Louis Guédet

Vendredi 18 octobre 1918    

1498ème et 1496ème jours

Matin  Du brouillard, temps gris, froid. Et quand je pense que je vais retourner vivre à Reims par des temps pareils au milieu des ruines !! J’en ai le cœur glacé ! Non ! je n’en n’aurais pas le courage ! ni la force ! Jean repart ce soir vers 10h. Le pauvre grand ! pourvu qu’il ne lui arrive rien ! Il n’est pas bien gai ! Et puis quel avenir aura-t-il ? Que fera-t-il ? Que feront-ils tous deux après la Guerre ?!!… Je n’ose y songer !… Je ne puis leur être d’aucun recours ! (Rayé). Ils ont (rayé)!

6h soir  Rien de saillant, un courrier formidable. Jean part ce soir, vers 11h. Pauvre grand. Pourvu qu’il ne lui arrive rien. Tout le monde est triste. Maurice le pauvre petit ne le quitte pas d’une semelle… Mon voyage de Paris ne marche que d’une aile. En tout cas je partirai samedi ou dimanche quand même pour la réunion de chambre du 28 et pour la Succession Renard, ouverture du coffre. J’aviserai sur place…  on verra.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 18 – Visite à Passy-Grigny. Retour par Romigny, Ville-en-Tardenois, Chambrecy, Bligny, Chaumuzy, Nanteuil; avant Chaumuzy, ren­contre un groupe d’émigrés revenant au pays ; descendu d’automobile pour leur serrer la main. Visite du Général Mariller, de la 68e Division, qui me prie d’assister au Service des soldats, lundi 21 octobre à Ay. Prise de Lille, Ostende et Douai. Accepte d’assister au Service et d’y prendre la parole

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 18 Octobre

Les troupes belges, anglaises et françaises ont continué leurs attaques de Dixmude à la Lys. Partout l’ennemi a reculé devant les brillantes attaques des troupes alliées, et, sur un front de cinquante kilomètres, l’avance réalisée dépasse six kilomètres.
Les forces belges ont franchi l’Yser, en aval de Dixmude, jusqu’à Schoorbake, et l’armée anglaise a traversé la Lys en amont de Menin, poussant à plusieurs kilomètres sur la rive droite.
Plus de vingt villages ont été délivrés. Les Belges se sont emparés de Thourout, les Français de Lichtervelde et Ardoye, les Anglais de Menin et de Courtrai.
Les troupes britanniques, dans la vallée de la Selle, ont pris le village d’Haussy et fait 300 prisonniers. Sur le front Douai-Lille, l’ennemi poursuit sa retraite. Les Anglais ont atteint la ligne Oignies-Carvin-Allennes -les-Marais-Capinghem.
En Flandre, la 2e armée britannique a avancé de treize kilomètres en trois jours. L’ennemi a été chassé de la rive gauche de la Lys. 4000 prisonniers et 150 canons ont été capturés.
Les troupes françaises ont réalisé des progrès locaux, au nord-ouest de Sissonne, où elles ont pris Notre-Dame-de-Liesse, et, à l’ouest de Grandpré, où elles occupent Talma.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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