Louis Guédet

Vendredi 9 août 1918

1428ème et 1426ème jours de bataille et de bombardement

10h1/2 matin  Temps couvert mais assez beau, pas de pluie, temps un peu lourd. Du canon vers le Nord. Quantité de troupes sont passées cette nuit vers minuit, de l’infanterie et leurs équipages. Écrit à M. Bouvier, Vice-président du Tribunal, nommé Président à la place du Président Hù nommé 1er Président à Angers, pour le féliciter. Rien d’autre pour le moment. Je crois que je suis arrivé enfin à détruire les 2 nids de guêpes qui s’étaient établis dans le jardin dans des trous des taupes. Elles m’ont donné du mal. C’est extraordinaire la somme et la rapidité du travail de ces bêtes en une journée. Je bouchais leurs sorties, 1 heure après elles étaient parvenues à se faire une nouvelle issue, et au bout de la journée elles reprenaient le courant de leurs vies. Bon débarras du moins, car c’était réellement dangereux de se promener dans leurs alentours. Voici le facteur.

7h1/2 soir  Pas sorti, fait mon courrier, assez long. Causé longtemps avec le Commandant Klein, un messin, qui ne décollait pas ! Journaux communiqués par lui annonçant l’attaque sur Montdidier où se trouve le pauvre Jean. Pourvu qu’il ne lui arrive rien ! Je suis bien inquiet. Si seulement nous avions de ses nouvelles ! Le commandant nous dit bien que quand une troupe attaque on peut être 8 jours sans lettres…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 9 – Succès de l’offensive Debeney : 12 km. en profondeur sur 30 de front. Le Secours National veut bien aider à la construction de tentes et baraques pour les moissons dans l’arrondissement de Reims. Visite de M. Ladame

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 9 août

Au nord de Montdidier, nos troupes ont progressé jusqu’à l’Avre, qu’elles bordent entre Braches et Morisel.
Un coup de main ennemi au sud-est de Montdidier a complètement échoué. Des prisonniers sont restés entre nos mains.
Sur le front de la Vesle, nous avons maintenu nos éléments sur plusieurs points de la rive nord, en dépit des tentatives faites par l’ennemi pour les rejeter.
En Albanie, les Autrichiens ont encore attaqué à plusieurs reprises nos positions près des confluents du Devoli et de la Tomorica et entre le Devoli et le Holta. Ils ont été partout repoussés avec de lourdes pertes et ont laissé des prisonniers entre nos mains.
L’aviation française a lancé une tonne d’explosifs sur les campements ennemis de la région de Pogradec et l’aviation britannique a bombardé des dépôts ennemis dans la région de la Strouma.
Sur le front occidental, les pilotes anglais ont abattu six avions ennemis et contraint un septième à atterrir, désemparé. Un ballon ennemi a été descendu en flammes.
Nos alliés ont effectué quelques reconnaissances, quelques réglages et jeté 6 tonnes et demie de bombes. Aucun de leurs appareils ne manque.
Deux contre-torpilleurs anglais ont été coulés par des mines ennemies. Il y a 97 victimes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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