Louis Guédet

Lundi 19 juin 1916

646ème et 644ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Temps froid brumeux qui finit par une lourdeur d’orage. Rien de saillant. Été ce matin ouvrir un coffre chez Laloux (à vérifier) agent de change, fait des courses.

L’après-midi été aux Galeries Rémoises prendre des nouvelles de Marcel Lorin, dont le régiment (le 291ème) a été écharpé à Verdun. Toujours pas de nouvelles. Pauvre garçon, pourvu qu’il ne soit que prisonnier, ou blessé. Voilà ma journée, peu intéressante. Après une journée comme celle-là, on est bien las !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 19 – + 7°. Nuit tranquille ; journée tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 19 juin

Au sud de la Somme, une forte reconnaissance ennemie, dirigée sur nos tranchées devant Fay, a dû se retirer en nous laissant des prisonniers.
En Argonne, combat assez vif à la grenade dans la région de Vauquois. Le tir de notre artillerie a allumé un incendie dans la gare de Challerange, où des mouvements de trains étaient signalés.
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands, après un bombardement d’une extrême violence, ont attaqué à plusieurs reprises nos nouvelles positions du Mort-Homme. Bien qu’ils aient fait usage de jets de liquides enflammés, ils ont été repoussés avec des pertes sérieuses. Nous avons maintenu tous nos gains.
Sur la rive droite, les attaques ennemies au nord de l’ouvrage de Thiaumont, ont subi un sanglant échec. Un peu plus à l’est, nous avons repoussé une attaque à la grenade. Lutte d’artillerie dans le secteur de Souville.
Dans les Vosges, nous arrêtons une troupe allemande au sud-ouest de Carspach.
Nous abattons des avions ennemis près de Malancourt, près de Samogneux à Fresnes, à Septsarges près de Béthincourt. Deux fokkers ont été détruits près de Bezanges. Nous avons bombardé par avions la gare de Semide (Ardennes), les usines de Thionville, les établissements de Tergnier et d’Etain.
Les Allemands ont jeté des obus par air sur Pont-à-Mousson, Baccarat et Nancy. Bar-le-Duc a aussi reçu des bombes.
Les Russes ont occupé Czernowitz, où ils ont pris 1000 hommes à la tête du pont du Pruth. Sur le Styr, leurs prisonniers atteignent à 70.000.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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