• Monthly Archives: septembre 2016

Samedi 30 septembre 1916

Cardial Luçon

Samedi 30 – Nuit tranquille. Projections. + 10°. M. Croutelle déjeune avec nous.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Samedi 30 septembre

Sur le front de la Somme, progrès de nos troupes entre Frégicourt et Morval. Lutte d’artillerie au nord et au sud de la rivière.
Les Anglais ont montré beaucoup d’activité vers la redoute Schwaben et la tranchée de Hesse. Ils ont enlevé une ferme organisée au sud-ouest de Sars.
Les Bulgares ont échoué à quatre reprises dans des attaques contre le Kaimackalan; ils ont échoué aussi dans la région du Brod. Nos avions ont bombardé Monastir.
Le discours du chancelier allemand au Reichstag a été sans éclat et n’a offert aucun aperçu nouveau.
Le comité provisoire venizéliste a lancé une proclamation au peuple grec.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

monastir

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Vendredi 29 septembre 1916

Louis Guédet

29 septembre 1916

Audience civile ce matin, peu de choses : 2 conseils de famille et 2 contestations. Cette après-midi, ayant à faire à la Ville, j’apprends la nomination comme Chevalier de la Légion d’Honneur et la remise de décoration de ce matin à Raïssac, Secrétaire Général de la Mairie, et de Guichard, Vice-président des Hospices. Deux distinctions bien gagnées. Causé avec le Dr Langlet de choses et d’autres, et notamment des procès de simple police qui pleuvent.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

29 septembre 1916 – Vers 11 h, M. Raïssac, secrétaire en chef de la mairie et M. Guichard, vice-président de la commission administrative des hospices, reçoivent la croix de chevalier de la Légion d’Honneur, dans le cabinet de l’administration municipale.

Étaient, paraît-il présents à la remise : MM. Malvy et L. Bourgeois, ministres, C. Lenoir, député, le préfet de la Marne, le sous-préfet de Reims, et, avec l’administration, quelques conseillers municipaux.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Photo : Louis Corré, Collection : Gérard Corré

Photo : Louis Corré, Collection : Gérard Corré


Cardinal Luçon

Vendredi 29 – Nuit tranquille sauf quelques coups de gros canons français de temps en temps et projections allemandes. + 14°. Pas un coup de canon. Via Cruels in cathédrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 29 septembre

Sur le front de la Somme, nos batteries poursuivent activement leurs tirs sur les organisations allemandes.
Sur la rive droite de la Meuse, une forte attaque allemande, lancée au début de la nuit sur le front Thiaumont-Fleury, a subi un sanglant échec sous nos feux de mitrailleuses et nos tirs de barrage.
Les troupes anglaises ont avancé leurs lignes sur divers points échelonnés entre Martinpuich et Gueudecourt. Des postes ont été établis à moins de 800 mètres à l’ouest et au sud-ouest d’Eaucourt-l’Abbaye.
A la gauche du front, les positions anglaises se trouvent consolidées sur la crête nord-est de Thiepval. Un bataillon allemand escortant un convoi, a été pris sous le feu de l’artillerie, qui l’a bombardé avec succès.
L’artillerie autrichienne a canonné Limone sur le lac de Garde. Les Italiens ont remporté un succès sur le plateau d’Asiago. Ils ont repoussé l’ennemi sur le Haut-Cordevole.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Jeudi 28 septembre 1916

Cardinal Luçon

Jeudi 28 – Nuit tranquille. + 14°. A 9 h. quelques canons tirent autour de Reims. Après-midi, orage et pluie abondante de 5 à 6 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 28 septembre

Au nord de la Somme, où nous avons organisé les positions conquises, l’ennemi a dirigé une forte attaque sur nos nouvelles positions, depuis Bouchavesnes jusqu’au sud de la ferme du bois Labé. Dans une brillante contre-offensive nos troupes se sont lancées au-devant des vagues d’assaut ennemies, qu’elles ont refoulées en désordre après leur avoir infligé des pertes élevées. Nous avons fait 250 prisonniers, dont, 5 officiers et pris 8 mitrailleuses. Nous avons sensiblement élargi nos progrès à l’est et au sud-est de Rancourt et pénétré, dans le bois de Saint-Pierre-Vaast.
Les Russes ont repoussé quelques attaques de détail près de Riga.
Les Roumains ont fait 100 prisonniers dans la vallée de Giul. Un zeppelin a, de nouveau, survolé Bucarest.
Les Serbes ont refoulé une série d’attaques bulgares dans la région de Kaimackalan.
M. Venizelos, qui a débarqué en Crête avec l’amiral Coundouriotis, a annoncé qu’il prenait la tête du mouvement national hellénique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mercredi 27 septembre 1916

Paul Hess

27 septembre 1916 – Bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 27 – Nuit tranquille. + 14° ; temps couvert. A 10 h. visite aux batteries casemates du Parc Pommery. 1ère Batterie, boulevard de la Paix. Le soir un obus allemand y a blessé un soldat ; j’étais accompagné des officiers, tous chrétiens. Visité les tombes des soldats. Vu le dépôt de munitions que les Allemands ont fait sauter il y a quelques jours, de 9 h. 1/2 à 11 h. Visite, au retour, de la Mission Espagnole et du Père Bénédictin Esteban Bateri (?). 2 h. Bombes sifflent sur batteries. 31 obus. Visite de l’aumônier de Bezannes. Les journaux racontent la prise de Thiepval et de Combles.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

