• Monthly Archives: janvier 2016

Lundi 31 janvier 1916

Cardinal Luçon

Lundi 31 – Visite aux Visitandines de Bourg. Voyage à Lyon. Entretien avec S.E. le Cardinal Sevin. Bombes sur la ville de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Lundi 31 Janvier 1916. Je m’ennuie à mourir. Aussi j’ai écrit à Paris chez Mignot s’ils pouvaient me rendre un Comptoir. Dans le travail je m’ennuierais moins et puis si tu reviens tu auras un toit. Il me faut une occupation ou je crois que je perdrai la tête. J’attends la réponse.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Lundi 31 janvier

En Artois, au sud du chemin de Neuville à la Folie, nous avons fait exploser une mine qui a bouleversé les galeries de l’ennemi.
Nous avons exécuté des tirs de destruction sur le centre de ravitaillement de Sallaumines, près de Lens, et sur des parcs allemands au nord de Vimy.
Au sud de la Somme, près de Dompierre, les Allemands ont attaqué nos positions. Nos tirs de barrage et notre fusillade ont, par deux fois, rejeté l’ennemi dans ses tranchées.
Entre Somme et Oise, noms avons canonné des troupes en mouvement près de Beuvraignes et de l’infanterie en marche près de Roye.
Au nord de l’Aisne (en face du Soupir), nous avons détruit un ouvrage allemand et anéanti sa garnison.
L’offensive russe se poursuit dans la région d’Erzeroum; par contre, il y a accalmie en Galicie. Les Allemands sont embourbés dans les marais de Pinsk.
Lutte d’artillerie sur tout le front italien.
Deux colonnes anglaises ont fait leur jonction en Mésopotamie.


Reims : pompiers combattant l’incendie : [photographie de presse] / Agence Meurisse

 

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Dimanche 30 Janvier 1916

Cardinal Luçon

Dimanche 30 – Bourg. Allocution à S. Joseph. Aux vêpres, aux domini­caines.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Dimanche 30 Janvier 1916. Henry Rominger m’a répondu aussitôt et voici sa lettre :

« Aux tranchées, le 28.1.1916.

Madame,

Combien j’aurais voulu que ma lettre puisse vous donner l’espoir de revoir celui que vous pleurez et qui était pour moi un bon camarade. Hélas cette terrible guerre frappe sans pitié et ravit le plus chères affections. À moins d’un miracle, chose malheureusement presque impossible, notre pauvre Charles ne reverra plus ceux qu’il aimait tant et qui étaient tout son bonheur.

Vous avez sans doute appris que c’est à Autrèches près de Vic-sur-Aisne le 25 septembre 1914 que Charles est tombé pour ne plus se relever. Le soir venu, un de ses nombreux camarades est parti pour retrouver son corps ; ne l’ayant pas revu, c’est ce qui a pu faire espérer un moment qu’il pouvait n’être que blessé et peut-être prisonnier. D’autres sont plus affirmatifs pour la cruelle vérité. Pour eux, Charles serait tombé d’une balle au front et n’aurait pas souffert. Comme tous ceux qui comme lui avaient un cœur généreux, il est mort bravement.

Votre peine est aussi la mienne car il est de ceux dont le temps ne peut effacer le souvenir. Aussi avec tous mes sincères regrets soyez assurée, Madame, que je prends une part bien grande à la peine que cette séparation vous cause.

Respectueusement.

Henri Rominger ».  

Un peu d’espoir me revient car il me dit que le soir tu n’étais plus là où tu étais tombé. Je me raccroche à tout. Pauvre Lou, je t’aime tant.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Dimanche 30 janvier

En Artois, à l’ouest de la cote 140, nous avons, par une vive contre-attaque, repris une partie des éléments de tranchée occupés par les Allemands. Au cours de cette opération, nous avons délivré une cinquantaine de soldats français faits prisonniers par l’ennemi.
Au sud du chemin de la Folie, l’ennemi a tenté de reprendre des entonnoirs conquis par nous. Il a été repoussé.
Au sud de la Somme, après un violent bombardement, les Allemands ont attaqué nos positions sur plusieurs kilomètres de la boucle de la Somme à Frise. L’attaque n’a réussi que sur un point, au village de Frise, qui était tenu par une de nos grand-gardes. Elle a été partout, ensuite, enrayée et nous avons repris quelques-unes des tranchées perdues.
Une attaque allemande a été brisée près de Lihons. Près de Lassigny, nous avons dispersé un convoi.
Au nord de l’Aisne, nous avons bouleversé les organisations ennemies du plateau de Vauclerc.
En Lorraine, tir efficace de notre artillerie sur les ouvrages adverses entre Nomény et Eply.
Quatorze de nos avions, près de Doiran (secteur de Macédoine) ont bombardé des campements ennemis.
Les alliés ont occupé la presqu’île de Karabournou, qui ferme l’entrée de la rade de Salonique.
Les Russes ont écrasé une colonne turque sur le front du Caucase et battu d’autres forces turques en Perse.
Le gouvernement américain a fait des propositions aux deux groupes belligérants au sujet de la guerre navale.
Un zeppelin a jeté des bombes sur Paris, faisant vingt-trois morts et de nombreux blessés.


 Archevêché de Reims : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

 

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Adrien Karbowsky

Exposition-dossier

du 30 janvier au 8 mai 2016
Musée Le Vergeur
36, place du Forum
51100 Reims
03 26 47 20 75

Du mardi au dimanche de 14h à 18h

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Samedi 29 janvier 1916

Paul Hess

29 janvier 1916 – Bombardement vers l’église Saint-Benoît, à 13 h 1/4, après le passage d’un aéro.

