• Monthly Archives: juillet 2018

Lundi 15 juillet 1918

Louis Guédet

Lundi 15 juillet 1918

1403ème et 1401ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Nuit agitée, à minuit une terrible canonnade s’est élevée et a duré 2 heures  devant nous vers Suippes et Mourmelon, puis ensuite a paru remonter vers Reims. Je suis allé avec André et Marie-Louise jusqu’à la Côte de la Voie des Vaches où j’y ai trouvé la fille de notre fermier, Melle Albertine Olips, M. Thévenot l’instituteur et M. Martinet, de Châlons, marié avec une demoiselle Jacquin d’ici (Victor-Jules Martinet, né en 1847, époux de Marie-Lucie Jacquin (1892-1951). Le ciel était illuminé par les éclairs des canons, depuis Reims vers Massiges, surtout vers ce point (André, mon père, parlait souvent de cette scène-là qui l’avait vivement impressionné). Nous redescendîmes vers 1h1/4 regardant devant nous notre chemin ou l’heure avec nos lampes électriques, ce qui nous valu de la part du garde-barrière nommé Chamaragne de ce bout de village des réflexions assez vives : « On vous a bien vu avec vos lampes ! etc…  etc… » Un peu plus il nous aurait accusé de faire des signaux aux Boches avec ces malheureuses lampes de poches ! Au premier moment j’ai cru qu’il plaisantait, mais quand j’ai vu qu’il parlait sérieusement je lui ai ri au nez et l’ai remis à sa place en lui disant qu’il n’était pas permis d’être aussi froussard ! Et que dans ce cas s’il avait si peur il n’avait qu’à éteindre son phare de position de passage à niveau qui lui, faisait bien plus de lumière que nos malheureuses lampes. Je l’ai remis rudement à sa place, espèce d’imbécile que j’aurai à l’œil ! Il n’a qu’à se bien tenir car je ne le raterai pas.

Rentré j’ai veillé jusqu’à 3h du matin, et comme la canonnade s’éloignait je me suis couché, mais le roulement a duré jusqu’à 6h du matin où il a cessé subitement.

De 1/4 d’heure en 1/4 d’heure, puis de 7/8 minutes en 7/8 minutes des détonations avaient lieu vers Châlons. J’ai appris ce matin à Vitry-la-Ville où je suis allé aux renseignements que c’était un canon à longue portée allemand qui tirait sur la ville. On m’a dit que les habitants avaient couché dans les caves (je connais cela) et on me signala 2 points de chutes vers la caserne Corbineau, route de Suippes, et derrière l’hôtel du Renard rue Lochet, dont la façade est sur la place de la République. Il y aurait eu là 18 victimes, m’a déclaré un lieutenant américain qui y était cette nuit couché et revenait à Vitry-la-Ville rejoindre son groupe d’autos qui s’est replié de La Cheppe où ils étaient fortement bombardés.

On parle d’une attaque de notre part et d’une riposte des allemands par artillerie, l’infanterie n’aurait pas donnée, on dit…  rien de sûr comme conclusions. Des racontars et des faux-bruits toujours alarmants, hélas ! Ce qu’il y a de semeurs de panique ! et des gens qui semblent être très renseignés et inconstants. Il ne faudrait pas qu’il m’en tombe un sous la main, je l’arrangerais de la belle façon.

5h soir  Retourné à Vitry-la-Ville pour expédier 3 caisses de linge sur Troyes, avec mes archives. Appris là à la Gendarmerie et à la Gare que c’était les allemands qui avaient attaqué, et un automobiliste venu de Châlons aurait su à la 4e Armée qu’on était satisfait du résultat de cette nuit. On aurait su par des prisonniers que l’attaque devait se déclencher à minuit, et que le tir de l’artillerie viserait surtout les réserves pendant 2 heures, et qu’ensuite l’attaque se produirait. Alors nous aurions mis de suite en 1ère ligne nos réserves, en sorte que le barrage a tapé dans le vide. Et quand l’attaque s’est déclenchée, elle est tombée sur un « bec de gaz » » On aurait fait une hécatombe d’allemands. La bataille continue et dans de bonnes conditions.

Châlons a bien été et est encore bombardé par des 240. Cette nuit 68 bombes : 1 place de la République, Hôtel du Renard et 1 derrière l’hôtel, rue Lochet, 1 sur la grille de la maison Sénart (à vérifier), notaire, rue Lochet, qui a rasé les 3 maisons similaires et le Temple Protestant mitoyen, 1 sur la synagogue qui serait rasée, 1 rue du Gantelet, 2 maisons, 1 rue St Antoine (actuellement rue du Professeur Paul Langevin), 1 usine électrique des tramways, derrière rue de la Marne près du canal, 1 caserne Corbineau, route de Suippes, et les autres dans des terrains vagues.

Rentré à 4h1/2 fatigué.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

3 mars 1916 – Gabio sur la Suippe


Cardinal Luçon

Lundi 15 – Minuit. Ronflement puissant au dehors ; je pense que ce sont les automobiles d’ambulance. Je crois voir des éclairs; je me lève pour voir l’orage ; ce n’était point l’orage dans le ciel, mais sur la terre. Les autos étaient tranquilles et silencieuses. Les éclairs ne venaient pas du ciel. L’offensive attendue dès la nuit du 7 au 8 se produisait dans celle du 14 au 15(1). II est minuit. L’officier d’ordonnance du Général Albricci Principe Buon Compagni… vient de la part du général me dire que c’est la bataille imminente ; qu’il faut partir. J’obtiens de ne partir que le lendemain après la population, sursis pour moi puisque à 2 h. après midi une voiture sera à ma disposition ; une autre pour les Sœurs. Je descends dans la terreur: tonnerre des canons, éclairs immenses de Château-Thierry à Main de Massiges. C’est la grande offensive attendue. Nous passons la nuit à faire des bagages, nos valises, à brûler nos papiers : il ne faut rien laisser d’écrit: tout emporter ou brûler. Peu dormi. Coucher vers 2 ou 3 h. ; levés à 5 ou 6 h. Messe, dernière ! Omne caput languidam et omne cor maerens. Dans la matinée, visite d’adieu au Général Albricci, au Général Conson (sic), au Sous-préfet. Diner à midi. A 2 h. embarquement dans une automobile du Général portant pour fanion L’écusson royal d’Italie, Regno d’Italia. Arrivée à Romilly à 5 h., à Paris à 9 h. Pas de place pour s’asseoir dans le wagon bonde ; un Américain, M. John Bryon Robinson m’offre sa place généreusement et avec les plus aimables instances. Rue d’Ulm à 10 h. 1/2. Coucher à 11 h. A 10 h. 1/2, premier coup du canon à longue portée allemand sur Paris. Rencontre à la gare M. Schmoll, du Gaulois, qui nous cède la voiture qu’il avait retenue pour lui, et qui vient nous conduire à l’Adoration Réparatrice. A 3 h. après-midi, embarquement des Sœurs pour Romilly et Paris.

