Louis Guédet

Vendredi 7 avril 1916

573ème et 571ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Temps gris. Le calme, audience civile ce matin et cet après-midi continuation d’un inventaire pour Jolivet. Dans la ville il y a un vrai vent de panique contre lequel il faut réellement réagir de toutes ses forces pour ne pas être entraîné dans le…  tourbillon. Cela devient affolant et énervant surtout. En rentrant ce soir, je me demande si j’allais moi aussi notaire…  peau !! A la Banque de France où je passais pour voir les braves gardiens, ceux-ci m’ont dit et signifié qu’il fallait vider tous les coffres-forts dont j’avais l’accès…  presto subito !!… (Soudainement et rapidement) Ils sont tous fous ! La moindre mitrailleuse et qu’on essaye derrière un créneau…  met tout ce monde-là dans ses…  sabots ! Vraiment, il ne faudrait pas que cet air-là que l’on respire, continue…  car je crois que tout le monde se sauverait…  on est vraiment sur ses nerfs… !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

7-8 avril 1916 – Au milieu de la nuit, à minuit et demi, des sifflements et des explosions commencent à se faire entendre assez près, car des éclats retombent sur les toits de la place Amélie-Doublié.

Vingt obus sont ainsi envoyés, en trois fois, comme réponse à quelques départs de nos pièces.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 7 – Nuit tranquille, sauf quelques bordées. Donné Mandement n°… sur le Pape. Discours pour l’abbé Choimet. Via Crucis in cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 7 avril

En Argonne, un coup de main sur une tranchée ennemie, près de la route de Saint-Hubert, nous a permis de faire subir des pertes sensibles à l’adversaire et de ramener une vingtaine de prisonniers.
A l’ouest de la Meuse, les Allemands après un bombardement d’une extrême violence entre Avocourt et Béthincourt, ont déclenché une série d’attaques à très gros effectifs.
Toutes leurs tentatives contre le village de Béthincourt ont été brisées par nos feux. Au centre, après des échecs répétés et de sanglants sacrifices, ils ont pris pied dans le village d’Hautcourt, que nous tenons sous le feu de nos positions.
De notre côté, nous avons enlevé près du réduit d’Avocourt, une large portion de terrain dite le bois Carré et fait des prisonniers.
A la côte du Poivre, l’ennemi n’a pu sortir de ses tranchées. Au sud-ouest du fort de Douaumont, nos troupes ont progressé sur un front de 500 mètres et une profondeur de plus de 200.
Activité de notre artillerie en Lorraine (est de Lunéville).
Un cinquième raid de zeppelins a eu lien sur l’Angleterre.
Le chancelier allemand a fait son exposé au Reichstag. Il déclare que le maintien du statu quo est impossible en Pologne et en Belgique, et rejette une fois de plus les responsabilités de la guerre sur les alliés.


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