Les explosions des arrivées sont très fortes ; des éclats vien­nent frapper un mur, face à la cuisine où ma sœur et moi nous tenons à cette heure, au deuxième étage du 8, place Amélie-Doublié.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Samedi 29 – Voyage de Paris à Bourg. Bombes sur la ville à Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 29 janvier

Lutte d’artillerie particulièrement intense en Artois.
A l’ouest de la cote 140 (sud de Givenchy), après des explosions de mines, l’ennemi est parvenu à prendre pied dans quelques éléments avancés de tranchées.
Une autre attaque, dirigée au même moment sur nos positions près du chemin de Neuville à la Folie a été complètement repoussée.
Une troisième attaque a été arrêtée au nord de Roclincourt par notre artillerie et notre fusillade. L’ennemi n’a pu sortir de ses tranchées. Une quatrième attaque a subi un échec complet au nord-est d’Arras.
Nous avons repris un nouvel entonnoir an sud du chemin de Neuville à la Folie et repoussé des contre-attaques violentes.
L’ennemi, dans cette région, a subi de très fortes pertes.
Nos positions autour d’Arras ont été vigoureusement bombardées, mais nous avons contrebattu les batteries ennemies.
Dans les Vosges, nous avons effectué des tirs efficaces.
Un de nos dirigeables, à titre de représailles, a bombardé Fribourg-en-Brisgau : trente-huit obus ont été lancés sur la gare et les établissements militaires.
A Lausanne, le drapeau allemand, arboré à l’occasion de la fête du Kaiser, a été arraché du consulat d’Allemagne. Le gouvernement helvétique a exprimé ses regrets à Berlin.

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Vendredi 28 janvier 1916

Louis Guédet

Vendredi 28 janvier 1916

503ème et 501ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Contrairement à ce que je craignais, nous avons été au calme. La fête du Kaiser Rouge s’est bornée à ce bombardement d’environ 3/4 d’heure hier. Guillaume doit être satisfait ! Quelle Victoire ! et quelle solennité !! Quelques rues sont démolies et incendiées. De plus quelques victimes innocentes dont une jeune fille de 16 ans, au coin de la rue de Courcelles près du Pont de chemin de fer. Voilà le bilan ! Guillaume doit être fier !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 28 – Départ pour Dijon ; arrivée à Paris. Visite à Mgr l’Arche­vêque ; à S. Sulpice.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 28 janvier

Vive activité de notre artillerie sur l’ensemble du front.
En Artois (est de Neuville-Saint-Vaast), nous re-capturons un à un les postes de guetteurs et les entonnoirs où l’ennemi s’était installé; nous y trouvons de nombreux cadavres d’Allemands et nous y faisons des prisonniers. L’ennemi tente vainement, par une contre-attaque, de reprendre le terrain perdu.
Au nord de l’Aisne, nous bombardons des organisations ennemies à la Ville-au-Bois.
En Argonne, lutte de mines à la Haute-Chevauchée et à Vauquois. L’ennemi subit des pertes terribles.
Par un tir à longue portée, nous dispersons un convoi ennemi au nord-ouest d’Étain.
Deux taubes ont été abattus sur le front russe. L’ennemi a procédé à un bombardement sans résultat dans le secteur de la Strypa.
Les Italiens résistent à de violentes attaques autrichiennes à Oslavia, près de Goritz.
Von Koewess est entré dans Alessio, et marche sur Durazzo. Il veut, évidemment, empêcher une partie de l’armée serbe de s’embarquer pour Corfou.
Une interpellation sur la neutralité suisse a eu lieu au grand conseil de Genève. On a reproché aux autorités militaires fédérales de montrer trop de condescendance à l’Allemagne.


Reims, boulevard Lundy : [photographie de presse] / [Agence Rol]

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Jeudi 27 janvier 1916

Louis Guédet

Jeudi 27 janvier 1916

502ème et 500ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Temps gris, nuageux, anniversaire de la naissance du Kaiser ! Ainsi pour bien nous le resignifier avons-nous été arrosés (dans toute la Ville) copieusement pendant une 1/2 heure, 3/4 d’heure de 1h1/2 à 2h-2h1/4. J’étais à causer avec le Lieutenant-colonel Colas, commandant de Place, en face de chez Boncourt, au coin de la rue Libergier et de la rue Tronsson-Ducoudray, place du Parvis Notre-Dame et que nous allions vers le Palais de Justice où j’avais mon audience militaire de réquisitions, une détonation, un sifflement au-dessus de notre tête. C’était le commencement du bal ! Tout en continuant la consultation fiscale que le colonel me demandait, nous allons nous réfugier au Lion d’or, où je descendis un instant dans la descente de l’escalier de la cave. Puis je me décidais à aller au Palais où j’imaginais que l’on m’attendait.

Avant de me quitter le Colonel Colas m’a raconté un incident dont il craint d’être la victime à l’occasion de la fameuse visite des artistes de la Comédie Française de l’autre jour. Le Maire avait, parait-il, demandé au général Franchet d’Espèrey (Franchement désespéré, comme on le nomme) d’autoriser ces artistes à venir à Reims en automobile. Le Général avait catégoriquement refusé l’auto. Le Maire avait même insisté disant que c’était ennuyeux de les faire venir en simple hippomobile. Franchet d’Espèrey aurait été intraitable. Le Maire ne se rendit pas, et de ce pas se rendit près du Colonel Colas et lui dit que d’accord avec le Général il le priait d’accorder le laissez-passer – Colas marcha – et la scène de cabotinage dans la Cathédrale et celle de l’Hôtel de Ville (séance dictée par l’actrice !!) eurent lieu.

Les journaux la relatèrent. Et en lisant cela, colère furieuse de Franchet d’Espèrey, de voir qu’on n’avait pas tenu compte de son refus, qui (d’après ce que j’ai bien compris, cru (?) comprendre) ne voulait pas que ces artistes viennent à Reims cabotiner !! Colère qui provoqua la comparution de Colas quia reçu l’avalanche et qui…  s’attend à être…  déplacé ! Je le regretterai, car il me rendait service. En tout cas d’après cela le Maire aurait eu un singulier rôle dans tout cela. Et au plus, ce n’est pas cela qui facilitera les rapports de civils à militaires, qui cependant sont déjà assez peu…  cordiaux…

En quittant Colas j’allais au Palais où personne n’était encore arrivé. Audience plutôt courte. Racine (le sous-intendant) charmant malgré le jugement Hayon. Celui-ci m’a conté les démarches de Mignot et Cie au sujet des réquisitions en retard. Bref tout cela c’est la bouteille à l’encre, et le…  désordre du haut en bas !! Pauvre France ! Ce n’est pas consolant d’instruire de tout cela !

