigueur de l’armistice, par les allemands qui ont bombardé et saccagé Mézières !! Ce n’est pas étonnant de ces sauvages !! Il regrettait de savoir que leur maison et leur usine étaient intactes jusqu’au dernier moment !! Rien d’autre de saillant ! si ce n’est ma lassitude complète !!…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 


 Cardinal Luçon

Jeudi 14 – Visite de l’Abbé d’Orgeval. Retour de M. Compant, arrivée de M. Lecomte. Visite du Médecin-Chef, capitaine à 3 galons du 95′, apportant photographies de la Cathédrale, prises le 4 octobre, dernier jour du bombardement. Visite de l’Archiprêtre d’Épernay

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Jeudi 14 novembre

Le maréral Pétain a adressé un ordre du jour à ses troupes pour célébrer la victoire et leur recommander la dignité de l’attitude pendant l’occupation prévue en Allemagne.

Le gouvernement allemand a prié le gouvernement français d’inviter au calme les populations d’Alsace-Lorraine, qui se montrent hostiles à l’égard des soldats allemands.
Le docteur Solf, secrétaire d’État aux Affaires étrangères de Berlin, a pressé les Alliés, par un message au secrétaire d’État américain Lansing, de hâter l’ouverture des préliminaires de paix. Il invoque la famine qui pèse sur l’Allemagne.
Guillaume II est arrivé au château d’Amerongen, chez le comte Bentink, en Hollande. Il sera traité comme un officier supérieur interné. Contrairement aux bruits qui avaient couru, le kronprinz n’a pas été assassiné. Lui aussi est arrivé en Hollande. Le grand-duc de Bade a été sommé d’abdiquer.
Charles 1er a renoncé à sa couronne: il se retire en Suisse. L’Autriche allemande devient république. Victor Adler, le chef de la social démocratie d’Autriche, qui était devenu ministre des Affaires étrangères à Vienne, est mort subitement.
M. Wilson, qui avait été sollicité par l’Allemagne de lui venir en aide pour la préserver de la famine, lui a répondu qu’il pourvoirait à son ravitaillement, mais à la condition que les vivres seraient répartis équitablement et que l’ordre serait maintenu.
Un accord est intervenu entre le gouvernement de la Sibérie occidentale et le directoire russe d’Orefa.
Des mutineries ont éclaté un peu partout dans l’armée allemande cantonnée en Belgique. Il y a eu des soulèvements à Bruxelles, au camp de Beverloo, à Anvers et à Liège. Des scènes sanglantes se sont produites.
Le cabinet de guerre impérial anglais est convoqué. Les premiers ministres des colonies vont venir y siéger, afin d’examiner les problèmes de l’après-guerre et de leur donner des solutions aussi rapidement que possible.
Le recrutement a été arrêté aux États-Unis: plus de trois millions et demi d’hommes avaient déjà été appelés sous les drapeaux. M. Hoover, ministre du Ravitaillement américain, a recommandé la plus stricte économie. Il a rappelé que l’Amérique aurait à pourvoir aux besoins, non seulement de sa propre population, mais encore des Alliés et même des Empires centraux, en proie à la disette.
Les présidents du Conseil d’Angleterre et d’Italie sont attendus à Paris, MM. Sonnino et Balfour sont déjà arrivés pour participer aux conférences qui vont avoir lieu à Versailles.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 13 novembre 1918

Louis Guédet

Mercredi 13 novembre 1918

1524ème et 1522ème jours

6h soir  Parti hier matin pour Châlons et Épernay. Rencontré personne, ni Douce, ni son clerc, ni Girard. Vu seulement Lutta qui était encore exaspéré de l’attitude de 2 officiers d’administration toujours aussi arrogants et insolents qui venaient de la part du Ministre du Ravitaillement, par ordre de Pétain !! réquisitionner tous les vins qu’il pouvait avoir en stocks de prêt !! (Rayé)…été jusqu’à dire à Lutta que sa résistance était digne d’un Boche !! Toujours la même élégance de convenance !!

Épernay et Châlons sont pavoisées ! Le civil est calme, (rayé) qui (rayé) ! (Rayé) déplacée… Ils sont presque (rayé)! C’est tout dire ! (Rayé) !

