• Monthly Archives: décembre 2016

Dimanche 31 décembre 1916

Cardinal Luçon

Dimanche 31 – Nuit tranquille. + 10°. Retraite du mois. Visite à Sœur Gabriel. Lettre à M. le Curé de Maulévrier (Recueil, p. 47).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 31 décembre

En Champagne, un détachement ennemi qui essayait, après un vif bombardement, d’enlever un de nos postes de la région de Beauséjour, a été dispersé par notre feu.

A l’ouest de Tahure, nous avons exécuté sur une tranchée adverse un coup de main qui a parfaitement réussi.

Lutte d’artillerie des deux côtés de l’Avre et sur la rive gauche de la Meuse.

Canonnade sur le front belge, vers Dixmude et Steenstraete. Les batteries belges ont efficacement riposté.

La situation est stationnaire dans les secteurs de Macédoine.

Lutte d’artillerie particulièrement vive autour de Monastir.

Les troupes italiennes ont repoussé une reconnaissance bulgare près du lac Prespa. Dans la région du lac d’Okrida, Michavetz, qui avait été occupé par des éléments autrichiens, a été repris par les alliés.

L’armée britannique a effectué quelques raids heureux sur la basse Strouma et bombardé par avions Demir-Hissar.

Les Russes ont eu un succès sur le canal d’Oguinski et sur la rivière Bistrytza. Ils ont reculé sur la frontière de Moldavie et en Valachie, au nord-est de Rymnicu-Sarat.

La note de la France, en réponse à l’ouverture de paix allemande, a été remise à M. Sharp, ambassadeur des Etats-Unis.

Source : La guerre au jour le jour

dixmude

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Récapitulatif de toutes les photographies de Louis Corré de 1916

En souvenir de Gérard Corré ( 20 avril 2016) qui nous a si gentiment donné tous les scans des photographies de son grand-père

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Samedi 30 décembre 1916

Paul Hess

30 décembre 1916 – Très forte canonnade, tout l’après-midi, dans la direction de Berry-au-Bac.

A 17 h 1/2, réunion du personnel de l’hôtel de ville pour la fin de l’année, ainsi que l’an dernier, dans la salle des mariages.

Le maire, M. le Dr Langlet, faisant allusion à la canonnade entendue ce jour, laisse entendre que des actions pourraient avoir lieu sous peu. Il exprime l’espoir qu’elles aient pour résultat la libération de notre ville et souhaite, que 1917, nous apporte bientôt la paix victorieuse.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

berry-au-bac


Cardinal Luçon

Samedi 30 – Nuit tranquille. + 10°. Visites de Premier de l’An. Clergé à 2 h. ; Communautés Religieuses à 3 h. 4 h : violent combat vers l’est de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 30 décembre

Entre Aisne et Oise, notre artillerie a exécuté des tirs de destruction sur les organisations allemandes de la région de Quennevières : nos patrouilles ont pénétré dans les tranchées adverses fortement bouleversées et évacuées par les Allemands.

Sur la rive gauche de la Meuse, à la suite d’un intense bombardement, les Allemands ont prononcé une forte attaque sur un front de 3 kilomètres contre nos positions depuis l’ouest de la cote 304 jusqu’à l’est du Mort-Homme.

Sur la rive droite, nous avons dispersé une forte reconnaissance allemande à l’est de l’ouvrage d’Hardaumont.

Les Anglais ont réussi un coup de main à l’est de La Sars : les tranchées ennemies avaient beaucoup souffert du feu de leur artillerie. Ils ont repoussé un raid allemand à l’est d’Armentières. Violent combat d’artillerie au sud de l’Ancre et dans la région de Berles.

Canonnade sur le Carso.

Violents combats en Valachie dans la région de Rymnik.

Les ministres des trois royaumes scandinaves ont fait une démarche au quai d’Orsay pour s’associer à l’intervention de M. Wilson.

Source : La guerre au jour le jour

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Vendredi 29 décembre 1916

Cardinal Luçon

Vendredi 29 – Nuit tranquille. Pluie, vent, + 6°. Via Crucis in cathedrali à 8 h. Arbre de Noël Caves Chauvet, 47 rue Coquebert. Visite au Dr Simon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 29 décembre

Sur la rive gauche, au cours de la journée, l’artillerie ennemie, énergiquement contrebattue par la nôtre, a violemment bombardé nos positions sur le front Mort-Homme-cote 304.

En Lorraine, nous avons réussi un coup de main sur une tranchée adverse au nord de Badonviller et pris deux mitrailleuses.

Sur le front belge, bombardement réciproque dans la région de Dixmude et Hetsas.

Sur le front russe, l’artillerie lourde ennemie a bombardé les positions de nos alliés dans la région de Peniaki et dans celle de Garbouzou.

Sur la rivière Navaïarka (affluent de gauche de la Zlota-Lipa), les éclaireurs russes sont passés sur la rive occidentale et ont repoussé des contingents ennemis.

En Moldavie, les Russes, par leur feu, ont brisé des tentatives austro-allemandes.