pommery


Mercredi 27 septembre

Nos troupes ont enlevé entièrement le village de Frégicourt, au nord de la Somme, puis la partie de Combles située à l’est et au sud de la voie ferrée tombait entre nos mains. Nos patrouilles étant entrées en liaison avec les éléments de droite de l’armée anglaise, le village entier était peu après à nous. Nous avons fait un butin considérable en munitions et approvisionnements de toute sorte. Nous avons recueilli une centaine d’Allemands blessés abandonnés par l’ennemi. Combles était rempli de cadavres allemands.
Nos troupes ont encore pris un petit bois situé au nord de Frégicourt, à mi-chemin de Morval et la plus grande partie du terrain fortement organisé compris entre ce bois et la corne ouest du bois de Saint-Waast. Le chiffre des prisonniers valides fait par nous depuis la veille atteint à 1200 : nous avons saisi 30 mitrailleuses.
Les Anglais, après avoir enlevé les villages de Morval et de Lesboeufs, où ils ont capturé 1500 Allemands, ont poursuivi leurs progrès : ils ont enlevé une forte redoute entre Lesboeufs et Gueudecourt, pris Gueudecourt et Thiepval lui-même, dont la position était d’une extrême importance. Là encore, ils faisaient 2500 prisonniers et infligeaient de grosses pertes à l’ennemi.
Les Roumains ont repoussé plusieurs offensives en Dobroudja et repris la passe de Vulkan, dans les Alpes de Transylvanie.
7 zeppelins survolent l’Angleterre, en faisant 36 morts.
L’amiral Coundouriotis, ex-ministre de la marine grecque, adhère au comité de Salonique. M. Venizelos a quitté Athènes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 26 septembre 1916

Cardinal Luçon

Mardi 26 – Nuit tranquille, sauf quelques gros coups de canon, rares. A 6 h. deux aéroplanes allemands volent : tir contre eux. Visite à Clairmarais. Salut, allocution. A 5 h. 1/2 gros canon. 4 h. Aéroplane français : tir contre eux. A 5 h. 45, gros canon français ; bombes allemandes sifflantes. Reçu la carte de sept Députés venus visiter la Cathédrale.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

photo : Louis Corré, collection Gérard Corré

photo : Louis Corré, collection Gérard Corré


Mardi 26 septembre

Au nord de la Somme, la bataille a repris avec violence sur le front franco-britannique. Notre infanterie a attaqué simultanément les positions allemandes entre Combles et Rancourt et les défenses accumulées par l’ennemi depuis ce dernier village jusqu’à la Somme.
Au nord-est de Combles, nous avons porté nos lignes jusqu’aux lisières sud de Frégicourt et conquis tout le terrain puissamment organisé compris entre ce hameau et la cote 140. Le village de Rancourt est également tombé en notre pouvoir.
A l’est de la route de Béthune, nous avons élargi nos positions sur une profondeur d’un kilomètre, depuis le chemin de Combles jusqu’à Bouchavesnes, pris d’assaut la hauteur au nord-est de ce village et atteint, au sud-est, la cote 130. Plus au sud, nous nous sommes emparés de plusieurs systèmes de tranchées aux abords du canal du Nord. Le chiffre des prisonniers valides déjà dénombrés dépasse 400.
Nos avions ont bombardé les gares de Ham, Hombleux, Manancourt et le terrain d’aviation de Vraignes.
Les Anglais ont progressé sur la rive gauche de la Strouma, au nord du lac Tahinos. Activité de notre artillerie du lac Doiran au Vardar. Dans la région du Brod, les troupes serbes ont abordé la crête frontière au nord de Kruzegrad. Au nord-est de Florina, nous avons enlevé les premières maisons de Petorak. A l’ouest de Florina, les Russes se sont emparés de la cote 916. Puis une contre-attaque bulgare a été repoussée.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Bouchavesnes

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Lundi 25 septembre 1916

Cardinal Luçon

Lundi 25 – Nuit tranquille, sauf gros canon français vers 9 h. le soir et dans le reste de la nuit de temps en temps. + 10° ; temps splendide. Service pour soldats à Bezannes ; allocution ; photographies à la sortie. 3 h. 1/2 très violent bombardement: 21 obus à éclatement dur, court et sec. Aujourd’hui des obus sont tombés rue du Barbâtre ; l’un d’eux en face du presbytère de Saint-Maurice, m’a raconté M. Mailfait qui a vu la fumée et s’est mis à l’abri dans une maison. Lettre à Mgr l’Archevêque de Montréal (Recueil, p. 49).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

bezannes


 

Lundi 25 septembre

Notre artillerie s’est montrée active au nord de la Somme. L’ennemi a faiblement réagi. Une attaque allemande lancée sur la ferme du bois Labé et sur nos positions, au sud, a été prise sous le feu violent de nos mitrailleuses et de nos canons. L’ennemi s’est dispersé avant d’avoir pu aborder nos lignes, laissant de nombreux cadavres sur le terrain.
Sur la rive droite de la Meuse, nous avons facilement repoussé plusieurs tentatives allemandes sur la côte du Poivre et au sud-est de Thiaumont.
Sept de nos avions ont lancé 46 obus de 120 et 4 de 150 sur les usines de la région de Rombach et de Thionville.
Le capitaine de Beauchamp et le lieutenant Daucourt, pilotant chacun un appareil, sont allés jeter 12 bombes sur les usines d’Essen (Westphalie). Ils sont rentrés indemnes à leur terrain d’atterrissage, après avoir accompli un raid de 800 kilomètres.
Un zeppelin a été chassé de la région de Calais sans qu’il ait pu jeter une bombe.
Une escadre de zeppelins a survolé la côte est de l’Angleterre: 2 d’entre eux ont été abattus, 28 personnes ont été tuées et 99 autres blessées par les bombes qu’avaient jetées les dirigeables.
Les Russes ont fait 1500 prisonniers sur le Stokhod.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 24 septembre 1916