Rentré à 5h chez moi et mis mon courrier à jour et commencé à préparer ma valise.

Reçu lettre de ma pauvre femme qui me dit que Jean voudrait s‘engager – je n’ose refuser – mais cela me saigne le cœur. S’il était assez fort seulement. Et puis, est-ce que je n’ai pas assez payé mon tribut de peines, soucis, malheurs, épreuves, souffrances, angoisses, etc…  pour eux tous ! Il me faudrait encore voir cet enfant et aussi Robert son frère partir…  à la tuerie. Non, ce ne serait pas juste, je dois les conserver. Tout cela me serre le cœur et me tourmente beaucoup.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

27 janvier 1916 – Anniversaire du Kaiser. Dans la matinée, quelques obus sif­flent.

— Les collègues de la « comptabilité, qui sont maintenant ré­unis en popote, m’ayant invité à déjeuner, nous sommes à table dans le bureau, lorsque vers 13 h 1/4 un arrosage sérieux com­mence. Nous entendons explosions sur explosions d’arrivées, par toute la ville et les projectiles se suivent rapides. Il nous faut donc terminer avec ce dessert imprévu et vider les lieux, non sans avoir pris la précaution d’enlever précipitamment tout ce qui est néces­saire pour prendre le café, que nous allons déguster dans le petit réduit situé près de la salle des appariteurs.

En raison de l’heure et quoique le bombardement n’ait pas été des plus violents, — 116 points de chute mentionnés dans le rapport de police — il y a des victimes dans les rues de tous côtés. Cinq tués et vingt-cinq blessés parmi la population ; en outre, trois soldats tués rue de l’Union-foncière et d’assez nombreux blessés dans les cantonnements.

Le Courrier d’avant-hier 25, revenant sur les fantaisies de la censure, donnait cette information :

La Censure et l’Histoire de la guerre.

Jusqu’ici, la censure s’était montrée à peu près respec­tueuse des droits de l’histoire. Un jour, elle avait supprimé tout un fascicule de L’Histoire de M. Hanotaux, mais ceci se passait à Bordeaux, il y a plus d’un an.

Cette semaine, la censure s’en est prise à L’Histoire géné­rale et anecdotique de la guerre de 1914, de M. Jean Bernard, que publie avec un succès qui s’affirme tous les jours, la librai­rie militaire Berger-Levrault.

M. Jean Bernard avait reproduit le triste article du séna­teur Gervais sur le 15e Corps en août 1914. C’est un document qui a été reproduit partout ; l’auteur montrait combien ces ac­cusations étaient injustes et il citait les paroles de M. Millerand à la tribune. Il réfutait avec des faits techniques, fournis par un officier témoin de ces journées fiévreuses — ceci avait déjà été publié dans La Dépêche de Toulouse. Enfin, il terminait par un extrait de La Revue des Deux-Mondes.

La censure a tout sabré : l’article de M. Gervais, le dis­cours du ministre, les arguments parus dans La Dépêche de Toulouse et même l’opinion de La Revue des Deux-Mondes.

Le 5e fascicule vient donc de paraître avec des blancs et la mention légendaire : « Supprimé par la censure ».

Après la guerre, tout sera rétabli, bien entendu, et, en at­tendant, ce 5e fascicule qui va devenir rare, constituera une curiosité bibliographique.

A quelque chose, malheur est bon.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Jeudi 27 – Nuit tranquille pour la ville ; + 10 ; très violente et bruyante canonnade française. Bombes sifflantes allemandes. Midi 1/2 bombes alle­mandes sifflent pendant 1/2 heure ou 3/4 d’heure. Visite de M. Berger (Con­seiller général, Maire de Loivre). Aéroplane à 3 h. Bombes : 3 tués ; École Ste Geneviève, rue de Savoye, rue Rogier, rue de Venise. Beaucoup de victimes

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 27 janvier

En Belgique, nous avons bombardé efficacement les tranchées et boyaux ennemis de la région de Steenstraete où l’on constatait des mouvements de troupes.
En Artois, activité d’artillerie. L’ennemi a fait exploser près du chemin de la Folie (nord-est de Neuville-Saint-Vaast) quelques mines, dont il a occupé les entonnoirs; près de la route de Neuville à Thélus, nous l’avons chassé des derniers entonnoirs qu’il avait pris.
Dans la région de Roye, notre artillerie a bouleversé, à l’ouest de Laucourt, un ouvrage que l’ennemi a été forcé d’évacuer. Nos patrouilles y ont pénétré et en ont rapporté du matériel abandonné par les Allemands.
Un zeppelin a lancé des bombes sur les villages de la région d’Épernay. Elles n’ont causé que des dégâts matériels insignifiants. Ce dirigeable a été canonné par nos auto-canons.
A l’ouest de Pont-à-Mousson, nous avons cartonné les organisations allemandes du bois Le Prêtre.
Sur le front russe, duel d’artillerie le long de la Strypa. Un grand nombre de soldats allemands ont eu les pieds gelés. Près d’Erzeroum (secteur d’Arménie), nos alliés ont continué à capturer des Turcs.
Le congrès des Trade Unions britanniques se prononce en faveur de la lutte jusqu’à la victoire

