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Lundi 30 septembre 1918

Louis Guédet

Lundi 30 septembre 1918

1480ème et 1478ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Tempête de vent toute la nuit et encore ce matin. Le vent roule de lourds nuages. Nos américains sur pied depuis minuit sont encore là… ! Les camions arrivent enfin !… Le lieutenant, ou plutôt les lieutenants, nous n’avons jamais su combien couchaient dans cette pauvre chambre, se nomme l’un d’eux R.P. Paul. Nous nous souviendrons de ces pierrots-là et du 23e Régiment d’Infanterie.

6h soir  Courrier volumineux. J’y réponds comme je puis, étant dérangé continuellement pour le départ d’André qui a lieu demain vers 5h du matin. Lettres peu intéressantes d’affaires. Mais lettres du Ministère des Affaires Étrangères me réclamant de l’argent pour Melle Desideri qui est donc toujours existante et réfugiée à Huy. Elle a donc échappé aux massacres de Namur en 1914. J’étais sans nouvelles d’elle ! depuis juillet 1914 ! Comme toujours elle demande de l’argent, et…  500 F tous les mois. La pauvre et chère fille se figure que Reims est toujours aussi peuplé ! et que rien n’est changé !!… J’ai juste 3/400 F à elle. Je vais lui acheminer par morceau, car ce sera vite croqué ! Rien d’autre.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Lundi 30 – Départ pour Torfou. Arrêt à Cholet. Visite à M. le Curé. Arrivée à Torfou 11 h

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Lundi 30 septembre

Nous avons forcé l’ennemi à se replier sur l’Ailette, à l’est de la ligne Allemant et Jouy.
Nous avons occupé Pinon, la forêt de Pinon, Vaudesson, Chavignon et le fort de la Malmaison et progressé au nord de VaiIly.
En Champagne, de violentes contre-attaques ennemies ont été brisées. Nous avons progressé au nord-est de Grateuil, en nous emparant des hauteurs de Bellevue. Nous avons pris aussi Manres.
Les Américains ont conquis à nouveau vingt villages et atteint les abords de Brieulles et d’Exermont.
L’attaque belge s’est portée de Dixmude à Ypres. Elle a été préparée par l’artillerie, en coopération avec la flotte britannique. Nos alliés, soutenus par les forces anglaises, ont enlevé la forêt d’Houthulst et tout le terrain environnant. L’avance est de six kilomètres. Les Belges ont fait 4000 prisonniers.
Les Anglais ont progressé de plusieurs kilomètres autour de Cambrai, enlevant Gouzeaucourt, Marcoing, Noyelles-sur-Escaut, Cantaing et Fontaine-Notre-Dame, Raillencourt et Palluel. 16000 prisonniers ont été faits en deux jours.
En Macédoine, progression générale. L’armée serbe, à elle seule, a enlevé 160 canons.
Le général Franchet d’Esperey a reçu à Salonique les parlementaires bulgares, MM. Liaptchef et Radef et le général Loukof.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 29 septembre 1918

Louis Guédet

Dimanche 29 septembre 1918

1479ème et 1477ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Pluie battante toute la nuit, qui a cessé un peu ce matin, mais pour sans doute reprendre dans la journée, le temps est trop couvert pour que cela n’arrive pas !

6h soir  Courrier fort chargé, 180 signatures de légalisations pour la Mairie de Reims. Circulaire à envoyer aux 33 notaires de l’arrondissement de Reims, etc… Bonnes nouvelles de Robert qui nous dit avoir assisté à la bataille du haut d’un observatoire. Il va bien. Il est au-delà de Souain, vers Ste Marie-à-Py, Sommepy, pays aux ondulations formidables. Nos américains, Régiment n°23e Infanterie (rayé) !  partent cette nuit vers minuit. Ils ont mis leur chambre dans un état dégoutant… Bon débarras !

Reçu lettre du Directeur du Collège St Grégoire de Tours, à Marmoutier, par Ste Radegonde (Indre et Loire) acceptant André pour faire sa rhétorique. Grâce au R.P.Virion et au P. de Genouillac de Ste Geneviève de Versailles probablement. J’écris à St Etienne qu’on ne compte pas sur lui, donc. Nous aimons mieux cela surtout en raison des bombardements de Châlons toujours possibles, et la nourriture insuffisante à St Etienne. Ma femme partira après-demain pour Paris et Tours le conduire. Pourvu qu’il réussisse à travailler, c’est ce que je demande, mais il est encore bien insouciant et surtout indolent (rayé) malgré son intelligence et ses moyens. J’espère que la discipline des Jésuites le nourrira un peu et le dressera. Cela ne lui fera pas de mal.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 29 – Maulevrier. Assiste aux offices. Allocution à la Grand’messe. Après Vêpres, visite à l’Hospice, aux soldats, aux écoles, etc

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 29 septembre

Nos troupes, soutenues par les chars d’assaut, ont réalisé une avance sur tout le front de bataille en Champagne.
Nous avons gagné du terrain entre Sainte-Marie-à-Py et Auberive, pris Somme-Py, enlevé les hauteurs au nord de Fontaine-en-Dormois, progressé au delà de la voie ferrée de Challerange, et au cours d’une avance de huit kilomètres sur certains points, capturé 10000 prisonniers et du matériel.
Un succès local a été obtenu entre l’Ailette et l’Aisne. 250 prisonniers ont été faits au nord-est de Sancy. Nous avons occupé les villages de Jouy et d’Aizy.
Les Anglais ont attaqué sur un front étendu en direction générale de Cambrai et atteint tous leurs objectifs. Ils ont pris Beaucamp, Flesquière et l’éperon qui s’étend de ce point vers Marcoing, Anneux, Graincourt, Arleux-en-Gohelle, Epinoy, Aizy-le-Verger. Ils ont fait plus de 10000 prisonniers et capturé plus de 200 canons.
Les Belges ont engagé une offensive victorieuse dans la région de Dixmude.
Les Américains ont enlevé, au nord-ouest de Verdun, Charpentry, Very, Epinonville, Ivoiry. Ils ont fait 8000 prisonniers, dont 125 officiers.
En Bulgarie, les forces britanniques ont pris Stroumitza.
Les Serbes, partis d’Istip, ont enlevé Kotchana et attaqué Vélès, tandis que d’autres contingents alliés refoulaient une armée bulgare allemande à l’ouest de Krusevo.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 28 septembre 1918

