• Monthly Archives: mai 2015

Lundi 31 mai 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille ; canon français 8 à 9 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

le 31 ils partent à Cormontreuil,

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Lundi 31 mai
Avance des troupes françaises à Pilleken (Belgique), vers Ablain, dans la région de Lorette, au bois Le Prêtre, au Schnepfenrieth, en Alsace. Dans la région de Chavli, les Russes ont largement progressé et les Allemands battent en retraite désordonnée. Les Allemands ont également reculé et subi des pertes énormes aux abords de la vallée du San. Leurs attaques ont été vigoureusement repoussées, depuis le grand marais du Dniester jusqu’à Doliena. Sur la Lomnitza, les Russes ont fait 3200 prisonniers, dont 72 Officiers. En Arménie, ils ont occupé après Van, Ourmia. L’armée italienne qui marche sur le Trentin s’est rendue maîtresse de plusieurs points de la route de Brescia à Riva. Elle a enlevé un fort autrichien au nord du plateau d’Asiago. C’est l’archiduc Eugène qui prend le commandement en chef des forces autrichiennes de ce côté. Les alliés ont avancé de deux kilomètres dans la presqu’île de Gallipoli. La note de l’Allemagne est parvenue aux États-Unis. On dit que M. Wilson ne se contentera pas d’une réponse évasive et qu’il réclamera la cessation de la piraterie navale à l’égard des navires américains. Il est maintenant avéré, au dire des experts, que le Nebraskan a été torpillé. 
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Dimanche 30 mai 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille ; fusillade intermittente. 4 h matin, gros coups de canon. 4 h 1/2 soir, bombes au loi ; canonnade.

Retraite du mois.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 30 mai

Dans la région au nord d’Arras, la nuit du 28 au 29 avait été marquée par une lutte d’artillerie très violente, l’ennemi ayant spécialement bombardé les pentes de Lorette. Au jour, nous repoussons d’abord une attaque sur Ablain-Saint-Nazaire, puis nous prenons l’offensive et enlevons les dernières maisons de ce village encore occupées par nos adversaires. C’était une affaire très chaude, au cours de laquelle nous anéantissions et mettions en fuite trois compagnies. A Neuville-Saint-Vaast, de même, nous conquérions un nouveau groupe de maisons. Près de Thiescourt, aux abords de Lassigny, nous avons abattu un aviatik, qui a pris feu en tombant en avant de nos lignes. Les Italiens, par leur feu d’artillerie, ont endommagé plusieurs forts autrichiens du côté du col de Torsala. Ils ont enlevé la ville d’Ala, à la frontière du Tyrol, entre Vérone et Trente, continué leur pénétration en Carniole et en Frioul. Ils ont capturé un hydravion autrichien. M. de Bethmann-Hollweg a prononcé un discours d’une extrême violence au Reichstag, discours dirigé surtout contre l’Italie. L’Allemagne a remis sa réponse à la note américaine au sujet du Lusitania. Un sous-marin a coulé le vapeur anglais Ethiopie. Les marins du Léon-Gambetta, internés en Italie et libérés par cette puissance, vont rentrer en France. L’armée russe, maîtresse de Van, a occupé aussi Ourmia, en Arménie. 

Et aussi :

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Samedi 29 mai 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille ; fusillade intermittente. 4 h matin, gros coups de canon. 4 h 1/2 soir, bombes au loin ; canonnade.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1http://14-18.documentation-ra.com/wp-admin/post.php?post=560&action=edit918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Samedi 29 mai