En Valachie, les troupes russes ont reculé devant des forces supérieures jusqu’à la rivière Rymiki. Les attaques ennemies ont été paralysées par les autos-mitrailleuses blindées anglaises.

Les Italiens ont fait un nouveau bond de 200 mètres sur le Carso.

La presse allemande déclare qu’en aucun cas, les neutres ne pourront être admis aux futures négociations de paix.

Source : La guerre au jour le jour

badonviller

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Jeudi 28 décembre 1916

Cardinal Luçon

Jeudi 28 – Nuit tranquille. 2°. Visite aux Observatoires du Parc Pommery. Don d’une fusée tombée d’un avion. Visite de trois prêtres soldats m’invitant au Salut des Soldats, asile Rœderer Orphelinat. Visite du Général russe à Ludes(1). Il m’avait demandé l’usage des églises catholiques pour le culte russe. Refusé avec explications loyales et amicales ; il est entendu qu’on fera le culte russe dans les Baraques. Visite de M. Whitney- Warren.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Le général Lovitsky commande les deux brigades russes qui sont venues combattre sur le front français pour affirmer la fraternité d’armes franco-russe. Venues par le transsibérien et la voie de mer de Vladivostok à Marseille, elles combattirent avec vaillance autour de Reims, à Sapigneul, à Loivre, à La Pompelle. Leurs morts reposent dans le cimetière russe et St-Hilaire-le-Grand et leur souvenir est évoqué au musée du Fort de la Pompelle

pommery

Jeudi 28 décembre

Activité marquée de l’artillerie dans quelques secteurs au sud de la Somme. Un de nos tirs a provoqué deux incendies et une explosion dans une batterie ennemie.

Dans la région de Beuvraigues (sud de la Somme), nous avons fait exploser plusieurs mines avec succès. A la fin de l’opération, nos hommes sont sortis des tranchées et ont ramené des prisonniers.

Canonnade sur le front Vacherauville-Vaux.

Sur le front roumain, l’ennemi a déclenché toute une série d’attaques. Il a enlevé Rymnick.

En Dobroudja, il n’y a que des actions de détail.

Dans les Carpates boisées, les Russes ont capturé du matériel.

Une mission française de 200 officiers instructeurs est arrivée à Jassy.

Sur le front du Caucase, les Russes ont remporté quelques succès.

Canonnade dans la vallée de l’Adige, sur le front italien.

Un détachement anglais a parcouru plusieurs centaines de mètres dans les tranchées ennemies près de Lens.

L’Allemagne et l’Autriche ont répondu à la note américaine en s’abstenant de formuler leurs buts de guerre. L’irritation est vive à Washington.

Source : La guerre au jour le jour

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Mercredi 27 décembre 2016

Louis Guédet

Mercredi 27 décembre 1916

837ème et 835ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Je suis fatigué. J’ai beau dire que je suis parti, tout le monde m’accable. Temps magnifique, froid, mais du beau soleil…  avec légère brume transparente, une belle journée d’hiver. Ce matin mis un tas de choses à jour, au courant. Courrier à 11h1/2, peu de lettres, auxquelles je me suis mis en peine de répondre. 2 cartes de visites. Au Diable soient-elles !! Des cartes de visite à cette époque et par ce temps !! Enfin il y a des gens il est vrai qui ne se doutent pas que nous sommes en Guerre et sous les bombes.

Manquent les feuillets 399 et 400, le haut du feuillet suivant est découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 27 – + 1°. Nuit tranqu2ille. 8 h. 45 bombes allemandes sur batteries dont plusieurs tombent pas très loin d’ici. Duel très violent entre les artilleries adverses. Visite du Général Barret (1) (sic).

(1) Le Général Barret a commandé le 14e Corps d’Armée en Champagne en 1915, puis à Verdun en 1916 un groupement de 6 corps d’armée
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 27 décembre

Grande activité des deux artilleries dans les secteurs de Belloy-en-Santerre et de Fouquescourt.

Partout ailleurs, canonnade intermittente. Sur le front belge, activité d’artillerie habituelle.

Sur le front italien, les actions d’artillerie ont été par endroits, contrariées par le mauvais temps. Nos alliés ont avancé de 300 mètres par bonds et par surprises sur le Carso, au-dessus du mont Faiti. 150 caisses de munitions d’artillerie ont été abandonnées par l’ennemi.

Les Anglais poursuivent leurs avantages en Syrie. Le nombre de leurs prisonniers monte à 1350.

La canonnade continue à être très vive au nord de Monastir.

Les Russes, malgré une vigoureuse résistance, ont dû céder du terrain en Valachie.

Le général Joffre est nommé maréchal de France et cette nomination est chaleureusement accueillie par l’opinion.

L’Espagne se préoccupe anxieusement du blocus que les sous-marins allemands ont tendu en pratique autour de ses côtes.

On parle de la démission du ministre de la Guerre d’Autriche, le chevalier de Krobatiu.

Un terrible ouragan a dévasté le port de Hambourg.