Louis Guédet

Samedi 28 septembre 1918

1478ème et 1476ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Temps gris couvert, froid. Journée triste d’automne. On voyait hier soir beaucoup de lueurs vers Souain où est ce pauvre Robert, mais on n’entendait aucun canon. Nos américains sont fort calmes mais impossible de savoir à quel régiment d’infanterie ils appartiennent. Causé hier soir avec un soldat qui était de la Province du Maine parlant très bien le français, du reste il est d’origine française. Il se nomme Goudreau, nom bien français de la Normandie. Du reste il m’a dit que son arrière grand-père était venu en Amérique avec La Fayette. Il parlait très purement le français avec un léger accent…  normand ! Ce qui m’a surtout frappé. Je suis las, fatigué, découragé au-delà de toute expression. Je n’aurais jamais la force et le courage de retourner à Reims s’il était dégagé cette fois. Et puis qu’y aller faire ? Y trouver un cimetière ! Tout cela me ferait trop souffrir et je me sens à bout de forces.

4h soir  Peu de courrier, mais qui m’a occupé jusqu’à maintenant. Pas de nouvelles des enfants. Nous avons avancé en Champagne, mais peu. Nouvelle sensationnelle (?) annoncée par les journaux du matin. Les Bulgares demanderaient la Paix, et un armistice pour se reformer sans doute et nous tomber dessus ensuite. Tout est possible de la part de ce Ferdinand de traitre ! Franchet d’Espèrey  a refusé d’arrêter ses opérations tout en disant à Ferdinand qu’il recevrait volontiers ses émissaires ! mais pas de suspension d’armes. Pour une fois (rayé). Franchement désespéré a fait quelque chose de propre ! mais attendons ! avec ce pierrot-là on ne sait jamais, c’est comme Foirdinand !

5h1/2 soir  Revenu de Vitry-la-Ville porter mon courrier et prendre des mandats. Rien appris. On entendait le canon au loin ! C’est tout. André et Maurice sont allés à La Chaussée voir les de Vaucresson. J’ai hâte d’avoir des nouvelles de Robert, pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé. Ces angoisses journalières et continuelles me tuent.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 28 – Retour à Maulevrier.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 28 septembre

Les armées françaises et américaines ont attaqué en liaison de part et d’autre de l’Argonne.
Sur le front de Champagne, nous avons avancé de plusieurs kilomètres et progressé jusqu’aux environs de la Dormoise. 7000 prisonniers sont tombés entre nos mains.
L’armée américaine a opéré au nord-ouest de Verdun, sur un front de trente-deux kilomètres. Elle s’est avancée de onze kilomètres en moyenne. Ses différents corps ont pris Varennes, Montblainville, Vauquois, Cheppy, malgré une résistance acharnée et enserré le bois de Forges, Malancourt, Béthincourt, Montfaucon, Cuisy, Nantillois, Septsarges, Dannevoux, Gercourt, Drillancourt. 5000 prisonniers ont été dénombrés dès la première journée.
Sur le front de Macédoine, les opérations ont été particulièrement heureuses.
Le massif de Belès a été enlevé, la frontière bulgare franchie à Kosturino, les hauteurs de Gradetz-Planina atteintes, la ville d’lstip conquise et dépassée par les Serbes, qui s’approchent de Vélès, les troupes ennemies obligées d’évacuer leurs positions au nord-ouest de Monastir. Plus de 10000 prisonniers ont été dénombrés, plus de 200 canons capturés.
Le roi de Bulgarie a demandé une suspension d’armes en offrant d’envoyer des délégués au quartier général allié. Le général Franchet d’Esperey a refusé l’armistice, mais accepté de recevoir les délégués.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 27 septembre 1918

Louis Guédet

Vendredi 27 septembre 1918                                                  

1477ème et 1475ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  La pluie, probablement pour toute la journée. Le baromètre descend. Du canon presque toute la nuit. Triste temps pour une attaque. Aurons-nous des nouvelles de Robert ? Et en aurons-nous pour André. Nous ne sommes toujours pas fixés pour son collège, c’est désespérant…

5h soir  Nos américains sont arrivés à midi 1/2 mourant de faim. Ils sont tellement nombreux que les officiers ne trouvent pas de chambres. Dans la chambre que nous avons ils seront entassés à 4 ou 5 ! et ils paraissent vouloir passer la nuit ainsi ! Ce sont des lieutenants et capitaines.

Courrier fort chargé. J’y ai répondu mais je suis exténué.

Lettre de Jean qui nous dit arriver bientôt en permission. Le pourra-t-il ?