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Mercredi 26 janvier 1916

Cardinal Luçon

Mercredi 26 – Nuit tranquille pour la ville. Vers 11 h. 1/2 canonnade réduite des Allemands sur des avions français, dit-on. Le jour, quelques coups de canon français. + 5 au matin, et le soir + 9. Écrit au Cardinal de Lai pour l’Archevêché de Rouen (à pourvoir) ; réponse à une consultation.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Mercredi 26 janvier
Activité des deux artilleries en Belgique. L’attaque ennemie qui avait eu lieu vers l’embouchure de L’Yser a été disloquée par nos tirs d’artillerie. Les Allemands n’ont pu déboucher sauf sur un point, où quelques groupes parvinrent à pénétrer dans notre tranchée avancée. Ils en ont été chassés aussitôt en subissant des pertes sensibles. Près de Boesinghe, notre canonnade a endommagé les retranchements ennemis.
Deux avions ennemis ont jeté des bombes sur Dunkerque et sa banlieue : cinq personnes ont été tuées et trois blessées.
En Artois, l’ennemi a tenté une nouvelle action et avec une vigueur redoublée à l’est de Neuville-Saint-Vaast. L’attaque s’est produite sur un front de 1500 mètres. Elle a été rejetée sur toute la ligne. Canonnade dans la région de Wailly.
Au nord de l’Aisne (Craonne), nous dispersons un important convoi allemand.
A Berry-au-Bac, nous endommageons une batterie lourde allemande.
Sur les Hauts-de-Meuse (Mouilly), nous dispersons un détachement ennemi.
Dans les Vosges, nous bombardons les ouvrages allemands du Ban-de-Sapt, de Mulbach, de Stossvihr et du Rain-des-Chênes.
Nos avions en bombardant Monastir et Guevgeli, ont fait une centaine de morts à l’ennemi.
Les Russes ont fait encore 700 prisonniers turcs aux abords d’Erzeroum.
Les Autrichiens annoncent la prise de Scutari d’Albanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Plateau de Boesinghe [Boezinge, Belgique, région d’Ypres] : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

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Mardi 25 janvier 1916

Cardinal Luçon

Mardi 25 – Nuit tranquille ; + 5 ; Visite de M. Albert Benoist, et du P. Griesbach (?) et du P. d’Anselme (?) Jésuite de la Province de Lyon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Mardi 25 Janvier 1916. La réponse de M. Handort m’est arrivée aujourd’hui. La voici :

« Madame,

Je fais réponse à votre lettre que je viens de recevoir. Je vous remercie beaucoup de voir que vous ne me faites pas de reproche au sujet de la nouvelle que je vous ai apprise et du courage que vous avez pour supporter la mort de votre mari qui vous aimait et qui souvent parlait de vous et de votre enfant.

Madame, si j’ai été forcé de laisser votre mari dans les mains des Allemand, c’est que votre mari est tombé d’une balle au front et il est tombé sans rien dire car la tête s’est fendue en quatre par une balle explosive. Il est mort sans rien dire…( ?).

Je peux vous dire que je suis avec lui pour la vie comme je serai avec vous pour répondre à vos démarches ».

Mon tit Lou, cela m’a encore une fois déchiré le cœur mais c’est plus fort que moi, je doute encore. Dans l’affolement du combat ce jeune homme t’a peut-être vu la tête en sang, la blessure était peut-être grave mais elle n’a peut-être pas amené la mort. J’espère encore te revoir. Je suis triste à mourir mais je sens que tu n’es pas perdu pour moi.

Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Mardi 25 janvier

Vers l’embouchure de l’Yser, en Belgique, l’ennemi a effectué un bombardement violent, lançant plus de 20000 obus. L’infanterie allemande a tenté, en vain, de déboucher; arrêté par nos tirs de barrage, l’ennemi n’est pas sorti de ses tranchées, sauf quelques groupes, qui ont été aussitôt dispersés par notre feu.
Artillerie active de part et d’autre dans la région de Boesinghe, d’Hetsas et de Streenstraete. Des fractions ennemies qui avaient essayé de franchir le canal à Hetsas, ont été rejetées par nos feux d’infanterie et par les mitrailleuses.
En Artois, à l’ouest de la route Arras-Lens, l’ennemi a esquissé deux nouvelles attaques qui ont échoué sous notre feu.
Au nord-est de Roye, nous canonnons des convois de ravitaillement. Au nord de Soissons, nous bouleversons des tranchées. A l’est de Godat (près de Reims), nous endommageons une batterie ennemie.
Dix obus ont été tirés par les Allemands contre Nancy.
Nous avons bombardé les cantonnements ennemis de Guevgeli et de Monastir, sur le front d’Orient. Monastir a reçu deux cents bombes.
Erzeroum est investie par les Russes. Leurs succès sur les Turcs font grande impression.
Les Autrichiens annoncent qu’ils ont pris Antivari et Dulcigne au Montenegro.
Le roi du Montenegro, est arrivé à Lyon.
L’empereur d’Autriche est malade.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Le roi du Monténégro [à Paris] : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

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Lundi 24 janvier 1916

Cardinal Luçon

Lundi 24 – Nuit tranquille ; + 4. Journée assez tranquille ; quelques gros coups de canon.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Lundi 24 janvier
En Belgique, notre artillerie a effectué des tirs sur les ouvrages ennemis de la région de Nieuport.
A la suite d’explosions de mines et d’un violent bombardement, les Allemands nous ont attaqués dans la région de Neuville-Saint-Vaast. Ils ont pu pénétrer, sur un front de plusieurs centaines de mètres, dans les tranchées de première ligne et jusqu’à la tranchée de soutien, mais nos contre-attaques les ont délogés de la presque totalité du terrain enlevé. Ils ont subi des pertes considérables.
Nos canons de tranchées ont fortement endommagé les organisations adverses de la ferme du Choléra et du plateau de Vauclerc et fait exploser un dépôt de munitions à l’est de Reims.
En Champagne, notre artillerie a endommagé les tranchées ennemies dans la région de Maison-de-Champagne.
Vingt-quatre avions français ont bombardé les gares et les casernes de Metz, lançant 130 obus. Les avions bombardiers étaient escortés de deux escadrilles de protecteurs, qui ont livré dix combats en cours de route.
Les Anglais signalent une nouvelle et sanglante bataille en Mésopotamie.
Les Russes, poursuivant l’armée turque, ont fait un grand nombre de prisonniers aux abords d’Erzeroum.
Un taube est venu survoler la côte du comté anglais de Kent où il a lancé des bombes.
Le roi du Montenegro a quitté Rome, se rendant à Lyon.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

Petit cimetière de Neuville Saint-Vaast : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

