• Monthly Archives: août 2015

Mercredi 31 août 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, journée item. Visite de M. le curé de Villers-Marmery (M. Masson) qui desservait l’ambulance établie dans son village. Visite au Bon-Pasteur. Reçu envoi de vêtements de la part de M. Hannoteaux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 31 août

Combats d’artillerie en Artois et dans la région de Quennevières, où nous avons bouleversé des tranchées et atteint des cantonnements allemands.
En Argonne, lutte d’artillerie, explosions de mines, combats de bombes et de grenades. Nous endommageons les tranchées ennemies à Courtes-Chausses, aux Meurissons et à Bolantes. Sur plusieurs points nos batteries ont eu le dessus.
Canonnade en Lorraine (Molicel, Besanges, Chazelles) et dans les Vosges (Linge, Rabodeau, Lannois).
Les Russes se sont retirés à l’ouest de Friedrichstadt; ils ont livré de violents combats sur la rive droite de la Wilia et entre cette rivière et le Niémen. Ils ont opéré un changement de front en Galicie pour éviter d’être tournés. Ce déplacement s’est accompli sous le couvert de combats au nord-ouest de Loutsk.
Près de Vlodava, un aéroplane russe a abattu un zeppelin et en a mis deux autres en fuite.
Les Italiens ont fait des progrès, après une lutte acharnée sur le mont Rombon, une des positions dominantes du Haut Isonzo. Leurs avions ont à nouveau bombardé l’aérodrome d’Aisovizza.
Les Allemands appellent les hommes de quarante-cinq à cinquante-quatre ans et les Autrichiens les jeunes gens de dix-huit
ans.

Source : La guerre au jour le jour

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Lundi 30 août 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille pluvieuse ; Questionnaire Baudrillart sur le mouvement (réveil) religieux : assistance à la messe ; pâques etc. Envoi de ce questionnaire à la Stamperia. Visite de M. Archambault.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Lundi 30 août

Combats d’artillerie dans un grand nombre de secteurs -spécialement dans le Nord (Hetsas-Steenstraete)- à Ablain, à Roye, à Chaulnes, au nord de l’Aisne (Craonne, Berry-au-Bac, Ailles, Courtecon); en Champagne, au nord du camp de Châlons, entre Meuse et Moselle (Pannes, Euvezin, Mortmare).
Violents corps à corps à Marie-Thérèse et à l’ouest du bois de Malancourt (Argonne), pour les possessions d’entonnoirs de mines dont nous restons maîtres.
Nous bombardons les tranchées sur tout le front de la frontière lorraine Gremecey, Bezange, Gondrexon, Embermesnil.
Lutte de bombes et de grenades à Metzeral.
Nos avions ont bombardé la gare et les baraquements ennemis de Grandpré, ainsi que les cantonnements de Moncheutin et Lançon (Argonne).
Les démarches de l’Allemagne sont de plus en plus froidement accueillies par les Américains. Ils ne se laisseront pas désarmer par quelques promesses sans consistance.
Les Russes luttent avec acharnement en Courlande, en aval de Vilna, au nord de Bielostok, sur la rive droite du Bug, sur le Haut-Bug, la Zlota-Lipa et le Dniester.
Les Italiens ont repoussé une série d’offensives autrichiennes dans la vallée de Sexten et dans divers districts du C
adore.

Source : La guerre au jour le jour


 

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Dimanche 29 août 1915

Cardinal Luçon

Nuit et matinée tranquilles. Voyage à Binson.
Visite ambulance. Conférence aux Prêtres-soldats (environ 25).
Bombe à Reims vers 2 1/2 et à une autre reprise.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Juliette Breyer

Dimanche 29 Août 1915. Il y a un an mon Charles, tu passais en gare de Reims sans pouvoir venir nous voir. C’était déjà une première déconvenue. Mais si tu existes mon Charles, ce que tu dois souffrir de ne pas savoir ce que nous sommes devenus. Et quand tu apprendras que tu as une belle petite fille qui est ton portrait vivant, qui est si douce, si aimante déjà ! Et ton petit coco si avancé, intelligent comme il est, tu en serais fier et nous lui ferons un bel avenir.

Mais reviens et tu verras comme nous t’aimerons. Bons baisers.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

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Dimanche 29 août

Action d’artillerie et bombardement efficace, de notre part, dans la région de Nieuport-Hetsas, et au nord d’Arras, à l’est de la route de Lille.
Lutte de bombes sur le plateau de Quennevières et de Nouvron.
Combat d’artillerie dans l’Argonne, avec supériorité pour nous, à la Fille-Morte, à Marie-Thérèse, à Saint-Hubert et au Four-de-Paris.
Canonnade au bois Le Prêtre, à la forêt de Parroy et à la Chapelotte, dans les Vosges.
Six taubes étaient partis : trois de la région de Soissons et trois de celle de Compiègne, se dirigeant sur Paris. Ils ont manqué leur objectif et ont lancé seulement quelques bombes sur Nogent-sur-Marne, Montmorency, Montfermeil, Ribécourt et Compiègne, où ils ont tué deux infirmiers et un enfant. Canonnés, ils ont rebroussé chemin. L’un d’eux a été abattu près de Senlis; le pilote a été carbonisé.
Des combats opiniâtres se livrent sur le front russe, vers Friedrichstadt, dans la direction de Dwinsk, et au nord de Bielostok.
Les alpins italiens ont enlevé les sommets du massif de l’Adamello et nos alliés ont encore progressé dans le Carso.
L’on accueille avec un réel scepticisme, aux États-Unis, les offres de l’Allemagne, qui paraissent peu sin
cères.

Source : La guerre au jour le jour

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Samedi 28 août 1915

Paul Hess

Communiqué publié aujourd’hui, mentionne ainsi la canonnade du mercredi 25 :

Paris, 27 août – 7 heures… L’ennemi a assez violemment bombardé la ville de Reims. Nous avons, de notre côté, exécuté un tir efficace sur les tranchées allemandes devant Cemay-les- Reims…

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 28 – Nuit tranquille ; matinée item. Visite au Général, non trouvé.