Vu M. Hébert qui avait été mon voisin rue de Talleyrand pendant au moins les 20 premiers mois de la Guerre. Il me propose d’aller à Reims séance tenante, mais n’ayant pas prévenu chez moi, je n’ai pu accepter. Résultat (Rayé) !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 13 – Mgr Neveux va au service des soldats à Avenay. Visite de M. Ballot
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 13 novembre

La proclamation de l’armistice a provoqué dans toutes les capitales du monde une profonde émotion. M. Lloyd George a fait une déclaration aux Communes. M. Wilson a prononcé un discours au Congrès de Washington pour dire que tous les buts de la guerre étaient atteints, saluer le changement qui s’était produit en Allemagne et ajouter que les Alliés devaient désormais un secours amical aux peuples émancipés.
La révolution continue en Allemagne. La république a été proclamée à Dresde. A Berlin, le gouvernement provisoire, qui s’est formé en attendant la Constituante, comprend trois socialistes majoritaires et trois minoritaires. La plupart des journaux de Berlin ont changé de titre pour prendre des dénominations démocratiques ou révolutionnaires.
Guillaume II a été consigné à la frontière hollandaise, en attendant que le cabinet de la Haye prît une décision sur son cas. Il aurait d’abord songé à se rendre à l’Angleterre.
Hindenburg s’est mis à la disposition du nouveau gouvernement de Berlin.
Les troupes italiennes atteignent le col du Brenne. Du 24 octobre au 4 novembre, elIes ont fait prisonniers 10.658 officiers et 416.116 hommes de troupes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Un nouveau témoignage d’une Rémoise pendant la Grande Guerre

Sur la page Facebook :
« Louise Dény Pierson »

Si Facebook avait existé en 1914, Louise Dény l’aurait sans doute utilisée pour raconter ce qu’elle vivait.
A défaut, longtemps après la fin de la Grande Guerre, cette Rémoise a couché sur le papier ses souvenirs de petite fille, plongée au cœur du premier grand conflit mondial.
Sur cette page, crée par la journaliste Stéphanie Verger pour le site du quotidien lunion.fr, elle fait revivre la petite Louise et partage son témoignage.

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Mardi 12 novembre 1918

Louis Guédet

Mardi 12 novembre 1918

1523ème et 1521ème jours

8h1/2 matin  Temps gris, brumeux, froid pénétrant de brume. Tout le monde est à la joie de l’Armistice, tandis que je suis livré à mes tristes pensées et à mes angoisses de l’avenir ! Je ne vois aucune solution à ma situation d’avenir, si ce n’est que du malheur ! Rien ! rien ! ne vient atténuer mes tourments !! Seul, sans recours, sans soutien, sans aide même, pas un clerc, pas un employé qui vient m’aider un peu dans ma tâche ! Je suis là, isolé, au milieu de mes ruines, comme le naufragé sur un espar au milieu de l’océan désert ! Et on appelle cela de la justice ?! Je me serais sacrifié, j’aurais tout perdu pour les autres pour arriver à ce résultat, la catastrophe !! La misère pour les miens, car pour moi peu importe avec la triste vie que je mène depuis 4 ans !… J’y suis habitué. Demain je vais à Épernay ! voir Girard qui me demande ! je ne sais pourquoi ! sans doute encore pour que je lui mâche la besogne ! que je mette en route une affaire ! pour que le profit m’échappe et revienne à Thiénot, comme pour l’affaire Perrier-Jouët !! C’est mon lot du reste !! On ne peut rien contre la fatalité ! (Rayé) ! (Rayé) ! C’est (rayé).

2h1/2 soir  Rien de saillant. Peu de courrier, toujours pas de lettres de Jean. Je lui ai écrit pour qu’il nous donne signe de vie. Lettre de Jolivet assez désabusé au sujet de l’avenir de nos Études ! et surtout de l’éventualité de la reprise de nos charges de force. Tout cela n’est pas gai.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mardi 12 – Visite de M. Feudler, curé de Sillery.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Mardi 12 novembre

Les rois de Wurtemberg et de Bavière se sont enfuis. Guillaume II est arrivé en Hollande.
La république a été proclamée dans un grand nombre d’États de la confédération germanique. Ebert, chef du parti socialiste majoritaire, devenu chancelier, a lancé plusieurs proclamations au peuple. Des socialistes indépendants doivent collaborer avec lui.
On annonce que Krupp et sa femme seraient en fuite. Des scènes sanglantes ont eu lieu à Berlin.
Le cabinet Marghiloman a été remplacé en Roumanie par un cabinet Coanda.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 11 novembre 1918

Louis Guédet

Lundi 11 novembre 1918

1522ème et 1520ème jours

10h matin  Temps gris, brumeux, vraiment froid, je puis à peine écrire. Bruits contradictoires : L’armistice est signé ! L’armistice n’est pas encore officiel, etc…  etc… On ne sait qui croire. Le plus simple est d’attendre. En tout cas, s’il est signé, ce sera regrettable pour nous de n’avoir pas été en Allemagne leur montrer comment ils nous ont fait la Guerre et leur faire sentir un peu de représailles ! Ce sera une lourde faute ! commise ! Et je souhaite que nos enfants n’en subissent pas à nouveau les conséquences ! La faute en est à Wilson qui n’est qu’un Illuminé et un Idéaliste ! et nous avons eu la bêtise de le laisser faire !… Tout cela m’attriste, bien que je voie la fin de cette Guerre avec une suprême indifférence ! Car pour moi ce n’est toujours que la ruine et la misère pour le reste de mes jours !… Quoiqu’il arrive !! Alors peu m’importe !

