Louis Guédet

Jeudi 11 juillet 1918

1399ème et 1397ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps, néanmoins nuageux et lourd, vent aigre de Sud-est. M. Maurice Pigeon (1889-1979), sous-lieutenant au 22e Dragons, cantonné à Pogny, mari de Suzanne Tricot, cousine de ma femme, est venu nous demander à déjeuner. Causé de toutes sortes de choses. Il a la même impression au sujet des État-majors (rayé).

Il me disait que l’esprit des troupes combattantes était très monté contre les galonnards et aussi contre les ouvriers d’usines de Guerre, qui se sont embusqués là et gagnent des prix fous, de 10 à 20, 25 F par jour et qui se plaignent encore… !

Il a bon espoir malgré tout et est convaincu que les allemands n’avanceront pas beaucoup cette fois. On croit qu’ils déclencheraient leur offensive vers le 14 juillet ! En attendant tout cela est bien agaçant. Il nous a quitté à 3h. Ensuite visite de Jeanne Grenier, Madame Soudant (1861-1951), qui s’inquiète aussi de cette menace d’avance.

Rien d’autre, je suis éreinté et souffre toujours dans le thorax dès que je marche un peu longtemps.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 11 – Expédié lettre aux Cardinaux, prescrivant des prières, 5e anniversaire de la déclaration de guerre (n° 108). Visite de M. le Supérieur du G. Séminaire

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 11 juillet

Au sud de l’Aisne, notre infanterie a achevé de réduire la résistance de l’ennemi en quelques points au nord de la ferme Chavigny. Nous nous sommes emparés de la ferme, de la grille et des carrières à l’est.
Nos patrouilles ont poussé jusqu’aux abords de Longpont et nous avons pénétré dans la partie nord de Corcy, faisant de nouveaux prisonniers. Nous avons abattu sept avions ennemis.
Sur le front britannique, activité plus grande de l’artillerie ennemie, suivie d’attaques locales enrayées. Nos alliés ont repoussé un raid au sud de Bucquoy. Ils ont avancé leur ligne par une opération locale faite avec succès aux environs de Merris. Nous avons fait plusieurs prisonniers et pris une mitrailleuse.
Sur le front italien, actions d’artillerie plus fréquentes au plateau d’Asiago et dans la région occidentale du Grappa. Au sud du Stelvio, la garnison d’un poste italien a mis en fuite un détachement ennemi. Nos alliés ont fait 24 prisonniers dans le val Brenta.
En Albanie, ils ont élargi à l’est l’occupation des hauteurs à la tête du Tomorica.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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