Visite à Mencière. Visite de M. Laluyaux et de M. Cailliau, vicaire à Saint-Thomas.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Samedi 28 août

Canonnade au nord d’Arras. Nous y avons bouleversé des éléments de tranchées ennemies et détruit un dépôt de munitions.
Canonnade dans la région de Roye et entre Oise et Aisne. Nous avons atteint par nos obus les cantonnements allemands.
L’ennemi a tiré à longue distance sur la ville de Compiègne. Une ambulancière a été tuée et une autre grièvement blessée.
En Champagne, à Auberive-sur-Suippes, une reconnaissance offensive allemande a été repoussée.
Lutte de mines en Argonne.
Dans les Vosges, au sud de Sondernach, nous avons rectifié notre front et activé notre installation sur la crête, entre Sondernach et Landersbach, nous emparant de plusieurs tranchées. Nous avons repoussé une contre-attaque. Les Allemands ont canonné Thann.
Le Reichstag allemand a manifesté sa joie de l’occupation de Brest-Litovsk qui lui a été notifiée. C’est maintenant Bielostok et Vilna que visent les armées germaniques.
Le comte Bernstorff a déclaré au secrétaire d’Etat américain et le chancelier de Bethmann-Hollweg a affirmé à l’ambassadeur des États-Unis, M. Gérard, que le cabinet de Berlin modifierait sa politique navale. C’est une reculade sur toute la ligne.
Une nouvelle grève de mineurs a éclaté dans le pays de
Galles.

Source : La guerre au jour le jour


 

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Collection : Patrick Nerisson

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Vendredi 27 août 1915

Paul Hess

Sifflements à 16 h 1/2.

Nous avons appris hier, à la mairie, que M. Guernier, conseiller municipal, a été blessé par un éclat d’obus, alors qu’il circulait à bicyclette, place d’Erlon.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Vendredi 27 – Nuit tranquille. Visite de M. l’abbé Thomas appelé sous les drapeaux, de Madame Gérard, directrice du Pensionnat de la rue du Trésor. 4 h. 1/2, bombes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Juliette Breyer

Vendredi 27 Août 1915. J’ai reçu une lettre de Charlotte. Elle a appris qu’à Paris il y avait une famille qui était nos cousins et dont le fils s’appelle Paul Deschamps, de Sainte Suzanne. Ce serait donc celui-là dont j’aurais reçu l’avis de la Croix rouge. Tu vois, on serait peiné pour quelqu’un qui ne serait pas des nôtres. Ils ont invité Charlotte à aller les voir et elle a été saisie en entrant. Il y avait une jeune fille qui était tout mon portrait.

Mon pauvre tit Lou, Les jours passent quand même. Je me rappelle tous nos bons moments. Je nous revois encore avec le bocal de cerises que nous avions. Ta petite femme, tant qu’il n’a pas été vide, t’en donnait un petit verre tous les soirs et le dimanche matin nous nous levions à 10 heures et nous causions tous deux dans notre lit. Et quand j’ai été malade la première fois, tu ne pouvais pas manger. Tout cela, ce sont des souvenirs qui ne s’effacent pas et que l’on regrette. Notre bonheur a été trop court.

Aujourd’hui j’ai un peu d’espoir et je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

Vendredi 27 août

Canonnade assez vive en Artois, autour de Souchez et de Neuville. Actions d’artillerie aussi dans la région de Roye et dans la vallée de l’Aisne, où nous avons visé les organisations allemandes au nord de Soissons.
L’ennemi bombarde Reims, tandis que nous exécutons un tir efficace sur ses tranchées à Cernay-les-Reims.
Lutte de grenades et de pétards en Argonne. Duels d’artillerie à Flirey, en Woëvre, à la Fontenelle, et à Lusse, dans les Vosges, dans la vallée de la Doller, en Alsace.
Grande activité de nos avions. L’un d’eux opère au-dessus de la gare d’Offenbourg (grand-duché de Bade); 62 au-dessus des hauts fourneaux de Dillingen, près de Sarrelouis; nos appareils bombardent des cantonnements à Pannes et à Baussant, en Woëvre, à Grandpré, Châtel, Cernay et Fléville, en Argonne; à Tergnier, la gare; à Vitry-en-Artois, le parc d’aviation; à Boisleux, la gare a reçu des obus. 60 avions français, anglais et belges ont allumé des incendies dans la forêt d’Houthulst. 127 obus ont été lancés par une escadrille sur la gare de Noyon.
Les italiens ont remporté un succès dans la région de Tonale.
Les Russes maintiennent les Austro-Allemands, qui tachent de converger vers Brest-Litovsk.
M. Pachitch, premier ministre serbe, s’est rendu auprès du régent de Serbie pour arrêter, d’accord avec lui, les termes de la note a remettre à la Quadruple Ent
ente.

Source : La guerre au jour le jour

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Jeudi 26 août 1915

Cardinal Luçon

… Nuit très bruyante : canonnades et bombes. Journée tran­quille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 26 août

Sur l’ensemble du front, canonnades plus ou moins violentes, au nord d’Arras, entre Somme et Oise, en Champagne, en Argonne, au bois Le Prêtre. Nos engins de tranchée et notre artillerie de gros calibre sont intervenus efficacement.
Combats à la grenade à Souchez, et dans les Vosges, au Barrenkopf. Dans le secteur d’Alsace, la lutte est devenue moins vive.
Un avion français a bombardé la gare de Loerrach (grand-duché de Bade). Un aviatik a lancé quatre bombes sur Vesoul. Une femme et un enfant ont été légèrement blessés. Dégâts matériels insignifiants.
Aux Dardanelles, à Suvla, l’aile gauche britannique a pris 800 mètres de tranchées turques. Plus au sud, combat de patrouilles. Une compagnie française a enlevé un poste d’écoute. Notre escadrille a bombardé le point de débarquement d’Achashiliman (côte d’Europe), au nord de Nagara. Un de nos avions a coulé un grand transport turc.
Entre Kovno et Vilna, les Russes contiennent l’offensive allemande. Ils se replient entre Bobr et Narew, sur la rive gauche du Bobr et ont fait sauter les ouvrages d’Ossowietz. Entre Narew et Bug, ils ont repoussé plusieurs offensives ennemies et fait des prisonniers. Une autre offensive a été arrêtée sur la rive droite du Bug.
Le comte Bernstorff a soulevé une vive irritation aux États-Unis, en demandant que le président Wilson attendît avant de se prononcer sur la destruction de l’Ara
bic.