2h après-midi  L’armistice est signé de cette nuit 3h du matin. La cloche sonne !! C’est la fin de la Guerre. Et loin de me réjouir, tout cela m’attriste !! Je m’effraie de l’avenir !! Serais-je plus heureux, aurais-je plus de chance qu’avant ?!!…

Pas de nouvelles de Jean ! Cela m’inquiète, pourvu que sa grippe ne lui ait pas amené de complications !!!

4h  C’est officiel, le communiqué de ce soir annonce que ce matin à 11h 101 coups de canons ont été tirés aux Champs de Mars pour annoncer la signature de l’armistice qui aurait eu lieu seulement à 5h du matin. La date du 11 novembre 1918, fête de St Martin ! devient donc mémorable !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Lundi 11 – SIGNATURE DE L’ARMISTICE, à 5 h. matin.

Suspension des hostilités à 11 h. Visite du P. Bertrand, Lazariste. À 4 h. Te Deum à l’église d’Ay ; allocution; salut. Visite de l’Abbe Pierre Abele. A Reims, M. Camu fait tinter le bourdon(1) (revue Remo-Ardennaise)

(1) A la 11e heure, du 11e jour, du 11e mois… Étant donné les craintes que l’on pouvait avoir sur l’état des structures de la Cathédrale, le fait de faire sonner le grand bourdon ne manquait pas d’audace, mais la victoire valait bien ce risque…
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Lundi 11 novembre

L’armistice a été signé.
Dans la dernière journée, nos troupes, maîtresses de Mézières, avaient passé la Sormonne, enlevé le village de ce nom et atteint la route d’Hirson, à Mézières, au sud de Remwez.
Sur notre droite, nous continuons à franchir la Meuse entre Lunes et Donchery.
Dans sa retraite précipitée, l’ennemi avait abandonné partout un matériel considérable. Nous avons capturé, notamment entre Anor et Momignies, des canons, de nombreux véhicules de toute sorte et des trains entiers de chemins de fer.
Les Anglais, après avoir dépassé Maubeuge, s’approchaient de Mons, malgré la résistance des arrière-gardes ennemies. Leurs détachements avancés poussaient en avant, au sud-est de Mons et arrivaient à la ligne du canal à l’ouest et au nord-ouest de cette ville. Au nord du canal Mons-Condé, ils avaient pris Leuze et touchaient à Ath. Ils avaient progressé de 7 kilomètres à l’est de Renaix.
Les Américains avaient réalisé des gains considérables sur de nombreux points, le long de la ligne, entre Meuse et Moselle. Des troupes de la première armée avaient atteint, en coopération avec les unités françaises, les lisières sud de Stenay et occupé le bois de Chenon, au sud de Baalon. Au delà des pentes orientales des hauteurs de la Meuse, les villages de Gibercy, Abancourt et Grimaucourt avaient été occupés.
En Woêvre, la 2e armée avait pénétré dans les lignes de l’ennemi, qu’elle avait chassé de plusieurs fortes positions. Les villages de Marcheville et de Saint-Hilaire avaient été pris.
Les Belges avaient atteint le front Nederz-Walin-Hermelghem-Boucle-Saint-Denis-Zegemzen.
Les unités américaines à leur gauche avaient franchi l’Escaut à l’est de Heuvel. 15 kilomètres d’avance avaient été réalisés au sud et 7 au centre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 10 novembre 1918

Louis Guédet

Dimanche 10 novembre 1918

1521ème et 1519ème jours

10h matin  Il a gelé, en ce moment du brouillard. Il fait réellement froid. Toujours sans courage et fort abattu ! Je ne sais que décider, que faire ?! Et puis l’avenir ? Quelle lugubre perspective pour moi ?…

3h  Peu de courrier heureusement. Lettre de Charles Decès, dont je n’avais eu de nouvelles depuis des mois. Il est toujours à Madagascar, son écriture me semble bien fatiguée. Lettre du Capitaine Désidéri me demandant des nouvelles de sa sœur ! Je lui réponds que je sais qu’elle est toujours à Huy, près de Namur !