Louis Guédet

Dimanche 24 septembre 1916

740ème et 738ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps splendide même fort chaud. Dimanche comme tous les autres forts tristes pour moi, si seul. Messe de 8h où l’on annonce que le Cardinal Luçon, comme tous les évêques et archevêques de France, prononcera un vœu national au pèlerinage de Lourdes. Travaillé ensuite et mis ma correspondance à jour. A 3h posté mon courrier rue de Vesle et poussé jusqu’au Pont-de-Muire pour tuer le temps. Vers 1h une demi-douzaine de bombes sont allées tomber au vélodrome. Les allemands tiraient sans doute sur la saucisse qui était vers ces parages. Rentré vers 5h, et là…  souffert, pleuré…  en songeant à tous mes aimés. Je souffre le martyr, si seul, si abandonné, et puis quand je songe à l’avenir de tout ces malheureux, femme et enfants, Jean qui va peut-être partir sur le front !!…  Je suis sans courage, sans force. Certainement je mourrai de chagrin, de douleur et de souffrances morales. Non, c’est trop long et trop pour les mêmes épaules, pour le même, toujours le même et les mêmes. Pauvres aimés.

7h1/4 soir  A six heures nos canons tonnaient vers Pommery, ne sachant que faire je sortis et je vis 3 pompiers se diriger vers les caves Pommery. Rencontré Elloire, adjudant pompier qui me dit que c’est au château de Polignac. Peu de chose. Oui, ils ont la chance que les pompiers de Paris soient là, tandis que moi, le 1er mars 1915, il n’y avait personne pour me secourir !! J’étais seul à lutter contre le fléau qui a détruit ma maison, mes meubles, mes archives !! Je suis sans logis !!!

Il manque les feuillets 366 à368, le suivant se résume à une demie-page, recopiée par son épouse Madeleine.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 24 – Nuit tranquille. Beau temps ; + 7°. Lecture de la Lettre Collective du Vœu. Retraite du mois. Visite du Vicomte de Montois (voir Cahier du Conseil mardi 26 septembre). Visite de M. Abelé pour son projet de Comité. 4 h. à 6 h. aéroplanes français, tir continuel contre eux. Bombes sifflantes (32 + 10 dit le Courrier du 26) tombent à Saint-Benoît, à la biscuiterie, près la chapelle provisoire actuelle du culte, et rue de Pontgivart en face du presbytère et de la maison vicariale. Une d’elles près des Caves Pommery a blessé gravement un soldat et fait exploser un dépôt de munitions. Il y a eu 450 obus qui ont éclaté, et autant d’avariés qui n’ont pas éclaté.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

saint-benoit


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Dimanche 24 septembre

Nos patrouilles, poussant jusqu’aux lisières sud du village de Combles, ont trouvé de nombreux cadavres d’Allemands. Elles ont fait 15 prisonniers.
Lutte d’artillerie assez vive dans la région de Bouchavesnes et dans le secteur Belloy-Berny. Pas d’action d’infanterie.
Dans les Vosges, l’ennemi a fait une tentative contre nos positions au sud du col de Sainte-Marie. Après un assez vif combat à la grenade, il a été rejeté dans ses tranchées.
Sur le front belge, combat à coup de bombes près de Boesinghe.
Au sud de l’Ancre, les Anglais ont réalisé une nouvelle avance à l’est de Courcelette. Ils se sont emparés d’un important système de tranchées ainsi que d’un certain nombre de prisonniers et ont avancé leurs lignes sur un front de 800 mètres.
Une attaque ennemie a été brisée avec fortes pertes à l’ouest de la ferme du Mouquet.
A l’est de Béthune, l’artillerie britannique a fait exploser un dépôt de munitions ennemi.
Les Russes ont refoulé une offensive allemande sur le Naroch.
Les Roumains ont progressé dans les Carpates septentrionales et infligé un nouvel échec en Dobroudja, sur le littoral, aux Germano-Bulgares.
Les Autrichiens ont fait trois vaines attaques sur le Carso.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 23 septembre 1916

Louis Guédet

Samedi 23 septembre 1916

742ème et 739ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps splendide d’automne. Vu pas mal de monde le matin et l’après-midi réunion des directeurs de la Caisse d’Épargne de Reims, nous étions 5 : M.M. Bataille, Allais (Émile Allais, notaire (1858-1931)), Payer (Alfred Payer, commissaire priseur (1847-1940)), Millet et moi. Rozey, notre Président nous écrivait pour nous demander si nous acceptions le projet d’attribution des remises (bonifications, primes) faites aux employés pour le dernier emprunt  5% 1915. Comme toujours les fuyards de Paris s’attribueraient la forte part. Nous avons protesté et demandé qu’aux trois employés restés ici sous les bombes on accorde une plus forte prime qu’à ceux de Paris, en raison des services exceptionnels rendus par ceux-ci, Beaudoin, Grandsart et Bonnet, et nous proposons que cette majoration soit prélevée sur les plus forts bénéficiaires de Paris.

Rentré ici, il m’a fallu repartir pour des donations entre époux urgentes rue du Mont d’Arène 7, en rentrant tenu jusqu’à 7h par la mère Fortelle (à vérifier) dont le mari vient de mourir, qui me revient comme cliente après l’avoir perdu par la faute de mon ancien principal clerc.