Source : La guerre au jour le jour


Bois-le-Prêtre

Bois-le-Prêtre

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Mercredi 25 août 1915

Louis Guédet

Du Mercredi 25 août 1915, 346ème et 344ème jours de bataille et de bombardement

Au Mercredi 8 septembre 1915, 361ème et 359ème jours de bataille et de bombardement

St Martin aux Champs

Et le Jeudi 9 septembre 1915, 362ème et 360ème jours de bataille et de bombardement

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Dans le courant de l’après-midi, vers 17 heures, un aéroplane jette trois bombes sur Reims et quelques instants après, deux rafales d’obus s’abattent encore sur le centre de la ville.

– A 18 h 1/2, une démonstration de notre artillerie, qui acquiert de suite la pleine intensité, avec le bruit dominant des gros calibre, commence. C’est un vacarme assourdissant un très court moment d’accalmie se produit, les Boches ripostent instantanément ; leur tir aussi est rapide et durant trois heures quart d’heure, ce ne sont que claquements des 75, détonations de départ des 120 ou des 155, sifflements et explosions d’arrivées. Il y aurait de quoi affoler absolument quiconque ne serait pas accoutumé à entendre pareille cacophonies de coups de canon.

Au cours de ce véritable duel, les obus sont tombés nombreux en bien des endroits du centre, notamment aux environs de la place Royale

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 25 – Nuit tranquille avec grosses canonnades à 9 h. 1/2. Visite de M. de Vogué, de l’Académie Française, accompagné de neuf ou dix per­sonnages. Je leur explique mes vues sur l’intérêt qu’il y aurait pour le bon renom de la France, devant les Étrangers qui viennent déjà visiter Reims, à rendre à l’archevêque après la guerre, la demeure traditionnelle des successeurs de S. Remi. Bombes à 5 h. 1/2. M. Fernand Laudet m’a apporté le titre de «Président d’Honneur de la Croix-Rouge», offert à moi par le Comité. Il était accompagné par M. le Marquis de Vogué, de MM. Delan, Houlon, Farre et un autre. Premier numéro de la Revue rémo-ardennaise, dont M. Camu fut l’initiateur et fut le rédacteur.

A 5 h. 3/4, visite du Colonel Colas m’avertissant d’une canonnade pour 4 h. 1/2-6 h. 1/2. Canonnade française très violente ; riposte des Allemands : tout fait à 7 h. 5 m.. Un homme est tué sur son bateau, au Canal.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Actions d’artillerie en Belgique (Boesinghe); en Artois (nord d’Arras), entre Somme et Oise.
L’ennemi a lancé quelques obus sur Montdidier, mais notre artillerie a fait cesser son tir.
En Champagne (Perthes-Beauséjour) et en Argonne, lutte continuelle à coups de grenades et de bombes avec intervention des artilleries de divers calibres.
Une escadrille de sept avions a bombardé, dans la nuit du 23 au 24, les gares de Tergnier et de Noyon, lançant plus de 80 projectiles. Plusieurs incendies ont éclaté dans la gare de Tergnier. Tous les avions sont rentrés.
Le nombre des navires que les Allemands ont perdus en Baltique monte maintenant à douze : à la liste précédente s’ajoute un croiseur auxiliaire.
Sur le front oriental, la bataille continue à faire rage.
Les Italiens ont repoussé une série d’attaques ennemies sur le Cordevole et autour de Tolinino.
Une flotte anglaise a bombardé Zeebrugge.
La Chambre serbe a décidé, après avoir délibéré en séance secrète, d’approuver la politique de M.Pachitch, en ce qui concerne les négociations avec la Quadruple Entente et les concessions à faire à la Bulgarie.
Le comte Bernstorf, ambassadeur d’Allemagne, demande aux États-Unis de surseoir à toute décision au sujet de l
‘Arabic.

Source : La guerre au jour le jour

Soldat à Perthes

Soldat à Perthes

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Le blog du 409ème Régiment d’Infanterie

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Mardi 24 août 1915

Louis Guédet

Mardi 24 août 1915

346ème et 344ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Calme sur toute la ligne. Fais pas mal de courses. Audience ce matin de 9h à midi, conseil de famille, conciliations. Prestation de serment de Dondaine, notaire à Beine, seul suppléant d’avoué à Reims pour la Guerre, comme commis greffier de paix, me voilà réorganisé, cela durera-t-il ? Aurai-je de nouvelles défections ?

Mon déménagement est commencé, les minutes, dossiers, registres sont en sûreté 52, rue des Capucins chez mon pauvre ami Maurice Mareschal. Je m’y réfugierai à mon retour le 8 septembre 1915. Puissé-je y être enfin tranquille et à l’abri des obus !! Je vais donc quitter, le jour de ma fête St Louis 25 août 1915, cette maison maudite de la rue de Talleyrand 37. Où j’y aurais tant souffert depuis 1 an, seul, isolé, abandonné de tout et de tous. Quel calvaire. Je vais donc la quitter seul, sans un mot d’adieu, de pitié, de compassion, de bonté de qui que ce soit. Je vais la quitter pauvre, avec mes épaves, mes ruines, comme Job. Je suis sans un toit, sans un ami, sans un parent… (la suite est rayée) pour ni (rayé) soutenir dans mon (rayé)  ne m’a fait aucune allusion, ne parait pas (rayé) là sans un (rayé) que lui (rayé) qui est aussi (rayé) que lui !! J’espère cependant (rayé). Il n’est pas permis d’être plus (rayé).

C’est donc la dernière journée que je m’abrite ici, ce sera donc été la dernière nuit que je vais tâcher de me reposer, oublier pendant quelques heures ma misère, mes tortures morales, mes soucis de toutes sortes !! Cette nuit sera-t-elle calme ? Le tonnerre de la Guerre, les obus me laisseront-ils reposer en paix, au calme, cette dernière nuit dans mes pauvres ruines ???…  J’y ai tellement souffert, qu’il serait juste que cette dernière nuit soit au moins tranquille, et que St Louis et N.D. (Notre-Dame) me protègeront définitivement, et que l’aube du 25 une ère nouvelle se lève pour moi, toute de bonheur, de paix, de réussite, de prospérité, de succès, d’honneur pour ma femme et nos enfants, mon pauvre vieux Père et…  pour moi !! Et que mes vieux jours ne soient plus qu’une suite ininterrompue de toutes satisfactions bien méritées, bien gagnées, je crois…  Et qu’enfin on voit bien qu’après l’épreuve la récompense arrive toujours, inéluctablement.