Mon prochain voyage à Paris sera bien chargé, et quand pourrais-je le faire ? mais il faut que j’y aille. Le temps s’est remis au beau.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 27 – Départ de Maulevrier pour Boissière. Visite à M. et Mme de Chabot.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 27 septembre

Dans la région à l’ouest de Saint-Quentin, l’ennemi a tenté de nous rejeter de l’épine de Dallon. Tous ses assauts ont été repoussés.
Entre Ailette et Aisne, violentes réactions de l’ennemi sur le plateau de la ferme de Moisy et la région au nord d’Allemant où des combats acharnés ont eu lieu. En dépit de ses efforts répétés, il n’a pas réussi à nous enlever nos gains des jours précédents. Il a subi de lourdes pertes et laissé des prisonniers.
Les Anglais ont livré de vifs combats locaux dans le voisinage de Selency. Ils se sont emparés de cette localité en capturant un certain nombre de prisonniers.
L’ennemi a lancé deux contre-attaques au nord-ouest de Fayet. Elles ont échoué avec pertes pour l’ennemi sous le feu des fusils et des mitrailleuses. Une troisième offensive n’a pas été plus heureuse.
Une attaque allemande par surprise a échoué à l’est d’Epéhy, en laissant un certain nombre de tué. Un coup de main allemand a été repoussé près d’Inchy. Autre échec allemand aux environs de Moeuvres.
Les Alliés ont trouvé un butin considérable sur toutes les routes de Macédoine vers Prilep, Vélès et Gradsko. Les Italiens ont occupé en Macédoine les hauteurs de Topociani.
Le gouvernement de Rome a reconnu la constitution éventuelle de la Yougo-Slavie en État libre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 26 septembre 1918

Massiges

Louis Guédet

Jeudi 26 septembre 1918

1476ème et 1474ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Beau temps froid, c’est l’automne. Du canon toute la nuit, et depuis ce matin vers 8h forte canonnade vers Massiges.

Occupé ce matin de ma statistique des actes reçus en 1912 – 13 – 14 – 15 – 16 – 17

  • En 1912   =   532 actes
  • En 1913   =   478 actes
  • En 1914   =   333, dont 12 pour la période du 12 septembre 1914 au 31 décembre 1914
  • En 1915   =   129, dont 43 substitutions, soit 86 pour moi.
  • En 1916   =   227, dont 70 substitutions, soit 157 pour moi.
  • En 1917   =   314, dont 77 substitutions, soit 237 pour moi.

Total pour la Guerre   492 actes

Cette année, je n’ai reçu que 40 actes !

Il est vrai que je ne suis plus à Reims. Je serais curieux du chiffre fait par certains confrères, surtout fuyards.

6h1/2 soir  Peu de courrier, qui m’a donné cependant du travail à cause de différentes pièces à remanier pour des transferts de valeurs ! Quand donc les Compagnies seront d’accord pour des exigences de justifications uniformes !! Chacune est aussi loufoque que l’autre. J’y ai travaillé jusqu’à maintenant. Vu sur le journal la nomination de de Vaucresson comme lieutenant-colonel. Enfin ! çà a été bien long à lui venir. Eté à Vitry-la-Ville porter mes lettres. Sur le communiqué on annonce que l’attaque a été déclenchée en Champagne ce matin à 5h. Pauvre Robert. Pourvu qu’il ne lui arrive rien. On dit que nous aurions repris les Monts. Pauvre Robert qu’il en sorte sauf.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Massiges

Massiges


Cardinal Luçon

Jeudi 26 – Départ d’Angers pour Maulevrier

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 26 septembre

A l’ouest de Saint-Quentin, nos troupes, en liaison avec l’armée britannique, ont réalisé une avance, en prenant Francilly-Selency, l’épine de Dallon et le village de Dallon.
Nous avons fait 500 prisonniers aux lisières ouest de Giffécourt, et capturé un certain nombre de mitrailleuses.
Sur le front de la Vesle, au cours d’une violente attaque dans la région de Glennes, l’ennemi a réussi à prendre pied dans nos éléments avancés. Un retour offensif de nos troupes a rétabli intégralement notre ligne et nous a donné 50 prisonniers.
Nous avons repoussé des coups de main ennemis en Champagne et en Lorraine.
Les Anglais ont progressé dans le voisinage de Selency et de Grécourt. Deux contre-attaques ennemies ont échoué près de Grécourt. Des prisonniers ont été faits. Plus d’un millier d’Allemands ont été capturés sur ce front.
Nos alliés ont avancé légèrement leur ligne au sud-est d’Inchy. Ils ont effectué un raid heureux près de Wulverghem.
En Macédoine, les Anglais continuent la poursuite des Bulgares dans la région du lac Doiran. Leur cavalerie s’avance dans la direction de la Stroumitza.
En Palestine, le chiffre des prisonniers faits aux Turcs dépasse 40000.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 25 septembre 1918

Louis Guédet

Mercredi 25 septembre 1918

1475ème et 1473ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Temps magnifique jusqu’à 9h, puis des nuages et probablement de la pluie. Je crois que notre excursion à Mairy est à l’eau. Nos troupes sont parties cette nuit. Je me ronge d’ennui et de découragement. Fatalité et malédiction vont ensemble, quoique je fasse ! Je serai toujours un malheureux dans la misère et l’impuissance d’arriver à un peu de fortune pour les miens et un peu de bonheur.