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Dimanche 23 janvier 1916

Cardinal Luçon

Dimanche 23 – Nuit tranquille ; gros coups de canons autour de Reims ; + 5 ; Brouillard. Aéroplanes pendant longtemps de 10 h. à 4 h. Visite d’adieu de Mgr Landrieux, qui a fait aussi ses adieux à ses paroissiens à la Gd Messe.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 23 janvier
Nous avons canonné des groupes de travailleurs et des convois de ravitaillement en Belgique, en Champagne et dans les Vosges. Violentes luttes d’artillerie au nord de l’Aisne (Berry-au-Bac), en Lorraine et à Lapoutroie (Vosges).
Sur le front belge, canonnade à Dixmude.
Les alliés ont avancé sensiblement au Cameroun. Les Allemands se retirant devant eux, ont pénétré sur le territoire de la Guinée espagnole.
Le roi de Grèce, dans une interview donnée a une agence américaine, se plaint vivement de la politique franco-anglaise, et s’attire d’une haute personnalité française une réponse péremptoire.
Tout est calme autour de Salonique où l’offensive de nos ennemis ne semble guère imminente.
La reine du Montenegro est arrivé à Lyon, où Nicolas ler va venir la rejoindre. C’est le général Vonkotich qui dirigera la résistance autour de Scutari. Le ministre de France à Cettigné, M. Delaroche-Vernet, est arrivé à Rome.
L’armée ottomane battue par les troupes russes du Caucase se réfugie sous les forts d’Erzeroum.
Les Allemands ont été repoussés par les Russes à Tchartorysk.
Les Italiens ont remporté un succès partiel sur le Haut Boite, dans le massif de la Tofana.
C’est devant le tribunal de la 5e division que comparaîtront les deux colonels suisses accusés d’espionnage.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 22 janvier 1916

Louis Guédet

Samedi 22 janvier 1916

Absence du feuillet 285, à la place une double petite page imprimée : « Pour la cathédrale de Reims » par Camille Le Seurre.

En entête, le commentaire au crayon de Louis Guédet :

Déclamé dans la Cathédrale de Reims par Madame Caristie-Martel (Léa Caristie-Martel, 1865-1934, actrice de la Comédie Française, Légion d’Honneur…) le samedi 22 janvier 1916 vers 3h après-midi. Cabotins ! Y compris le Maire et les conseillers qui se sont prêtés à cette comédie… (rayé)

POUR LA CATHÉDRALE DE REIMS

Par Camille LE SENNE

« A Madame Caristie Martel, de la Comédie-Française bien affectueux hommage.

Qui donc a dit : « il faut garder cette ruine !
« Le décombre est auguste et la lèpre est divine,
« Une grandeur sort des débris
« Laissons sans le troubler le temps faire son œuvre
« Que sous ces pans de mur l’orfraie et la couleuvre
« Trouvent à jamais leurs abris.

« Il faut que vers le ciel l’arc éboulé se dresse,
« Que le porche croulant étale sa détresse
« Et que ce témoin reste là,
« Car, sous l’éclat vengeur du soleil qui rayonne
« C’est le symbole affreux de la rage teutonne
« La signature d’Attila ! »

Eh ! bien non ! Depuis quand la France accepte-t-elle
De veiller, sentinelle inquiète et fidèle,
Sur la trace de ses affronts ?
N’avons-nous donc chassé la bête carnassière
Que pour garder après l’atteinte meurtrière,
La marque imprimée à nos fronts ?

Ne laissons pas le flux des ondes sépulcrales
Sur les piliers rompus des vieilles cathédrales
Etendre la nuit des tombeaux
D’éternels renouveaux la France est faite
Exaltons la victoire et rayons la défaite,
Et rallumons tous les flambeaux.

Non, murailles en deuil, fleurons, noble décombre
Qui de ta voute altière abaissais la grande ombre
Sur la poussière des martyrs,
Maison des purs espoirs, maison de la prière,
Châsse ardente, trésor, précieux reliquaire,
De nos plus anciens souvenirs,

O temple que hantaient en cortège funèbre,
A l’heure solennelle où tombe la ténèbre,
Les héros du temps révolu,
Sanctuaire où passaient, augustes simulacres,
Les fantômes muets des rois des anciens sacres
Et de Clovis le chevelu,

Où, tandis que, courbé pour un nouveau baptême,
Charles sept à genoux recevait le saint chrême
Et jurait le royal serment,
Se tenant à l’écart près de son oriflamme
Notre Jeanne voyait la couronne de flamme
Descendre du ciel lentement,

Reine au front orgueilleux qui dominait le monde,
O mère qui faisait tenir, urne profonde,
Toute la France dans tes flancs,
Nous ne laisserons pas ton cadavre de pierre
S’en aller par morceaux, comme sous le suaire
Pourrit un dernier ossement.

Lorsque, ressaisissant nos provinces meurtries,
Nous aurons repoussé la guerre des patries
Sur le Rhin sanglant et l’Escaut,
Lorsque dans le fourreau nous remettrons l’épée
Comme, après le labeur, sur la gerbe coupée
Le moissonneur jette la faulx.

Quant les petits enfants que berçait le tonnerre,
Las de ne plus entendre au loin trembler la terre,
S’endormirons dans leurs berceaux,
Alors tu renaîtras de ton martyre, ô sainte,
Et nos pieuses mains, déblayant ton enceinte,
Feront resurgir tes arceaux.

Ton abside sera la nef qui recommence,
Témoin des jours anciens, à voguer en silence
Sur l’Océan des nouveaux jours,
Et dans l’azur lavé, resplendissant de gloire,
Dans le ciel étoilé, dans le ciel de victoire,
Poindront les mâts de tes deux tours

Sur le sillon d’argent on verra glisser l’arche,
Auprès du gouvernail emportant dans sa marche
L’étendard de nos trois couleurs,
A la place où se tient l’attentive vigie
Nous ferons se dresser la sereine effigie
De la vierge de Vaucouleurs.

Et, pour nous rappeler l’effroyable tempête
Où le vaisseau fuyait, ballotté sur la crête
Des vagues et du noir limon,
Rendant grâce à Celui par qui le mal échoue,
Recueillis et pieux nous mettrons à la proue
Saint Michel vainqueur du démon.