L’Allemagne et l’Autriche répondant à la démarche de M. Wilson, s’abstiennent de proclamer leur proposition de paix. Elles se bornent à réclamer la réunion d’une conférence des belligérants. En même temps la propagande germanique inonde les Etats-Unis de radios pour rendre hommage au président que la presse berlinoise a attaqué.

Le roi Constantin a organisé une cérémonie digne des plus vieux âges pour jeter l’anathème sur M. Venizelos. Le gouvernement d’Athènes a prescrit encore toute une série d’actes de violence à l’égard des venizelistes.

Source : La guerre au jour le jour

fouquecourt

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Mardi 26 décembre 2016

Louis Guédet

Mardi 26 décembre 1916 

836ème et 834ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pluie froide et glaciale. Temps triste et lugubre. Le canon a fortement tonné. Travaillé, fait quelques courses. Je ne me sens pas encore assez fort pour partir à St Martin. Je recule mon départ à jeudi matin. Mais que je crains ce voyage et que j’appréhende cette fatigue. Je ne suis plus fort et puis je suis hélas de…  tout.

Rien appris. On parle d’ouverture de Paix, et on ne rengaine pas pour le traitre Wilson et…  son imbécile de Lansing (Robert Lansing, secrétaire d’État américain du 24 juin 1915 au 13 février 1920, il « haïssait les horreurs de la Guerre », mais plus encore les horreurs de la suprématie germanique (1864-1928)) ainsi que ces sales Suisses de la belle manière, tas d’allemands mâtinés, va !…  Je leur souhaiterais une bonne petite invasion de leur zone, cela les calmerait et ils ne seraient plus si chauds à nous donner des conseils…  intéressés…  Nous ne tomberons pas dans le piège. C’est tout un ou tout autre, si nous voulons exister et rester français, c’est à nous à dicter la Paix par la Victoire. Il n’y a pas à sortir de là ! Et c’est le sentiment de tous ici…  si les pleutres de l’arrière étaient dans le même état d’esprit, les journaux ne bavarderaient pas tant, et la réponse à Guillaume, Wilson, Lansing, Suisses et Cie serait bien simple : « Nous n’avons pas à causer avec vous ! » Et les allemands ne seraient pas si fiers que cela…  mais avec nos pleutres de Gouvernements. Heureusement que les Anglais ne les laisseront pas faire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 26 – + 3°. Nuit tranquille comme hier. Visite d’un aumônier et de deux officiers de la Messe de Minuit de Noël.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 26 décembre

Journée relativement calme sur l’ensemble du front.

Sur les rives de la Somme, trois avions allemands ont été abattus par nos pilotes. Le premier appareil ennemi est tombé en flammes au sud d’Epenancourt, le deuxième s’est écrasé sur le sol près d’Omiécourt, le troisième vers Liencourt.

Une de nos escadrilles a bombardé le terrain d’aviation de Vraignes, ainsi que les dépôts de munitions d’Athies, Ennemain et Mons-en-Chaussée.

Sur le front d’Orient, violente lutte d’artillerie au nord de Monastir.

Situation sans changement sur le front belge.

Les éclaireurs russes sur la Bistritza ont capturé des prisonniers et des fusils. Dans les Carpates boisées, sur la frontière moldave, l’ennemi a tenté de reconquérir des collines occupées par nos alliés. Il a été repoussé, laissant entre leurs mains 8 officiers et 218 soldats.

Violents combats sur le front de Valachie. Les troupes russo-roumaines ont évacué Isatcha et Tulcea, qui ont été occupées par Mackensen.

Les Anglais ont capturé un campement turc avec 1100 hommes, près d’El-Arish, a la frontière égypto-syrienne.

