Louis Guédet

Samedi 1er juillet 1916

658ème et 656ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  …La nuit dernière vers 10h35 une canonnade furieuse éclatât vers les Caves Pommery pendant 20 mn (10h55). Je me mis en mesure de descendre au cas où la riposte viendrait. J’attendis jusqu’à 11h1/2, puis je me couchais. La nuit s’est terminée dans un calme relatif. Ce matin des avions, de la canonnade, une bombe d’aéro chez Metzger mon boulanger au coin de la rue des Capucins et de la rue Libergier, au n°34 (Une boulangerie existe toujours à cet emplacement). Peu de dégâts. Après-midi assez calme, été au greffe civil, vu Dupont-Nouvion, toujours onctueux et fielleux. Causé de Racine, il ne m’a rien appris que je ne susse. Rentré chez moi pour causer avec Dondaine qui doit représenter Choubry mardi matin dans son affaire de faux passeport.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 1er – + 18°. Deux fusiliers marins sont tués par obus allemands place St-Remi. Pas dit messe. Écrit à M. de Lamarzelle(1) pour demander si lettre serait utile.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Gustave de Lamarzelle, Boulangiste, il fut un ardent défenseur de l’enseignement libre. Il a aussi été avocat, professeur à la Faculté de droit de l’Institut catholique et président de la conférence Molé-Tocqueville.
Source : Wikipedia

Nicaise5 - Copie

Photo Gallica.bnf.fr

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Samedi 1er juillet

En Belgique, à la suite d’une préparation d’artillerie, les Allemands ont attaqué un saillant de notre ligne aux abords de la route de Nieuport à Lombaertzyde. Notre contre-attaque, aussitôt déclenchée, les a rejetés d’un élément de tranchée où ils avaient pris pied.
Entre Chaumes et Roye, une forte reconnaissance allemande, prise sous notre feu, a été dispersée avant qu’elle ait pu aborder nos tranchées. Entre Oise et Aisne, deux autres patrouilles ont subi le même sort, devant Quennevières et au nord de Vingré.
En Champagne, une petite attaque ennemie à la grenade, sur nos postes avancés à l’ouest de la butte du Mesnil a été aisément repoussée.
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont multiplié leurs actions offensives sur nos positions, depuis le bois d’Avocourt jusqu’à l’est de la cote 304. Entre le bois d’Avocourt et la cote 304, toutes leurs tentatives ont été brisées. A l’est de la cote, ils auraient réussi à s’emparer d’un ouvrage fortifié de notre première ligne, mais ils en ont été délogés ensuite.
Sur la rive droite, après une série d’attaques et de contre-attaques de la part de l’ennemi, nous nous sommes rendus totalement maîtres de l’ouvrage de Thiaumont.
Les Russes ont pris Kolomea et fait 10000 prisonniers.
Les Italiens, avançant sur tout le front, ont capturé 1400 Austro-Hongrois.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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