7h soir  Rentrons de Mairy du champ d’aviation où nous avons vu Villain et son appareil de l’escadrille 121, les chouettes. Son appareil s’appelle Titi. Il a fait monter Maurice dedans pour lui expliquer les commandes. André et Maurice paraissent enchantés de leur visite. Nous avons vu décoller plusieurs appareils. Je reviens fatigué et toujours de plus en plus triste. Je ne sais vraiment ce que j’ai. Tristesse mêlée de dégoût.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 25 – Visite au Bon Pasteur. Visite de M. Hue, Président de la Cour d’Appel. Je lui rends sa visite au Palais. II me comble d’éloges devant Mgr Rumeau

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 25 septembre

Activité marquée de l’artillerie dans la région de Saint-Quentin et entre Ailette et Aisne.
En Champagne, deux coups de main sur les tranchées allemandes, dans la région de Perthes, et vers la butte du Mesnil, nous ont permis de faire une quarantaine de prisonniers.
Les Anglais poursuivent à leur avantage des combats à l’est de Vermandon.
Une attaque locale ennemie a été repoussée au nord de la ferme de Petit-Preil, laissant des prisonniers aux mains de nos alliés.
L’ennemi a attaqué les nouvelles positions britanniques au sud-est de Gavrelle, appuyant son assaut d’un barrage d’artillerie lourde. Cette attaque a été aussi complètement repoussée.
Nos alliés ont légèrement amélioré leurs positions au nord de Moeuvres et, à la suite d’une heureuse opération, exécutée pendant la nuit, ils ont reconquis une partie de l’ancienne ligne avancée britannique au sud-est de Voormezeele. Des patrouilles ennemies ont été repoussées à l’est de Bellenglise et à l’est de Neuve-Chapelle.
Les troupes serbes continuent de traverser le Vardar. Elles ont débouché, par ailleurs, sur la chaussée Gradsko-Prilep, et atteint cette dernière ville. La cavalerie française y est entrée. Les forces alliées menacent Vélès.
L’armée du général Allenby, en Palestine, a occupé Caïffa et Saint-Jean-d’Acre. Les Arabes du Hedjaz remontent le long de la voie ferrée, à l’est du Jourdain.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 24 septembre 1918

Louis Guédet

Mardi 24 septembre 1918

1474ème et 1472ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Le temps parait vouloir se remettre au beau. Cela durera-t-il ? Des troupes sont arrivées cette nuit, de la cavalerie, le 8e Hussard. Nous n’avons pas encore vu l’officier que nous logeons. C’est vraiment fatigant ces arrivées de troupes dans la nuit. Réveillé à 3h1/2 pour indiquer où se trouve la chambre. On est là à demi-endormis jusqu’à ce qu’ils arrivent, c’est-à-dire 1h ou 2 heures après.

2h  C’est un jeune sous-lieutenant que nous logeons. Très gentil, très jeunet. Il pense repartir cette nuit. Voilà la cavalerie qui se masse, lors c’en est fini pour nous des cantonnements. Et l’attaque ne peut guère tarder. Enfin bous verrons.

6h1/2 soir  Été à Vitry-la-Ville prendre différents mandats. Rien appris, les routes sont bien séchées et peut-être nous irons demain à Mairy, au champ d’aviation voir Villain. Le sous-lieutenant de La Bussière (Jacques de La Bussière (1897-1959)) que nous logeons me donne à lire l’Écho de Paris d’aujourd’hui. On a battu les Bulgares et nous avançons beaucoup. En Palestine 25 000 prisonniers, 260 canons, etc… Marcel Hutin fait pressentir que l’attaque est imminente en Champagne, et peut-être sur d’autres points. Ils sont alertés pour partir cette nuit.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Mardi 24 – Arrive à Angers vers 2 h. après midi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 24 septembre

Dans la région de Saint-Quentin, nos troupes ont poursuivi leur avance en fin de journée et dans la nuit. Nous avons pénétré dans le bois au nord de Ly-Fontaine, enlevé le fort et le village de Vendeuil, et poussé sur ce point j’usqu’à l’Oise.
Nos reconnaissances ont fait des prisonniers au nord de l’Aisne et en Champagne, vers la butte du Mesnil.
Nous avons repoussé des coups de main ennemis au nord de la Vesle et dans les Vosges.
Les Anglais ont exécuté en différents points d’heureuses opérations locales. Ils se sont emparés d’un point fortifié aux environs de la route Ronssoy-Bony, en faisant 80 prisonniers.
Une contre-attaque ennemie, en direction de la ferme Gillemont, a été repoussée avec de lourdes pertes par le feu de notre infanterie et de nos mitrailleuses. Au cours de la nuit, d’autres troupes anglaises ont progressé dans la direction de la ferme Tombois, après plusieurs heures de combats acharnés. Plus au nord, ces troupes se sont emparées d’un ensemble de tranchées et de points fortifiés sur la Saeur, au nord-ouest de Vendhuile.
100 Allemands ont été capturés au sud de Villers-Guislain.
Les Anglais ont poursuivi leurs avantages en Palestine. Deux armées turques sont à peu près anéanties. 25000 prisonniers et 260 canons ont été capturés.
La défaite bulgare se change en déroute dans la région macédonienne. Les Serbes montent vers Prilep et la Babouna, Guevgueli et les passages du Vardar sont entre nos mains.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 23 septembre 1918