Source : La guerre au jour le jour

epenancourt

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Lundi 25 décembre 1916

Louis Guédet

Lundi 25 décembre 1916 

835ème et 833ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Triste journée de Noël. Grand vent, pluie, rayées de soleil, mais temps doux. Messe à la rue du Couchant 8h1/2, sermon de l’abbé Camu le curé, très bien, sur l’aube de la victoire. Rentré écrire des lettres, préparé du vin pour mes petits. Déjeuné. Adèle pas contente parce que Bompas est venu s’inviter !! Pauvre garçon, il est si malheureux mais il abuse un peu, mais je suis tranquille, ma Cerbère veille ! Promené !? si on peut appeler cela se promener…  traîner mes chaussures et ma mélancolie dans les rues…  Passé par l’Hôtel de Ville. Vu Martin et Raïssac avec qui j’ai longuement causé. Comme moi il se rend bien compte que les temps sont passés où les classes dirigeantes se dépensaient pour la chose publique. Il était de mon avis : la Classe Bourgeoise riche geint, gémit de ce qu’on la critique et qu’on lui en veuille, mais elle ne se rend pas compte qu’elle ne fait rien pour empêcher cela, et j’en arrivais à dire à Raïssac : Le riche Bourgeois actuel est dans le même état d’esprit que la noblesse de 1793. Elle a tous les atouts, tous les moyens pour reprendre en mains le pouvoir, mais elle ne fait rien pour cela et elle sera rasée comme la Noblesse, tout en se demandant ce qu’elle a bien pu faire pour être traitée de la sorte…  Eh ! mais…  vous jouissez et vous ne donnez rien de vos forces vives, de vos richesses, de votre intelligence, de votre science à la masse. Et vous voudriez qu’on se mette à genoux devant vous ? Non ! alors !! Vous périrez misérablement comme la noblesse de 1793…  Messieurs le place est libre !…  Nous sommes au seuil de la Convention, en attendant que nous arrivions à la Révolution sociale. Qui prendra les rênes de l’État…  en attendant un Dictateur, mais cette fois un Dictateur de Paix, et non plus un Napoléon…  singulière période que nous traversons…  mais de plus en plus j’approche, j’analyse les rouages de notre…  organisation administrative de plus en plus, je vois que l’on ne trouve rien devant nous…  que des bureaux, des employés…  mais des têtes, des volontés…  Non !… Tous se dérobent. Pauvre France…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 25 – Noël – Messe de Minuit aux Caves Mumm, aux soldats et civils. Allocution, allusion au 1400e anniversaire (496-1916) du baptême des Francs. (Rue Coquebert) pour les soldats du 293e(1)…. d’environ 50 à 60 soldats, officiers en tête. Au sortir le Colonel me prie de venir dîner à midi avec eux Maison de Convalescence. Accepté, et été. Distribution de Bons de charbon aux pauvres par les soins de Messieurs les Curés. Mgr Neveux officie pontificalement à Epemay Notre-Dame, église de son sacre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 25 décembre

Actions d’artillerie assez vives en divers points du front, notamment de part et d’autre de l’Avre, dans les secteurs du Quesnoy et de Cauny, ainsi que sur la rive droite de la Meuse.

En Champagne, un coup de main ennemi sur nos tranchées à l’ouest d’Auberive a été aisément repoussé.

Sur le front belge, une patrouille allemande a tenté d’attaquer, au cours de la nuit, un poste belge au nord de Steenstraete. Elle fut repoussée avec pertes. Assez grande activité d’artillerie en divers points du front belge, notamment vers Dixmude et Hetsas, où nos batteries effectuèrent des tirs réussis sur les positions ennemies.

Les Italiens ont mis en échec une tentative autrichienne sur le Carso.

Sur le front russe, deux détachements ennemis ont été rejeté par le feu de nos alliés à Boidourg. D’autres tentatives allemandes ont été enrayées sur la Bistritza. Dans les Carpates boisées, les troupes russes ont occupé des retranchements ennemis au nord de la rivière Uzu. Elles ont capturé 5 officiers, 100 hommes et 3 mitrailleuses.

En Roumanie, Mackensen déploie toujours beaucoup d’activité. En Dobroudja, il a contraint les Russes à se retirer vers le passage du Danube à lsaktcha. Des avions out bombardé Braïla.

Source : La guerre au jour le jour

auberive

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Dimanche 24 décembre 1916

 Louis Guédet

Dimanche 24 décembre 1916 

834ème et 832ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Beau temps doux. Été messe de 11h1/4 à St Jacques, j’en suis revenu glacé, tous les vitraux sont brisés. Rentré, vu Pierre Givelet (directeur de la verrerie de Loivre (1864-1955) et sa femme qui étaient venus à Reims et Cormontreuil pour voir leur fils (Charles Givelet 1898-1980) qui est actuellement à Hermonville. Nous avons causé de Courcy de ce que j’avais pu en voir du haut du château de St Thierry. Charles leur fils, avec une lorgnette de batterie, a vu à peu près la même chose que moi. Il a vu aussi un jour des officiers allemands chasser sur la chasse de la Ferme de Ste Marie, de M. de Granrut, de Loivre ! que c’est loin ! loin !! loin !! Nous n’y chasserons plus, le fils Louis a été tué, la verrerie rasée, ainsi que le château alors !! Il parait que ces allemands manquaient les perdreaux à plaisir !! Vu Charles Heidsieck qui partait pour Paris. Après-midi fait une course, vu Supérieure de Roederer et puis rentré fort fatigué.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 24 – + 2°. Nuit agitée autour de Reims ; bombes sur les tranchées. Projections. Mitrailleuses. Lettre à Mgr l’Évêque d’Angers (Recueil, p. 69).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 24 décembre

En Champagne, après un vif bombardement, un détachement ennemi a tenté d’aborder nos lignes à l’ouest d’Auberive. Il a été aisément repoussé.

Nuit calme sur le reste du front, sauf dans la région d’Hardaumont et des Chambrettes où l’artillerie ennemie s’est montrée assez active.

Les Italiens ont repoussé dans le val Sugana une petite attaque contre leurs postes avancés, sur le torrent de Maso. L’ennemi a bombardé les positions établies sur les deux rives de la Brenta, sans toutefois ne lancer aucune attaque. Le long du reste du front, les actions d’artillerie ont été entravées par le mauvais temps persistant. Sur le Carso, une tentative de l’ennemi contre les positions de la cote 144 a été promptement arrêtée.

La Suisse s’est associée à la note américaine en faveur de l’éclaircissement des conditions de paix.