De nouvelles attaques de l’ennemi ont été repoussées à Angres, A Ablain, l’offensive de nos troupes se poursuit avec un plein succès. Elles ont pris un îlot de maisons, puis d’importantes tranchées. Malgré une nouvelle contre-attaque, elles ont gardé tout le terrain conquis. Plus à l’est, elles ont pris un gros ouvrage, le fortin des Quatre-Boqueteaux, où la lutte a été des plus vives. De nombreux prisonniers on été faits. A Ecurie-Roclincourt, violent bombardement. Aux lisières du bois Le Prêtre, une dernière attaque nous a permis d’arriver en deux points à la route de Fey-en-Haye à Norroy; nous avons fait 150 prisonniers. Nous avons aussi réalisé des progrès en Alsace, au Schnepfenrieth. Les Russes ont avancé dans la région de Chavli (Courlande), où ils ont pris 1000 Allmands. 6000 Austro-Allemands ont été capturés en Galicie. Au nord de Sieniawa, qui a été enlevée, il y a eu encore 1000 prisonniers. En Arménie, nos alliés sont entrés dans Van. D’après le communiqué de l’amirauté italienne, la flotte austro-hongroise a eu plusieurs unités endommagées au cours des opérations navales du 24. L’armée italienne a occupé Grado, dans le frioul. La 12eme armée austro-allemande se concentre à Botzen, dans le Trentin. En sautant dans le port de Shernees, le croiseur auxiliaire anglais Princess Irene a fait 400 victimes. 

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Vendredi 28 mai 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf fusillade presque continuelle, ou à intervalles très rapprochés.

Visite d’un Lieutenant envoyé par le Colonel Malapert.

Lettre du Capitaine de Careur (?). 2 h 1/2 bombes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Vendredi 28 mai

Nous avons consolidé sérieusement nos progrès dans le Nord. Au nord d’Arras, l’action reste très chaude. Près d’Angers, nous avons rejeté deux attaques et infligé de grosses pertes à l’ennemi. Près d’Ablain, nous avons enlevé plusieurs tranchées, puis le cimetière, qui avait été puissamment organisé par les Allemands et progressé en avant de ce cimetière. Nos troupes ont fait 400 prisonniers, dont plusieurs officiers. Un combat d’artillerie s’est livré un peu plus au sud.
Une escadrille de nos avions a bombardé à Ludwigshafen, sur le Rhin, la grande fabrique Badische-Anilin, convertie en usine d’explosifs.
Les combats ont accru à nouveau leur intensité – au front oriental, à Ossowietz, en Pologne, et sur toute la ligne qui va de la Vistule au Dniester. C’est principalement sur le San qu’ils sont meurtriers.
Le croiseur anglais Triumph a été torpillé dans les Dardanelles.
les Italiens consolident leurs positions au Monte-Baldo, à la frontière du Tyrol, – et à l’Est de la voie ferrée Pontebba-Udine, sur la lisière de la Carniole et du Frioul.
Le comte Tisza, premier ministre hongrois, a prononcé un violent discours contre l’Italie.
Deux zeppelins ont survolé Southend (Essex), en Angleterre. Il y a deux morts.

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Jeudi 27 mai 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Journée tranquille. Visite au Docteur Simon. Je reviens coucher près de mon Bureau.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Jeudi 27 Mai 1915. Crois-tu, les photographies d’André sont déjà faites. Ton papa me les a apportées. Il est bien notre coco, tout naturel avec son petit panier et son béret ; il est à croquer. J’ai mis la plus belle de côté pour te l’envoyer si j’avais de tes nouvelles. Tu serais heureux. Il fait une moue dessus, comme toi à son âge. J’en ai envoyé une à Juliette Couronne et à Charlotte. Juliette le trouvera changé, cela fait un an qu’elle ne l’a pas vu. Il en a des jambes, il trotte toujours mais cela me fait un crève-cœur que tu ne sois pas là pour le voir grandir. Il ne t’oublie pas quand il dit : « Je vais écrire à mon tit papa Charles ». Il est sérieux.

Reviens vite mon tit Lou et tu verras comme nous te gâterons.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 Renée Muller

le 27 – 28 – 29 – 30 et 31 pas grand’ chose à signaler si ce n’est le 30 que l’on parle d’un départ.