(1) C’est la dernière offensive allemande, baptisée par eux « offensive pour la paix », qui menacera à l’Est de Reims Pourcy, au Sud de Marne Condé-en-Brie, et à l’Ouest de Reims sera bloquée dans la vallée de la Vesle devant la IVe Armée Gouraud.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 15 juillet

Au nord de Montdidier, actions d’artillerie locales, notamment dans les régions des bois Sénécat et de Cantigny et dans le secteur de Gournay-sur-Aronde.
En Champagne, nos reconnaissances ont exécuté plusieurs coups de main qui nous ont permis de faire des prisonniers.
Les Anglais, à l’est de Doove, ont repoussé avec pertes un coup de main ennemi.
L’artillerie ennemie s’est montrée active au nord-ouest d’Albert, à l’ouest du mont Kemmel, au sud et au sud-est d’Ypres, et la nôtre, sur divers-points.
L’aviation ennemie n’a montré aucune activité. L’aviation anglaise, en raison du mauvais temps, n’a pu exécuter qu’à de rares intervalles sa besogne de repérage. Aucun combat n’a eu lieu. Durant la nuit, les aviateurs britanniques ont jeté quatre tonnes de bombes.
Sur le front italien, les Autrichiens ont attaqué la position du Cernone (Sasso-Rosso) avec de grosses patrouilles lancées en éventail. Mais ils furent prévenus par nos alliés qui les contre-attaquèrent à la baïonnette et les mirent en fuite en les poursuivant jusqu’à leurs tranchées de départ. De nombreux adversaires restèrent sur le terrain, 2 officiers et soldats ont été capturés ainsi que 4 mitrailleuses.
Activité d’artillerie au Pasubio. Dix avions ennemis ont été abattus.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Dimanche 14 juillet 1918

Louis Guédet

Dimanche 14 juillet 1918

1402ème et 1400ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps. Messe ce matin. Courrier assez fort, mais terminé rapidement. Eté porter ma lettre à Vitry-la-Ville où de là j’ai poussé jusqu’à Togny-aux-Bœufs voir le Docteur Lévêque et le Docteur Langlet, celui-ci assez souffrant d’un refroidissement. De plus il est très affecté des derniers incendies de Reims. Ajoutez à cela les 4 ans de la vie que nous avons menée à Reims, à 76 ans !! Ce n’est pas fait pour le remonter ! Et il y a de quoi. Causé fort longuement de toutes sortes de choses, ainsi qu’avec M. Guérin, le Procureur de Châlons. En revenant, arrêté rendre visite au curé de Cheppes, l’abbé Adam. Au passage à niveau de St Martin, rencontré 2 gendarmes de Vitry-la-Ville, l’un (en blanc, non cité) qui a été à Reims vers 1915/1916, s’est mis à causer de la vie que leur faisait à Reims Colas, lieutenant-colonel Commandant de Place, Charles, capitaine de gendarmerie, et enfin l’illustre brute le Capitaine Girardot, un gendarme doublé d’une sombre brute comme le qualifiait mon ancien Procureur de la République Bossu. Nous sommes venus à parler des procès qui étaient faits pour molester les Rémois, et (en blanc, non cité) m’a alors affirmé que le fameux ordre qui leur avait été donné au rapport : « que si chaque gendarme ne faisait pas 4 procès par semaine, celui-ci serait mis aux arrêts ! » avait été bien lu au rapport, mais qu’il devait émaner du Capitaine Charles au moment de son départ, et qui avait été mis à exécution dans toute sa rigueur par (rayé) de Girardot. Voilà donc un point du martyrologue rémois sous la botte militaire de définitivement fixé et établi.

Du reste (en blanc, non cité) m’a promis de me donner son livret d’ordres , afin que je (rayé). Ce sera un point (rayé) qui justifierait un (rayé) défendre (rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 14 – Visite à Bouzy manquée : les soldats ont été appelés dans la nuit du 13 au 14. Visite de Madame Sollier ; d’un Capitaine aviateur de Bouzy.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Dimanche 14 juillet

Entre Montdidier et l’Oise, nous avons avancé nos avant-postes de 500 mètres, dans la région de la ferme Porte.
Nous avons exécuté une action locale au nord et au sud de Longpont. Nom avons progressé vers l’est et, malgré la résistance ennemie, franchi la Savières à la hauteur de la ferme Catifet. Une trentaine de prisonniers sont tombés entre nos mains.
Le nombre des prisonniers faits dans la région de Montdidier est supérieur à 600. Nous avons capturé, en outre, plus de 80 mitrailleuses.
Des troupes anglaises et australiennes ont exécuté d’heureuses opérations de détail aux environs de Vieux-Berquin et de Merris. Elles ont fait 96 prisonniers et pris quelques mitrailleuses. Leurs pertes ont été exceptionnellement légères.
Un détachement de troupes anglaises a exécuté un raid sur les tranchées allemandes au nord d’Hamel et ramené 22 prisonniers.
Un raid, tenté par l’ennemi, au nord de Meteren, a été repoussé. L’artillerie ennemie s’est montrée active en face de Beaumont-Hamel et dans les secteurs de Strazeele et de Locre.
En Orient, rencontre de patrouilles sur la Strouma, où les troupes helléniques ont dispersé un détachement bulgare, et dans la boucle de la Cerna.
En Albanie, l’ennemi s’est replié sur une ligne organisée. Nos troupes lui ont fait 470 prisonniers et infligé de lourdes pertes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Samedi 13 juillet 1918