Le baron Burian, ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, a donné sa démission : il a été nommé ministre des Finances. Le comte Czernin, ancien ministre d’Autriche à Bucarest, a été nommé aux Affaires étrangères.

Tous les puits à pétrole ont été détruits par les Roumains en Valachie.

Source : La guerre au jour le jour

carso

 

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Samedi 23 décembre 1916

Louis Guédet

Samedi 23 décembre 1916 

833ème et 831ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Tempête de vent toute la nuit et la journée, mais il fait chaud, c’est si bon. Je vais bien. Travaillé d’arrache-pied toute la matinée. Sorti après-midi, vu Albert Benoist dans son lit, dans sa cuisine, toujours très confiant. Il recevrait la Cathédrale sur la tête il trouverait que c’est encore très bien ! Passé à la Ville. Vu Houlon toujours gentil, Martin, on s’aime bien. Tout ce monde-là prend mon vent…  puisque je suis à la Hausse !…  C’est bien humain. Raïssac, c’est plus sûr. Entré dans le cabinet du Maire, causé avec lui et M. Charles Demaison (polytechnicien, naturaliste distingué (1854-1937)) qui est très changé, hélas 2 fils tués (en fait un seul, Alain, tué le 15 décembre 1916), un prisonnier en Pologne (Jacques, décédé en 1924) et pour comble de malheur sa fille Mme de Kerillis (Anne, décédée en 1954) qui vient d’avoir un bébé (Alain Calloc’h de Kerillis, dit Richard Skinner, parachutiste des Forces Françaises Libres, arrêté et fusillé par l’Abwehr le 18 juillet 1944) et a failli y rester. Heureusement elle va mieux. Comme j’étais installé à un bureau d’un adjoint pour donner une signature, voilà le brave Docteur Langlet qui survient. Alors, s’adressant avec son fin sourire à moi : « Tiens, un nouvel adjoint !!… » – « Ah ! non Docteur !! in partibus si vous voulez, mais ex cathedra jamais !… » – « Qu’en sait-on ? m’ajouta-t-il », puis nous nous mettons à causer. Il me dit voir le docteur Lévêque demain, qui a un anthrax ! Je l’ai prié de me rappeler à lui et lui ai dit que moi, ayant prévu d’aller à St Martin mardi ou mercredi, j’irai le voir (Tony-aux-Bœufs est à 5 kilomètres de distance de St Martin). Comme je lui disais que j’avais été assez souffrant et que j’étais à moitié mort, alors de sourire : « Allons !! vous n’en prenez pas le chemin d’après ce que je sais, vous êtes encore bien vivant et surtout vigoureux. La vigueur que nous vous connaissons et sur laquelle nous comptons ! En tout cas, en attendant que vous soyez mort, il faudra voir à notre commission d’enquête des dommages de Guerre, et nous comptons sur vous…  Nous avons bien besoin de vous ».

Je ne sais ce que diable je lui ai fait à ce brave Docteur Langlet, mais il est vraiment charmant avec moi. Jamais il ne m’accueille sans un sourire et un mot aimable. Attendons ! J’en saurais peut-être plus tard la raison. On parle de la Gaffe Wilson (note du Président américain Woodrow Wilson du 12 décembre 1916 à tous les belligérants, rédigée de façon plutôt impartiale et mal ressentie en France. Rejetée par les allemands, elle entrainera l’engagement des États-Unis auprès de la France peu de temps après). Sale Prussien, j’espère que les alliés vont leur foutre une tape pour qu’il n’y revienne plus. Si c’était moi elle serait pommée !!…  Sale américain, Boche. Demain je vais préparer mes malles, et nous verrons à partir…  Fais en rentrant une procuration, les gens sont inénarrables, mes types ne doutaient pas une seconde que tout partirait demain matin première heure, que je me « carapatais », c’est tout ce qu’ils voyaient là-dedans, tous des imbéciles, si on voulait on leur cirerait encore leurs chaussures !…  Non, j’sais !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 décembre 1916 – Les journaux annoncent que le président Wilson demande aux belligérants de définir leurs buts de guerre, en faisant savoir que ce n’est ni une proposition de paix, ni une médiation.

La note n’est pas favorablement accueillie ; elle suscite des commentaires assez vifs et des protestations.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 23 – + 10°. Nuit tranquille. Tempête vent et pluie. Visite de M. Farre me demandant Messe de Minuit Caves Mumm. Salut et allocution au 3e Bataillon du 403, École des Arts et Métiers, J.B. de la Salle.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

mumm


Samedi 23 décembre

Au cours de la journée, la lutte d’artillerie a été assez active dans la région de l’ouvrage d’Hardaumont, de Louvemont et des Chambrettes.

Plusieurs coups de main effectués par nous à l’est de Saint-Mihiel, dans le bois de Gerédiante, à la Chapelotte (nord de Celles) et dans la vallée de la Fave, nous ont permis de détruire de petits postes ennemis et de ramener des prisonniers.

Canonnade intermittente sur le reste du front.