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Jeudi 27 mai
Les troupes britanniques ont progressé dans la direction de la Bassée.
Dans le secteur Arras-Lens, l’ennemi a tenté de très violents efforts pour reprendre les positions qu’il avait perdues. C’est surtout dans la région d’Angres que s’est déployée son offensive. Elle s’est brisée à notre résistance sur la plupart des points. Nous avons réalisé une avance sur la route d’Aix-Noulette à Souchez. Malgré un feu d’artillerie intense, nous avons de nouveau gagné du terrain dans le fond de Buval et au nord-est de la chapelle de Lorette. A Neuville-Saint-Vaast, nous avons enlevé un groupe de maisons.
Un avion français a abattu un aviatik près de Braine (région de Soissons).
Notre escadrille aérienne a opéré avec succès à Roisel, à Saint-Quentin et à Douai.
De violents combats ont eu lieu sur le front oriental, dans les provinces baltiques, à la rive gauche de la Vistule et sur le San. Nos alliés, reprennent l’avantage.
L’armée italienne a pénétré en Autriche par les frontières Ouest, Sud et Est du Trentin. Le roi Victor-Emmanuel III a rejoint les troupes de première ligne, après avoir confié au duc de Gênes la lieutenance générale du royaume.
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Mercredi 26 mai 1915

Paul Hess

Nous apprenons par les journaux de Paris que l’Italie s’est décidée à intervenir au côtés de la « Triple Entente »(1), en déclarant la guerre à l’Autriche, le 23 mai.

– Le nouveau recensement opéré ces jours-ci, donne e chiffre de vingt-six mille habitants, résidant encore dans notre ville.

– Nous savons, à la mairie, que la farine fait presque défaut à Reims ; les boulangers n’obtiennent plus ce qui leur serait nécessaire, du service du ravitaillement. Espérons que cette gêne peu rassurante ne sera que momentanée.

Dans l’Écho de Paris du 22 mars dernier, nous avions pu lire une nouvelle intitulées : « La farine manque à Vienne ». Nous ne supposions pas que nous serions dans le même cas que les Autrichiens, à si bref délai.

D’autre part, la viande vient d’augmenter brusquement dans des propositions considérables et certaines autres choses sont devenues très chères – l’alcool à brûler se vend maintenant 1.50 F le litre.

(1) La Triple-Entente était composée de la France, du Royaume-Uni, de la Russie, et des empires qu’elles contrôlaient en tant que grandes puissances coloniales
Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 26 – Nuit et matinée tranquille. Visite à l’ambulance de La Haubette, maison Cama. Visite à la rue des Chapelains. Au R. Père Abelé à Clairmarais. Bombes vers 6 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Juliette Breyer

Mercredi 26 Mai 1915. Mon Charles, ce matin il faisait beau ; je me suis décidée, j’ai mis les deux petits dans la voiture et je suis partie pour Sainte-Anne. André était heureux. Il s’intéresse à tout. Comme tu serais content si tu le voyais maintenant. Il nous questionne sur tout. Il est intelligent. Bonne crotte.

J’étais à peine arrivée au canal qu’il est tombé plusieurs bombes sur le Champion et j’ai su ce soir qu’il y avait eu des soldats tués. Encore bon que nous étions passés. Tes parents étaient heureux. Ils ne se rendent pas compte du sacrifice que je fais et tout le monde dit que je ne suis pas raisonnable de conduire le enfants avec le danger. J’ai profité d’être à Sainte-Anne pour faire photographier André par le fils Boulanger. Il s’est bien laissé faire. J’ai passé quelques instants chez Mme Boulanger et le restant chez vous à coudre. Ta maman voudrait bien que je reste mais ils bombardent par là aussi. Leur logement est trop petit et puis je te dirai aussi que ta maman n’a plus le même caractère. Elle n’a pas la patience pour les petits.

Je termine pour aujourd’hui. Je pense toujours autant à toi et je m’ennuie. Je t’aime. Ta Juliette.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

Enfin bonheur le 26 nous revient ce bon 23ème

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Mardi 25 mai 1915

Paul Hess

Dans la nuit du 23 au 24, les Allemands ont tenté une attaque et nous avons entendu des sifflements.