Avril 1915

Les feuillets 288 et 290 ont été supprimés.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Voir un commentaire de Paul Hess sur l’action de Madame Caristie Martel du 24/2/2016
http://14-18.documentation-ra.com/2016/02/jeudi-24-fevrier-1916/

Cardinal Luçon

Samedi 22 – Nuit tranquille ; +9. Aéroplanes français ; canonnade des contrebatteurs allemands. Dîner d’adieu à Mgr de Dijon. Visite de M. Sainsaulieu ; photographies, vues de la Cathédrale.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 22 janvier

En Belgique, un tir de notre artillerie sur les tranchées allemandes de la région des Dunes a allumé plusieurs incendies.
En Artois, nous avons fait exploser avec succès une mine au sud de Thélus.
Entre Soissons et Reims, nous avons pris sous notre feu et réduit au silence une batterie ennemie dans la région de Vregny.
Dans les Vosges, au cours d’un bombardement exécuté près du Rehfelsen, nous avons détruit un observatoire allemand.
Partout ailleurs, grande activité des deux artilleries.
Les Belges ont surpris et dispersé une colonne ennemie en marche près de l’Yser.
Les Russes ont remporté un succès en Bukovine, près de Czernovitz et un autre en Perse, entre Ispahan et Hamadan.
L’Allemagne et l’Autriche exercent une nouvelle pression sur la Roumanie pour la déterminer à cesser ses bons rapports avec les puissances de l’Entente.
Guillaume II et le tsar de Bulgarie ont échangé à Nich des congratulations pompeuses et grotesques.
La reine du Monténégro a traversé Rome, elle n’y a fait qu’un très court arrêt avant de repartir pour Lyon.
Les Communes anglaises ont voté le projet qui élève l’effectif de la flotte britannique à 350.000 hommes.


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Vendredi 21 janvier 1916

Louis Guédet

Vendredi 21 janvier 1916

496ème et 494ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Beau temps, du canon et de la bataille toute la nuit, qui a été venteuse et pluvieuse. Déjeuné au Cercle, rue Noël, avec Charles Heidsieck qui en outre avait invité, en l’honneur de Mgr Landrieux, curé de la Cathédrale qui va nous quitter pour être évêque de Dijon, M. et Mme Henri Heidsieck, leur fils Xavier, M. Henri Abelé, M. de Bruignac et M. Gilbrin, directeur de la Banque de France de Reims, réfugié à Épernay, qui se trouvait là au Cercle et qui s’est joint à nous. Causé d’une foule de choses, des événements. Là j’ai fait pour la première fois, et ce ne sera pas la dernière, la remarque suivante : Henri Heidsieck qui lui a été obligé de quitter Reims le 1er septembre 1914 parce que blessé non mobilisable, parlait des Rémois qui étaient restés et de ceux qui étaient…  partis, et émettait l’avis que beaucoup des…  rentrant s’imposeraient, critiqueraient, etc…  ceux qui étaient restés, nous tous, sauf M. Gilbrin, nous étions d’avis qu’on ferait l’impossible pour nous faire taire si on ne nous traitait pas encore d’imbéciles…

M. Gilbrin tâchait de soutenir que non, mais mollement. Bref on sentait déjà en lui cet état d’esprit qui ceux qui se cabreront devant ceux qui n’ont pas fui… aussi le jeune s’est mis dans la conversation et il a fallu faire glisser la conversation sur un autre sujet. Oui. Il y aura des luttes, des froissements, des clans, des partis pris, des ruptures, des éclats entre ceux qui ont fait leur devoir et qui sont restés, et ceux qui ont fuis ou qui se sont embusqués. Cela se sait déjà… c’est dans l’air…  on ne nous pardonnera jamais d’être restés.

Il est tombé exactement jusqu’à ce jour 94 bombes sur la Cathédrale.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 21 – Nuit tranquille ; + 6. Visite de M. Duvent, aquarelliste. Via Crucis in Cathedrali. Rencontre du Colonel Raucher à la sortie de la Cathédrale. Canonnade entre batteries. Reçu avis d’envoi de 500 couvertu­res par M. Whitnay-Warrey, type de celles qui servent à l’Armée améri­caine, et provenant du Secours National Américain pour le Secours Natio­nal Français. 9 h. gros coups de canons français.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 21 janvier

Entre Oise et Aisne (région de Puisalaine), quelques contacts de patrouilles.
Entre Somme et Avre, nous bombardons, près de la gare de Chaulnes, des établissements occupés par l’ennemi. Ce tir a provoqué un incendie suivi d’explosions.
Au nord du l’Aisne (route de Corbeny), nous avons dispersé une colonne ennemie. Nous avons causé des dommages sérieux à l’ennemi aux environs de la ferme du Choléra.
En Champagne, nous avons dispersé un convoi de ravitaillement sur la route de Ville-sur-Tourbe à Vouziers.
Un taube a jeté, sans aucun effet trois bombes sur les faubourgs de Lunéville. Nous avons capturé deux officiers aviateurs allemands à Ogeviller (sud-est de Lunéville).
Seize avions britanniques ont bombardé le dépôt d’approvisionnement de Lesars (nord-est d’Albert). Le communiqué anglais signale dix-neuf combats aériens dans la même journée.
Les journaux autrichiens reconnaissent que l’offensive russe redouble d’acharnement en Galicie.
Le roi du Monténégro annonce qu’il reste à Scutari pour organiser la résistance. Il a envoyé sa famille en Italie d’où elle passera en France.
Un sous-marin anglais s’est échoué sur la côte de Hollande.
Une partie des troupes bulgares et allemandes qui devaient opérer contre Salonique, ont été rappelées vers le nord.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 20 janvier 1916

Louis Guédet

Jeudi 20 janvier 1916

495ème et 493ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Très beau temps, quoique la nuit nous ayons eu un vent de tempête avec bourrasques de pluie et grêle. Le calme devant nous, il n’en n’a pas été de même vers Loivre, Berry-au-Bac de 3h à 5h. Une furieuse canonnade et à tous moments la maison tremblait et les portes choquaient. Un coup m’a fait tressauter.

Demain déjeuné plus (rayé) avec l’évêque élu de Dijon au Cercle (nouveau Cercle rue Noël). Voilà ma journée. Je suis toujours fort triste, je ne puis éloigner de mon esprit l’avenir réservé à nos chers aimés. Que deviendront-ils après la Guerre, que deviendrai-je moi-même ? Aurai-je de quoi leur donner un morceau de pain, avec (rayé) qui a tout (rayé)

Le haut du feuillet suivant a été découpé.