Lutte de bombes et d’artillerie dans la partie sud du front belge. Les batteries belges de campagne et de tranchées ont réduit au silence les engins de l’ennemi. Les Allemands ont bombardé le front anglais au sud de l’Ancre. Ils ont échoué dans un coup de main en face de la redoute Hohenzollern. Grande activité d’artillerie dans les régions d’Ypres et de Messines.

Les troupes britanniques ont repris la ville égyptienne d’El-Arisch, occupée en 1914 par les Turcs.

L’infanterie italienne a progressé dans le Carso.

Le président Wilson a adressé une note aux belligérants pour les inviter à définir leurs conditions de paix.

Source : La guerre au jour le jour

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Vendredi 22 décembre 1916

Louis Guédet

Vendredi 22 décembre 1916 

832ème et 830ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps radouci. Rayées de soleil avec pluie, qui du reste n’a pas cessé de la nuit. Je vais mieux. Toutefois je me suis abstenu d’aller au Tribunal. Cet après-midi vers 2h, n’y tenant plus, je suis sorti jusque chez Ravaud, et je suis passé par le Tribunal, puis rentré pour terminer mon courrier. Je n’ai plus qu’une lettre à répondre.

Reçu lettres de Jean et de Robert m’annonçant qu’il espérait être à St Martin pour le trente courant. Je vais m’organiser pour m’y trouver. J’espère avoir un peu de tranquillité durant mon absence. L’aurai-je ?? Je reprends un peu vie, mais je suis encore bien las et puis, au seuil de 1917 quelles tristes pensées m’assaillent, tant sur le Passé que sur l’Avenir, surtout sur l’Avenir…  Que deviendront mes aimés ??? Je n’ai aucun espoir de chance, bonheur ou joie…  ce n’est pas fait pour moi…  pour nous… !! Alors…  je franchirai le premier pas de 1917 en me disant comme Dante entrant aux Enfers : « Lasciate ogni speranza !! »

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 22 – Nuit silencieuse. + 5°. Via Crucis in cathedrali à 8 h. Visite du Major Colonel Beeklar Wilson, Canadien, du capitaine, de Jonchery, et du lieutenant, P. d’Herbigny. Visite de M. Leblanc de Rethel, remerciant pour les 25 bons donnés aux Ardennais.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 22 décembre

L’ennemi a violemment bombardé nos lignes dans le secteur de Louvemont-Vaux. Notre artillerie a riposté. D’autres actions d’artillerie assez vives se sont produites sur divers points du front. Au cours de l’une d’elles des appareils à gaz ennemis ont été détruits par notre feu entre Berry-au-Bac et Reims.

Quatre avions ennemis ont été descendus par nos pilotes sur le front de la Somme.

48 obus ont été lancés par nous sur la gare d’Anizy, 480 kilos de projectiles ont été lancés sur les gares de Brieulles-sur-Meuse et Charleville-Mézières. Onze de nos avions ont lancé 47 obus de 120 sur la gare et les baraquements de Nesle, sur des bivouacs ainsi que sur des convois en marche.

En macédoine, lutte d’artillerie intermittente sur le front de la Strouma et dans le secteur de Najada, plus violent dans la région de la cote 1050.

Les Russes ont progressé dans les Carpates boisées, où ils ont aussi repoussé plusieurs attaques. De violents combats ont eu lieu entre les troupes de Mackensen et les Russo-Roumains, dans le nord de la Dobroudja.

Le cabinet Spitzmuller n’a pu être constitué en Autriche. Le comte Clam Martinie a été chargé de mettre sur pied une combinaison.

Source : La guerre au jour le jour

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Jeudi 21 décembre 1916

Louis Guédet

Jeudi 21 décembre 1916 

831ème et 829ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Journée très froide, tournant au dégel, pluie battante après-midi, mais il ne fait pas chaud et cependant je ne suis pas sorti. J’ai encore eu de la fièvre la nuit dernière en sorte que j’ai encore les idées vagues, cependant la journée s’est bien passée. Je ne suis pas sorti et me suis excusé auprès de Payen pour l’audience de conciliations militaires pour les réquisitions, elle a eu lieu quand même. J’en serai quitte pour signer demain matin les procès-verbaux quand Landréat m’amènera mes justiciables pour tenir ici mon audience de conciliations civiles ! Un peu plus je tiendrais justice dans mon lit, ce serait le cas de dire que je tiens lit de justice !! J’ai travaillé comme un nègre, et abattu de la besogne. Demain je serai à jour. Rien appris, rien vu. Je suis resté enfermé, ce n’est plutôt pas gai. Lesage est venu me voir et m’a dit que je pourrais sortir samedi ou dimanche. Je pourrai donc aller à St Martin bientôt. J’en serai heureux, car je suis bien las, mais quelle triste réunion. Quelles tristes fêtes de Noël et du Jour de l’An…  séparés, disséminés, sans savoir si on se reverra ! Pauvre femme, pauvres petits.

Les journaux usent beaucoup d’encres au sujet des propositions de Paix de la part de l’Allemagne. C’est de l’encre bien inutilement perdue. La réponse est bien simple : vous êtes des Bandits et nous ne parlerons de Paix que lorsqu’on vous aura étranglés, et la Paix sera la nôtre et non la vôtre.