Hier 24, la journée a été calme.

Aujourd’hui, bombardement. A 21 h 1/2, par une nuit très claire, j’entends voler un aéroplane et à 22 h, il laisse tomber quelques bombes, du côté du canal, de la porte de Paris, de la place Clovis, etc.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Place Clovis

Place Clovis


Cardinal Luçon

Mardi 25 – Nuit tranquille en ville, sauf d’énormes coups, canons ? bombes ? à différentes heures, notamment vers 3 h. A 10 h matin, canonnade française, bombes allemandes. Aéroplane à 6 h, canons français tirent contre lui.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mardi 25 Mai 1915. Je suis allée voir le colonel. Comme de bien entendu il n’était pas là mais son remplaçant m’a dit qu’il refuserait de me fournir un certificat. Du moment que ma maison était inscrite sur les registres de la ville comme étant dans une zone dangereuse, ça suffisait et que c’était Mignot qui devait s’occuper de cela. Je me suis rendue chez le commissaire et là ils m’ont dit que du moment que ma déclaration avait été faite le jour du vol, cela suffisait. Je suis donc revenue pas plus avancée. Seulement voilà ce que je vais faire : puisque je ne peux jamais voir l’inspecteur, je vais lui écrire et lui demander ce qu’il pense de cela.

Encore une journée de passée et toujours pas de nouvelles. Bons baisers et bonne nuit.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Le 24 ou 25 semblant d’attaque

Le 25 le 412 arrive ça ne me sourit guère … mais quels soldats

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Sur le front, le même jour : Les carnets de guerre d’Albert Thierry : le 25 mai 1915

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Lundi 24 mai 1915

Cardinal Luçon

Bataille de 7 h à 8 h. Visite du P. d’Halleux. Visite de M. Sainsaulieu.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Lundi 24 Mai 1915. Mon Charles, je suis allée chez Mignot aujourd’hui pour savoir ce qu’il en était de mon inventaire. L’inspecteur n’était pas là. C’est un comptable qui m’a reçue. La perte se monte à 6000 francs. C’est énorme mais ce que je n’ai pas trouvé bien, c’est que la maison me devait encore 60 francs et qu’ils les ont déjà retenus sur la perte. J’en ai parlé à ton parrain qui m’a donné la marche à suivre. Il faut que j’aille trouver le colonel commandant le secteur et qu’il me fasse un certificat comme quoi je ne suis pas responsable, étant évacuée. J’irai demain. Mon dieu, j’en ai par dessus la tête. Je voudrais être au bout de tout cela. Encore bon que j’ai mes deux petits cocos pour me changer les idées. Ils sont si gentils tous les deux.

Vivement que tu reviennes, et on oubliera tout. Pauvre Charles…

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 Renée Breyer

le 24 grand départ et adieux /

/ le soir du 24 arrive le 412 les téléph.

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Dimanche 23 mai – Pentecôte

Cardinal Luçon

Nuit tranquille en ville, sauf d’énormes coups, canons ? Bombes ? à différentes heures, notamment vers 3 h. à 10 h matin, canonnade française, bombes allemandes. Aéroplane à 6 h., canons français tirent contre lui.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

le 23 cette fois c’est pour du bon ils s’en vont nous en sommes très chagrins, au soir alerte,

à 2 h du matin comm off. l’Italie declare la guerre à l’Autriche

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

Voir la suite sur le blog : Activités de Francette: septembre 1916 – janvier 1917 : 3e carnet de guerre de Renée MULLER


 Fête de Jeanne d’Arc, 23 mai 1915, Établissement Henri Abelé.

Ce grand cellier à Vins de Champagne fut aménagé par M.H.A. en salle de Fêtes militaires durant les années 1915 et 1916. Le 23 mai 1915 une Messe solennelle en l’honneur de la bienheureuse Jeanne d’Arc y fut célébrée, avec accompagnement de musique militaire, en la présence de nombreux officiers et civils. Durant la cérémonie, des obus shrapnels apportèrent leur note émotionnante à cette fête, qui se déroulait à moins de deux kilomètres des lignes ennemies.