Reçu lettre de Barot pour Jean, il va comme commandant d’État-major du 6ème Corps, tâcher de faire verser ce pauvre grand au 61ème d’artillerie avec son frère Robert, ils seront enfin réunis les pauvres frères.

Écris à Rayer, mon confrère de Tours-sur-Marne qui était justement examinateur à Reims pour le concours d’aspirance que viennent de subir nos deux artilleurs. S’ils pouvaient avoir réussi et être ensemble à Fontainebleau, ce serait parfait. Je suis éreinté. Des bombes par salves de 3 d’un coup vers 11h. Des victimes vers Ste Clotilde et dégâts vers la rue de la Tirelire. A midi 1/4, au moment où je déjeunais, un 75 est venu tomber sans éclater dans le jardin de M. Floquet contigüe à celui d’ici. J’ai cru qu’il nous tombait sur le dos. Ce n’est plus le même sifflement que celui du 77 allemand et autres. Les nouvelles en général paraissent bonnes. Verrons-nous enfin notre délivrance avant fin octobre ? Que Dieu le veuille. Car je suis bien las.

Notes manuscrites annexes joints, au verso de 2 bulletins imprimés au recto de la liste suivante :

Élections à la Commission Supérieure des Caisses d’Épargne du mercredi 25 juin 1913

le Baron CERISE, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Paris ;

PERRIN, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Lyon ;

DERIVAUD, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Bordeaux ;

Paul ROZEY, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Reims ;

Rambert COUPRIE, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Villefranche-sur-Saône ;

BOMMART, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Douai ;

Lucien CORNET, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Sens ;

Joseph FABRE, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Toulouse.

Au verso, le texte manuscrit :

Le Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Reims, siégeant à Reims au siège central le 23 septembre 1916 à 2h après-midi.

Après avoir pris connaissance de la lettre de M. Rozey du 15 et le projet du tableau de répartition des remises faites aux employés de la Caisse d’Épargne de Reims pour l’emprunt 1915 5%.

Considérant qu’il n’a pas été pris suffisamment en considération les services exceptionnels rendus à Reims par les employés de la Caisse Centrale  dans des circonstances particulières connues de tous, et ainsi qu’il y a lieu d’accorder à ceux-ci une somme supérieure dont l’émolument pourrait être prélevé sur les parts des employés de la succursale de Paris les plus avantagés et qu’en outre il paraitrait ainsi plus équitable que chacun des employés de la Caisse Centrale à Reims touchent une somme égale sans qu’elle soit inférieure à celle déjà accordée à eux. Nous allons déjà en principe vers un quorum d’ensemble.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 septembre 1916 – Bombardement au cours de la matinée, alors que M. Doumer et quelques autres personnalités, de passage aujourd’hui, se trouvent avec le maire, M. Em. Charbonneaux et M. Raïssac, dans le cabinet de l’administration municipale.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 23 – Nuit tranquille. Beau temps. 9 h. bombes sifflent, sur les batteries probablement, mais non sur la ville. Avions français : tir contre eux. A 11 h. bombes sifflantes (sur quoi ?). Une d’elles démolit le dispensaire de la chapelle de Clairmarais, laquelle n’a pas de mal. La Croix publie prématurément la Lettre Collective du Vœu d’un Pèlerinage National à Lourdes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Photographie de Louis Corré, collection Gérard Corré son petit-fils


Samedi 23 septembre

Au nord de la Somme, les Allemands ont lancé une forte attaque sur nos nouvelles positions, entre la ferme Le Priez et Rancourt. Elle a été arrêtée net par nos tirs de barrage. L’ennemi a subi des pertes sérieuses. Nous avons réalisé deux opérations de détail. Aux abords de Combles, une de nos compagnies s’est emparée, par un coup de main brillamment exécuté, d’une maison isolée organisée défensivement par l’ennemi et y a fait prisonniers une centaine d’Allemands dont 3 officiers. Plus à l’est, nous avons enlevé plusieurs éléments de tranchées et fait 40 prisonniers. Une tentative ennemie a été arrêtée dès l’origine, au sud de Rancourt.
Le chiffre total des prisonniers faits sur la Somme par les troupes franco-britanniques, depuis le 1er juillet jusqu’au 18 septembre, dépasse 55.800, dont 34.050 ont été pris par les troupes françaises.
Un de nos avions a bombardé les hangars d’aviation d’Habshem.
Un de nos pilotes a abattu un avion ennemi entre Combles et Morval.
Lutte d’artillerie sur le front de la Strouma.
Entre Vardar et Cerna, échec bulgare à Glovosk ; dans la région du Brod, les Serbes sont arrivés près de Verbeni, en faisant 100 prisonniers. Au nord de Florina, l’ennemi a été repoussé. Nos troupes ont progressé.
Les Roumains ont fait 140 prisonniers en Transylvanie. En Dobroudja, l’ennemi se fortifie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 22 septembre 1916

Louis Guédet

Vendredi 22 septembre 1916

741ème et 739ème jours de bataille et de bombardement

Midi  Temps magnifique, il a gelé blanc ce matin. Aussi sommes nous gratifiés d’un bombardement de 10h à 11h1/2 un peu partout, il y a des victimes. J’étais à l’Hôtel de Ville pour mes procès de simple police. Je suis rentré quand même et malgré les obus qui sifflaient au-dessus de la tête.

6h1/2 soir  Été à Bezannes pour terminer mon inventaire Guillot – Vernier (à vérifier). Rentré à 5h. Ensuite fait courses et rentré.