…C’est extraordinaire cet hiver que nous avons des pluies torrentielles, des tempêtes et des bourrasques surtout la nuit. Les journées sont généralement belles quoique brumeuses et pluvieuses, mais pas un souffle de vent, puis vers 5h la tempête s’éclate pour toute la nuit. C’est extraordinaire, ce serait à croire que la Providence entend que les allemands soient arrêtés par les pluies et tempêtes, et qu’ils ne puissent rien tenter la nuit. Assurément rien ne peut être tenté sur le front par des temps pareils…  C’est bien là une guerre d’usure et avec le temps les éléments s’en mêlent même.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

20, 21, 22 janvier 1916

Canonnade très forte ces trois jours, dans la direction de Berry-au-Bac.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Berry-au-Bac

Berry-au-Bac


Cardinal Luçon

Jeudi 20 – + 8. Nuit tranquille autour de Reims, mais gros coups de canons et bombes ? entre batteries adverses. Nuit pluvieuse. Un oiseau de nuit est venu se percher sur un arbre. Visite à S. Thomas. Dans les rues, les cours, avec M. Mailfait, visite aux malades. Côté Ch… aux Trois Fontai­nes ; visite rue de la Neuvillette, de Cormicy, du Dr Thomas, rentrée à 12 h. 1/2.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Jeudi 20 Janvier 1916.  Mon Charles, mon bon tit Lou, je pleure car je crois que c’est fini. Je ne te reverrai plus. J’ai reçu aujourd’hui une lettre d’un soldat du 354e et de ta compagnie. Il me prie de ne pas lui faire de reproche s’il a gardé le silence pendant seize mois. Aujourd’hui il se décide à m’écrire ; il se doute que je vais avoir l’avis officiel du dépôt car on lui a fait signer le procès-verbal de ta mort.

Il me dit que tu es tombé dans ses bras le 24 septembre à 6 heures du matin et que la veille au soir tu lui avais dit en pleurant: « Ma femme est à Reims ; je ne la reverrai plus jamais avant de mourir ». Il ajoute que tu as voulu lui donner ma photographie avec l’argent, 150 francs, que tu possédais encore mais que son cœur de frère lui a empêché d’accepter. Sa lettre, vois-tu mon Charles, est assez embrouillée. Cela me fait garder un peu d’espoir car je ne comprends pas bien certains passages. En outre il ajoute qu’il s’est trouvé forcé de t’abandonner aux mains des Allemands.

Cette lettre, je la reproduirai sur ce cahier et si plus tard j’avais l’immense bonheur que tu reviennes, tu pourrais te rendre compte de ce que j’ai pu souffrir. Si je n’avais pas mes petits … Pauvres cadets, ils pleuraient tous deux hier de me voir pleurer. Qu’est-ce que l’avenir nous réserve ? Il aurait été si beau de le finir près de toi.

Mon Charles, pauvre grand, voici la lettre :

« Madame,

Je vous prierai bien de ne pas me faire de reproche pour ne pas avoir dit ce que j’ai eu sous mes yeux, le jour où votre mari est tombé dans mes bras, où j’ai été forcé de le laisser dans les mains de ces maudits. Mais je vais vous dire que je viens de signer le procès-verbal de sa mort pour la France au champ de bataille le 24 septembre 1914 à 6 heures du matin.

Madame, pardonnez-moi de vous écrire sans vous connaître. Votre mari était mon caporal au début de la guerre. Je peux vous dire ce qu’il avait sur lui la veille de sa mort. Dans son bon cœur de Français il voulait me donner votre portrait et son portefeuille qui contenait 150 francs. Mais mon cœur de brave frère lui a refusé. Il a dit « Mon vieux Breyer, il faut venger notre pays ou mourir pour lui ».

Enfin chère Madame, que Dieu vous protège, qu’il vous rende heureuse et vous donne du courage pour supporter la charge de l’amour que vous avez envers lui, qui vous aimait tant. Il me disait tous les jours : « Ma femme est à Reims. Je ne pourrai plus la revoir avant de mourir pour elle ».

Enfin chère madame, je vous quitte car j’ai mes yeux qui pleurent … ( ?) Recevez d’un poilu du front les meilleurs souvenirs. Je suis natif de Sermaize les Bains et je dois y aller pour une permission de six jours. Bon courage pour supporter ma petite lettre.

André Handort. »

Tu vois ma pauvre chipette, après une lettre comme celle-là, si je peux encore espérer ! Je suis découragée.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Jeudi 20 janvier

Au sud de la Somme, (secteur de Lilions), notre tir a détruit un blockhaus ennemi.
Entre Soissons et Reims, nos canons de tranchées ont causé des dégâts sérieux aux ouvrages ennemis de la région d’Ailles (ouest de Craonne).
En Argonne (région de Courtes-Chausses), nous avons canonné des troupes en mouvement.
En Lorraine, nous avons effectué un tir sur un groupe de maisons occupées par l’ennemi près d’Alincourt (ouest de Château-Salins). Deux appareils allemands ayant jeté des bombes sur Nancy, une escadrille française a été aussitôt bombarder les gares de Metz et d’Arnanville, où des bâtiments ont été détruits. 22 obus ont été lancés.
Action d’artillerie sur tout le front belge.
Les Italiens, par une série de contre-attaques, ont récupéré autour de Goritz toutes les tranchées précédemment perdues.
Les négociations sont rompues entre le roi du Monténégro et l’Autriche, le cabinet de Vienne ayant formulé des conditions exorbitantes.
M. Briand s’est rendu à Londres ainsi que l’amiral Lacaze et M. Sembat, pour conférer avec les ministres anglais.

 

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Mercredi 19 janvier 1916

Louis Guédet

Mercredi 19 janvier 1916

494ème et 492ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Temps magnifique, froid assez vif. Calme. Avions, on n’y prête pas plus attention qu’au canon. C’est la vie normale ici, sauf la solitude et le désert des rues. La ville est morte. Révision ce matin des allocations militaires, des armées de mobilisés ! Que d’abus ! Beaucoup de sanctions. Nous n’avons pu finir de 9h à 12h que les 1er et 2ème cantons, il nous reste les 3ème et 4ème cantons : ce sera pour mercredi en huit. Passé à la Caisse d’Épargne pour mon service. J’y retourne samedi.