(retranscription de la légende du document)

Collection : Thomas Geffrelot

Collection : Thomas Geffrelot


 

Dimanche 23 mai 1915

Les troupes britanniques, attaquées au nord de la Bassée, ont vigoureusement repoussé l’ennemi en lui infligeant de fortes pertes. Au nord d’Arras, un violent combat d’artillerie s’est prolongé. Nous avons continué à prendre des maisons d’Ablain et à nettoyer les tranchées de la région, en faisant de nombreux prisonniers. Au nord de Neuville, nous avons arrêté une attaque.
Un taube, a lancé huit bombes sur Paris, dans le quartier du Champ-de-Mars; pas de victimes, dégâts insignifiants.
La poussée austro-allemande a faibli en Galicie. Les Russes ont repris heureusement l’offensive sur la rive gauche du San. Ils ont fait des prisonniers dans la région de Stryj; vers Opatow, l’ennemi demeure immobile.
Le roi d’Italie a décrété la mobilisation générale des troupes de terre et de mer. Il a mis en état de guerre les provinces du nord-est. Les ambassadeurs d’Allemagne et d’Autriche ont eu un suprême entretien avec M. Sonnino.
Une terrible collision a eu lieu à la frontière d’Écosse entre un train de voyageurs et un train utilitaire. Un grand nombre de soldats ont été tués.
Dans la presqu’île de Gallipoli, les troupes australiennes et néo-zélandaises ont infligé un échec aux Turcs.
Le roi de Grèce a subi une opération.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 22 mai 1915

Louis Guédet

Samedi 22 mai 1915 

252ème et 250ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Beau temps lourd, orageux. Toujours le grand calme impressionnant. Je pars à 1h. Dérangé continuellement. Pourvu qu’il n’arrive rien durant mon absence et qu’enfin je triomphe de tout et de tous.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Vers midi, ne trentaine d’obus s’abattent brusquement en ville, principalement sur le centre.

Le premier, tombe dans les ruines de l’ancien magasin de vêtement Gillet-Lafond, place Royale ; le deuxième éclate presque aussitôt sur le pavé devant la maison Hennegrave (anciennement Petitjean) également place Royale, à l’angle gauche de la rue Cérès. Un caporal du 291e d’Infanterie est tué là et deux soldats blessés, dont l’un très grièvement au ventre ; l’autre à la tête. En même temps qu’eux, un civil a été atteint.

On s’empresse à l’instant où je passe, sortant du bureau. Au coin de la rue Bertin et de la place, une marre de sang épais indique l’endroit où se trouvait le malheureux caporal quand il a été touché derrière la tête ; on l’avait transporté à côté, dans l’impasse, d’où on l’enlève ; une partie de sa cervelle est restée sur le pavé. L’auto des hospices emmène les soldats, tandis que la voiture de la Croix-Rouge prend le passant et deux autres personnes, atteintes probablement par des éclats de glace, dans le magasin de pain d’épice où elles se trouvaient quand se produisit l’explosion ; l’une d’elles porte dans les bras un bébé de quelques mois et tous sont couverts de sang.

Après quelques jours de calme, la vie de ce triste et poignant tableau ramène brutalement à la réalité des choses.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 


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Cardinal Luçon

Samedi 22 – Nuit silencieuse, sauf quelques coups sourds vers 9-10 h soir, canons ou mines(1) ? A 11 h 1/2 bombardement violent pendant une demi-heure. Visite de M. Garnier, neveu de M. Letourneau. Une bombe au Grand-Séminaire éventre le Donjon. Un artilleur tué Place Royale. Une femme blessée dans sa voiture ainsi que sa fille. 5 h, aéroplane contre lequel on ne tire pas, donc français (?).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Les mines terrestres étaient des dispositifs explosifs mis en place sous les positions ennemies par des galeries de mines et qui étaient chargées par un tonnage d’explosif parfois considérable. Le résultat était un cratère impressionnant engloutissant hommes et installations – comme à Berry-au-Bac, à la cote 108, à Vauquois et à la Ferme d’Alger, devant La Pompelle.