Beau temps, mais une telle boue, que je ne me décide pas à sortir. Pas de nouvelles de jean. J’espère qu’il n’est pas plus malade de sa grippe. Que je suis donc las !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Dimanche 10 – Visite de M. et Mme Barbe, et Charles Heidsieck. Diné avec les officiers du 95e

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 10 novembre

Nos troupes ont continué la poursuite des arrière-gardes ennemies et libéré une large zone de territoire français avec de nombreux habitants.
A notre gauche, nous avons accentué notre progression à l’est de la route de la Capelle et Avesnes, et porté nos lignes aux abords du fort d’Hirson.
Plus à l’est, nous avons atteint, en de nombreux points, la rive sud du Thon, entre Origny et Liart. En dépit de la violente résistance opposée par l’ennemi, nous avons établi des têtes de pont sur la rive nord.
A notre droite, nous bordons la Meuse depuis Mézières jusqu’à la hauteur de Bazeilles. Le chiffre de nos prisonniers dépasse 2000.
Sur le front britannique, vif combat aux environs d’Elaches et de Limont-Fontaine, au sud d’Hautmart. Nos alliés se sont emparés de ces localités et ont fait des prisonniers. Ils ont pris encore Malplaquet, Fayt-le-Franc, Dour et Thulin, et avancent le long du canal Mons-Condé. Ils occupent Condé-Lapacque et Belloy; ils sont entrés dans la partie ouest de Tournay. 18.000 prisonniers ont été capturés par eux depuis le 1er.
La république a été proclamée à Munich, Max de Bade a démissionné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dessine-moi la guerre 1914-2014

Dans le cadre de l’exposition « Dessine-moi la guerre 1914-2014 » accueillie à la BU Sorbon du 28 octobre au 30 novembre, la bibliothèque propose une rencontre avec le dessinateur de presse Laurent Salles le mercredi 14 novembre à 17h.

Diplômé de l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, membre de la fondation Cartooning for peace depuis 2015, Laurent Salles présentera les spécificités du métier de dessinateur de presse.

L’exposition « Dessine-moi la guerre 1914-2014 » propose de croiser les regards des dessinateurs de presse sur les guerres, avec pour point de départ le conflit de 1914-1918. Elle met en lumière les récurrences du phénomène violent qu’est la guerre, depuis la Grande Guerre de 1914-1918 aux guerres contemporaines.

La rencontre avec Laurent Salles aura lieu dans les salles 139 et 140 de la bibliothèque.

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Samedi 9 novembre 1918

Louis Guédet

Samedi 9 novembre 1918

1520ème et 1518ème jours

3h1/2 soir  Pluie battante toute la nuit, et pluie toute la journée. Les allemands ont jusqu’à lundi soir minuit pour accepter les conditions de l’armistice. Retrait des troupes de la rive gauche du Rhin, occupation par nous de la rive gauche avec des têtes de ponts, 5 000 machines, 38 000 wagons, etc…

L’Allemagne semble en révolution. Que va-t-il advenir de Guillaume et de son fils ? Sauvages ! Quel châtiment aura-t-il ?

Nous logeons le Colonel Artigue du 262e Régiment d’Artillerie de campagne, qui a logé il y a 15 jours dans le château des de Boullenois à Terme. Il n’est pas abîmé, me dit-il, et a encore presque tout son mobilier. De plus sa propriété est augmentée de casemates en ciment armé, faites par les allemands. J’écris cela à Robert de Boullenois à qui cela fera plaisir.

Peu de courrier, mais je suis obligé d’aller à Épernay mercredi pour voir Girard (Henry Goulet, Perrier-Jouët) et remettre à Châlons des lettres au clerc de Douce.

Le Procureur de Reims, drôle de sire ! un vrai protestant, pas franc et dans le fond sectaire comme ses pareils, me renvoi ma demande de passeport permanent en me priant de m’adresser au Préfet de la Marne, lui ne voulant pas s’exposer à un refus ! (Rayé)! Je crois que Bossu a raison, je dois m’en méfier. Il a été fort jaloux de ma décoration m’a dit à plusieurs reprises Bossu ! Qu’ai-je bien pu lui faire à cet oiseau-là ?! Enfin on verra, mais je n’ai qu’à me méfier.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 9 – Voyage à Reims. Visite à la maison Pommery. Rencontre M. le Sous-Préfet et Député Lenoir. Vu M. Sainsaulieu (qui a parlé du n° 12 rue Libergier, notre maison volée en 1906) à Sous-Préfet et Député, en vue de la faire réparer avec les Dommages de Guerre, et de me la remettre pour ma résidence, gracieusement. Rencontre à la gare le Lieutenant Colonel Billard, qui nous conduit en auto à notre maison

