Louis Guédet

Vendredi 17 août 1917

1070ème et 1068ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Nuit assez tranquille, mais matinée fort agitée, obus un peu partout, avions lançant des bombes, des victimes. Temps magnifique. On prépare nos archives pour demain. La vue de ces débris tous moisis me brise le cœur. Je me sauve ! Enfin demain on n’en parlera plus. Pourvu que d’ici là une bombe ne tombe pas dessus, ce serait ma veine habituelle.

On parle de nos succès…  de saut de puce dans le Nord à grands coups de tam-tam, on parle et les journaux commentent le manifeste du Pape (rayé) Benoit XV (Lettre d’exhortation à la paix du 1er août 1917 aux belligérants). Encore un qui aurait mieux fait de se taire pour le catholicisme (rayé) les allemands (rayé). Les sauvages !! (Rayé) avant tout, fut-il (rayé). Je suis curieux de savoir ce que va penser de cela notre bon cardinal et son (rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 17 – + 13°. Nuit tranquille à partir de 10 ou 11 h. Le matin à 8 h., avion français, tir acharné et terrible des canons ennemis. Via Crucis in Cathedrali, à 8 h. matin. Visite d’adieu de M. Brousse, aumônier du 174e. Un homme tué vers 7 ou 8 h. par un éclat d’obus d’avion ; fut absous dans la rue par M. Lecomte qui revenait de dire sa messe à la Visitation. Après-midi, bombes sifflent vers 3 h., vers 5 h. pendant quelque temps sur la ville, où ? Item de 8 à 10 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 17 août

En Belgique, notre attaque commencée la matin, s’est poursuivie toute la journée. Notre infanterie, dominant l’adversaire, a brisé sa résistance à l’ouest de Steensbeck, et continuant à l’est sa progression, en liaison avec les troupes britanniques, s’est emparée de toutes les positions ennemies. Plus de 300 prisonniers, dont 4 officiers, sont tombés entre nos mains, ainsi qu’un nombreux matériel.
Canonnade dans les régions de Laffaux et d’Hurtebise. Sur la rive gauche de la Meuse (cote 304), une de nos patrouilles a ramené des prisonniers.
En Alsace, deux coups de main tentés par les Allemands au Barenkopf et au sud de l’Hartmannswillerkopf, ont complètement échoué.
Les Allemands ont mis le feu à la cathédrale de Saint-Quentin.
Les Anglais ont à nouveau attaqué dans la région d’Ypres. Ils progressent. Sur le front de la bataille de Lens, ils ont repoussé trois nouvelles contre-attaques. Ils ont dispersé des formations ennemies qui se concentraient vers la cité Saint-Auguste.
La note que le pape avait adressée aux puissances belligérantes pour les exhorter à la paix a été publiée.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


La maison Balourdet

 

 

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