Louis Guédet

Samedi 13 juillet 1918

1401ème et 1399ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps couvert mais beau. Peu de courrier. Renseignements reçus de M. Montagné, notaire à Bordeaux, sur une affaire Verdelot (Pierre) dans une succession Binet-Copigneaux (suite au décès d’Aglaé Copigneaux (1834-1913), veuve de Jean-Baptiste Binet (1826-1876)) que j’étais chargé de liquider au seuil de la Guerre actuelle en juillet 1914, et dans laquelle ce Verdelot nous a cherché un tas de misères à moi et à Armand Walfard ((1854-1944) mari de Thérèse Binet (1861-1949), tante de Pierre Verdelot) négociant en vins de Champagne à Reims. Or ce Verdelot est tout simplement un déserteur, et dès septembre 1914, pour mettre son avoir à l’abri, il a fait un partage s.s.p. (sous-seing privé) non seulement des biens de la succession de sa mère, mais encore des biens encore non partagés chez moi de la succession de sa grand-mère Mme Binet !! C’est aller un peu vite, et ayant appris sa situation irrégulière au point de vue militaire je n’ai pas hésité, comme la loi m’y oblige, de signaler cela au Parquet de Reims. Çà apprendra à ce pierrot-là et à ce lâche-là de nous avoir tant embêtés en 1914. S’il avait réglé sans chercher des « poux à la tête » il aurait eu sa part liquidée et ne se la verrait pas mise sous séquestre aujourd’hui. Il y a quelque fois une justice immanente ! Si c’était seulement toujours comme cela ! J’irais sans doute cette semaine à Épernay pour mettre cette affaire au point.

Été à Vitry-la-Ville porter mes lettres. Rien appris.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 13 – Visite à Cumières aux Dames Sollier
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Samedi 13 juillet

Nous avons accentué notre progression au nord de Chavigny et à l’est de Faverolles. Nos troupes ont occupé le village de Longpont et la ferme Javage. Nous avons fait une brillante opération entre Castel et Mailly-Raineval sur un front de 5 kilomètres. Nous avons progressé sur une profondeur qui a atteint jusqu’à 2 kilomètres et enlevé le village de Castel avec 500 prisonniers.
Vive activité de l’artillerie ennemie sur la rive gauche de la Meuse.
Les troupes britanniques ont pénétré profondément dans les lignes allemandes aux environs de Merris. Elles ont capturé plus de 120 prisonniers et 10 mitrailleuses.
Un raid tenté par l’ennemi au sud de Bucquoy a été repoussé.
Les Gallois ont fait une incursion dans les tranchées allemandes près de Hamel, enlevé 16 prisonniers et une mitrailleuse. En outre, ils ont détruit de nombreux abris et infligé des pertes à 1’ennemi.
Les Américains ont repoussé une attaque dans les Vosges et fait des prisonniers. Ils annoncent avoir perdu 5 avions.
Un avion allemand a été descendu sur le front belge et onze autres sur le front anglais.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Vendredi 12 juillet 1918

Louis Guédet

Vendredi 12 juillet 1918

1400ème et 1398ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Beau temps, de gros nuages et du vent de tempête. Pas de pluie. Rien de saillant, peu de lettres, été cet après-midi à Songy porter mes lettres par ce vent. Je n’en pouvais plus arrivé là-bas. En revenant le vent me poussait et je n’avais presque pas à pédaler.

Nous voilà remis dans la zone réservée, il faut donc que tous les laissez-passer de nos villages soient révisés par le 4e Armée. (Rayé).  Les miens sont en règle, je n’ai donc pas à y voir.

6h soir  De la pluie assez abondante durant 20 minutes. La terre est tellement sèche qu’il ne parait pas qu’il vient de tomber de l’eau, qui, du reste, était absorbée au fur et à mesure qu’elle tombait. Les crevasses de la terre en prennent beaucoup. Le temps est assez à la pluie. Il en tomberait toute la nuit que ce ne serait pas une mauvaise chose.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Vendredi 12 – Via Crucis in Ecclesia altivillarani. Visite d’un Aumo­nier militaire du 217e3°, m’invitant ä aller parier aux soldats ä Bouzy. Ac­cepts. Visite de M. le Cure de Dizy

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 12 juillet

Nous avons élargi nos gains aux lisières de la forêt de Retz, pris le village de Corcy dans sa totalité, la station de Corcy, le château et la ferme Saint-Paul. Une vingtaine de prisonniers sont restés entre nos mains dont un officier.
Des coups de main exécutés dans la région de Maisons-de-Champagne et du mont Sans-Nom, nous ont valu une dizaine de prisonniers.
Les troupes anglaises ont amélioré leurs positions à l’est de Villers-Bretonneux. Elles ont exécuté aux environs de Festubert et de Merris des coups de main heureux, qui leur ont valu des prisonniers et une mitrailleuse.
L’artillerie ennemie a montré quelque activité contre nos positions des deux rives de la Somme.
Sur le front italien, actions habituelles d’exploration et de harcèlement. Le feu d’artillerie a été très vif dans le val de la Brenta. Sur le plateau d’Asiago et au Cornovo, des patrouilles ennemies ont été mises en fuite.
Les aviateurs anglais ont détruit sur le front occidental 9 avions ennemis. Ils ont bombardé des objectifs importants, en particulier dans la région de Lille et aux alentours de Bruges.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Jeudi 11 juillet 1918

Louis Guédet

Jeudi 11 juillet 1918

1399ème et 1397ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps, néanmoins nuageux et lourd, vent aigre de Sud-est. M. Maurice Pigeon (1889-1979), sous-lieutenant au 22e Dragons, cantonné à Pogny, mari de Suzanne Tricot, cousine de ma femme, est venu nous demander à déjeuner. Causé de toutes sortes de choses. Il a la même impression au sujet des État-majors (rayé).

Il me disait que l’esprit des troupes combattantes était très monté contre les galonnards et aussi contre les ouvriers d’usines de Guerre, qui se sont embusqués là et gagnent des prix fous, de 10 à 20, 25 F par jour et qui se plaignent encore… !

Il a bon espoir malgré tout et est convaincu que les allemands n’avanceront pas beaucoup cette fois. On croit qu’ils déclencheraient leur offensive vers le 14 juillet ! En attendant tout cela est bien agaçant. Il nous a quitté à 3h. Ensuite visite de Jeanne Grenier, Madame Soudant (1861-1951), qui s’inquiète aussi de cette menace d’avance.