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Vendredi 21 mai 1915

Louise Dény Pierson

21 mai 1915 ·

Arrive le certificat d’études, fin mai 1915, dans le groupe scolaire Courlancy. C’est un évènement considérable dans la vie d’un enfant.
A l’oral, les filles font de la couture, les garçons du dessin. Mon voisin compose un tableau où des soldats se battent furieusement : Français perçant des Allemands à la baïonnette. La guerre nous marquait tous profondément.
Un mois après, c’est la distribution des prix qui a lieu dans le hall des caves Champion, Place Saint-Nicaise.
Un général préside le jury, je reçois le diplôme du certificat avec un prix qui est « Les voyages d’une hirondelle » et un certificat du général « qu’après X jours de bombardement la jeune élève L.D. a été reçue au certificat d’études ».
Note : sur cette photo, ma petite fille Isabelle m’a identifiée par un cercle rouge. Reconnaissez-vous vos aïeux sur ce cliché ?

L’image contient peut-être : 1 personne

Nous sommes tous très fiers de cette attestation, plus peut-être que de tout le reste !
Mais pour moi, ces 3 pièces seront détruites dans l’incendie de la ferme de mes grands parents à Vrigny, en 1918.
Le retour des caves Champion est assuré, comme à l’aller, par un camion conduit par un soldat, un bombardement commence, le camion file à toute vitesse, le conducteur ne veut pas s’arrêter quand nous arrivons au bas de ma rue.
Nous débarquons donc au groupe Martin-Peller et je dois revenir à pied, en rasant les murs. Les obus éclatent un peu partout.
Devant la porte de la Malterie, des officiers me font entrer dans le couloir, ils regardent mon prix et me félicitent, ils ne voulaient pas me laisser partir tant il y a danger. Je me sauve quand même sachant ma mère inquiète et je la trouve en effet venant au devant de moi. Nous rentrons indemnes à la maison.
Note : ci-dessous une photo conservée par la Ville de Reims qui montre des écoliers portant un masque à gaz. Ce cliché date du 11 janvier 1916.

 
Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Louis Guédet

Vendredi 21 mai 1915 

251ème et 249ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Journée lumineuse, lourde avec soleil nuageux nébuleux toute la journée. Calme ordinaire sauf vers 3h quelques coups de canons français, et quelques obus allemands. Mis mon courrier en ordre, rangé pas mal de chose en vue de mon départ de demain pour St Martin. En somme journée occupée sans enthousiasme. Je suis assez triste car mon Robert part pour la révision de la classe 17 aujourd’hui, pourvu qu’il soit ajourné comme son frère il est si peu fort aussi.

Reçu visite du gendarme François, ancien concierge de Charles Heidsieck qui m’apprenait qu’il avait arrêté des soldats la nuit dernière en train de vider une cave près de chez Jolivet, rue du Marc, et il…

La demi-page suivante a été découpée.

…le rencontre, il reporte mon esprit à ces types louches, falots et terribles de 1799, dont on n’a jamais pu analyser la mentalité ni éclaircir les allures, les agissements, les mobiles et les existences !…  singulier personnage que ce Legendre…  Si G. Lenotre (auteur dramatique 1855-1935) vivait dans 50 ans, je le livrerais à ses patientes recherches et à ses analyses ! Il y aurait certainement de curieuses choses à découvrir et de curieux chapitres à écrire sur ce type là !

Je pars demain à 1h revoir mes chers aimés, pourvu que je les trouve bien portants ainsi que mon vieux Père et que nous ayons de bonnes nouvelles de Robert.

La demi-page suivante a été découpée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Nuit très calme.