Des éclats du bombardement de ce matin sont tombés ici sur la toiture : peu de choses.

Quantité de procès pour la simple police, plus arbitraires les uns que les autres. C’est la course aux abus de pouvoir suscités par le fameux Capitaine Girardot ! Mobilisés à embêter la population sérieuse, mais ne réagissant pas sur des affaires comme Pocquet, ils préfèrent laisser ces risques à nos malheureux agents ! Quels tristes sires.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

22 septembre 1916 – Bombardement dans la matinée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 22 – Nuit tranquille. Projections. Quelques coups de fusil. + 7°. 10 h. à 11 h. 1/2 bombardement violent. Environ 30 obus, bombe blesse la Supérieure de l’Assomption fermant les persiennes, rue du Jard. Une bombe chez les sœurs de l’Espérance. On dit que rue Flechambault 4 soldats ont été tués, dit M. Maitrehut et un civil père de 4 enfants. Plusieurs blessés. Visite à l’Assomption, à l’Espérance, à la Visitation. Reçu visite du Colonel du 403e. Via Crucis in cath.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

flechambault


Vendredi 22 septembre

Le mauvais temps a gêné les opérations sur les deux rives de la Somme.
En Argonne, une attaque ennemie, déclenchée sur nos positions du Four-de-Paris, à la suite de l’explosion d’une mine, a échoué sous nos tirs de barrage.
Sur la rive droite de la Meuse, nos troupes ont exécuté deux opérations qui ont brillamment réussi. Au sud-est de l’ouvrage de Thiaumont, nous avons enlevé plusieurs éléments de tranchée, capturé plus de 100 prisonniers, dont 2 officiers et pris 2 mitrailleuses. Dans la partie est du bois de Vaux-Chapitre, nous avons poussé notre ligne d’une centaine de mètres en avant.
Un avion allemand a été abattu près de Péronne.
Les Serbes ont repoussé une contre-attaque bulgare au Kaimakçalan et une autre à Bousnica. A l’aile gauche, nos troupes ont progressé jusqu’aux abords de la cote 1550. Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers.
Les Roumains, après cinq jours de combat, ont infligé un échec signalé aux Bulgaro-turco-Allemands en Dobroudja.
La Grèce réclame de l’Allemagne la restitution des troupes hellènes qui se sont rendues aux Bulgares à Cavalla.
Les Russes ont fait en Galicie un millier de prisonniers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 21 septembre 1916

Louis Guédet

Jeudi 21 septembre 1916

740ème et 738ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Assez beau temps couvert, nuageux, froid, un vrai temps de novembre. Le calme. Un peu de soleil le matin. Travaillé le matin et l’après-midi, audience de justice de Paix pour les conciliations en matière de réquisitions militaires. Arrivé à 2h, sorti à 5h1/2 du soir. J’étais fort fatigué. Payen en avait aussi assez, et de plus nous étions gelés dans mon cabinet du Tribunal, avec toutes les fenêtres veuves de vitres et de toiles !! Fait quelques courses et rentré. Causé avec Helluy du Courrier de la Champagne. Il est aussi outré des abus de pouvoir commis par les Gendarmes de la Prévôté sur l’instigation du Capitaine de Gendarmerie Girardot. Tout le monde s’en plaint, cela finira mal.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 21 – Nuit tranquille. Projections. A 8 h. légales, 7 h. vraies, + 9°. Visite au Fourneau Économique de la rue Fery et à l’infirmerie militaire attenante. Visite au Fourneau des Moulins-Brûlés, et à Mlle Autrat propriétaire, dont la maison a reçu une bombe incendiaire il y a quelques jours. Visite de M. Maurice Barrés et Edmond Josse.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Maurice Barrès

Photographie : Wikepédia


Jeudi 21 septembre

Au nord de la Somme, les Allemands ont tenté un violent effort pour nous déloger des positions que nous avions conquises. La bataille a duré toute la journée. Plusieurs vagues d’assaut ennemies se sont précipitées contre nos lignes sur un front de 5 kilomètres, après de violentes préparations d’artillerie. Nos troupes ont résisté magnifiquement en conservant intégralement le terrain occupé.
C’est surtout aux abords de la ferme Le Priez et près de Bouchavesnes que la lutte a été acharnée. Les Allemands ont laissé le terrain couvert de cadavres. Une contre-attaque irrésistible de nos soldats a chassé l’ennemi de la partie nord-est du village de Bouchavesnes où il avait réussi à prendre pied. 50 prisonniers sont restés entre nos mains. Les prisonniers avouent que les Allemands ont fait des pertes énormes.
Les Anglais ont, de même, repoussé au sud de l’Ancre de vigoureuses contre-attaques. Ils ont détruit deux emplacements de canons et opéré un coup de main heureux au sud d’Arras.
Les Italiens ont brisé victorieusement une série de tentatives autrichiennes.
Les Serbes ont occupé en Macédoine la crête la plus haute de Kaimakçalan, à 2655 mètres d’altitude.
Les Roumains ont cessé leur retraite sur le Streihu et infligé un échec à Mackenzen en Dobroudja.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 20 septembre 1916