Je pars le 25 – St Louis – Je rentre le 8 septembre, Notre-Dame !! Sera-ce pour la Délivrance, la Paix, le Bonheur de revoir un foyer, tous réunis !! Je le souhaite ! Je n’ose plus dire je l’espère !! J’ai tant souffert ici !! Adieu Maison ruinée, adieu Ombres de toutes sortes !! J’ai bien, bien souffert ici, adieu.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Nuit tranquille ; matinée item. Visite du R. Père Philippe, Rédemptoriste ; lu la lettre du Cardinal Mercier. Vœux de fête du clergé, interprétés par M. Compant.

Visite à la Visitation ; quelques bombes ; 3 aéros français évoluent au-dessus de la ville.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 24 août

Activité des deux artilleries dans l’Artois (Souchez-Neuville-Roclincourt) avec luttes de grenades et de bombes.
L’ennemi bombarde Arras, Montdidier et Reims. Nous avons riposté avec efficacité par notre tir sur les tranchées ennemies.
Canonnade entre Somme et Oise et entre Oise et Aisne. Lutte de grenades et de pétards en Champagne, sur le front Perthes-Beauséjour: une de nos mines, par son explosion, détruit une tranchée avancée de l’ennemi, près de Ville-sur-Tourbe.
Luttes de grenades en Argonne, à Fontaine-Madame et dans le bois de Bolante.
Après une préparation sérieuse, nous avons pris quelques tranchées dans les Vosges, au Linge et au Barrenkopf.
Nos avions ont bombardé les gares de Lens, Hénin-Liétard et Loos et la voie ferrée de Douai à Lille.
Les Allemands ont subi un véritable désastre naval dans le golfe de Riga. Au cours de leurs opérations des derniers jours, ils ont perdu, tant par le feu des navires russes que par l’action d’un sous-marin anglais, un dreadnought, deux croiseurs et huit torpilleurs. Une tentative de débarquement qu’ils ont faite à Riga a été repoussée avec des pertes pour eux.
Deux de nos torpilleurs ont coulé un destroyer allemand au large d’Ostende. Nous n’avons subi aucune perte.
M. Venizélos a complètement constitué son c
abinet.

Source : La guerre au jour le jour


 

Collection : Patrick Nerisson

Collection : Patrick Nerisson

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Lundi 23 août 1915

Louis Guédet

Lundi 23 août 1915

345ème et 343ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Calme complet, pas de bombardement jusqu’à présent. Je prépare mon déménagement qui ira bien j’espère. J’ai trouvé un caveau chez Maurice Mareschal qui sera parfait et de toute sécurité. Je propose mon départ pour mercredi. J’ai hâte de partir et de plus revoir mes ruines et mes épaves. On parle d’une victoire de la flotte russe sur la flotte allemande. Mais ceci ne nous avance guère, nous ici.

Vu Marcel Farré pour le conseil de famille de ses petits enfants. Ce sera pour mon retour. Je suis fatigué, las et découragé en voyant le désastre de nos pauvres meubles ! Quelle tristesse !! Je n’aurai de rien été épargné !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23-24 août 1915 – Journées calmes.

— Le service municipal de ravitaillement de la population ci­vile, délivre aux commerçants des denrées diverses, que la ville fournit actuellement aux prix suivants :

Farine : 46 F le quintal

Les prix antérieurs avaient été successivement :

  • 41 F le quintal, jusqu’au 19 septembre 1914
  • 42 F le quintal, à compter du 20 septembre 1914
  • 40 F le quintal, à compter du 15 octobre
  • 41 F le quintal, à compter du 30 octobre
  • 40 F le quintal à compter du 2 décembre
  • 42 F le quintal à compter du 23 mars 1915
  • 44 F le quintal à compter du 22 mai
  • 46 F le quintal à compter du 24 juin 1915

Le quintal de farine de seigle vaut 40 F et le quintal de gruau ndu 5 F de plus que celui de farine.

Le bois, est compté aux boulangers 16 F le stère ; le bois de chauffage, quand il y en avait, était taxé 20 F (on n’en livre plus).

Le prix fait aux maisons d’alimentation pour le sucre, a été d’abord de 90 F le quintal. Ce prix, après être monté à 92 F – 95 F puis 97 F, a atteint 100 F en avril 1915. Au 3 juin, il était de 102 F ; juin 105 F ; le 5 juillet il devenait 115 F ; le 21 juillet, il était à 147 F ; au 23 août, il est 120 F.

Pour le pétrole et l’essence, les prix de 30 et 50 F l’hectolitre, but, sont devenus 33 et 52 F, après avoir été 40 et 60 F.

L’alcool dénaturé, dont le prix était de 75 F l’hectolitre, est 105 F depuis juin ; on en a manqué et il s’est vendu jusqu’à 1.50 F le litre, au détail.

L’huile, de 115 F les 100 k. est passée, en juin, à 121 F.

Le sel est vendu aux boulangers 25 F le quintal ; il a été vendu des oignons 19 F le quintal ; des pommes de terre, de 10 à 18 F le quintal.

Le prix du charbon est fixé, depuis le 3 courant, à 75 F les 1000 k.

La mairie fait délivrer encore à son dépôt de la chaussée Bocquaine ; du plâtre, au prix de 2,50 F les 100 k. le fin et de 2,30 F le ainsi que des bâches vertes à 3 F. le m2 et des bâches goudronnées à 4 F le m2 (auparavant, les bâches étaient remises en location aux entrepreneurs ou particuliers, moyennant le prix de 0.20 : m2 par mois, avec décompte fait par quinzaine. Pour les immeubles découverts sur de grandes surfaces par les bombardements, cette location devenait, avec le temps, assez onéreuse).

