Les masques contre les gaz asphyxiants... Reims le 16 janvier 1916
Mon cher André
Je suis heureux de savoir que tu as pu aller passer quelques jours de permission près de Maman et des Sœurs,
et de vous savoir tous en bonne santé.
Ici, la situation est toujours sans changement, l’on vient de nous distribuer les masques contre les gaz asphyxiants
mais il faut bien espérer qu’on aura pas à s’en servir.
Marie ainsi que les enfants se portent toujours bien et se joignent à moi pour t’embrasser de tout cœur.
Ton
frère Georges.

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Cette carte postale de Reims nous est proposée par notre ami et membre d’AMICARTE51, Jacki Pinon… elle nous montre une fois encore les destructions de la ville.
Cette carte est laconiquement légendée « Maison écroulée par un obus »… mais est-ce qu’un lecteur du blog saura localiser ce lieu dans Reims ? merci d’avance.

Quant à la correspondance au verso, encore une fois, on donne des nouvelles. Tout semble aller pour le mieux, que ce soit pour la famille qui se trouve « encore » à Reims, et le frère André, qui lui est soldat.
On apprend quand même que les masques à gaz ont été distribué !
Y a-t-il un rapport entre cette distribution est le fait que 10 jours plus tôt, le 6 janvier 1916, une unité de production de gaz asphyxiants ait été détruite près de Tahure, suite à l’explosion de plusieurs dépôts de munitions ?

Les gaz utilisés lors de la première guerre mondiale ont été très nombreux, cela allait du gaz lacrymogène bénin à des composés particulièrement toxiques, comme le phosgène ou le gaz moutarde, qui attaquaient la peau, les yeux et les poumons, et produisaient des lésions très graves, et la mort.
Pour s’en prémunir, de nombreux modèles de masques à gaz ont été utilisés, avec des résultats plus ou moins convaincants.
On imagine bien que celui photographié sur la carte ci-dessous, ne devait pas offrir une très grande protection !

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Les hommes n’étaient pas les seuls à pouvoir disposer de masques à gaz, les chevaux et les mules, irremplaçables pour le transport, et même les chiens, qui assuraient des missions de messagerie.
Durant le premier conflit mondial, les pertes dues aux gaz asphyxiants ont été énormes, elles ont représenté 14% de la totalité de ces pertes, avec 88 498 morts et 1 240 583 blessés !

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Mais l’humour et la dérision restent des éléments très importants pour garder le moral, et permettent également de « faire passer le message » !

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