Louis Guédet

Lundi 6 décembre 1915

450ème et 448ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Tempête de vent et de pluie lourde toute la nuit et toute la journée. Fait tous mes préparatifs pour mercredi matin 6h. Mis tout en ordre pour la durée de mon absence. Cet après-midi retiré du Crédit Lyonnais les 6 paquets de valeurs de Boullenois. Que Dieu me préserve durant ce voyage et que je remette le tout sain et sauf, car il y en a pour un gros chiffre. Je suis fatigué, et ce moment là de la journée m’est toujours pénible.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Sous sa rubrique : « Le bombardement (445 e jour du siège) Le Courrier peut dire aujourd’hui :

Après une accalmie qui a duré plus d’un mois, les Boches se sont remis à la besogne depuis quelques jours. Leur tir d’ar­tillerie a été assez vif dans la journée d’hier. Nos pièces ont ri­posté vigoureusement.

Profitant d’une matinée sans pluie, les avions ont pris l’air, de part et d’autre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 6 – Nuit tranquille. Tempête de vent. Item toute la matinée. Jour­née calme. Visite chez M. Becker, mort ; à M. Sergent, malade.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Lundi 6 Décembre 1915.  J’apprends aujourd’hui que Dubois, le camarade de Gaston, vient d’être tué. Encore un ménage d’or et des parents en deuil. Que de tristesse !

La femme de ton parrain est venue avec ses enfants. Si tu avais vu André, comme il était heureux de jouer avec eux ! J’ai promis que j’irai les voir jeudi prochain. Marcel ne voulait pas repartir. Ils sont fous de notre petite.

Je pense toujours à toi mon Charles.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Lundi 6 décembre

Activité d’artillerie plus intense.
En Belgique, nous exécutons des tirs efficaces sur les boyaux de la région d’Hetsas, où l’on signalait des mouvements de troupes ennemies. En Artois, nos batteries ripostent à un bombardement violent de nos tranchées du Crassier-Double (sud-ouest de Loos ). Arras reçoit encore des obus incendiaires qui n’y font pas grand dommage.
Entre Somme et Oise, nous détruisons avec nos engins de tranchées, des postes ennemis, au nord d’Herbécourt et un abri de mitrailleuses sous coupole devant Tilloloy.
Lutte de mines à notre avantage dans la région de Frise, près de Tracy-le-Val et aux Eparges.
Dans le secteur de Macédoine, les Bulgares ont été repoussés par nos troupes près de Kosturino. Deux tentatives de passage ont été arrêtées par notre artillerie et par notre infanterie sur la Cerna.
Des patrouilles mixtes austro-bulgares sont entrées dans la ville de Monastir.
Une conférence franco-anglaise a eu lieu à Calais entre ministres et généraux français et anglais.
Sur le front italien, simple lutte d’artillerie.
Accalmie aussi sur le front russe.

 

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