Rien d’autre, je suis éreinté et souffre toujours dans le thorax dès que je marche un peu longtemps.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 11 – Expédié lettre aux Cardinaux, prescrivant des prières, 5e anniversaire de la déclaration de guerre (n° 108). Visite de M. le Supérieur du G. Séminaire

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 11 juillet

Au sud de l’Aisne, notre infanterie a achevé de réduire la résistance de l’ennemi en quelques points au nord de la ferme Chavigny. Nous nous sommes emparés de la ferme, de la grille et des carrières à l’est.
Nos patrouilles ont poussé jusqu’aux abords de Longpont et nous avons pénétré dans la partie nord de Corcy, faisant de nouveaux prisonniers. Nous avons abattu sept avions ennemis.
Sur le front britannique, activité plus grande de l’artillerie ennemie, suivie d’attaques locales enrayées. Nos alliés ont repoussé un raid au sud de Bucquoy. Ils ont avancé leur ligne par une opération locale faite avec succès aux environs de Merris. Nous avons fait plusieurs prisonniers et pris une mitrailleuse.
Sur le front italien, actions d’artillerie plus fréquentes au plateau d’Asiago et dans la région occidentale du Grappa. Au sud du Stelvio, la garnison d’un poste italien a mis en fuite un détachement ennemi. Nos alliés ont fait 24 prisonniers dans le val Brenta.
En Albanie, ils ont élargi à l’est l’occupation des hauteurs à la tête du Tomorica.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mercredi 10 juillet 1918

Louis Guédet

Mercredi 10 juillet 1918

..tain avait demandé au Ministre de la Guerre de s’entendre avec le Ministre de la Justice pour m’autoriser à tenir mes audiences à Vitry-le-François pour les réquisitions militaires. J’avais prévenu aussitôt mon Procureur de la République. J’en serais content, car cela m’occuperait un peu.

Fait des courses dans Châlons, déjeuné à la Haute-Mère-Dieu (hôtel toujours existant, et dont la façade a été reconstruite à l’identique en 2017) où je me suis trouvé avec M. et Mme Armand Walfard-Binet, négociant en vins de Champagne de Reims, qui m’ont dit les désastres de Reims et les pillages. Mme Walfard n’a pas retrouvé un meuble, une armoire qui ne soit fracturée et tout le contenu jeté à terre et souillé. Quand aux vins, le pillage, et on dit que les officiers français se respectent !!…

Il y a des rues de Reims qu’il est impossible de retrouver. M. Walfard n’a pu discerner entre autres la rue Pluche et la rue Courmeaux.

Le Président du Tribunal de Châlons me contait aussi les débordements des officiers, qu’il qualifiait de la belle manière. Quant aux pillages je ne lui apprenais rien. Et il me faisait remarquer, ce que je savais déjà, c’est que même des magistrats avaient pris ces mœurs de sans-gêne, d’excès de pouvoir, de pillages et de gaspillage.

Le bas de la page a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 10 – Visite du Médecin-Chef Dr Coyou, de M. le Cure de Cumières. Visite du Commandant Lanquetot et du Capitaine de gendarme­rie français attaché au 2e Corps d’Armée italienne

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 10 juillet

Entre Montdidier et l’Oise, nous avons effectué une opération locale à l’ouest d’Antheuil.
Sur un front de près de 4 kilomètres, nos troupes, appuyées par des chars d’assaut, ont pénétré dans les lignes ennemies, enlevé la ferme Porte et la ferme des Loges, et réalisé une avance de 1800 mètres environ en certains points. Une contre-attaque ennemie sur la ferme des Loges a été repoussée. Nous avons maintenu tous nos gains. Le chiffre des prisonniers atteint 540.
Activité des deux artilleries à l’ouest et au nord de Château-Thierry, notamment à la cote 204.
Nos patrouilles ont ramené des prisonniers en Champagne, dans le secteur des Marquises et vers la butte de Souain.
Les troupes de Londres ont exécuté un raid heureux à l’est d’Arras et capturé quelques prisonniers et une mitrailleuse.
Les Italiens ont fait 1300 prisonniers en Albanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mardi 9 juillet 1918

Louis Guédet

Mardi 9 juillet 1918

1397ème et 1395ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps nuageux avec vent du Sud, mais pas de pluie. De l’air. Ce matin peu de courrier. Après-midi été porté des lettres à Songy et envoyé un mandat à Robert de 50 F, le 3ème, ce qui fait 150 F pour son équipement d’Aspirant. De là filé à bicyclette jusqu’à Coole (8 kilomètres), route facile mais j’avais vent debout, c’était plutôt dur. Église de Coole insignifiante, pauvre. Grand village de Champagne triste, mais avec ses maisons bien caractéristiques. Revenu par Vésigneul (laissé Faux-sur-Coole à ma droite) (Faux-Vésigneul depuis 1967), j’avais vent arrière cela allait mieux. 3 kilomètres 1/2 jusqu’à Fontaine, que j’ai traversé, et de là remonté la côte de la voie Romaine pour suivre la route de Cheppes que j’ai quittée à la hauteur du finage de St Martin pour prendre la route de la Côte des Battées (à vérifier), le Toit d’Etrain, la voie des Vaches et descendu sur St Martin. 7 kilomètres. En tout une 20aine (vingtaine) de kilomètres avec les 2 kilomètres 1/2 de Saint Martin à Songy. En revenant à travers tapins j’ai remarqué des champs entiers couverts d’une sorte de giroflées ou Gueules de Lion sauvages jaunes, fort touffues et qui égayaient fortement ces plaines solitaires. On aurait dit des landes de Bretagne couvertes de genêts en fleurs si jolies. Pas trop fatigué, mais trempé de sueur. Demain matin je vais à Châlons pour ce fameux testament du soldat originaire de Bourgogne, (le village près de Reims).

Le bas de la page a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 9 – M. Robert, Aumônier militaire, nous apporte la liste des objets récupérés de nos églises. Visite de séminaristes d’Arras. Visite de 4 prêtres de l’Ambulance Dr Coyou à Dizy

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mardi 9 juillet

Actions d’artillerie entre la forêt de Villers-Cotterets et la Marne.
Nous avons réussi une opération de détail près de Longpont, où nous avons progressé d’environ 1300 mètres, sur un front de 3 kilomètres et capturé 347 Allemands.
Les troupes australiennes ont légèrement avancé leurs lignes sur un front de 3000 mètres de part et d’autre de la Somme, en faisant des prisonniers.
Au sud du canal de la Bassée, un raid heureux, entrepris par des troupes écossaises, a valu quelques prisonniers à nos alliés.
A l’est d’Hazebrouck, des troupes australiennes ont pénétré dans les tranchées allemandes et ramené des prisonniers.
L’artillerie ennemie s’est montrée active sur les deux rives de la Somme, ainsi qu’à l’ouest de Beaumont-Hamel et aux environs de Béthune.
Les Américains ont réussi un raid dans les Vosges, tuant et blessant un certain nombre d’Allemands et faisant des prisonniers.
En Macédoine, succès franco-italien à l’ouest de Koritsa.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Lundi 8 juillet 1918

Louis Guédet

Lundi 8 juillet 1918

5h1/2  Il faisait très chaud à bicyclette. Nos foins sont enfin rentrés. Bon débarras. La récolte est réellement belle : 32 voitures à 150 bottes chaque, cela fait 4 800 bottes, 5 000  en chiffre rond à 120 F cela ferait tout de même 6 000 F… C’est un beau revenu.