Louis Guédet

Lundi 23 septembre 1918

1479ème et 1477ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Temps sombre, maussade, c’est l’automne. Pluie battante toute la nuit. Nos troupes sont parties à 11h par ce triste temps. Pas un train. De la migraine toute la matinée. Courrier assez chargé que je viens de terminer. Des affaires embêtantes, avec des gens qui ne se rendent pas compte des difficultés de la situation actuelle, et tout cela par pur égoïsme ! Ils ne sont pas gênés ni atteints par la Guerre, qui n’existe pas pour eux. Alors tout doit marcher à leur guise comme avant 1914. Tristes gens ! Rien dans le journal. Ici on sent que l’attaque en Champagne ne doit pas tarder !! Par ce temps pluvieux, ce n’est guère favorable ! Encore l’hiver à passer ! Que cela est triste ! Cela me décourage beaucoup, et vraiment je désire mourir avant la délivrance de Reims ! car je sens bien que je ne pourrais pas résister aux émotions pénibles du retour et au travail que j’aurais à produire seul ! N’ayant personne pour m’aider. Si j’avais seulement un clerc ou 2 qui puissent un peu se débrouiller ! Mais personne ! rien !… Je suis tout à fait découragé en songeant à tout cela. Je n’ai jamais eu de chance, du reste ! A quoi bon vouloir vaincre cette malédiction !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Lundi 23 – Service pour les soldats. Diné avec les généraux et officiers. Parti avant la fin pour gare. Départ pour Paris et la Vendée où je vais remercier Mgr l’Évêque d’Angers qui au 29 mai et au 18 juillet m’avait offert l’hospitalité de son Évêché ; que je n’ai pas acceptée, préférant rester dans mon diocèse, que je ne voulais pas quitter.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 23 septembre

Grande activité d’artillerie dans la région de Saint-Quentin et au nord de l’Aisne.
Sur le front de la Vesle, nous avons repoussé deux coups de main ennemis.
Nos détachements ont pénétré dans les lignes allemandes, en Champagne et en Lorraine, et ont ramené, des prisonniers.
Les troupes anglaises ont renouvelé leur attaque à l’est d’Epéhy. Elles ont fait de nouveaux progrès, s’emparant de la ferme de Petit-Preil et d’autres points fortifiés. Elles ont capturé un certain nombre d’ennemis.
Au sud de Villers-Guislain, une attaque locale ennemie a été repoussée après de vifs combats. Les Anglais ont avancé leur ligne dans ce secteur. L’ennemi a attaqué de nouveau à Moeuvres et a été repoussé. Nos alliés ont également ici amélioré leurs positions.
Des troupes anglaises ont exécuté une heureuse opération locale au nord de la Scarpe, dans le voisinage de Gavrelle. Elles ont avancé leur ligne sur un front de deux milles et ont pris quelques Allemands.
Une patrouille ennemie a été repoussée à l’ouest d’Acheville.
L’avance franco-Serbe se développe en Macédoine dans la direction de Prilep. Le point important de Kavadar, entre Prilep et le Vardar, a été occupé.
Nouveaux progrès des Anglo-Egyptiens en Palestine, des deux côtés du Jourdain.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 22 septembre 1918

Louis Guédet

Dimanche 22 septembre 1918

1472ème et 1470ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Pluie. Un bataillon du 137e de Ligne est arrivé cette nuit. Nous logeons comme toujours le commandant, qui est capitaine (Tirard(?)) faisant fonction (Il est probable qu’il s’agit du Capitaine Huard, tué héroïquement le 1er octobre). Beaucoup de soldats à la messe. Ce capitaine Tirard (?) me disait qu’il était convaincu que l’on montait quelque chose en Champagne. Il est d’avis aussi que tout au plus les allemands peuvent être refoulés de France avant l’hiver et la fin de la Guerre pour l’année prochaine seulement. C’est ce que j’ai toujours pensé.

Midi 1/2  Pas de facteur, c’est assez surprenant ! Que, qui peut provoquer ce retard ? Temps pluvieux fort triste et sombre. Journée lugubre à passer. Fête de Maurice. Pauvre petit ! triste fête et peu gaie. Et rien à lui offrir ! C’est toujours ainsi pour nous ! Jamais de joie, de bonheur et de prospérité. Tout pour les autres, les lâches, les embusqués ! Tout cela n’est pas sans me décourager, m’attrister ! Et l’avenir donc ! Ce que je désire la mort ! C’est inouï ! En songeant à tout cela ! et en sentant bien que quoique je fasse, rien ne peut me réussir ni me sourire ! Les troupes cantonnées semblent fort calmes ! J’ai encore vu de nombreuses hirondelles hier ! Voilà longtemps que je n’en ai vu de si tardives à quitter nos régions ! Est-ce signe d’hiver clément ? nous verrons !

7h soir  Visite du fils de Villain (Marcel Villain, aviateur, chevalier de la Légion d’Honneur (1884-1972)), le greffier du tribunal civil de Reims, et frère de Villain qui a tué Jaurès. Il parait que ce dernier va enfin passer en Cours d’Assises au mois d’octobre après 4 ans de préventive. Villain est au camp d’aviation de Mairy. Toujours très gentil et très drôle. Il désire beaucoup que son Père ait son ruban rouge. Il ne l’aura pas volé. Il nous a dit que l’aviation de bombardement ne faisait que commencer à être au point, mais ils ont beaucoup de pertes ! Il y a trois jours ils ont encore perdu 7 avions avec leur chef d’escadrille ! Il en paraissait encore tout impressionné. Il avait vu son chef se consumer à La Cheppe sans pouvoir lui porter secours. Il m’a offert très gentiment d’aller voir le camp de Mairy avec les enfants pour le leur faire visiter. Au premier beau jour j’irai certainement. Temps maussade toute la journée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Dimanche 22 – Fête de saint Maurice. Indisposé, pas dit messe.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 22 septembre