Rajouté à ce feuillet, un quart de page daté du 21 novembre 1916, écrit par Madeleine.

21 décembre 1916

Été à l’Hôtel de Ville. Vu le Dr Langlet qui m’a donné des nouvelles du Dr Lévêque (beau-frère du docteur Langlet, médecin à Tony-aux-Bœufs, village voisin de St Martin-aux-Champs), assez mal en point avec un anthrax. Causé avec Gustave Houlon et Martin d’un tas de choses. Quand je suis avec eux c’est un tas de conversations sur un tas de questions. Il faudrait que je fasse une encyclopédie avec eux. Quand j’arrive, c’est un vrai assaut, même des employés de la Ville. Je suis heureux de rendre service à de bien brave gens touchants. Oh ! si la classe dite dirigeante voulait ! Ce qu’elle obtiendrait de tous ces humbles, on remontrerait la France entière, le Monde même, ces gens-là boivent vos paroles.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 21 – Nuit tranquille. + 2°. De 9 à 10 h. gros canons français, bombes allemandes. Expédié lettre au Cardinal de Paris pour lui recommander la situation des séminaristes, trop abandonnés. A 2 h. grosses bombes allemandes et gros canons français. Duel entre batteries. Visite au Fourneau Porte Paris. Le soir à 9 h. fusées éclairantes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 21 décembre

Au sud de la Somme, l’ennemi a violemment bombardé nos lignes, notamment les secteurs de Belloy-en-Santerre, Borny, Pressoir et Ablaincourt. Notre artillerie a énergiquement riposté par des tirs de contre-batterie.

Actions d’artillerie intermittentes sur le reste du front.

Sur le front belge, après une matinée relativement calme, l’ennemi a ouvert, au cours de l’après-midi, un feu violent d’artillerie de tranchée dans la région de Hetsas. L’artillerie belge de tous calibres a réduit les engins ennemis au silence.

Les Italiens, dans le Vallarsa (Adige), ont dispersé par leur tir des groupes ennemis et réduit au silence l’artillerie de l’adversaire. Canonnade sur le haut Astico et le plateau d’Asiago. Sur le Carso, l’artillerie ennemie montre de l’activité. Quelques tentatives de l’infanterie autrichienne ont été aussitôt arrêtées.

Dans l’Est Africain, les Anglais ont repoussé de fortes attaques de l’ennemi. Ils ont capturé une crête importante.

La presse de Berlin exprime la déception que lui suggèrent les discours des gouvernements alliés.

M. Sasonof, ancien ministre des Affaires étrangères de Russie, a été mandé au quartier général du tsar.

Source : La guerre au jour le jour

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Belloy-en-Santerre

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Mercredi 20 décembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 20 décembre 1916 

830ème et 828ème jours de bataille et de bombardement

7h40 soir  La neige ce matin, avec un froid perçant. Pas sorti, mais j’allais bien ce matin, et le soir je ressens la fièvre me reprendre. Je n’en sortirai donc pas !! Demain j’ai réquisitions militaires. Après-demain, audience civile. Alors je ne sais si je pourrais sortir de…

Le bas de la page a été découpé, il ne manque que quelques lignes.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 20 – Nuit tranquille en ville. Neige. -3°. Avions et tir contre eux. Visite de l’aumônier du 38e Corps, professeur au séminaire d’Angoulême, cantonné à Sacy. Avions.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mercredi 20 décembre

Au sud de la Somme, les Allemands ont tenté un coup de main sur nos tranchées au nord de Chilly. Une fraction ennemie qui avait réussi à pénétrer dans un de nos éléments avancés, en a été rejetée aussitôt.

La lutte d’artillerie a été vive, de part et d’autre, sur la rive droite de la Meuse, notamment dans les régions de Bezonvaux, du bois des Caurières et des Chambrettes. Aucune action d’infanterie.

Sur le reste du front, action d’artillerie intermittente.

Sur le front belge, l’artillerie a été active dans les régions de Lizerne et de Steenstraete.

Deux avions allemands ont été abattus sur le front de Verdun. Nos escadrilles de bombardement ont jeté 600 kilos de projectiles sur les gares de Dun-sur-Meuse et de Montmédy, ainsi que sur les bivouacs d’Azannes.

Canonnade dans le Carso et dans le val Astico.

Une avant-garde austro-allemande a été arrêtée par les Russes au sud de Braïla.

MM. Sonnino, Briand et Lloyd George ont apporté des réponses identiques quant au fond à l’ouverture de paix allemande. Ils annoncent qu’une note est en préparation.

Le cabinet italien a obtenu un vote de confiance à une énorme majorité.

Le capitaine aviateur de Beauchamp a été tué dans un combat aérien.