Je suis demandé par le Parquet de Châlons pour procéder à l’ouverture du testament d’un soldat originaire de Bourgogne à déposer provisoirement pour minutes à un notaire de Châlons-sur-Marne en attendant qu’il soit remis au notaire du défunt du Canton de Bourgogne, Cailteaux (Maurice Cailteaux, notaire à Witry-les-Reims puis Bazancourt (1880-1959)), Loeillot (Henri Loeillot (1888-1959)) ou Schivre (notaire à Cormicy), conformément à la circulaire du Garde des Sceaux du 29 octobre 1917. Néanmoins je ne comprends pas pourquoi le Procureur de Reims qui a décidé cela n’a pas plutôt fait déposer le testament chez moi afin de le remettre ensuite au vrai titulaire. Comme cela ce testament ne serait pas sorti de notre arrondissement. Je lui en causerai à notre prochaine entrevue…  mais voudra-t-il comprendre ? Il est tellement formaliste. Enfin, on verra…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 8 – Alerte. A 5 ou 6 h. soir, Madame de Coucy vient me dire de la part du Général Albricci, qu’on croit à une violente offensive contre la 5e Armée sur le front de Reims, à Château-Thierry. Nous tenir prêts à partir. Une voiture et un camion viendront nous prendre. Le Général se charge de l’évacuation de la population. Visite du Général Conson (sic), confirmant. Préparatifs, valises, papiers brûlés jusqu’à minuit. Nuit agitée au loin. Ici, rien. M. Pechenard va à Chaumouzy enlever ses papiers, ne trouve rien. Le tabernacle et la sacristie ont été dévastés

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 8 Juillet.

Activité moyenne des deux artilleries, plus vive au sud de l’Aisne, notamment dans les régions de Cutry et de Montgobert.
A l’ouest de Bussiares, nous avons exécuté un coup de main et ramené des prisonniers.
Le nombre total des prisonniers faits par les Anglais dans la région d’Hamel dépasse 1500, dont 40 officiers. Nos alliés ont encore fait une opération heureuse sur un front de trois kilomètres au nord-est de Villers-Bretonneux. Ils continuent ainsi à rectifier leur ligne sur la Somme et à enlever aux Allemands certains points dont la possession pouvait faciliter de leur part une offensive nouvelle.
Les aviateurs britanniques ont coopéré à ces entreprises, en mitraillant les positions ennemies et en lançant des bombes sur les troupes allemandes. Ils ont détruit 11 appareils allemands, tandis que 10 autres étaient forcés d’atterrir, désemparés. Ils ont lancé 30 tonnes de bombes.
Les Italiens ont repoussé plusieurs violentes contre-attaques des Autrichiens sur la basse Piave. Ils ont élargi leur occupation au sud-est de Chiesa Nuova et au nord de Cava-Zuccherina, capturant en tout 820 prisonniers nouveaux, des canons lourds et un grand nombre de mitrailleuses.
Au nord-est du Grappa, ils ont pénétré dans les positions adverses à la tête du Val Calcine. Une trentaine de prisonniers, dont 50 officiers et 6 mitrailleuses sont restés entre leurs mains. Ils ont repoussé deux offensives au plateau d’Asiago, abattu 10 avions et 2 ballons captifs.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Dimanche 7 juillet 1918

Louis Guédet

Dimanche 7 juillet 1918

1395ème et 1393ème jours de bataille et de bombardement

2h soir  Toujours très beau temps et temps très sec et chaud, une vraie température de juillet. Messe ce matin comme d’ordinaire. Courrier auquel j’ai répondu de suite. J’en ai encore 2 à faire à Landréat, toujours très dévoué, et à Gustave Houlon fort découragé, et il y a de quoi après tout ce qu’il a fait pour Reims et les Rémois, et n’avoir pas un mot de remerciement, un geste de reconnaissance, c’est dur.

Le bas de la page a été découpé, ainsi que le haut de la page suivante.

…sez-vous, les briserez-vous !

8h soir  Eté promener avec André et Maurice à Songy mettre des lettres à la Poste, Pringy, Drouilly. Visité l’église de Drouilly, dédiée à St Hilaire, assez intéressante église de Champagne, commencement de l’ogive. Revenu. Visité en repassant l’église de Pringy dédiée à St Remy, intéressante, du commencement du XIe siècle, avec ses ogives surbaissées et ses piliers trapus au couronnement de feuillages et personnages finement fouillés, la chapelle St Nicolas latérale gauche donne énormément d’air à la nef. Plaque commémorative des Jacobé de Pringy de Goncourt, ancêtres des Goncourt de l’Académie des XI, petite ouverture dans cette chapelle pour les burettes du XVIe siècle flamboyant, avec la note de l’école italienne qui caractérise l’église St Urbain de Troyes. Rentré vers 5h1/2, Maurice enchanté de sa petite excursion et surtout de son excursion dans le clocher de Drouilly par un escalier plutôt aérien. Pas de vertige, et enfin il a vu comment des cloches étaient suspendues pour sonner.

Le haut de la page a été découpé.