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 23 – Nuit tranquille. Matinée : aéroplanes français, tir allemand. Item après-midi. Visite de M. Fendler, curé de Sillery.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Juliette Breyer

Lundi 23 Août 1915. Aujourd’hui nous avons reçu une lettre de Mme Copin. Elle avait eu notre adresse sur Le Parisien. Elle est au Mans ; elle s’est sauvée de Rethel le 29 août. Elle nous plaint. J’ai reçu aussi une lettre d’un monsieur de Paris qui a un fils qui s’appelle Charles Breyer et qui est sur le front. Tu vois comme c’est bizarre. Il demande s’il est de notre famille. Maintenant j’ai l’adresse d’un prisonnier qui a été blessé et disparu en même temps que toi. Je lui ai écrit. Tout cela me rend une nouvelle ardeur pour chercher. Pauvre grand, comme je te regrette et comme je t’aimerais.

Aujourd’hui on m’a dit que le petit Husson qui travaillait avec toi avait été tué. Tous les jours, et combien encore que l’on ne sait pas.

Je t’aime mon tit Lou. 11 mois …

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Lundi 23 août

En Artois, au nord de Souchez, une tentative d’attaque allemande menée par un faible effectif a été rapidement enrayée. Dans la région du Labyrinthe, combat à coups de grosses bombes. Canonnade violente autour de Neuville et de Roclincourt.
Canonnade aussi à Roye, à Quennevières, sur le front de L’Aisne et autour de Reims.
Lutte d’engins de tranchées aux Courtes-Chausses, dans l’Argonne.
Combat à coups de bombes, à Flirey, en Woëvre.
Une attaque ennemie a été repoussée sur la crête de Sondernach, dans les Vosges.
Un grave incident s’est produit entre l’Allemagne et le Danemark. Un contre-torpilleur allemand avant tiré des coups de canon, au mépris du droit international, contre un sous-marin anglais échoué dans les eaux danoises et l’ayant coulé, le cabinet de Copenhague a adressé une protestation à Berlin.
Les Italiens ont enregistré de précieux succès sur l’Isonzo.
Les Allemands ont perdu un croiseur et deux torpilleurs dans le golfe de Riga.
M. Venizélos garde, dans son ministère, le portefeuille des Affaires étrangères.
Une entrevue a eu lieu à Boulogne-sur-Mer, entre M. Ribot et M. Mac Kenna, chancelier de l’Échiquier brit
annique.

Source : La guerre au jour le jour

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Dimanche 22 août 1915

Louis Guédet

Dimanche 22 août 1915

344ème et 342ème jours de bataille et de bombardement

3h1/2  Nuit tranquille, temps froid ce matin, à nuageux et couvert en ce moment. Je remonte de la cave où nous avons passé 1/2 heure de 3h à 3h1/2, des obus assez près, relativement peu, mais c’était plus prudent et puis je suis si nerveux maintenant ! Mon déménagement, quand je songe que tout est à l’air maintenant, je tremble et cependant il me faut bien les sortir pour les sécher avant d’être définitivement empilés !… J’ai comme de la fièvre. Je crois qu’il est temps que je parte. Je n’y resterais pas. Si seulement c’était la fin et que dans quelques jours je n’avais plus ce cauchemar et que je puisse songer à rejoindre les miens. Quelle vie de misère.

Écrit à M. Jadart qui est toujours bien aimable avec moi, je lui porte de ces Notes, mais cela peut-il intéresser le public, l’instruire lui-même.

J’attends la visite d’adieu de ce bon abbé Andrieux, aumônier du 2ème régiment de fusiliers marins. Qu’il nous revienne bientôt, ce serait que la Guerre est finie ou tout au moins ce serait notre délivrance.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Une violente canonnade commence à 14 h. Les 75 et les gros­ses pièces font rage pendant une heure environ, avec de très courts intervalles utilisés aussitôt par l’artillerie ennemie, pour la riposte. Des obus passent en sifflant au-dessus du jardin de la rue du Jard 57, où je me suis rendu par cette belle journée de diman­che et que je puis quitter à 15 h 1/4.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Dimanche 22 – Nuit et matinée tranquille. Voyage à Binson manqué faute de laisser-passer. Pendant le dîner, le Général m’envoie avertir que vers 1 h. à 1 h. 1/2 nos canons vont répondre aux bombardements des trois derniers jours ; ce qui attirera probablement une riposte des Teutons(1). Le duel n’a pas été aussi terrible qu’on pouvait le craindre, et le bombarde­ment n’a pas été aussi terrible que celui d’hier. A 3 h. aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Rarissime forme péjorative dans les propos du Cardinal Luçon.

Lundi 23 août

En Artois, au nord de Souchez, une tentative d’attaque allemande menée par un faible effectif a été rapidement enrayée. Dans la région du Labyrinthe, combat à coups de grosses bombes. Canonnade violente autour de Neuville et de Roclincourt.
Canonnade aussi à Roye, à Quennevières, sur le front de L’Aisne et autour de Reims.
Lutte d’engins de tranchées aux Courtes-Chausses, dans l’Argonne.
Combat à coups de bombes, à Flirey, en Woëvre.
Une attaque ennemie a été repoussée sur la crête de Sondernach, dans les Vosges.
Un grave incident s’est produit entre l’Allemagne et le Danemark. Un contre-torpilleur allemand avant tiré des coups de canon, au mépris du droit international, contre un sous-marin anglais échoué dans les eaux danoises et l’ayant coulé, le cabinet de Copenhague a adressé une protestation à Berlin.
Les Italiens ont enregistré de précieux succès sur l’Isonzo.
Les Allemands ont perdu un croiseur et deux torpilleurs dans le golfe de Riga.
M. Venizélos garde, dans son ministère, le portefeuille des Affaires étrangères.
Une entrevue a eu lieu à Boulogne-sur-Mer, entre M. Ribot et M. Mac Kenna, chancelier de l’Échiquier brit
annique.

Source : La guerre au jour le jour

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Lettre au Papa

Pendant que tu défends la France,
Je t’envoie la Fleur de l’espérance !

 

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Pour changer, une carte qui n’est pas une vue de Reims, mais un visuel faisant appel aux sentiments patriotiques des français… avec une petite fille qui pense bien fort à son Papa, sur le front, défendant la chère patrie.
Cette carte, proposée par Michel Thibault a encore une fois, un texte bien émouvant, que je vous laisse découvrir ci-dessous.