Vendredi au Cercle, invité par Charles Heidsieck avec Mgr Landrieux, M. et Mme Henri Heidsieck, Henri Abelé, Xavier Heidsieck.

Travaillé toute l’après-midi à mon retard.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 19 – + 8. Nuit tranquille. Visite à M. Debeauvais, aumônier militaire. 2 h. violente canonnade entre batteries adverses.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 19 janvier

Entre Oise et Aisne, nos batteries ont bouleversé les tranchées allemandes de la région de Moulin-sous-Touvent.
En Champagne et en Woëvre, activité de notre artillerie sur divers points sensibles du front ennemi.
Nos avions ont fortement endommagé une batterie ennemie dans les Vosges, près de Metzeral.
Canonnade habituelle partout ailleurs.
Les Russes ont largement progressé autour de Pinsk; ils tiennent toutes les collines qui couronnent la ville à l’est.
Le mystère plane sur les conditions et les circonstances de la capitulation monténégrine. On se montre très sévère à Rome pour le roi Nicolas ler.
On annonce que le kaiser, après avoir visité un hôpital de blessés, serait parti pour l’Allemagne du sud, où il devrait subir une opération.
Le gouvernement serbe a quitté Brindisi pour se rendre à Corfou auprès de l’armée.
Les Autrichiens ont subi de lourdes pertes sous Goritz.
Des manifestations populaires importantes ont eu lieu dans la Suisse romande à propos des faits délictueux imputés aux colonels Egli et de Wattenwyl. Le public se montre de plus en plus irrité contre eux.
Des avions autrichiens ont jeté des bombes sur Ancône.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Gros canons français en batterie [soldats autour des canons] : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

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Mardi 18 janvier 1916

Cardinal Luçon

Mardi 18 – Nuit tranquille ; + 7 ; pluvieux ; visite à M. le Sous-Préfet ; au Général Mazillier (Lycée de filles). Reçu lettre du Vatican.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Mardi 18 Janvier 1916. Le cardinal Langénieux(1) est venu rendre visite aux caves. Il a donné sa bénédiction à Marie Blanche. André s’était caché ; il avait peur. Le cardinal m’a questionnée et il m’a redonné du courage : «  Dieu vous conservera vos enfants et votre mari vous reviendra. Gardez de l’espoir. Combien en ce moment que l’on avait dit tués et qui donnent de leurs nouvelles ! ». Je l’ai remercié. Si seulement le bon dieu m’écoutait cette fois-là. J’en deviendrais folle de joie. J’en serais si heureuse.

Mon bon tit Lou, je t’aime.

(1) Voir le commentaire d’Armand en bas de page

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


En savoir plus sur le Cardinal Langénieux

 Le Cardinal Langénieux- Vitrail de l'élise de Louvergny (08)

Le Cardinal Langénieux- Vitrail de l’élise de Louvergny (08)

Crédit photo : François GOGLINS pour Commons Wikimédia


Mardi 18 janvier

En Belgique, entre Westende et Middelkerke, notre artillerie à longue portée a tiré sur un rassemblement ennemi qui a subi des pertes appréciables.
Deux avions ennemis visant Dunkerque ont été canonnés par nous et contraints de faire demi-tour. Ils ont lancé quatre bombes sur les dunes sans aucun résultat.
Entre Somme et Aisne, nous avons canonné les tranchées allemandes d’Herbécourt et de Moulin-sous-Touvent.
Au nord de l’Aisne, nous avons, par notre feu d’artillerie, causé de sérieux dommages aux organisations ennemies du plateau Vauclerc et de la ferme du Choléra (nord-ouest de Berry-au-Bac).
Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons bombardé à longue portée des entrepôts allemands près de Conflans-en-Jarnisy (sud de Briey).
Les Anglais ont encore avancé en Mésopotamie on ils espèrent délivrer prochainement le général Townshend.
Le roi du Montenegro a conclu un armistice avec l’Autriche. Cet armistice comporte la reddition de l’armée monténégrine.
Le général Sarrail commandera en chef les forces alliées à Salonique.
Le ministre des Finances d’Allemagne, M. Helfferich, a déclaré qu’il serait difficile à l’empire d’aller financièrement jusqu’au bout.
L’Angleterre va resserrer le blocus contre l’Allemagne et le signifier régulièrement aux neutres.

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Lundi 17 janvier 1916

Cardinal Luçon

Lundi 17 – Nuit tranquille ; + 2 ; violente canonnade française, un seul coup cependant ou la même batterie. Visite à l’école et aux caves Pommery, avec M. le Doyen de S. Remi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Lundi 17 Janvier 1916. Il y a un moment que je n’avais pas vu tes parents. Profitant du beau temps et du calme, je suis partie à 10 heures. Ils étaient heureux. Ils n’ont pas encore reçu de nouvelles de Blanchet. Mais je doute car ton papa a vraiment l’air abattu. Seraient-elles donc mauvaises ?

Le désespoir me reprend. Je suis triste mon tit Lou.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Lundi 17 janvier

En Belgique, notre artillerie, de concert avec l’artillerie britannique a causé de graves dégâts aux tranchées ennemies de la région d’Hetsas et provoqué deux fortes explosions dans les lignes allemandes.
Nos batteries ont opéré sur les abords de la route de Lille (sud du Thelus) et fait sauter un dépôt de munitions. A la cote 119 (nord-est de Neuville-Saint-Vaast), une du nos mines a détruit un petit poste allemand.
Lutte de bombes et de grenades dans l’Argonne (Vauquois).
En Lorraine, notre feu a dispersé un rassemblement ennemi au nord-est de Badonviller.
La lutte a repris avec plus d’intensité sur le front italien. Par contre, l’accalmie continue sur le front russe.
Les Anglais ont remporté un nouveau succès sur les Turcs en Mésopotamie.
Une partie de la presse suisse attaque le généralissime helvétique, général Wille, à propos de l’affaire des deux inculpés d’espionnage.
Le gouvernement serbe et les ministres alliés accrédités auprès de lui sont arrivés à Brindisi.
Les Italiens repoussent près de Goritz une violente contre-attaque autrichienne.


Reims, rue de Pouilly [ruines] : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

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