• Daily Archives: 12 septembre 2016

Une carte de Félicie…

Reims, le 12 septembre 1916
Cher frère,
deux mots pour te dire que nous sommes tous en bonne santé et désire qu’il en soit de même pour toi.
Le jour que nous avons reçu ta lettre, Charles Schapy était chez nous, il a eu une permission de 24 heures pour Reims, ce qui nous a fait bien plaisir de le voir en bonne santé.
Tu me diras si tu as reçu ma lettre que je t’ai envoyé à Paris, j’avais mis un billet de cinq francs pour toi repartir.
Je n’ai pas encore eu de nouvelles de Lucie depuis.
Jules, Charles et Violette se joignent tous à moi pour t’embrasser.
Ta sœur Félicie.

Adressée à son frère, cette carte, envoyée de Reims par Félicie, nous montre la cathédrale, et les protections contre les éclats d’obus… de frêles remparts contre la férocité de la guerre.
Et comme toujours, on donne des nouvelles de la santé… on rassure… et de petites attentions pour améliorer le quotidien, comme ce petit billet de cinq francs glissé dans une lettre.

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Ci-dessous, une autre carte de la cathédrale de Reims, un cliché pris à la même époque si on s’en réfère à l’état des vitraux… avec en premier plan, la statue de Jeanne d’Arc, toujours en place. Elle a été enlevée et évacuée au Panthéon le 6 mars 1918. C’est un peu plus de 3 ans après qu’elle reprit sa place sur le parvis de la cathédrale, le 8 juillet 1921.

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Mardi 12 septembre 1916

Louis Guédet

12 septembre 1916 (début du passage recopié au crayon par Madeleine Guédet)

Rentré tout à l’heure de St Martin ou notre Grand Jean est venu nous surprendre à St Martin vendredi dernier en permission de 4 jours. Il est reparti ce matin à 10h pour Carentan où il est en garnison. Pauvre enfant. Il est bien courageux, sa pauvre mère était d’une tristesse…  Hélas ! je crains bien qu’il ne parte bientôt au front. Tous les martyres et toutes les angoisses nous aurons été données plus qu’à d’autres. Bonnes nouvelles de Robert. Les autres petits vont bien, mais ma pauvre Madeleine est à bout. Mon vieux père supporte bien ses 80 ans, mais lui aussi est fort triste. J’ai revu avec plaisir mon pauvre vieux Bock qui est très bien portant, il revient de loin. La dernière fois je croyais bien que je ne le verrai plus.

Me voilà rentré dans mon martyr. J’ai du travail, mais quel tombeau, et quelle agonie lente que ma vie d’abandonné.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 12 – + 13°. Nuit tranquille. Après-midi visite à l’église Saint- André et aux Sœurs de Saint-Vincent de Paul rue Jacquart. Quelques aéroplanes et quelques coups de canon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jacquart


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Mardi 12 septembre

Au sud de la Somme, les Allemands ont prononcé, pendant la nuit, une série d’attaques sur différents points de notre nouveau front. Depuis Berny jusqu’à la région au sud de Chaulnes, cinq attaques ont été déclenchées par l’adversaire, dont plusieurs accompagnées de jets de liquides enflammés. Partout les troupes assaillantes ont été rejetées dans leurs tranchées de départ par nos tirs d’artillerie et nos feux de mitrailleuses, qui leur ont infligé des pertes sérieuses.
Sur le front britannique, l’ennemi a lancé de violentes contre-attaques vers Ginchy. Les Anglais ont capturé quatre officiers et cent soixante et un hommes. Ils ont enrayé une tentative de bombardement de leurs positions au nord du Bluff.
Les Russes ont fait deux cents prisonniers turcs en Asie Mineure.
En Macédoine, les forces anglaises ont franchi la Strouma près d’Orljac et entrepris le bombardement de plusieurs villages occupés par les Bulgares. Elles ont largement progressé.
Les réservistes d’Athènes ayant fait une manifestation bruyante et blessante dans le jardin de la légation de France, l’Entente a demandé satisfaction. M. Zaïmis a exprimé ses excuses et prescrit la dissolution de toutes les ligues de réservistes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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