Source : La guerre au jour le jour

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Louis Delozanne

Le journaliste de France 3 nous avait contactés après avoir vu nos publications sur notre site.
vous pouvez revoir ici une partie de ses carnets de dessin et  voir l’émission…

© – Collection privée Annick Delozanne et Paul Lasserre – Pathé Gaumont – Editions des Amis du Vieux Crugny crayonnés de Louis Delozanne

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Mardi 19 décembre 1916

Louis Guédet

Mardi 19 décembre 1916 

829ème et 827ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Temps glacial, légère poussière de neige, assez bien reposé, mais que je suis faible et énervé. Il me faudra pourtant avoir la force et le courage d’aller au Tribunal pour mon audience de simple police…  A 1h1/2 je suis parti, il fait fort froid. Mon audience s’est bien passée, procès peu importants, sauf 2 acquittements pour ravitaillement de la Ville qui s’imposaient, mais les gendarmes sont si bornés. 3 affaires civiles, très longues, 8/9 témoins à chaque affaire, les clients sont salés pour la peine, triste chose que les femmes qui s’injurient et Dieu sait ce qu’elles peuvent se dire !! Il faudrait un dictionnaire spécial pour trouver ce que la cervelle de ces péronnelles peut inventer et trouver !! Je n’en n’avais jamais entendues de pareilles ! Bref je les ai salées et en travaillant pour payer leurs amendes (rayé)!! Mais Dieu ! Quelles imaginations !! Quelles images !! pour traduire leurs…  pensées et leurs vices ! Rentré à 5h1/2 glacé…  mais pas de fièvre, heureusement. Je me suis mis au travail, quoique la tête vide, mais les lettres s’accumulent et il faut y répondre… !!…  Quand je regarde le tas…  j’en ai les bras coupés. Je m’arrête, je suis fatigué, mais gare la fièvre…  C’est dur ! les nuits de fièvre avec des ruines dans la tête qui vous obsèdent.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 19 — 3°. Depuis minuit, nuit tranquille. Visite de M. Sharp, Ambassadeur d’Amérique et d’une suite nombreuse, avec le général Cadou, M. Mignot, M. Emile Charbonneaux. Le Maire les quitte plus tôt que d’autres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 19 décembre

Au sud de la Somme, un détachement ennemi, qui tentait d’aborder nos lignes au sud-est de Berny, a été repoussé à la grenade. Un autre détachement qui essayait d’exécuter un coup de main sur nos tranchées au sud de Fresnes a été repoussé à la grenade.

Sur la rive droite de la Meuse, après un vif bombardement, les Allemands ont contre-attaqué nos positions. Ils n’avaient réussi à prendre pied que sur un point, à la ferme des Chambrettes. Nous les en avons finalement chassés.

Depuis le 15 décembre, le nombre des prisonniers que nous avons fait sur le front de Verdun s’élève à 11.387 dont 284 officiers. Le matériel pris ou détruit comprend 115 canons, 44 lance-bombes, 107 mitrailleuses.

Les Russes ont repris les tranchées perdues sur le front de Volhynie.

Ils ont capturé 200 Austro-Allemands dans les Carpates boisées et repoussé une attaque près de Buzeu.

L’artillerie italienne est active dans le Haut-Astico.

La note allemande a été remise à la France et à l’Angleterre.

Les partis pangermanistes continuent à formuler d’outrecuidantes revendications territoriales.

Les Anglais poursuivent leur progression sur le front de Mésopotamie.

Source : La guerre au jour le jour

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Lundi 18 décembre 1916

Louis Guédet

Lundi 18 décembre 1916 

828ème et 826ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Temps glacial, j’ai eu la fièvre toute la nuit et je suis obligé de me coucher toute la journée. Je souffre, j’ai la tête vide

Le bas de la page a été découpé, il ne manque que quelques lignes.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 18 – + 3°. Nuit tranquille à Reims. Mitrailleuses au loin. Messe à l’Espérance et allocution ou causerie au salon. A 1 h., canonnade violente, intense de l’artillerie française. A 1 h. 45, bombes sifflantes allemandes. Terrible duel d’artillerie entre batteries adverses jusqu’après minuit, sans interruption ; violent surtout de 8 h. à 12 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 18 décembre

Sur la rive droite de la Meuse, l’artillerie ennemie, contrebattue par la nôtre, a bombardé nos nouvelles lignes de Vacherauville à Bezonvaux et notamment le secteur de la ferme des Chambrettes. Canonnade intermittente sur le reste du front.

Les Anglais ont exécuté au cours de la nuit dernière un coup de main contre les tranchées ennemies dans la région de Ransart. Des grenades ont été lancées dans les abris et l’ennemi a subi des pertes. Un second raid a permis à nos alliés de détruire un emplacement de mitrailleuses au sud-ouest de Wytschaete. Les Allemands ont fait jouer un camouflet à l’est d’Ypres.

Canonnade sur le front italien.

Des attaques austro-allemandes ont été repoussées sur le front russe de Volhynie.

Violents combats près de Buzeu, en Roumanie. Les Russo-Roumains, ont reculé en Dobroudja.

Le cabinet autrichien est formé sous la présidence de M. de Spitzmuller.

Le comte Bernstorf, ambassadeur aux Etats-Unis, reconnaît que l’Allemagne n’a offert aucune condition de paix.

Source : La guerre au jour le jour

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