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Samedi 9 novembre

La délégation parlementaire allemande est arrivée au grand quartier général français.
Nos troupes ont continué à progresser. Nous avons franchi et dépassé la route de Vervins-Avesnes, au nord de la Capelle. Au sud de cette localité, nous avons atteint, à l’ouest de la voie ferrée de la Capelle à Hirson la ligne Effry-Origny-en-Thiérache. Plus à l’ouest, nous bordons le Thon.
Sur le front de l’Aisne, nous tenons la ligne générale lisière sud de la forêt de Signy-Wagron-Neil-Saint-Rémy – Mazerny-la Horgue, réalisant une avance de 16 kilomètres au delà de l’Aisne. Nous avons délivré cent villages.
Les Anglais ont pris Angre et ont livré des engagements heureux au sud-ouest de Tournay. Ils sont à l’ouest d’Avesnes et occupent Hautmont. Bavai est entre leurs mains, ainsi qu’Elarges et Hensies. Des centaines de prisonniers, un certain nombre de canons et beaucoup de matériel ont été capturés.
Les Américains ont pris Lisy-sous-Dun, Braudeville, les faubourgs de Sedan, situés sur la rive occidentale. Toute la région entre la Meuse et la Bar est libérée. 250 canons ont été capturés depuis le 1er novembre, ainsi que 2000 mitrailleuses, 5000 fusils, 75 mortiers de tranchées, 3 millions de cartouches.
Toute la flotte allemande de la mer du Nord et de la Baltique est en révolte.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Vendredi 8 novembre 1918

Louis Guédet

Vendredi 8 novembre 1918

1519ème et 1517ème jours

8h matin  Temps gris, pas de pluie, mais doux. Madeleine est partie ce matin à 5h1/2 pour aller à Châlons au-devant de Marie-Louise. Le domestique Bouillot en rentrant la conduira à la gare de Vitry-la-Ville lui annonce qu’on leur a affirmé que l’armistice était signé avec l’Allemagne, qu’on avait appris cette nouvelle hier à 3h de l’après-midi à Châlons. Cela demande confirmation ! Et puis que m’importe, cela ne réparera pas nos ruines !! Aux autres la Joie, la Chance, la Prospérité !! A moi et aux miens le Malheur ! la Misère !!

6h soir  Marie-Louise est rentrée, elle parait bien remise. Les plénipotentiaires allemands sont dans nos lignes, ils joignent les pouces ! Irons-nous chez eux ? Il le faudrait cependant !

Je suis fatigué…  débordé !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 8 – Visite du Père Christ. M. Camu part pour Reims. Visite du Capitaine Linzeier. Visite à M. Abele, à M. Couvreur. Annonce de la prise et délivrance de Sedan(1) par les Américains. Rencontre M. Baudet-Dupuis : on répare la Maison de Mme Pommery.

(1) Ce sont les divisions américaines intégrées dans la IVe Armée Gouraud et celles du 1er Corps d’Armée US (Ligget) de la 1er Armée US (Pershing) qui libèrent conjointement Sedan
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 8 novembre

Une délégation allemande chargée de conclure l’armistice est arrivée sur le territoire français.
Nos troupes poursuivent l’ennemi sur un large front, entre la Sambre et la Meuse. Elles ont réalisé une avance qui chiffre parfois par dix kilomètres et libéré de nombreuses localités, avec leur population civile. L’ennemi a abandonné des canons et des prisonniers.
A l’est de la Sambre, nous atteignons les lisières des forêts de Nouvion et de Regnaval. Nous avons pris Fontaine-les-Vervin et Vervins. Au delà de la Serre, Hary et la Corière; plus à l’est, Montcornet, le Hocquet, Renneval, Doligny, Rozoy-sur-Serre. Au nord de l’Aisne, nous avons dépassé de douze kilomètres Château-Porcien. Rethel est tombée en notre pouvoir, ainsi que Dyonne, à 8 kilomètres au nord.
Les Anglais ont pris Cartignies et Marbaix, traversé la Sambre près de Berlaimont, occupé Aulnoye et son réseau de voies ferrées. Plus au nord, ils ont atteint et franchi la route d’Avesnes à Bavai. De vifs combats sont en cours dans cette région.
Les Canadiens, sur la gauche, ont pris Baisieux et Quiévrechain, à l’est de l’Escaut.
Les Américains ont progressé entre la Bar et la Meuse. Ils ont atteint les abords ouest de Mouzon et ont pris l’importante position de Raucourt.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 7 novembre 1918

Louis Guédet

Jeudi 7 novembre 1918   

1518ème et 1516ème jours

8h matin  Du brouillard, journée triste. Je me attelle à ma correspondance ! J’aurais bien besoin d’un clerc, mais personne !! J’y succomberai ! ma foi tant mieux, je suis si las, si découragé !