Charenton, le 21 août 1915
Maurice, mon cher Maurice,
pourquoi ne m’écris-tu pas, est-ce que tu serais malade et que Georges n’est pas près de toi ?
Mais ce n’est pas raisonnable, tu sais cependant bien comme je trouve le temps long sans lettre et tu sais que cela fait le 14ème jour sans recevoir de lettre.
Je n’ose même plus aller demander puisque chaque fois on me répond il n’y a rien pour vous aujourd’hui, et je ne sais plus qu’imaginer.
Allons mon cher Maurice, écris-moi un petit mot, quant ce ne serai que ta signature.
Kléber se joint à moi pour t’embrasser bien fort, sans oublier le Georges, et le bonjour à tous les camarades et Sarassin et Boquet, je leur avais écris, et le père Michel aussi, et personne n’a de réponse.
On trouve cela bien drôle et on s’ennuie.
Je t’embrasse, ta femme qu
i t’aime.
Nanni.

Encore une fois, ce qui importe le plus, c’est de recevoir des nouvelles, et c’est valable dans un sens, comme dans l’autre. On attend fébrilement chaque jour des nouvelles des proches qui se trouvent « à la guerre »…
et les soldats reçoivent avec impatience les courriers de la famille, qui leur remonte le moral et leur donne l’espoir de vivre et de vaincre.
Cette lettre nous montre combien il devait être difficile d’attendre d’hypothétiques courriers. Tous les jours, on court à la poste avec espoir.
On imagine bien qu’une journée sans courriers, sous nouvelles, et c’est l’esprit qui galope, les craintes s’installent.
Pourquoi n’a-t-elle pas reçu de courrier ? les raisons peuvent être diverses, impossibilité d’écrire, problèmes d’acheminement du courrier, etc, et on pense forcément au pire… l’attente devient rapidement interminable.
Là, cela fait 14 jours que Nanni n’a pas reçu de courrier de Maurice… tout peut arriver en 14 jours !
Postérieurement, nous adressons à Nanni et Maurice une petite pensée émue, en espérant qu’ils aient pu passer l’épreuve de la guerre, et se soient enfin retrouvés.

Laurent ANTOINE LeMog – AMICARTE 51

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Samedi 21 août 1915

Louis Guédet

Samedi 21 août 1915

343ème et 341ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Nuit calme, matinée de même. Vaqué à nos affaires, et attendu prudemment pour sortir l’après-midi. En effet à 2h sonnant la danse a recommencée, comme depuis 5 jours ! C’est notre quartier qui a écopé. Varin 2 obus, Pharmacie de Paris 1 obus, dans notre rue, rue du Clou dans le Fer 2/3 obus, rue de Vesle chez Madame Luzzani, près de Venot place d’Erlon (5/6 victimes), etc… Enfin nous étions aux premières loges. Passé cette heure angoissante dans la cave. Ils tiraient par rafales de 2 – 3 – 4 obus à la fois. Je tremblais pour mes pauvres épaves qui sont chez Martinet. Quelle misère et quelle vie. J’ai rencontré à nouveau cette espèce de métronisation du cœur quand les obus sifflaient bas au-dessus de ma tête, mon pouls battait plus vite et fort. J’étais et je suis fiévreux. Et j’ai aussi remarqué que cette émotion ? influait sur ma vue, une espèce de fatigue nerveuse, qui me gêne pendant quelques heures pour fixer les objets de loin dans la rue notamment, c’est assez singulier, mais c’est bien gênant, je suis obligé de faire un effort pour fixer et distinguer l’objet que je regarde. Hélas quand ce sera fini, je paierai certainement tout cela, c’est trop et trop long, à moins que je ne succombe avant la fin ! Je suis si las ! si découragé ! si désemparé !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

A 14 heures, le bombardement reprend comme les jours pré­cédents. Quelques sifflements isolés se perçoivent d’abord puis, rapidement, les obus arrivent aujourd’hui, par rafales de quatre.

Le personnel de l’hôtel de ville, qui vient de rentrer dans les bureaux, en sort pour se diriger vers les sous-sols ou se répandre dans les couloirs. Ceux-ci sont vraiment trop bruyants ; je préfère rester à la « comptabilité », d’où j’entendrai au moins les sifflements, tout en profitant de cette interruption forcée pour fumer quelques cigarettes. Ce bombardement assez violent, dure une heure envi­ron.

A 15 h 1/4, chacun a regagné sa place et repris ses occupa­tions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 21 – Nuit tranquille ; matinée item. 2 h. grosse bombe sifflante ; très violent bombardement sur la ville, bombes très lourdes, gros calibre. (Théâtre, Palais de Justice, maison Luzzani rue de Vesle (où avait couché Napoléon I), dit M. Compant. Visite de M. Claudin, du P. Lazariste de Roure (supérieur). On dit aux Petites Sœurs des Pauvres, à l’Hôtel de Ville, qu’il y a 15 victimes. Une derrière la maison de M. Compant (faux) 3 Maison Luzzani.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Samedi 21 Août 1915. Sur Le petit Parisien nous avons fait mettre nous deux Charlotte ton nom et celui de Paul avec toutes les explications que nous avons pu donner. Si seulement cela réussissait ! Depuis si longtemps, quand tous mes souvenirs me repassent par la tête, quelle souffrance j’endure. Et ce que je regrette le plus, vois-tu, c’est notre petit nid de la rue de Nogent. Qu’on y était bien ! Redeviendrons nous aussi heureux ? Reviendras-tu mon Charles ?

J’ai reçu la nouvelle que M. Commeaux est mort à Épernay. Encore un de moins. Mais sais-tu mon Charles, j’appréhende maintenant de rentrer chez moi. Mon commerce ne marchant plus, ils ne vont peut-être pas me le rendre. J’aime mieux ne pas y penser. Je ne sens plus ma pauvre tête. Je ne suis heureuse que quand je dors. Dormir toujours, que ce serait bon…

Je t’aime toujours mon Charles.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