Drouilly

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 7 – Visite de M. Henry, vicaire de Sedan, et d’un Aumônier militaire qui a sauve du mobilier de nos églises et presbytères

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 7 juillet

Nos détachements et nos patrouilles, opérant entre Montdidier et l’Oise, en Champagne, sur la rive droite de la Meuse et en Lorraine, ont ramené des prisonniers.
Le nombre des prisonniers que les Anglais ont faits dans leur dernière opération sur la Somme dépasse 1300. Un canon allemand de campagne, plus de 100 mitrailleuses et un certain nombre de mortiers de tranchées ont été capturés.
Une contre-attaque allemande sur les nouvelles positions de nos alliés à l’est d’Hamel a été facilement repoussée. Quelques prisonniers sont restés aux mains des soldats britanniques. Ces derniers ont exécuté avec succès un coup de main dans le secteur de Beaumont-Hamel. Ils ont repoussé une tentative ennemie aux environs de Strazeele.
Pendant le mois de juin, la défense française contre avions a abattu 29 appareils ennemis dont 3 de nuit. 15 autres appareils ont été désemparés par le tir.
Le sultan de Turquie Mehmed V, qui avait succédé à Abdul Ramid en 1909, est décédé. Le prince le plus âgé de la famille impériale ottomane prend le pouvoir sous le nom de Mehmed VI.
Une séance tumultueuse a eu lieu au Reichstag. Scheidemann a déclaré que la social démocratie majoritaire voulait à bref délai une paix honorable et qu’elle ne voterait pas les crédits budgétaires au chancelier de Hertling. Le socialiste minoritaire Ledebour a lancé un appel à la révolution du haut de la tribune parlementaire.

Share Button

Samedi 6 juillet 1918

Louis Guédet

Samedi 6 juillet 1918

1394ème et 1392ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps très beau, chaud, toujours avec vent du Nord-est. Courrier chargé, je n’ai pas cessé d’écrire des lettres depuis la venue du facteur. Je finis à l’instant. Rien de saillant, et comme souvent lettres de gens qui ne se rendent pas compte de la situation actuelle faite aux affaires.

Lettre de Robert qui attend sa nomination incessamment et son rang pour faire son choix. Il désire soit les tracteurs d’artillerie légère, soit les 75 où il était, soit l’artillerie lourde à cheval.

Lettre de Jean écrite durant un exercice de masques qu’il devait conserver une heure durant. Il s’attend à l’offensive allemande.

Rien d’autre de saillant n’étant pas sorti. André nous dit qu’il a vu quantité d’avions qu’on fait partir de la Montagne de Reims, Mourmelon, Somme-Suippe et même Ste Menehould. Sur tout ce secteur on y accumule une quantité énorme de troupes. Est-ce nous qui allons réellement attaquer ? Pourvu que nous n’en recevions pas les éclaboussures.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Samedi 6 – Visite de M. Mennessier, lieutenant, apportant le Bulletin Pastoral, 45 numéros à expédier. Officiers italiens nous photographient. Retour de Mgr Neveux

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 6 juillet

Au nord de Montdidier, entre Montdidier et l’Oise, et sur la rive droite de la Meuse, nous avons exécuté plusieurs coups de main et ramené des prisonniers.
Entre Oise et Aisne, nos troupes ont attaqué les lignes ennemies à l’ouest d’Autrèches, sur un front de 2 kilomètres et réalisé une avance de 800 mètres environ. Une nouvelle attaque, déclenchée au moment où l’ennemi se préparait à contre-attaquer, nous a permis de gagner du terrain. Notre avance totale, qui s’étend sur un front de 5 kilomètres, a atteint 1200 mètres en profondeur sur certains points. Le chiffre des prisonniers valides faits au cours de ces actions, est de 1066 dont 18 officiers; un seul de nos bataillons a fait plus de 300 prisonniers.
Les Anglais ont exécuté une opération heureuse entre Villers-Bretonneux et la Somme. Ils se sont emparés des bois de Vaires et de Hamel ainsi que du village de Hamel.
Les troupes australiennes opéraient en même temps à l’est de Ville-sur-Ancre et gagnaient 500 mètres sur un front de 1500. Nos alliés ont capturé en tout plus de 1000 prisonniers. Ils ont rapporté aussi du matériel de guerre. Ils ont abattu 6 avions ennemis et jeté 16 tonnes de bombes sur les voies ferrées de Flandre.
Les Italiens ont fait 216 prisonniers nouveaux, tandis que nos effectifs progressaient sur le plateau d’Asiago.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Vendredi 5 juillet 1918

Louis Guédet

Vendredi 5 juillet 1918

1393ème et 1391ème jours de bataille et de bombardement

2h soir  Temps redevenu magnifique. Été ce matin à Vitry-la-Ville porter mon courrier et revenu avec ma bicyclette réparée. Puisse-t-elle aller maintenant. Rien de saillant. Envoyé mon partage Chomin (à vérifier) à mettre au net par M. Millet. Écrit quelques lettres et puis c’est tout. Quelle triste existence, ne pouvoir rien faire d’utile, ni gagner pour ainsi dire quoique ce soit. C’est le comble de la misère, et rien en perspective.

Le bas de la page a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 5 – Via Crucis in Ecclesia
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 5 juillet

Entre Oise et Aisne, nous avons exécuté une opération locale au nord de Moulin-sous-Touvent. Nos troupes ont enlevé les positions ennemies sur un front de 3 kilomètres et une profondeur atteignant 800 mètres en certains points. Le chiffre des prisonniers est de 457 dont 7 officiers. Nous avons capturé 30 mitrailleuses.
A l’ouest de Château-Thierry, une contre-attaque ennemie dans la région de Vaux a échoué sons nos feux. Des prisonniers sont restés entre nos mains.
D’autres tentatives allemandes au nord-est de Moncel et en Haute-Alsace n’ont obtenu aucun résultat.
Sur le front britannique, les Allemands, après un violent bombardement, ont attaqué et repris la plus grande partie du terrain que nos alliés avaient gagné il y a quelques jours dans une action de détail. Les Anglais ont exécuté des coups de main heureux dans le voisinage de Boyelle, Moyenneville et Merris. Chacun d’eux leur a valu quelques prisonniers.
En Macédoine, un coup de main ennemi a été repoussé avec des pertes sérieuses, après une lutte corps à corps.
Les Italiens ont continué à progresser sur la basse Piave, malgré les difficultés du terrain. Ils ont capturé 1900 prisonniers, dont 45 officiers, bon nombre de mitrailleuses et des canons de tranchées. Dans la région du Grappa, ils ont contenu une contre-attaque ennemie au sommet du val San Lorenzo; le nombre total des prisonniers monte ici à 25 officiers et 596 hommes.
Les troupes françaises ont fait un brillant coup de main sur le plateau d’Asiago à Zocchi.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Jeudi 4 juillet 1918

Louis Guédet

Jeudi 4 juillet 1918

1392ème et 1390ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Temps couvert, qui a l’air de tourner à la pluie. Souffrant toute la nuit. Fatigué. Pas sorti et travaillé toute la journée à mettre mes encaissements au point et un partage qui traine depuis une éternité. Y arriverais-je à le mettre sur pied et finir ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 4 – Visite de M. Henri Abelé, et de son jeune fils, deux fois décoré
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 4 Juillet

