Louis Guédet

Mardi 30 mai 1916

626ème et 624ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps de brume, de pluie, de brouillard froid. Toute l’après-midi couru par les rues pour voir à un meuble à transporter avec le déménageur Rondeau, 16, rue Caqué, succession Merlet (à vérifier), de là vu le Président pour l’ouverture du coffre-fort de M. Grenier, juge, commandant de chasseurs alpins, qui vient d’être tué par une bombe d’aéroplane à Corcieux (Vosges) (Pierre Grenier, juge à Reims, commandant le 4ème BTCA (1873-1916))

Le feuillet 332 a été supprimé. Il est allé à cette période à Paris et notamment à une réunion de l’Académie de Reims ou il a pu lire sa communication sur le pillage du Château de Saint-Thierry.

…dépouillé mon courrier que je n’avais pas encore pu voir. Je suis fatigué.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 30 – Nuit tranquille ; pluie toute la nuit ; matinée paisible ; pluie. Visite de Mme la Comtesse Werlé, que je conduis à la Cathédrale. Visite au Général Debeney (1) à Villers-Allerand et à M. le Curé. Journée de pluie et de tranquillité.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Général Debenay, chef d’État-major de Nivelle puis de Pétain. Il commandera la VIIe Armée en Alsace, puis la 1e à Verdun. En mars 1918, il sauve Amiens, dégage Montdidier le 8 août (jour de deuil de l’Armée allemande selon Luddendorf), Péronne en septembre, St-Quentin en octobre. Il est l’auteur d’un livre de réflexions La Guerre et les Hommes

Le général français Marie-Eugène Debeney L'Illustration, n° 4219, 12 janvier 1924

Le général français Marie-Eugène Debeney
L’Illustration, n° 4219, 12 janvier 1924


Mardi 30 mai

Au sud de Roye (région de Beuvraignes), notre artillerie a bouleversé les organisations allemandes de première ligne.
Sur la rive gauche de la Meuse, deux attaques allemandes débouchant du bois des Corbeaux ont été complètement repoussées par nos tirs de barrage et nos feux d’infanterie. Un assaut contre la cote 304 a été brisé avec des pertes sensibles, ainsi qu’un second assaut qui l’a suivi à quelques heures d’intervalle. Des rassemblements ennemis, signalés à l’ouest de la cote 304, ont été dispersés par notre artillerie.
Entre le Mort-Homme et Cumières, une forte attaque ennemie a été arrêtée par notre tir de barrage, sauf en un point où l’ennemi a pris pied sur un front de 300 mètres dans une de nos tranchées avancées.
Sur la rive droite, violente lutte d’artillerie à l’est et à l’ouest du fort de Douaumont.
Le chancelier allemand est arrivé à Munich où la presse l’a froidement accueilli.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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