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Collection Gallica-BNF

Samedi 21 août

Bombardement réciproque à Bailly, sur les bords de l’Oise, au plateau Quennevieres; en Champagne, à Perthes-Beauséjour; entre Argonne et Meuse (région de Béthincourt-Haucourt).
En Artois, après une violente action d’artillerie et trois nouvelles contre-attaques, l’ennemi a réussi à reprendre pied dans les tranchées que nous lui avions enlevées sur le chemin d’Ablain à Angres. Il a subi des pertes sensibles.
Lutte de mines dans l’Argonne, à Vienne-le-Château; coups de pétards et de grenades dans le secteur de Saint-Hubert et de Marie-Thérèse.
Les pertes allemandes ont été très importantes au Lingekopf et au Schratzmaennele, en Alsace. On a trouvé un grand nombre de cadavres ennemis dans les 250 mètres de tranchées que nous avons conquis.
Aux Dardanelles, combats de patrouilles et lutte d’artillerie dans la zone sud. Dans la zone nord, l’aile gauche anglaise a réalisé des progrès dans la plaine d’Anasarta.
Les Allemands annoncent qu’ils ont pris Novo-Georgiewsk, où ils auraient capturé du matériel.
Un sous-marin avait torpillé, le 19, le steamer anglais Arabic. On apprend que six passagers, dont trois Américains et trente-huit marins ont péri. Cet acte de banditisme surexcite à nouveau les colères américaines.
M. de Bethmann-Hollweg a prononcé, au Reichstag, un discours où il essaie de justifier sa poli
tique.

Source : La guerre au jour le jour

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Vendredi 20 août 1915

Louis Guédet

Vendredi 20 août 1915

342ème et 340ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Même leitmotiv. Nuit calme. Présidé commission d’allocations militaires ce matin. Bombardement de 2h à 3h rues Buirette, de Thillois, place d’Erlon, descendu à la cave à cause d’un inspecteur d’enregistrement de Sézanne, M. (en blanc) qui entendait cela pour la première fois. Il y était encore quand je suis sorti pour faire mes courses !! Il n’en a pas l’habitude ! Je suis toujours fort las et découragé. L’abbé Andrieux me disait hier qu’il avait demandé à prendre ses 4 jours de permissions parce qu’il craignait une attaque générale due à l’initiative des allemands vers le 8 septembre, et qu’il désirait être là près de ses fusiliers marins lorsque la danse commencerait. Dieu l’entende et qu’enfin nous soyons enfin délivrés. Je ne tiens plus. Je n’ai même plus de volonté. Je me tiens à mon devoir que machinalement. Je suis usé. J’ai tellement souffert ! Que d’épreuves ! Je n’en puis plus !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

À 14 h 15, ainsi qu’hier, les sifflements suivis d’explosions à peu de distance de la mairie, recommencent à se faire entendre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 20 – Nuit tranquille. Matin item. A 2 h. Visite aux blessés am­bulance n°17 ; blessés civils des derniers jours. Bombes nous obligent à retarder notre retour.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Vendredi 20 Août 1915. Il y a des lettres que j’avais envoyées à des prisonniers qui me sont revenues avec la mention ‘inconnu’. Tiens, je n’avais pas pensé à te dire que l’oncle Edouard avait eu un accident. Il a été piétiné par ses chevaux à la gare Saint Charles où on expédie les marchandises. Transporté à l’hôpital, il y est mort aujourd’hui. Il n’a été que 10 jours malade.

En même temps que lui on enterre une jeune dame Courte du faubourg Céres qui a été tuée par le bombardement. Elle laisse trois petits enfants et son mari est au feu. C’est que c’est une drôle de vie à Reims. Tous les jours en ce moment on compte une dizaine de victimes. Les nôtres tirent aussi beaucoup. Les 75 qui se trouvent caserne Jeanne d’Arc ont fait feu à volonté pendant une heure. A ce qu’il paraît, ils auraient détruit un ouvrage boche au Linguet. Mais ça n’avance pas vite.

J’ai vu Reppel et le cousin Émile Rollin aujourd’hui. Ils sont en permission et ils ont poussé jusqu’à Reims. Ils sont saisis de voir la ville comme cela et encore plus d’entendre le bombardement. Ils ne sont pas au feu ; ils sont à Troyes.

Enfin encore une journée. Je te quitte mon chipot. A toi toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Vendredi 20 août

Grande activité sur le front en Artois. Nous avons pris le carrefour de la route Béthune-Arras et du chemin d’Ablain-Angres, où la position allemande faisait saillant dans notre avant-ligne. Nous avons capturé cinq mitrailleuses et un certain nombre de prisonniers.
Au nord de Carleul, l’ennemi qui avait bombardé nos positions à courte distance a ensuite tenté des attaques que nous avons repoussées. Fusillade dans la région Berles-Adinfer.
Canonnade entre Oise et Aisne, dans le secteur de Vailly, ainsi qu’à Quennevières et à Nouvron.
En Argonne, notre artillerie manifeste sa supériorité à la Fontaine-aux-Charmes et à Marie-Thérèse.
Lutte dans les Vosges, sur le sommet du Linge. Nous prenons une tranchée au Schratzmaennele.
Les Allemands sont entrés dans Kovno, où ils prétendent avoir saisi un matériel important.
Les Italiens ont démoli un fort au Tonale et en ont occupé l’emplacement. Sur toute la ligne de l’Isonzo, ils demeurent inébranlables dans leurs positions, malgré les offensives réitérées des Autrichiens.
M. Pachitch a convoqué la Chambre serbe en séance secrète pour lui communiquer les proposition de la Quadruple Entente.
Les journaux italiens réclament de nouveau la rupture avec la T
urquie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Jeudi 19 août 1915

Louis Guédet

Jeudi 19 août 1915

341ème et 339ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Nuit calme, le temps parait se remettre. Révision des allocations militaires pour les commerçants, où il y avait de graves abus. Au comité secret : Jallade, Beauvais et moi. Demain à la même heure 9h1/2, réunion de la Commission pour trancher les cas douteux et service délivrance des allocations. Après-midi vers 2h, comme j’allais à la Poste, bombardement pendant 1h, des victimes. J’ai continué mon chemin tandis que cela tombait de la rue de Vesle à l’Hôtel de Ville. En rentrant eu la visite de l’abbé Andrieux, aumônier de 2 régiments de fusiliers marins à Nieuport, très crâne. Hier il m’avait salué Porte de Paris en auto, je ne l’avais pas reconnu avec sa barbe et son calot avec ses 2 ancres. Il m’a conté quelques unes de ses aventures de sa vie dans les boues et les eaux de l’Yser ! C’est effrayant. Dimanche dernier il a faillit être tué pendant qu’il prenait le thé avec son colonel et son aide de camp, un éclat d’obus a brisé le sucrier qui était sur leur table dans le jardin du notaire de Nieuport où ils logent…  dans la cave. Auparavant il a vu un médecin tué à ses côtés dans une tranchée. Il attend d’un moment à l’autre la Croix de Guerre, et après, le ruban rouge, c’est très chic et mon petit abbé va bien, je l’avais deviné. Il a vu un jour faucher avec nos mitrailleuses et nos 75 2 régiments allemands criant : « Nach Calais ! » en sortant de leurs tranchées à 300m. Les nôtres ont attendu à 200 mètres, puis les allemands brisés, fauchés comme des blés, parait-il. Il suivait avec sa lorgnette les sillons que notre feu faisait de gauche à droite, c’était effrayant et en 20 minutes les 2 régiments n’existaient plus. A peine 100 allemands sont arrivés sur nos réseaux de fils de fer, où ils ont été tués à bout portant. Tout ce charnier là est resté et y est encore depuis 2 mois entre les 2 tranchées adverses. « Heureusement, m’ajoutait-il, que le vent ne porte pas de notre côté ! »