Dans la région de Saint-Quentin, nous avons enlevé Essigny-le-Grand et fait de nouveaux prisonniers.
An sud de l’Ailette, violentes réactions de l’ennemi. A cinq reprises différentes, ses contre-attaques se sont brisées contre nos nouvelles positions au nord d’Allemant et à l’est de la ferme Moisy. L’ennemi, qui a subi de très lourdes pertes, n’a pu obtenir le moindre résultat.
Nous avons conquis du terrain à l’ouest d’Aizy et au nord-est de Vailly. Une tentative ennemie pour franchir la Vesle a échoué à Jonchery. Nos reconnaissances ont pénétré dans les lignes ennemies au nord-ouest de Souain et ramené des prisonniers.
Les Anglais ont attaqué dans le Secteur Lempire-Epéhy. Ils ont progressé de plus d’un kilomètre et demi, pris la forte position de la ferme Malassise ainsi que plusieurs bois et points fortifiés. Ils ont attaqué et repris Moeuvres.
L’ennemi a déclenché une forte attaque au nord-ouest d’Hulluch. Il a échoué en laissant des prisonniers aux mains de nos alliés.
Les troupes britanniques ont fait une heureuse opération locale au nord-ouest de la Bassée. Elles ont progressé sur un front de quatre kilomètres et capturé 160 prisonniers.
L’armée de Salonique a poursuivi son succès en prenant pied sur la rive gauche de la Cerna. Son butin est de 5000 prisonniers et de 80 canons.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 21 septembre 1918

Louis Guédet

Samedi 21 septembre 1918

1471ème et 1469ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Passage de troupes toute la nuit. Pluie, vent très fort ce matin. Gare encore la pluie. La température est fort abaissée. Le baromètre remonte cependant.

Préparé une lettre au Procureur de la République pour lui signaler que l’autorité militaire m’ayant refusé un commis greffier en remplacement de Croquet pour les réquisitions militaires et conciliatrices, mes audiences s’en ressentiraient et ces affaires traineraient forcément, n’ayant personne pour mettre les dossiers au point. De là un jour ou l’autre des plaintes et que j’entendais décliner toutes responsabilités à ce sujet. Comme cela Colombié (rayé) compagnie qui seraient enchantés de susciter des récriminations de la part des prestataires seront plaqués et prévenus. Car ils ne se gêneraient pas de dire que les retards sont suscités par moi, de mon fait !! Ils sont assez (rayé). Quand un travaille dans ces boîtes-là de l’Intendance il y en a 10 qui ne font rien, si, la fête et la noce… Un jour viendra-t-il où ces pantins-là seront cinglés et rabattus comme ils le méritent ? Ce serait à désirer, c’est même nécessaire et indispensable.

6h soir  Peu de lettres, été porter mon courrier à La Chaussée et remettre les titres Gendron (à vérifier) à Jeanne Soudant et à Albert Grenier, avec les intérêts échus. Voilà une affaire encore réglée, bon débarras. En repassant les américains campés dans la prairie se préparaient à partir. Ils viennent de repasser dans le village se dirigeant je ne sais où. Lettres de Robert qui est à Juvigny près de Châlons, et va sans doute aller vers Reims. Pourvu qu’il ne lui arrive rien.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 21 – Visite de M. Mea, propriétaire de la maison où nous sommes installes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 21 septembre

Nos troupes ont poursuivi leurs attaques dans la région au sud-ouest de Saint-Quentin et élargi leurs gains, malgré la résistance de l’ennemi. Nous avons dépassé Contescourt, qui est tout entier entre nos mains, et nous nous sommes emparés de Castres. Plus au sud, nous avons poussé nos lignes jusqu’aux lisières de Benay.
Sur les plateaux à l’ouest de Jouy, l’ennemi a contre-attaqué sans succès. Nos troupes lui ont infligé de lourdes pertes.
Des coups de mains allemands à l’est de la Meuse, dans la région des Chambrettes et dans les Vosges n’ont obtenu aucun résultat.
Les Anglais ont brisé une très violente contre-attaque allemande au nord de Trescault. Des combats ont eu lieu dans le secteur à l’est d’Epéhy, dans le voisinage de Gouzeaucourt, et nos alliés ont progressé au nord du bois Gauche.
Ils ont fait des prisonniers an sud d’Auchy-lez-La Bassée. Depuis la veille, ils ont capturé 10000 ennemis et pris 60 canons.
Les succès des armées alliées s’étendent au front bulgare.
L’ennemi se replie en désordre sur la Cerna, poursuivi par les Franco-Serbes, qui s’emparent des massifs montagneux. Les Anglo-Helléniques ont progressé autour du lac Doiran.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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L’histoire d’Adrien Perret

 Collection Ph. Gauvain

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1ere partie de l’histoire d’Adrien Perret

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2ème partie – Adrien Perret. Document Ph. Gauvain :

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3ème partie de l’histoire d’Adrien Perret – Documentation Ph. Gauvain :

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5ème parte : Histoire d’Adrien Perret. Documentation Ph. Gauvain

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6ème partie de l’histoire d’Adrien Perret – Documentation : Ph. Gauvain :

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Fin de l’histoire d’Adrien Perret – Documentation Ph. Gauvain

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4ème partie de l'histoire d'Adrien Perret - Documentation PH. Gauvain
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Vendredi 20 septembre 1918

Louis Guédet

Vendredi 20 septembre 1918

1470ème et 1468ème jours de bataille et de bombardement

2h soir  Beau temps, nos troupes de passage sont parties vers 10h. Le Capitaine Bastin du 111e d’Artillerie Lourde n’est pas revenu. Ce matin été à Vitry-la-Ville porter à la Gare un paquet de pièces pour le transfert des valeurs Simon. Pas de courrier. Je ne m’en plains pas. Lettre de Marie-Louise qui va bien. Rien de Jean ni de Robert.

