Louis Guédet

Jeudi 16 mai 1918                                                         

1343ème et 1341ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Très beau temps. Changement de troupes. Le 114e d’Artillerie est parti et c’est le 27e Dragons qui le remplace. Nous logeons le capitaine de l’escadron qui cantonne ici, M. (en blanc, non cité). L’abbé Heintz est revenu ici pour liquider le classement et la répartition des archives du 348e d’Infanterie qui est dissous comme je l’ai dit plus haut. Il pense en avoir pour 8/10 jours ici, et ensuite il repartira pour son nouveau régiment, le 22e d’Infanterie. Ils paraissent tous être enchantés d’être débarrassés de leur colonel, (rayé, le lieutenant-colonel Tixier jusqu’à la dissolution du 12 mai 1918) à telle enseigne que quand ses troupes étaient au feu il ne quittait pas son P.C. (Poste de Commandement) de peur de recevoir une balle dans le dos. Et combien y en a-t-il (rayé). Ce que j’en ai vu depuis 3 ans 1/2 !!

Demain vendredi je vais à Épernay.

2h  Je suis si découragé ! que je ne sais que faire, dire ou entreprendre. Autant vaudrait mourir. Si seulement j’avais été fauché à Reims. Pour ce que ma vie est utile à l’heure actuelle ! Et avec l’avenir que j’ai en perspective !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Jeudi 16 –

Jeudi 16 – Visite de M. et Mme Barba et de M. Chenay réfugiés à Cumières. Donne ma lettre pour la revue Remo-Ardennaise. Écrit à Poi­tiers et ä M. de Lausarzelle au sujet d’une lettre de Claire Ferchaud aux Généraux Français, préoccupation des sénateurs et députes catholiques qui craignent une interpellation des sectaires à la tribune, et qui m’avaient consulte à ce sujet.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 16 mai

Bombardement violent dans la région au nord de Montdidier et entre Montdidier et Noyon.
Nos troupes ont prononcé une violente attaque contre les positions ennemies au sud d’Hailles et se sont emparées d’un bois sur la rive ouest de l’Avre, en dépit de la résistance acharnée de l’ennemi.
Une forte contre attaque des Allemands a donné lieu à un vif combat. Nos troupes ont intégralement maintenu leur gain et infligé des pertes très sérieuses aux assaillants. Le chiffre des prisonniers que nous avons faits est de 70, dont un officier. Une autre tentative, au sud de Rollot, menée après un vif bombardement, a également subi un complet échec.
Au nord du Chemin des Dames, nous avons repoussé un coup de main sur nos petits postes de la région de la Bovelle.
Sur le front britannique, l’ennemi a attaqué sur une largeur d’un mille environ, au sud-ouest de Morlancourt. Il est parvenu à pénétrer en un point dans la position de nos alliés. Partout aîlleurs, l’attaque a été repoussée avec de lourdes pertes pour l’ennemi. Une contre-attaque immédiate, exécutée par des troupes australiennes, l’a rejeté hors de la position où il avait pu pénétrer et a complètement rétabli la ligne. Les soldats britanniques ont capturé plus de 50 prisonniers : leurs pertes sont légères.
Un raid allemand a été repoussé près de Lens.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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