Pas un n’a réchappé, et pendant 3 jours et 2 nuits ils ont entendu agonir ces Prussiens !! Ils avaient demandé un armistice pour les enlever, on le leur a refusé, et mon doux abbé de dire : « On a bien fait, ce sont des bandits ! » Il a raison.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Vers 14 h 10, nous entendons, du bureau, un premier sifflement suivi d’autres, peu après. La mairie semble visée. Un obus ne tarde pas à faire explosion sur l’immeuble n° 1, rue des Consuls quelques minutes se passent et un autre projectile vient éclater sur le trottoir, devant la maison n° 1, rue Thiers, — enfin un nouveau sifflement annonce un obus qui, cette fois, fait explosion en touchant le bâtiment de l’hôtel de ville situé rue des Consuls.

Les 75 et les 120 ripostent, tandis que cela continue et c’est tout de suite un beau vacarme — puis le calme revient.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 19 – Nuit tranquille. Matinée, à 9 h., visite à Clairmarais avec le Père Fitzger. Bombes sur la ville et les batteries vers 10 h. Item de 2 h. à 3 h. 1/2. Bombes gros calibre sur la ville. Plusieurs personnes tuées rue de Vesle : un soldat et une bonne.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

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jeudi 19 août

Combats d’artillerie en Artois, au nord d’Arras; entre Somme et Oise, dans la région de Roye et de Lassigny; en Champagne, dans la forêt d’Apremont et à la Louvière et à la Vaux-Féry; au bois Le Prêtre, dans la région de la Croix-des-Carmes et sur le front de la Seille.
Lutte de mines près de Roye; lutte de bombes et de pétards en Argonne (Haute-Chevauchée, Fontaine-aux-Charmes, bois de Cheppy).
Toutes les tentatives de l’ennemi à Marie-Thérèse ont échoué.
Dans les Vosges, nous avons repoussé plusieurs attaques sur la crête de Sondernach.
Les Russes ont brisé diverses offensives dans les régions de Riga et de Jacobstadt, comme dans celle de Dwinsk. Devant Kovno, l’ennemi a employé l’artillerie lourde, puis a essayé de prendre d’assaut les fortifications de la gauche du Niémen. Il a enlevé un fortin. Il attaque également avec violence les travaux défensifs de Novo-Georgiewsk.
Les Italiens ont avancé sérieusement dans le massif de l’Ortler, et dans la vallée de l’Isonzo. Ils ont infligé un échec à l’escadre autrichienne qui essayait de reprendre l’île de Pelagosa.
Un nouveau raid de zeppelins a eu lieu sur la côte est de l’Angleterre. Il y a dix morts. Un dirigeable aurait été atteint.
M. Venizélos a été chargé par le roi de Grèce de former le ca
binet,

Source : La guerre au jour le jour

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Mercredi 18 août 1915

Louis Guédet

Mercredi 18 août 1915

340ème et 338ème jours de bataille et de bombardement

4h  Journée de douleur et de tristesses en voyant toutes nos épaves. Je me sens anéanti. C’est vraiment trop d’épreuves pour le même, toujours, toujours et toujours.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Après quelques journées de calme, la canonnade a repris violemment, aujourd’hui. Il y a eu riposte et des sifflements ont recommencé à se faire entendre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 18 – Nuit tranquille, sauf quelques coups de canons gros cali­bre (et bombes ?).

Visite du Commandant de Beaucourt relevé de son commandement (1). Canonnade violente et bombes sur nos batteries et sur la ville, vers 10 h.-11 h. Item à 4 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Curieuse mention de cet accident de carrière d’un officier supérieur relevé de son commandement, ce qui constitue une mesure d’une extrême gravité


Mercredi 18 août

Canonnade assez vive en Flandre, à Boesinghe, à Quennevières, et en Lorraine, à Arracourt et à Leintrey.
Combat de grenades à la Fontaine-aux-Charmes et à la Haute-Chevauchée en Argonne. Les Allemands étant sortis de leurs tranchées, y ont été rejetés par notre feu. Dans les Vosges, nous avons bombardé leurs positions à l’est de Munster, et pris possession d’un mamelon.
L’armée allemande est décidément arrêtée dans les provinces baltiques, les Russes ont refoulé l’ennemi loin de Mitau et avancé de plusieurs points sur la rivière Aa. Nouveaux combats sous Kovno, comme aussi entre Narew et Bug, où nos alliés ont infligé de grandes pertes à leurs adversaires.
Dans le Caucase et l’Arménie, la poussée russe continue. Un combat dans la région de l’Euphrate à été désastreux pour les Turcs.
Un sous-marin allemand a bombardé sans résultat Parton, Harrigton et Whitehaven, ports du Cumberland, sur la mer d’Irlande.
Les Italiens ont à nouveau progressé dans plusieurs vallées qui descendent du Cadore vers la Drave. Dans la région de l’Isonzo, ils ont fait 300 prisonniers.
Un sous-marin allemand a coulé en mer Egée le transport anglais Royal Edward, qui contenait, outre un équipage de 220 matelots, 1382 officiers et soldats : 600 ont été sauvés.
M.Venizelos a été mandé par le roi de Grèce, qui lui a confié la formation du cabinet.
Les nationaux libéraux allemands se prononcent énergiquement pour une politique d’an
nexion.

Source : La guerre au jour le jour


 

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