Louis Guedet

Mercredi 20 septembre 1916

739ème et 737ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps de pluie maussade. Un peu de canon hier soir (10 minutes) Allocations militaires ce matin. Rien de saillant. Quelques demandes absurdes comme toujours. Vu au commissariat central mes procès en simple police pour examiner 2 cas d’arbitraire et de force brutale des Gendarmes de la Prévôté qui recommencent sans doute à vouloir nous molester…  Un cocher (Hentz) conduisant une femme et ses enfants à Cormontreuil est arrêté par un Gendarme de la Prévôté, rue Ledru-Rollin, devant l’église Sainte-Clotilde. Il demande leurs passeports à la femme et au cocher ; ce dernier dit qu’il va bien conduire sa cliente à Cormontreuil, mais qu’il n’a pas de laissez-passer pour aller à cette localité. Devant l’observation du Gendarme qui prétend (étant encore sur le territoire de Reims) qu’il est en contravention et qu’il lui dresse un procès-verbal (sur Reims, et non sur Cormontreuil) ! Le cocher débarque sa cliente et retourne en Ville ! Ainsi voilà un gendarme qui a fait un procès à un homme qui se disposait à commettre une infraction (soit), mais ne l’a pas perpétrée ! Ce serait grotesque si ce n’était odieux.

Même aventure est arrivée au Docteur Simon qui, appelé à Tinqueux pour un cas urgent de malade, est arrêté au Pont de Muire par le même gendarme qui lui demande son laissez-passer. Le Docteur lui répond qu’appelé d’urgence pour sa profession, il n’a pas eu le temps de faire renouveler son passeport expiré de la veille. Sur l’observation du gendarme il déclare retourner chez lui et renoncer à secourir sa malade. Le Gendarme dresse quand même un procès-verbal « pour usage de laissez-passer périmé !! » Où et quand !! et il a la naïveté de consigner dans son procès la déclaration du Docteur Simon qu’il renonce à aller à Tinqueux !

Pour ces brutes les intensions sont prises pour des faits accomplis !!! C’est honteux. J’ai déclaré au Commissariat Central que s’il n’obtenait pas une sanction du major de la Place contre de tels abus provoqués par les Capitaines de Gendarmerie Girardot et Théobald, j’en réfèrerais au Ministère de la Guerre. Il faut que cela finisse.

Que ces brutes aillent dans les tranchées, cela vaudrait mieux !…  et qu’ils laissent la Paix à notre malheureuse population.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 20 – + 7°. Nuit tranquille. Allocution à la Messe des soldats du 403e (1), Chapelle de l’École Professionnelle S.J.B. de la Salle. Visite de M. l’abbé Saunier. Visite de M. de Gailhard Baucel et du Colonel de Halgouet.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Les régiments d’Infanterie de la série des « 400 » sont des régiments créés pendant la guerre et qui n’eurent qu’une existence éphémère

sjb-de-la-salle


Mercredi 20 septembre

Le mauvais temps a gêné les opérations sur la plus grande partie du front de la Somme. Rien à signaler en dehors d’une assez grande activité d’artillerie sur les deux rives de la Somme et sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur Fleury-Vaux-Chapitre.
Sur le front belge, grande activité d’artillerie. Les pièces belges ont pris violemment à partie les pièces de l’adversaire.
Sur le front britannique, la situation générale est demeurée sans changement. Activité d’artillerie au sud de l’Ancre. Une attaque allemande sur les tranchées à l’est de Martinpuich a été aisément repoussée. Un ballon allemand a été abattu à l’est de Ransart. Un dépôt de munitions allemand a explosé sous le feu anglais.
Les Russes livrent d’âpres combats sur la Zlota-Lipa.
Les Roumains ont dû reculer quelque peu devant des forces supérieures dans la vallée du Strechu (Transylvanie). Ils ont refoulé, dans la Dobroudja, deux attaques des troupes de Mackensen.
La progression franco-russo-anglo-italo-serbe s’accentue sur le front de Macédoine.
La garnison de Volo s’est révoltée et a opté pour le comité de défense nationale de Salonique.
Combats d’artillerie sur tout le front italien.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 19 septembre 1916

Louis Guédet

Mardi 19 septembre 1916

738ème et 736ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Tempête toute la nuit et canon. Tout s’en mêlait. Beau temps à partir de midi. Rien de saillant. Travaillé toute la journée à mettre au compte courant valeurs et coupons que j’ai fait revenir de mon coffre d’Épernay (Banque de France). C’est un vrai travail fatiguant. Reçu lettre de ma pauvre femme qui se tourmente de n’avoir pas de nouvelles de Jean qui n’a pas donné signe de vie depuis sa permission. Pas un bruit de la journée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 19 – Nuit tranquille. + 9°. Journée tranquille. A 3 h. Via Crucis in cathedrali de tout le Clergé de la ville (anniversaire incendie). Allocution aux prêtres de la Cathédrale, au nombre de 40 environ.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 19 septembre

Au nord de la Somme, nous avons pris un nœud de tranchées ennemies à 200 mètres au sud de Combles. Nous avons capturé 50 prisonniers, dont 2 officiers.
Au sud de la Somme, le combat s’est poursuivi avec acharnement dans Deniécourt. Notre infanterie a enlevé le village et a poussé jusqu’aux environs d’Ablaincourt. Des opérations simultanées nous ont permis d’enlever une tranchée à l’ouest d’Horgny, de chasser l’ennemi de trois petits bois et d’occuper plusieurs tranchées au sud-ouest de Deniécourt. Le chiffre des prisonniers faits les 17 et 18 dépasse 1600, dont 25 officiers.
Activité des deux artilleries en Champagne, à l’ouest de la route de Souain à Somme-Py.
Nous avons pris une tranchée sur les pentes sud du Mort-Homme (rive gauche de la Meuse).
Le chiffre des prisonniers faits par les Anglais sur la Somme atteint à près de 5000.
Les troupes serbes ont repoussé des assauts bulgares à l’est de la Cerna. Les Bulgares ont subi ici de fortes pertes. Plus à l’ouest, les Serbes ont enlevé la première ligne bulgare sur le Kaimackalan. Au nord-ouest du lac d’Ostrovo, ils ont continué à passer le Brod. Les troupes franco-russes ont pris d’assaut Florina, malgré la résistance désespérée de l’ennemi. Celui-ci se replie en désordre vers Monastir.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Ostrovo