6h soir  De la brume, mais je ne suis pas sorti. J’ai répondu au flot de lettres qui m’accablent. Je ne fais que cela.

Lettre de Jean qui a été vers Vouziers, et qui dit que sa division a été écharpée. Il est à l’ambulance pour la grippe avec les 3 autres officiers de sa batterie qui sont également pris. Il va mieux. Pas de nouvelles de Robert… Je suis de plus en plus délabré…

Madeleine va demain jusqu’à Épernay au-devant de Marie-Louise.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Jeudi 7 – Expédié lettre circulaire pour l’Appel collectif des Cardinaux (2e). Réunion du 5 décembre. Visite de M. Camu partant pour Reims, afin qu’il y ait un prêtre pour mettre les services religieux à la portée des habi­tants qui rentrent. Nouvelles de la prise de Rethel

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 7 novembre

Le contact a été maintenu avec les arrière-gardes de l’ennemi, qui, sur l’ensemble du front, continue à battre en retraite.
A l’est de la Sambre, nous avons occupé Barzy. Au nord de Marles, nous avons dépassé Marfontaine et Voharies.
Les troupes italiennes ont enlevé le Thuel, atteint le ruisseau le Hurtaut, au sud-est de Montcornet.
A l’ouest de Rethel, nous avons occupé Barby, sur la rive nord de l’Aisne. Entre Rethel et Attigny, nos détachements ont franchi l’Aisne en plusieurs points.
Plus à droite, nous avons atteint les lisières de Lametz et poussé jusqu’aux abords de la Cassive, au nord-est du Chesne.
Les Anglais ont poussé en avant, au delà de la forêt de Mormal. Ils ont progressé à l’ouest de Bavai et en d’autres secteurs du front de bataille en capturant un certain nombre de prisonniers.
Les Américains sont dans le bois du Fond-de-Limon, d’où la ligne s’étend par Flaba, Maisoncelle et Chemery. De durs combats se livrent sur le front de Sivry-bois de la Grande-Montagne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 6 novembre 1918

Louis Guédet

Mercredi 6 novembre 1918

1517ème et 1515ème jours

6h soir  De la pluie toute la nuit, et journée grise, sombre, triste. Pas sorti, mis au courant mon courrier. Écrit et envoyé 43 lettres… !!… Voilà ma journée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 6 – Service pour les soldats du 95(1), 16e Division. Colonel Andrea

(1) Le 95e R.I. est le régiment de Bourges.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 6 novembre

Les troupes britanniques ont attaqué entre le canal de la Sambre à Oisy et l’Escaut au nord de Valenciennes. Elles ont pénétré profondément dans les lignes ennemies, capturé 10000 prisonniers et 200 canons.
Le canal de la Sambre a été franchi, les localités de Catillon, de Hautrèpe, de Fesmy, de la Grave ont été enlevées ainsi que Mézières, la Folie et Sambreton. L’ennemi a été chassé de la lisière ouest de la forêt de Mormal, où cinq villages ont été occupés.
Nos alliés se sont emparés de Landrecies et ont dépassé le Quesnoy. Sur la gauche, ils ont repoussé les Allemands de la ligne de l’Aunelle, enlevé Preux-au-Sart, Wargnies-le-Petit et Wargnies-le-Grand, Sebourg et Sebourquiaux.
Les troupes françaises ont fait 3000 prisonniers entre Oisy et Vadencourt.
Sur le front d’Argonne, elles ont continué et achevé l’occupation de la rive sud du canal des Ardennes, entre Semuy et le Chesne.
Les Américains, au nord de Verdun, ont traversé les bois de Belval et du Port-Gerache. Ils sont à deux kilomètres au sud de Beaumont.
Plus à l’ouest, nos alliés approchent de Verrières; ils occupent toutes les localités de la rive ouest de la Meuse au sud de Halles. Leur attaque progresse sur la rive est.
Les Italiens ont porté à 300.000 le nombre des prisonniers qu’lls ont faits avant la cessation des hostilités.
Le président Wilson a adressé à l’Allemagne, par l’intermédiaire de M. Lansing, secrétaire d’État, et du ministre helvétique à Washington la réponse à la dernière note de Max de Bade. Il y déclare que les Alliés ont adhéré à ses quatorze thèses, sauf une réserve sur l’article 2 (Liberté des mers) et une observation sur un autre point. Il invite l’Allemagne, si elle veut demander l’armistice, à envoyer des parlementaires au maréchal Foch.
Le gouvernement allemand, mécontent de la propagande révolutionnaire que l’ambassadeur bolcheviste Joffé faisait à Berlin, et de la lenteur mise par la Russie à sanctionner le meurtre de Mirbach, a rappelé ses agents de Russie et renvoyé les agents bolcheviks.
La Pologne a constitué un gouvernement national.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 5 novembre 1918

