• Monthly Archives: juillet 2016

Dimanche 2 juillet 1916

Louis Guédet

Dimanche 2 juillet 1916

659ème et 657ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2  Le canon toute la nuit. Temps magnifique et chaud. Été à la messe de 7h. Travaillé, répondu à mon courrier. Passé mon après-midi à prendre connaissance de mes procès-verbaux de simple police.

Le haut de la page suivante a été découpé.

…trop rude.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 2 juillet 1916

Après une journée passée dans le calme, des sifflements commencent à se faire entendre à 18 h 1/2, alors que je rentre de ma promenade quasi-hebdomadaire rue du Jard.

Assez espacés pendant une heure, ils finissent par se succéder rapidement. De 19 h 1/2 à 20 h, le bombardement est devenu violent ; par instants, je compte de six à huit très fortes explosions d’arrivées à la minute. Les obus tombent dru au Port-Sec, vers la rue Hurtaut, aux casernes Neufchâtel, autour de la ferme Prévôt, avenue de Laon et dans le haut de la rue Lesage.

Le voisinage de la place Amélie-Doublié est visiblement sur le qui-vive. Du rez-de-chaussée du n° 2, où ses quelques habitants sont réunis, attendant les événements, nous apercevons des voisins de la rue Docteur-Thomas sur les portes, attentifs, prêts à rentrer pour s’abriter ; nous distinguons quelques gens aux écoutes, derrière leurs fenêtres comme nous, assez inquiets sur ce qui pourrait venir et s’appliquant surtout à se rendre compte si les sifflements rapprochent.

La tranquillité revient à 20 heures et nous passons ensuite une très bonne nuit.

A l’encontre de beaucoup d’autres, cette séance de bombardement était en quelque sorte attendue et n’a surpris personne, nos pièces ayant tiré environ 4 500 coups de canon avant-hier, vendredi 30 juin.

On apprend, aujourd’hui, les premiers résultats de l’offensive dans la Somme.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

lesage


Cardinal Luçon

Dimanche 2 – + 15°. Nuit comme à l’ordinaire : de temps à autre, gros coups de canon. De 6 à 7 h. soir bombes sifflantes sur les faubourgs de Laon. Vers 3 h. 1/2, heure légale, conversation entre batteries sur un ton très élevé. Vers 2 h. nuit, violent combat d’artillerie.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 2 juillet

L‘offensive, après le violent bombardement des jours précédents, a été prise sur un front de 40 kilomètres par les troupes françaises et anglaises en jonction. Les alliés se sont emparés de la première ligne ennemie en faisant un grand nombre de prisonniers.
Au nord de la Somme, nous nous sommes établis aux abords du village de Hardecourt et aux lisières du village de Curlu où le combat continue.
Au sud de la Somme, les villages de Dompierre, Pecquincourt, Boussu, Fay, sont tombés entre nos mains. Nous avons capturé – indépendamment des captures anglaises – 3500 Allemands non blessés.
Quatre attaques allemandes ont échoué sur la rive gauche de la Meuse.
Sur la rive droite, après avoir reperdu l’ouvrage de Thiaumont, nous l’avons repris.
Nos avions ont bombardé les gares de Nesle et Roye, une fabrique de munitions près de Noyon. Un fokker a été abattu dans la forêt de Bezanges.
Les Allemands, exécutant leurs menaces, ont commencé à restreindre leurs importations en Suisse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Samedi 1e juillet 1916

Louis Guédet

Samedi 1er juillet 1916

658ème et 656ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  …La nuit dernière vers 10h35 une canonnade furieuse éclatât vers les Caves Pommery pendant 20 mn (10h55). Je me mis en mesure de descendre au cas où la riposte viendrait. J’attendis jusqu’à 11h1/2, puis je me couchais. La nuit s’est terminée dans un calme relatif. Ce matin des avions, de la canonnade, une bombe d’aéro chez Metzger mon boulanger au coin de la rue des Capucins et de la rue Libergier, au n°34 (Une boulangerie existe toujours à cet emplacement). Peu de dégâts. Après-midi assez calme, été au greffe civil, vu Dupont-Nouvion, toujours onctueux et fielleux. Causé de Racine, il ne m’a rien appris que je ne susse. Rentré chez moi pour causer avec Dondaine qui doit représenter Choubry mardi matin dans son affaire de faux passeport.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 1er – + 18°. Deux fusiliers marins sont tués par obus allemands place St-Remi. Pas dit messe. Écrit à M. de Lamarzelle(1) pour demander si lettre serait utile.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Gustave de Lamarzelle, Boulangiste, il fut un ardent défenseur de l’enseignement libre. Il a aussi été avocat, professeur à la Faculté de droit de l’Institut catholique et président de la conférence Molé-Tocqueville.
Source : Wikipedia

Nicaise5 - Copie

Photo Gallica.bnf.fr

418_001


Samedi 1er juillet

En Belgique, à la suite d’une préparation d’artillerie, les Allemands ont attaqué un saillant de notre ligne aux abords de la route de Nieuport à Lombaertzyde. Notre contre-attaque, aussitôt déclenchée, les a rejetés d’un élément de tranchée où ils avaient pris pied.
Entre Chaumes et Roye, une forte reconnaissance allemande, prise sous notre feu, a été dispersée avant qu’elle ait pu aborder nos tranchées. Entre Oise et Aisne, deux autres patrouilles ont subi le même sort, devant Quennevières et au nord de Vingré.
En Champagne, une petite attaque ennemie à la grenade, sur nos postes avancés à l’ouest de la butte du Mesnil a été aisément repoussée.
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont multiplié leurs actions offensives sur nos positions, depuis le bois d’Avocourt jusqu’à l’est de la cote 304. Entre le bois d’Avocourt et la cote 304, toutes leurs tentatives ont été brisées. A l’est de la cote, ils auraient réussi à s’emparer d’un ouvrage fortifié de notre première ligne, mais ils en ont été délogés ensuite.
Sur la rive droite, après une série d’attaques et de contre-attaques de la part de l’ennemi, nous nous sommes rendus totalement maîtres de l’ouvrage de Thiaumont.
Les Russes ont pris Kolomea et fait 10000 prisonniers.
Les Italiens, avançant sur tout le front, ont capturé 1400 Austro-Hongrois.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button