A l’ouest de Château-Thierry, une opération locale, exécutée en liaison avec les Américains, nous a permis d’améliorer nos positions sur le front Vaux-cote 204. Le village de Vaux et les hauteurs à l’ouest ont été enlevés par les troupes américaines. Le chiffre des prisonniers faits au cours de cette action dépasse 300, dont 5 officiers.
Des coups de main entre Montdidier et Noyon et a l’est de Reims nous ont donné quelques prisonniers.
Près de Belloy et en Haute-Alsace, des tentatives ennemies ont échoué sous nos feux.
Sur le front britannique, les Allemands, à la suite d’un violent bombardement, ont attaqué au nord-ouest d’Albert, dans le but de reprendre le terrain récemment conquis par nos alliés. Ils ont été repoussés partout, sauf en un point, où ils ont réussi à prendre pied dans une tranchée.
Aux environs du bois d’Aveluy, d’Avion et d’Hinges, des tentatives de coups de main de l’ennemi ont échoué.
Nos alliés ont fait des prisonniers au cours de rencontres de patrouilles.
Les Italiens ont brisé de nouvelles attaques autrichiennes contre le mont Val Bella. Ils out ensuite avancé dans la même région en faisant 127 prisonniers et en capturant des mitrailleuses.
Au sud d’Asiago, les détachements britanniques ont effectué un coup de main heureux, capturé un officier, 42 hommes et une mitrailleuse. Au nord-ouest du mont Grappa, les Italiens ont enlevé des positions importantes et capturé 569 prisonniers, dont 10 officiers. Ils se sont emparés aussi de canons et de mitrailleuses.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mercredi 3 juillet 1918

Louis Guédet

Mercredi 3 juillet 1918

1391ème et 1389ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Orage hier soir, pluie. Il y avait deux mois qu’il n’était tombé d’eau. Parti ce matin à 5h1/2 pour Châlons. Vu pas mal de monde, Liance, notaire à Rosnay, mobilisé aux autos 48, rue Grande Étape à Châlons, le Commandant Barot qui m’a dit que nous allions attaquer côté Champagne et côté Oise, Villers-Cotterêts, pour rescinder (annuler, en parlant d’un acte judiciaire) la poche de la Marne ! Puisse-t-elle réussir cette attaque !! Il m’ajoutait que tout le monde en a assez, et je ne serais pas surpris que la Guerre soit finie dans six mois d’ici. Vu Bauny, Directeur de l’Enregistrement, Thomas Receveur qui va à Lyon où ses archives sont envoyées. Vu Mullard, des Postes, qui est furieux contre Dorlhac de Borne son Directeur à Châlons. Rentré à 5h, après avoir rencontré le comte de Riocour à Vitry-la-Ville. Causé longuement des événements qu’ils trouvent bien angoissants et bien lassants.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 3 – Mgr Neveux va à Paris. Visite de M. le Curé de Cumières

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 3 juillet

Nous avons exécuté plusieurs coups de main, notamment à l’ouest de Hangard et au sud d’Autréches et ramené des prisonniers.
Au sud de l’Ourcq, nos troupes, au cours d’une opération locale, ont enlevé la crête située entre Mosloy et Passy-en-Valois, réalisant une avance de 800 mètres sur un front de trois kilomètres. Nous avons fait 275 prisonniers dont 3 officiers.
Dans les Vosges, nous avons repoussé deux coups de main ennemis.
Les Anglais ont repoussé une attaque sur un de leurs postes, dans le voisinage de Merris. Ils ont fait des prisonniers dans des rencontres de patrouilles sur plusieurs points du front.
Les Américains ont fait 36 prisonniers en Picardie, et repoussé avec pertes une forte patrouille ennemie dans la région de Château-Thierry. Ils ont rejeté un détachement ennemi dans les Vosges.
Activité d’artillerie sur le front belge (zones de Nieuport, de Dixmude et de Merckem).
Sur le front italien, vive canonnade dans la région d’Asiago. Les patrouilles de nos alliés ont harcelé l’ennemi et porté de gros dommages à ses défenses. Les escadrilles italiennes ont bombardé des centres de voies ferrées et des troupes en marche. Une vigoureuse attaque au mont Val Bella a donné aux Italiens la possession de cette avancée et 800 prisonniers. 3 avions ennemis ont été abattus.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Mardi 2 juillet 1918

Louis Guédet

Mardi 2 juillet 1918

1390ème et 1388ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Toujours un temps très chaud, sécheresse désespérante. Le ciel roule des nuages d’orage noir-blancs, mais cela nous donnera-t-il de la pluie ? Et puis pour la rentrée des foins il faudrait encore 7/8 jours de ce temps. J’ai préparé ce matin mes notes et papiers pour mon voyage de Châlons. C’est à peu près au point afin que je ne perde pas de temps, mais qu’il fait donc lourd. Hier j’étais très fatigué et affaibli pour avoir cloué 2 ou 3 bouts de planches à la porte du fond du jardin !!!

5h1/2 soir  Été à Songy porter des lettres, rentré exténué. Il me semble que je m’affaiblis de plus en plus.

Lu sur l’Écho de Paris la mort de Georges Pilotell, membre de la Commune 1870-71, graveur et peintre, décédé à Londres (Georges Pilotelle, caricaturiste sous le nom de Pilotell, né en 1845 et décédé le 29 juin 1918 à Londres). Il avait travaillé dans les ateliers de Gérôme (Jean-Léon Gérôme, peintre et sculpteur (1824-1904)), quand il s’est jeté dans les affaires de 1871 où il fut condamné à mort. Je croyais même qu’il avait été exécuté. C’est à vérifier, ne serait-ce pas son fils ? Il s’était surtout fait remarquer par ses pillages durant les journées de mai 1871. On l’avait même surnommé « Pille-Hôtels » ! Il avait un réel talent, et ses 12 gravures de types de la Guerre 1870-71 sont rarissimes. Il n’en n’existe plus que 3 ou 4. J’en ai une, une autre est dans la famille de Bismarck, une au Prince de Radziwill, et une au British Museum de Londres qui a été payé 7 ou 800 F.