Louis Guédet

Mardi 5 novembre 1918

1516ème et 1514ème jours

6h soir  Assez beau temps. Parti pour Épernay et Aÿ. Signé l’acte pour Lefebvre, vu Landréat, donné signature pour Jolivet. Vu le Procureur, le Président, Texier, etc…  qui sont installés place de la République chez le Docteur Ménard. Je devrais tenir mes audiences le lundi, seul jour libre… Ils ne parlent nullement de rentrer à Reims. A Pâques ou à la Trinité ! m’a dit le Procureur. Repris mon train à 11h. Il y a 3 trains chaque jour qui vont à Reims, à 6h, 10h et 3h, et retour. Rentré ici et trouvé un courrier formidable.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 

Cardinal Luçon

Mardi 5 – Rentrée de Mgr Neveux. Départ de M. Lecomte qui va à Reims à la recherche d’un logement. Visite à M. le curé de St-Imoges ; de M. et Mme Couvreur. Ephrem va faire un tour à Reims, tout y est comme au 14 octobre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 5 novembre

La dure bataille engagée en Argonne par notre 4e armée, en liaison avec l’armée américaine, a abouti à un succès complet pour nos armes.
L’ennemi, qui avait défendu avec acharnement le passage de l’Aisne, puis s’était cramponné désespérément aux hauteurs boisées où il trouvait une excellente défense naturelle, a vu sa résistance s’effondrer sous nos efforts victorieux.
Nos troupes ont enlevé de haute lutte les villages de Toges, de Belleville, de Quatre-Champs, du Nouval, des Alleux et de Châtillon-sur-Bar. Elles ont encore occupé le bois de Voncq et de Chesne. Le dégagement de l’Argonne est un fait accompli.
Les Américains se sont emparés d’une vingtaine de villages au nord de Verdun. Ils ont capturé 5000 hommes et 100 canons, et, en trois jours, progressé de vingt kilomètres sur un front de trente. Ils commandent la ligne Montmédy-Longuyon-Conflans.
Les Belges ont progressé de quinze kilomètres le long de la frontière hollandaise. Ils sont aux portes de Gand.
Les Anglais ont jeté des détachements sur la rive droite de l’Escaut. (région de Pottes).
Les troupes britanniques ont avancé de deux kilomètres au delà de Valenciennes. Cinq villages ont été enlevés. L’effectif des prisonniers est de 5000.
L’Autriche a signé sa capitulation.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 4 novembre 1918

Louis Guédet

Lundi 4 novembre 1918

1515ème et 1513ème jours

3h après-midi  Pluie battante toute la nuit. Beau temps cette journée-ci…  mis un peu d’ordre à mes dossiers. Peu de courrier. De l’artillerie du 40e qui fait Division avec le régiment de Jean, est arrivé ici vers midi. Nous logeons un capitaine. Je vais demain à Épernay sans conviction, et de là à Aÿ pour la signature de l’acte Rayer pour Lefebvre. Voilà tout le saillant.

Lettre de Forzy et Lepetit au sujet du fameux article 12. Tous deux sont partisans du rachat de nos charges à titre exceptionnel seulement, et de plus à une indemnité non seulement du prix de notre charge mais aussi et encore des produits perdus par mois durant ces 5 années de Guerre et de celles suivantes pour 5 ans ou 10 années. C’est mon avis, car nos Études sont ruinées, pour longtemps. Tout cela n’est pas encourageant ni réconfortant.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Lundi 4 – Visite à l’ambulance d’Épernay, où je vois l’Abbé Saglio, amputé d’une jambe.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173Lundi 4 novembre
 

