Bombardement sur le centre, dans la matinée ; éclatement dans le quartier de l’hôtel de ville.

A 17 heures, reprise du bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
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Samedi 8 – Matinée un peu bruyante. Aéroplane français ; tir de canons allemands sur lui ; tir des canons français sur les canons allemands. Bombes vers 10 h matin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 8 Mai 1915.

Nous avons reçu une carte de Charlotte. Elle est arrivée à bon port. Elle dit que son voyage a été triste car tout le long du parcours elles n’a vu que des tombes de soldats. C’est navrant. Ton papa n’est plus chez M. Boulanger ; sa dame est très malade, alors ça le gêne. Tu vois que j’ai bien fait de ne pas y aller. Ils ont loué une maison à côté dont les gens sont partis. Ton papa me réclame pour que j’aille avec eux. Il y a du danger aussi puisque ta maman est descendue plusieurs fois à la cave car ça bombardait par là. Ils voudraient qu’André soit avec eux. Mais avec deux enfants et ta maman qui ne peut rien faire, je ne veux pas les gêner.

Je m’ennuie encore aujourd’hui. Tu me manques mon Charles de plus en plus. Je voudrais être plus vieille. Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne
Samedi 8 mai

Quelques attaques secondaires, le temps étant généralement mauvais, à l’ouest de Péronne, à Beauséjour et à Bagatelle. Combats d’artillerie à Vauquois et sur les Hauts-de-Meuse.
Un nouveau forfait, plus odieux que les précédents, a été commis par la marine allemande. Le grand paquebot anglais Lusitania, de la Cunard Line, qui contenait 1978 personnes, a été torpillé au large de la côte d’Irlande.
Les Russes ont livré des combats favorables à leurs armes en Courlande. Ils ont remporté un succés important en Pologne; en Galicie, autour de Tarnow, ils ont subi de lourdes pertes, mais autour de Stryj, ils ont fait 2000 prisonniers.
Les Chambres italiennes ne se réuniront que le 20 mai, au lieu du 12, comme il avait été préalablement arrêté. Le prince de Bülow a fait au roi et au pape deux visites qui ressemblent à des visites de congé.
Le japon a réellement lancé à la Chine un ultimatum qui expire le 9, à six heures du soir.
Il est avéré que ce sont des spéculateurs sans scrupules qui avaient fait courir à Berlin le bruit d’une énorme victoire allemande dans les Carpathes.
M. Ribot a prononcé à la Chambre un magnifique discours pour justifier le projet financier qu’il a fait voter, et qui élève à 6 milliards la limite d’émission des bons du Trésor.

 

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