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Lundi 18 septembre 1916

Louis Guédet

Lundi 18 septembre 1916

737ème et 735ème jours de bataille et de bombardement

5h1/4 soir  Pluie la nuit et tempête de pluie et de vent allant en s’accentuant durant cette journée-ci. Aussi journée triste et monotone, enfermé dans ma chambre comme un prisonnier, toutes fenêtres fermées, et comme elles sont sans vitres et que du papier ou du calicot me servent de verre, je ne vois rien du dehors. Je suis enfermé comme un détenu. Quand je pense que peut-être je serais obligé de passer un hiver comme cela ! J’en frissonne d’avance. De plus sortir par les rues par ce vent et cette pluie, au risque de recevoir un tas de débris de nos ruines sur la tête. C’est tellement lugubre qu’il me prend à certains coins déserts d’avoir peur ! Martyr et souffrance, voilà ma vie. Travaillé un peu, mais je n’ai de goût à rien.

7h1/2 soir  Les nouvelles sont bonnes de la Somme, on parle aussi d’une attaque (20 divisions anglaises) vers Armentières sur Lille pour prendre à revers les Allemands qui sont accrochés devant la Somme. Si seulement c’était vrai et que…  cela nous délivre ici. La tempête de vent et de pluie augmente de plus en plus. C’est extraordinaire comme tout cet été nous avons eu de ces tempêtes.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 18 – + 10°. Nuit tranquille ; pluie toute la nuit et toute la journée. Visite de M. et Mme Legrand-Givelet de Cormontreuil. Visite de M. Eloire.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

cormontreuil


Lundi 18 septembre

Au nord de la Somme notre artillerie a vigoureusement opéré.
Au sud de la rivière, nos troupes ont remporté de sérieux avantages. Elles ont conquis les villages de Vermandovillers et de Berny, dont nous ne tenions qu’une partie. Tout le terrain compris entre Vermandovillers et Deniécourt, d’une part, et entre Deniécourt et Berny, d’autre part, défendu par plusieurs systèmes de tranchées fortement organisées, est tombé en notre pouvoir après une lutte acharnée. Entre Berny et Barleux, nous avons enlevé un certain nombre de tranchées. Toutes les contre-attaques tentées par l’ennemi en fin de soirée ont été brisées par notre canon et ont valu de fortes pertes a l’ennemi. 700 prisonniers valides, dont 15 officiers, ont été dénombrés.
Les Belges ont abattu un observatoire ennemi à Dixmude.
L’armée anglaise a fait 1700 prisonniers au nord de la Somme, dont 51 officiers.
Les Italiens ont remporté un nouveau succès sur le Carso; 800 prisonniers sont venus s’ajouter à leur butin des journées précédentes.
Les Roumains ont pris quatre nouvelles villes transylviennes, dont Fogaras. Ils ont capturé 900 hommes et 10 officiers.
La progression serbe et la progression franco-russe s’accentuent autour de Florina. Il se confirme que les Bulgares en déroute ont subi de très lourdes pertes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 17 septembre 1916

Louis Guédet

Dimanche 17 septembre 1916

736ème et 734ème jours de bataille et de bombardement

6h10 soir  Beau temps froid. Messe 7h. Travaillé. Été à Ormes à 2h, peu de choses à faire, une déclaration de succession. J’y verrai quand j’aurai les renseignements. Causé avec M. Pistat de choses et d’autres. Ormes est bondé de troupes au repos. Rentré à 4h1/2. Voilà mon dimanche ainsi passé. Quelle triste vie. Le calme. Quelques avions (évolution du langage, il ne parle plus d’aéroplanes comme en 1914, mais d’avions) en ce moment. Tout cela devient bien lourd à supporter.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 17 – Nuit tranquille. Visite et confirmation par Mgr Neveux à Faverolles ; par moi à Ville-en-Tardenois. Reçu visite du Général Hello (1) (sic) et du Capitaine de Vaucelles. Vu M. Combin décoré Croix de guerre. M. de Dartein, aumônier militaire.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Le général Hellot est l’auteur d’une importante histoire de la Grande Guerre

faverolle


Photo Louis Corré, collection Gérard Corré

Photo Louis Corré, collection Gérard Corré

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Dimanche 17 septembre

Au nord de la Somme, nous avons réalisé quelques progrès au nord de Bouchavesnes et enlevé une tranchée au nord-est de Berny.
Des attaques allemandes ont été repoussées à l’est de Cléry et au sud de la Somme, à l’est de Berny. Le chiffre total des prisonniers valides capturés par nous est de 400.
Les Anglais, au cours de la brillante opération qu’ils ont accomplie au nord de la Somme, ont fait au total 2550 prisonniers. Ils ont repoussé deux nouvelles contre-attaques. Leurs positions s’étendent à 500 mètres au nord du bois des Foureaux et comprennent la totalité des localités de Courcelette, Martinpuich et Flers. Sur le reste du front, ils ont opéré de nombreux coups de main et ont pénétré sur plusieurs points dans les tranchées allemandes, infligeant des pertes à l’ennemi et ramenant des prisonniers.
Les Serbes ont continué à poursuivre les Bulgares au nord-est de Florina et dans la direction de Monastir. Les troupes franco-russes progressent de leur côté dans la région de Florina. Les Anglais avancent, à l’aile droite, sur la Strouma.
M. Calogeropoulos a constitué le cabinet grec.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 16 septembre 1916