Nous allons sans doute avoir des troupes. Je lis dans le « Matin » d’aujourd’hui que les allemands auraient exhibé à Cologne des prisonniers américains dans une cage en verre !! Ce n’est pas cela qui apaisera la haine des Américains contre les Boches. Les officiers du 167 américains cantonnés ici nous disaient que leurs hommes ne faisaient pas de prisonniers. Ils ajoutaient : « Quand vous lirez dans les journaux que nos soldats ont fait 100 prisonniers vous pouvez dire qu’ils en ont tué 1 000 qui se rendaient… » Je souhaite que cette affaire de Cologne soit exacte. Nos alliés seront encore plus impitoyables. Ils auront raison, si jamais je pouvais aller en mission en Prusse, je ne cesserais d’en tuer pour le plaisir et les massacrer.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 2 – Visite de M. Berlioz, Aumônier militaire, et d’un lieutenant, qui apporte un calice échappé à l’incendie de la maison de M. Mathieu, rue Courlancy

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 2 juillet

Grande activité d’artillerie entre l’Ourcq et la Marne et dans la région à l’est de Reims.
Les aviateurs britanniques ont attaqué l’aérodrome allemand de Frescaty, mais la mauvaise visibilité n’a pas permis d’observer les résultats. Ils ont attaqué également et avec succès, malgré de mauvaises conditions atmosphériques, la Badische Anilin und Soda Fabrik, à Mannheim. Des grosses bombes ont été lancées : six d’entre elles ont éclaté sur l’usine.
Cinq aéroplanes allemands ont attaqué l’escadrille assaillante au-dessus de l’objectif. Trois aéroplanes allemands ont été contraints d’atterrir : deux d’entre eux étaient désemparés. Tous les avions anglais sont rentrés.
Sur le front occidental, 17 aéroplanes allemands ont été abattus, et 6 autres contraints d’atterrir, désemparés.
Les avions et ballons britanniques ont coopéré avec l’artillerie, réglant efficacement le tir contre les batteries et les dépôts de munitions ennemis. Un grand nombre d’explosions et d’incendies a été constaté.
Des photographies ont été prises et de nombreuses reconnaissances faites de jour et de nuit. 22 tonnes d’explosifs ont été lancées en un jour sur différents objectifs; 14 tonnes et demie ont été lancées au cours de la journée suivante.
Nos équipages de chasse ont abattu 15 avions et mis 19 autres appareils hors de combat.
Nos bombardiers ont jeté 47 tonnes d’explosifs ou de projectiles sur les champs d’aviation de la Somme et 5 tonnes et demie sur des troupes allemandes concentrées autour de Cutry.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Lundi 1er juillet 1918

Louis Guédet

Lundi 1er juillet 1918

1389ème et 1387ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Temps magnifique, il va faire une chaleur terrible. Quelle sécheresse. Hier après-midi vers 5h un avion allemand est venu survoler Vitry-le-François, passé au-dessus de St Martin et survolé Châlons. On a tiré dessus mais il était excessivement haut.

6h soir  Pas de courrier ! 2 lettres, auxquelles j’ai répondu rapidement. Je suis de plus en plus désœuvré. Nouvelles de Robert qui semble affecté de la mort du fils d’Hanrot. Ils étaient du reste camarades de classes ! Le pauvre enfant ajoute : « et puis, du reste, c’est ce qui nous attend tous !… » C’est vrai, quand on voit que rien ne sort de cette Guerre et de tout cela ce sont nos enfants qui tombent, tandis que les embusqués s’amusent.

7h soir  En songeant à la panique des Parisiens quoiqu’on en dise, tous les jouisseurs et égoïstes fichent le camp avec un ensemble extraordinaire (rayé) à cela (rayé) l’une (rayé) il me revient les vers qu’écrivait il y a quelques jours M. Marcel Pénitent dans le « Journal du Peuple ».

Depuis l’offensive on voit dans les gares
Les froussards de choix prendre leurs billets,
Entre gens rapaces on voit des bagarres
Pour prendre d’assaut des wagons complets.
Mais pour, tout au moins, sauver l’apparence,
Ils s’en vont en disant : « C’est pour les enfants ».
Ce qu’on voit de gens tomber en enfance,
C’est phénoménal depuis quelques temps.

Cela va avec ce que Louis Forest (pseudonyme de Louis Nathan, politicien, journaliste, dramaturge et romancier (1872-1933)) dans le Matin disait déjà des fuites…  des Parisiens au moment des fêtes de Pâques : Ils partent à cause des vacances de Pâques, certes ils seraient restés crânement à Paris si ce n’avait pas été les vacances de Pâques, mais les vacances de Pâques les obligent à suivre leurs enfants passer les vacances de Pâques au grand air et se reposer durant les vacances de Pâques, à cause des vacances de Pâques. Mais les vacances de Pâques sont passées et maintenant on va aux bains de mer, non à cause des vacances de Pâques, mais à cause…  des enfants !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi Ier – Réponse à Mme Havard de la Montagne, au sujet des Veu­ves de la Guerre. Visite au nouveau Major. Visite du Capitaine de gen­darmerie, on ne peut plus obligeant.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 1er juillet

Au sud de l’Aisne, nous avons attaqué depuis le sud d’Ambleny jusqu’à l’est de Montgobert, dans le dessein d’enlever à l’ennemi les places d’armes qu’il avait aménagées dans cette région.
Sur un front de sept kilomètres, nos troupes ont pénétré dans les organisations allemandes, enlevé Fosses-en-Haut, Laversine et les hauteurs au nord-ouest, Cutry, et ont porté leur ligne aux abords ouest de Saint-Pierre-Aigle, ainsi que sur la croupe au sud de ce village. Notre avance atteint, sur certains points deux kilomètres et faisons plus de 1060 prisonniers.
Les attaques que les Allemands ont ensuite tentées pour nous reprendre notre gain ont été à chaque fois repoussées. Notre nouvelle ligne a été intégralement maintenue.
Au sud-ouest de Reims, vif combat dans le secteur de la montagne de Bligny. Les troupes italiennes ont refoulé des détachements ennemis qui avaient réussi momentanément à prendre pied dans leurs secteurs avancés.
Les Américains ont fait une quarantaine de prisonniers à l’ouest de Montdidier.
Les Anglais ont réussi une opération de détail sur un front d’environ trois milles et demi à l’est de la forêt de Nieppe. Ils ont avancé leur ligne d’un mille en moyenne et capturé plus de 400 prisonniers, 2 canons et 22 mitrailleuses. Ils ont enlevé les hameaux de l’Epinette-Verte, Rue et la Becque.
Les troupes australiennes ont attaqué et enlevé plusieurs postes à l’ouest de Merris, faisant 43 prisonniers et capturant 6 mitrailleuses.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button