Cardinal Luçon

Mardi 30 – Nuit tranquille ; pluie toute la nuit ; matinée paisible ; pluie. Visite de Mme la Comtesse Werlé, que je conduis à la Cathédrale. Visite au Général Debeney (1) à Villers-Allerand et à M. le Curé. Journée de pluie et de tranquillité.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Général Debenay, chef d’État-major de Nivelle puis de Pétain. Il commandera la VIIe Armée en Alsace, puis la 1e à Verdun. En mars 1918, il sauve Amiens, dégage Montdidier le 8 août (jour de deuil de l’Armée allemande selon Luddendorf), Péronne en septembre, St-Quentin en octobre. Il est l’auteur d’un livre de réflexions La Guerre et les Hommes

Le général français Marie-Eugène Debeney L'Illustration, n° 4219, 12 janvier 1924

Le général français Marie-Eugène Debeney
L’Illustration, n° 4219, 12 janvier 1924


 

Mardi 30 mai

Au sud de Roye (région de Beuvraignes), notre artillerie a bouleversé les organisations allemandes de première ligne.
Sur la rive gauche de la Meuse, deux attaques allemandes débouchant du bois des Corbeaux ont été complètement repoussées par nos tirs de barrage et nos feux d’infanterie. Un assaut contre la cote 304 a été brisé avec des pertes sensibles, ainsi qu’un second assaut qui l’a suivi à quelques heures d’intervalle. Des rassemblements ennemis, signalés à l’ouest de la cote 304, ont été dispersés par notre artillerie.
Entre le Mort-Homme et Cumières, une forte attaque ennemie a été arrêtée par notre tir de barrage, sauf en un point où l’ennemi a pris pied sur un front de 300 mètres dans une de nos tranchées avancées.
Sur la rive droite, violente lutte d’artillerie à l’est et à l’ouest du fort de Douaumont.
Le chancelier allemand est arrivé à Munich où la presse l’a froidement accueilli.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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