Louis Guédet

Samedi 16 septembre 1916

735ème et 733ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps et beau soleil d’automne. Le calme, pas un coup de canon des nôtres, quelques shrapnells. Travaillé toute la matinée, sorti un peu le soir, rien appris. Je suis obligé d’aller demain à Ormes pour causer avec des clients Pistat-Lebourcq, pour une donation d’ascendant. Charles Heidsieck est venu me voir vers 2h, causé longuement de nos enfants, il avait de bonnes nouvelles de Georges qui est dans la Somme jusqu’au 7 courant. Pas de nouvelles depuis.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 16 – Nuit tranquille. + 10°. Expédition Lettre Collective.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Cordelier-Cuville copie


Samedi 16 septembre

Au nord de la Somme, nos troupes ont réalisé une avance au nord de la ferme Le Priez où nous avons enlevé un système de tranchées sur une profondeur de 500 mètres.
Vifs combats à l’est de la route de Béthune et au nord de Bouchavesnes; nous avons élargi nos positions.
Au sud de la Somme, deux attaques dans le secteur Deniécourt-Berny nous ont valu de sensibles avantages. Plusieurs tranchées ont été conquises: nous avons fait 200 prisonniers et capturé 10 mitrailleuses.
Lutte d’artillerie sur la rive droite de la Meuse.
Les troupes britanniques ont remporté un brillant succès. Elles ont pris, sur un front de 1000 mètres, des tranchées ennemies au sud-est de Thiepval. Elles ont attaqué sur un front de 10 kilomètres, entre le bois des Bouleaux et le nord de la route Albert-Bapaume, avançant jusqu’à 3 kilomètres sur certains points.
Les Italiens ont fait 2117 prisonniers sur le Carso, au sud-est de Gorizia.
Les Serbes ont progressé largement en Macédoine, près du lac d’Ostrovo, prenant 25 canons et forçant les Bulgares à reculer de 15 kilomètres. Les troupes franco-russes ont remporté des avantages entre Strouma et Vardar, tandis que les Anglais s’emparaient de plusieurs positions à l’est de la Strouma.
Les Russo-Roumains ont reculé vers le nord en Dobroudja.
Le cabinet grec n’est pas encore formé, M. Dimitracopoulo ayant résillé le mandat qui lui avait été confié.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Vendredi 15 septembre 1916

Louis Guédet

Vendredi 15 septembre 1916

734ème et 732ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Beau temps se refroidissant sur le soir pour toute la nuit et la matinée, beau temps d’automne. Audience civile ce matin, peu d’affaires, une entre un caviste et Creté, Juge au Tribunal pour 16,50 !!! Est-ce qu’un juge devrait s’abaisser à se laisser appeler en conciliation pour une si minime somme !! non vraiment, c’est grotesque !!

Occupé toute l’après-midi, répondu à une demande de renseignements transmise par le Parquet Général, formulée par un allemand héritier dans la succession L. de Bary. Ce que je l’envoie promener d’une façon cinglante. Ces gens-là n’ont pas de moralité ni de sens moral. Toujours ma vie pénible, traînante.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

15 septembre 1916 – Plusieurs aéros boches passent à midi 15 et jettent seize bombes incendiaires en ville.

Il y a des commencements d’incendie ; on signale en outre des blessés dont deux atteints grièvement place Museux ; ailleurs encore, un jeune homme d’une quinzaine d’années, meurt de ses blessures.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 15 – Nuit tranquille. + 9°. A 10 h. du matin, aéroplane français, violent tir contre eux. Vers 11 h. 1/2 des aéroplanes allemands jettent 14 bombes toutes incendiaires, dont une Place Royale, éteinte ; une sur la poste près Porte-Paris qui incendie la maison, 1 rue… qui tue un homme et blesse un certain nombre de personnes. Via Crucis in cathédrali. Tirage de la Lettre collective. Pluie nuit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

place-royale


Vendredi 15 septembre

Au nord de la Somme, après avoir repoussé plusieurs attaques allemandes à l’extrémité méridionale de la croupe 76, nous avons élargi nos positions en face de Combles et pris d’assaut, au sud-est de cette localité, la ferme Le Priez, organisée en point d’appui par l’ennemi. De violents combats ont eu lieu au nord et au sud de Bouchavesnes. Nous avons maintenu tous nos gains.
Au sud de la Somme, plusieurs tentatives allemandes ont échoué sur notre nouveau front. A l’ouest de Chaulnes, un détachement ennemi évalué à une compagnie a été presque complètement anéanti par notre feu; nous avons progressé à la grenade à l’est de Belloy-en-Santerre.
Sur la rive droite de la Meuse, deux attaques allemandes sur nos nouvelles positions du bois de Vaux-Chapitre ont été brisées.
Activité d’artillerie sur le front britannique, au sud de l’Ancre, entre Arras et Ypres.
En Macédoine, canonnade entre Strouma et Vardar. A l’ouest du Vardar, progrès des troupes serbes près de Vetrenik, comme dans la région du lac d’Ostrovo.
Les Roumains signalent de violents combats sur le front de Dobroudja, leurs progrès continuent sur leurs fronts nord et ouest.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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