6h soir  Été voir un régiment d’artillerie de 75 américain campé dans la prairie le long de la route de St Martin à La Chaussée. L’effet était très pittoresque. Les canons et caissons étaient alignés depuis le fossé Monsieur jusqu’au pont Gobillard sur la gauche de la route et les tentes des hommes derrière sur une ligne parallèle. Les chevaux paissaient tranquillement à l’aventure. Quelques feux allumés piquetaient leurs lumières sur le vert. C’était très pittoresque et a intéressé beaucoup André et Maurice qui m’avaient accompagné.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 20 – Pas dit messe, indispose. Encore des hirondelles à Ay. Visite de M. Silland, directeur du service Aéronautique, Sect. Postal 92

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 20 septembre

Nos troupes, opérant en liaison avec l’armée britannique, ont réalisé des progrès dans la région à l’ouest de Saint-Quentin, entre Holnon et Essigny-le-Grand, sur un front d’une dizaine de kilomètres.
Nous avons, malgré la résistance acharnée de l’ennemi, avancé nos lignes de deux kilomètres en moyenne et atteint les abords ouest de Francilly-Selency, conquis le bois de Savy, et Fontaine-les-Clercs.
Plus au sud, nous tenons les lisières de Contescourt et nous nous sommes rapprochés d’Essigny-le-Grand. Nous avons fait plusieurs centaines de prisonniers.
Au nord de l’Aisne, nous avons continué à progresser à l’est de Jouy. L’ennemi a prononcé de fortes contre-attaques à l’est d’Allemant. Il a été refoulé en laissant 130 prisonniers.
Les Anglais ont attaqué d’Holnon à Gouzeaucourt, sur un front de seize kilomètres. Ils ont enlevé les positions ennemies, franchi l’ancien système des tranchées britanniques, emporté les défenses avancées de la ligne Hindenburg sur une grande_étendue.
A droite, nos alliés ont pris Fresnoy-le-Petit, Berthaucourt et Pontru. Au centre, ils tiennent le Verguier, Villeret et Hargicourt, Templeux-le-Guérard, Ronsoy, Epéhy et Pézières. A gauche, ils atteignent Villers-Guislain. Ils ont capturé 6000 prisonniers et des canons.
En Macédoine, la progression des alliés atteint 15 kilomètres. Le butin est considérable.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 19 septembre 1918

Louis Guédet

Jeudi 19 septembre 1918

1469ème et 1467ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Temps couvert, lourd, humide, déprimant. Pluie la nuit. Nos troupes du 199e d’Infanterie sont parties subitement à 8h1/2 du soir. Le fils Legin, tailleur à Reims (George Legin (1882-1963)), est venu nous dire adieu très gentiment, très touché des quelques petits sous que nous lui avions donnés. Pour la nuit nous lui avons fait des œufs durs dont il semblait enchanté. Ils allaient vers Somme-Vesle. Le Commandant Béguin nous a dit au revoir, toujours très timide le brave abbé ! Comme je lui demandais s’il allait continuer à porter la fourragère jaune du 254e, il me répondit négativement parce qu’il n’avait pas coopéré aux 4 citations de ce régiment.

A 9h on vient nous prévenir que 600 chevaux et 300 hommes vont arriver cette nuit. C’est pourquoi notre infanterie est partie si subitement.

Toute la nuit est passée dans le village et sur la route de l’artillerie de campagne et de l’artillerie lourde. Vers 2h du matin notre commandant d’artillerie lourde, le 111e, est arrivé. Bref nuit sans sommeil ou presque.

3h soir  Courrier peu chargé, répondu rapidement. Lettre de Jenny Roze (Mme Cassagnou) (Jenny Roze-Cassagnou (1874-1952)) qui me demande d’aller la voir quand j’irai à Paris à Vincennes ou à Boulogne à partir du 8 octobre 1918. J’irai certainement la voir. Voilà 30 ans que je ne l’ai pas vue… !! que de souvenirs à nous rappeler, de notre prime jeunesse ! mais aussi que de souvenirs tristes à se remémorer aussi !

Pluie battante en ce moment. Quelle triste journée. Madeleine va un peu mieux, mais elle est fort fatiguée de cette dysenterie. André et Maurice sont allés voir les canons des troupes que nous cantonnons de cette nuit. Ils doivent repartir ce soir parait-il. Ce sont des 120 vieux modèle Bange qui sont surtout à cause de leur précision utilisés à battre les croisements de routes, les carrefours et les points bien déterminés. Pas vu le capitaine que nous logeons.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 

Cardinal Luçon

Jeudi 19 – Retour de Mgr Neveux de Courtalain. Visite du Général Maistre(1) et du Comte de Juigne ; de M. le Cure de Saint-Imoges. Reçu la lettre de M. Lefos et répondu

(1) Général Maistre. Chef d’État Major de la IVe armée à l’Est de Reims en 1914 ; il commande le 21e Corps d’Armée à Notre-Dam de Lorette en 1915, défend le secteur de Vaux à Verdun en 1916, puis commande la VIe Armée victorieuse en octobre 1917 au Chemin des Dames. Après un séjour en Italie, au printemps 1918 il bloque l’offensive allemande devant Villers-Cotterêts avec la Xe armée. Enfin, il commande le Groupe d’Armées du du Centre pour les dernières offensives. Il demeure comme un modèle de fantassin français.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 19 septembre