Lundi 4 novembre

L’avance de l’armée anglo-belge s’est accentuée. L’ennemi s’est replié précipitamment vers Gand et le canal de Terneuzen.
Les troupes belges ont pris, de concert avec les nôtres, Eccloo, Waerchoot, le canal de la Leeve et Seewerghem. Elles sont à quatre kilomètres des lisières de Gand.
Sur le front de Valenciennes, les Anglais ont repoussé toute une série de contre-attaques et fait 4000 prisonniers. Ils ont enlevé les hauteurs au sud-est de Valenciennes et le village de Préseau.
Les troupes canadiennes ont réussi à s’emparer complètement de la ville même de Valenciennes.
Sur le front de l’Aisne, nos efforts, combinés avec ceux des Américains, ont forcé l’ennemi à battre en retraite à travers la forêt d’Argonne. D’importants progrès ont été réalisés par nous. Nous avons conquis Semuy, les bois de Vandy, le village de Dulley, Longvic, Primat. Plusieurs centaines de prisonniers ont été capturés.
Les Américains ont porté à 4000 le chiffre de leurs prisonniers. Ils tiennent Champigneulles, Beffre, Mort-homme, Verpel, Sivry-les-Buzancy, Thenorgues, Briqnenoy, Buzancy, Villers-de-Vendres et Cléry-le-Petit.
Les Italiens annoncent 80.000 prisonniers. Ils ont torpillé, dans Pola, le navire-amiral austro-hongrois.

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Exposition ReimsAvant/Mairie place du Forum

L’Hôtel de Ville avant/pendant/après/aujourd’hui

Encore une quinzaine de jours pour découvrir l’exposition place du Forum !

















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Dimanche 3 novembre 1918

Louis Guédet

Dimanche 3 novembre 1918

1514ème et 1512ème jours

Portrait d’Henriette Caillaux

Temps assez beau, pas de pluie, fort doux. Messe. J’ai fini mon courrier en retard. Je suis de plus en plus sombre, de plus en plus triste. L’avenir m’effraie ! Tandis que tout est à la Victoire, à la Paix. L’Autriche, la Turquie déposent les armes. C’est la fin. On parle de l’abdication de ce bandit de Guillaume, on ne le pendra donc pas ?… Non, je suis bien découragé.

J’organise mes convocations pour le 27… Je dois aller à Aÿ mardi pour recevoir un acte pour Lefebvre. J’en profiterai pour voir ne serait-ce qu’une seconde le Procureur pour savoir ce que je dois faire.

A Paris je n’ai pu voir M. Leroux, ni M. Lescouvé qui ce jour-là, le 29, lisait son rapport au Sénat dans l’affaire Caillaux, qui aboutit à un supplément d’enquête, pour mener cette affaire jusqu’après la Paix. Car si on l’acquittait maintenant ce serait la chute de Clemenceau, ce qu’il ne faut pas à tout prix, et si on le condamnait, ce serait peut-être des troubles à Paris. Alors on traîne l’affaire. Vu au Parquet général Godfroid, charmant, Herbaux à la Cour de Cassation où nous causons longuement.

Mais toute cette sympathie ne me réconforte nullement. Je ne sais que faire, je suis découragé et puis rien, personne pour me remonter un peu, si seulement j’avais un ou 2 clercs pour me soulager, je pourrais travailler un peu à mon Étude et me réorganiser… Non… C’est l’abandon, la débâcle pour moi. (Rayé).

En savoir plus sur l’affaire Caillaux sur Wikipedia

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Dimanche 3 – Visite du Général Le Galtet, commandant la 16e Divi­sion, et de son aumônier, proposant un service pour le 6 novembre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 3 novembre

Les troupes de la 4e armée (Gouraud), en liaison avec l’armée américaine, ont attaqué sur le front de l’Aisne, au nord et au sud de Vouziers.
Sur une étendue de vingt kilomètres, de l’est d’Attigny au nord d’Olizy, nous avons pénétré dans les positions allemandes, fortement tenues.
A l’est d’Attigny, nous avons enlevé Rilly-aux-Oies. Plus au sud, nos troupes frauchissant l’Aisne, ont emporté Semuy et Voncq.
Les Américains ont occupé Saint-Georges-Landres, Saint-Georges, Imécourt, Landreville Chennery, Bayonville, Rémoiville, Andeville, Cléry-le-Grand. 3600 prisonniers ont été faits, dont 151 officiers.
Les Anglo-Belges ont bousculé l’ennemi sur l’Escaut, jusqu’à la hauteur de Melden, prenant Amfeghem, Tieghem, Carder et Elfeghem.
Au centre de ce front, les Franco-Américains ont enlevé les hanteurs entre Lys et Escaut, et poussé jusqu’au fleuve, sur une largeur de 16 kilomètres, conquérant dix-neuf villages.
Les Italiens ont communiqué aux Autrichiens, qui les avaient saisis d’une proposition d’armistice, les conditions des Alliés. Ils ont progressé sur toute la ligne entre les Alpes et l’Adriatique et se sont emparés d’un énorme butin.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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