A l’ouest de Saint-Quentin, nos troupes ont réalisé des progrès au cours de la journée, dans la région d’Holmon et de Savy. Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers.
Entre Ailette et Aisne, nous avons continué à élargir nos gains. Des attaques locales nous ont permis de progresser au nord et à l’est d’Allemant. Nous avons fait une centaine de prisonniers.
Nous nous sommes emparés, après un vif combat, d’un point d’appui fortement tenu par l’ennemi à l’est de Sancy.
Sur le front de la Vesle, les Allemands ont été trois fois repoussés devant nos positions de la région de Glennes. Huit avions ennemis ont été abattus. Nous avons lancé dix tonnes de projectiles sur des gares, des bivouacs et des terrains d’aviation ennemis.
Les Anglais ont livré d’importants combats au nord-ouest de Saint-Quentin. Ils ont pris un poste allemand à l’ouest de la Bassée et arrêté une attaque à l’est de Vierstraat. Ils ont abattu quarante-cinq avions allemands; vingt autres ont été contraints d’atterrir, désemparés.
La note autrichienne a été remise par le ministre de Suisse à M. Stephen Pichon.
Les bolcheviks ont été battus sur le front d’Arkhangel.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 18 septembre 1918

Louis Guédet

Mercredi 18 septembre 1918

1468ème et 1466ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Pluie torrentielle toute la nuit. Je suis fatigué. Jean nous écrit qu’il va quitter le front pour faire un cours de liaison à des sous-officiers. Il parle de C. près de N. Ne serait-ce pas Commercy. Il ne parait pas emballé avec ce genre de professorat… !… Pas de nouvelles de Robert qui du reste nous a prévenus qu’il serait quelques temps sans nous écrire. Va-t-il aller vers St Mihiel comme il le croyait ? Quelques lettres à répondre, c’est la scie.

6h soir  Eté porter mon courrier à Vitry-la-Ville. Rien appris. On dit que nos troupes vont partir. Il y a au moins 15 jours qu’ils sont là. Ils étaient tranquilles.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 18 – Visite de M. Paulot. Expédié au Cardinal De Loi quelques observations sur l’Aumônerie Militaire

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 18 septembre

Entre Oise et Aisne, nos troupes ont continué à progresser à l’est de Vauxaillon, et ont enlevé le mont des Singes. Près de 300 prisonniers sont restés entre nos mains.
Au nord-est et à l’est de Sancy, en dépit de la résistance opposée par les Allemands, nous avons avancé d’un kilomètre environ sur un front de quatre. 600 prisonniers et 2 canons de 105 ont été capturés. Nous nous sommes emparés de Vailly. Un coup de main heureux dans la région de Leintrey, en Lorraine, nous a valu des prisonniers.
Les Anglais ont effectué avec succès une opération locale à cheval sur le canal Ypres-Commines. Ils ont avancé leur ligne sur un front de plus de deux milles et capturé de nombreux prisonniers et des mitrailleuses.
Des rencontres ont eu lieu avec des éléments ennemis et des patrouilles dans le voisinage de Moeuvres et près de Gavrelle. Nos alliés ont établi de nouveaux postes dans le voisinage de Sauchy, Cauchy et Oppy.
Les Américains signalent des combats locaux dans le secteur de Saint-Mihiel.
En Macédoine, les troupes franco-serbes ont pris l’offensive, entre Monastir et le Vardar. Elles ont enlevé la première ligne bulgare sur un front de 11 kilomètres, puis la seconde. Elles ont élargi la brèche qui a 25 kilomètres sur 7 et capturé 4000 ennemis.
M. Wilson a repoussé la proposition Burian.
M. Clemenceau l’a flétrie dans un vibrant discours au Sénat.
L’Allemagne a proposé à la Belgique une paix séparée…et inacceptable. Le gouvernement du Havre a repoussé cette offre après avoir consulté ses alliés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 17 septembre 1918

Louis Guédet

Mardi 17 septembre 1918

1467ème et 1465ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Parti à 5h1/2 du matin pour Châlons. Orage en route que j’ai subi avec le Docteur Langlet notre Maire. Vu Dondaine. Donné un tas de signatures, fait mes courses. Couru par une chaleur torride. Je suis revenu exténué. Vu pour André l’abbé Fidrit (George Fidrit, aumônier militaire et de l’Hôtel-Dieu (1865-1947)) pour sa chambre, mais il ne peut pas le nourrir. C’est un problème car à St Etienne c’est moins que suffisant. Enfin on verra.

Sur le quai de Châlons en repartant le Maire m’a présenté au Sous-préfet de Vitry-le-François. Causé quelques instants. Ces Sous-préfets sont tous stylés dans le même moule.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mardi 17 – Donne lettre circulaire au Clergé n° 109. Expédiée à Épernay le 18. Orage dans la nuit

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 17 septembre

Après avoir repoussé trois contre-attaques ennemies dans la région de Vauxaillon, nous nous sommes emparés du plateau situé à l’est de cette localité. Plus au sud, nous avons dépassé la ferme Mennejean et enlevé la croupe au nord-est de Celles-sur-Aisne. Le chiffre de nos prisonniers dans cette région excède 3500.
Les Anglais ont progressé au sud et au nord du bois de Holnon (région de Saint-Quentin). Ils ont pris le village de Maissemy, au nord-ouest de Saint-Quentin et le système de tranchées situé au sud-est et à l’est du village. Ils ont capturé 100 prisonniers et des mitrailleuses.
Sur le reste du front, leurs patrouilles ont ramené des prisonniers. Canonnade sur la route Arras-Cambrai.
Sur le front américain, activité croissante de l’artillerie et de l’aviation dans le secteur de Saint-Mihiel.
A l’aube, l’ennemi a contre-attaqué à Saint-Hilaire. Il a été facilement repoussé et a laissé des prisonniers.
Sur la rive gauche de la Moselle, les Américains ont avancé leurs lignes de un et demi à trois kilomètres, au delà de Vilcey et de Norroy. Ils ont pris 72 canons abandonnés par l’ennemi dans une fuite précipitée.
Le comte Burian a saisi les belligérants d’une offre de conversation confidentielle en pays neutre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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