L’après-midi, vers 15 h, nos pièces se mettent à tirer, en réponse à un bombardement sur les tranchées.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 21 – Nuit silencieuse. Journée tranquille, sauf quelques coups de canons ou bombes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
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Jeudi 20 mai 1915

Paul Hess

A 11 h 1/2, des explosions d’obus envoyés en ville, se font entendre à nouveau.

– A 13 heures, accompagné M. l’abbé Divoir, dans une visite de l’intérieur de la cathédrale.

Le spectacle offert par le chœur où j’ai vu se dérouler tant de solennités inoubliables, est pénible et véritablement attristant. Les stalles, du côté du petit orgue, sont brûlées en grande partie ; celles d’en face ont été entièrement consumées, leurs bases en maçonnerie sont à nu.

A la suite de l’incendie du 19 septembre 1914, d’importants déblaiements ont été opérés ; cependant , des obus tombant encore fréquemment, occasionnent de nouveau dégâts. La voûte est abîmée ; on y voit, au-dessus du maître-autel, le passage d’un projectile qui est venu éclater auprès des marches, en brisant des dalles sur lesquelles il est tombé. La nef a été également très éprouvée. Plusieurs lustres en cuivre massif se sont détachés ; il en est de même dans les chapelles du pourtour. les vitraux, sauf peut-être trois ou quatre, ont été mis en morceaux, complètement ou en parie, par les éclats d’obus ou les déplacement d’air. Des tuyaux du grand orgue sont crevés ou bosselés.

Les tableaux, les deux chaires et l’orgue d’accompagnement, paraissent seuls à peu près intacts.

– L’administration municipale fait procéder, ces jours-ci, à un nouveau recensement de la population rémoise.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Jeudi 20 – Nuit silencieuse. 11 h matin, canon français : 1 coup ; riposte immédiate des bombes allemandes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

le 20 on parle fort d’un départ et de la 101ème brigade pour reprendre le sect.. de Reims

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Jeudi 20 mai
Le mauvais temps continue à contrarier les opérations. On ne peut signaler que des essais d’attaques ennemis arrêtés à l’est de l’Yser et au bois Le Prêtre. Nouveaux combats entre Russes et Allemands dans la région de Chavli (provinces baltiques). De grandes masses austro-allemandes demeurent en contact avec les armées du grand-duc Nicolas, depuis Opatoff , en Pologne, sur la rive gauche de la Vistule, jusqu’aux marais du Dniester. Près d’Opatoff, les Russes ont fait 3.000 prisonniers. Près de Jaroslaw, malgré les pertes énormes qu’ils subissent, les Allemands cherchent à se consolider sur la rive droite du San. Ils bombardent Przemysl. En Bukovine, les attaques austro-allemandes sont demeurées infructueuses. Les pertes des coalisés sont sensibles sur tout le front. Le chancelier allemand de Bethmann-Hollweg ayant énuméré, devant le Reichstag, les concessions offertes par l’Autriche à l’Italie pour obtenir le maintien de sa neutralité, le journal officieux de M. Sonnino, le GiornaLe d’Italia, riposte que ces concessions sont venues trop tard et que l’Italie avait déjà pris préalablement des engagements vis-à-vis de la Triple Entente. M. Asquith, le premier ministre britannique, déclare aux Communes que le cabinet qu’il préside va s’élargir, pour prendre le caractère d’un cabinet de défense nationale. Tous les partis y seront représentés. Une dépêche officielle du Caire signale les progrès des troupes franco-anglaises dans la presqu’île de Gallipoli. 
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Mercredi 19 mai 1915

Louis Guédet

Mercredi 19 mai 1915 

249ème et 247ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Toujours le calme… effrayant. Temps couvert avec pluie. Ce matin, commission des allocations militaires. Les journaux ne disent toujours pas grand-chose. L’Italie se tâte toujours. Et je me demande même que si elle jette son épée dans la balance si cela fera avancer beaucoup les événements et notre délivrance ! J’en doute, au train où cela marche…

La demi-page suivante a été découpée.

L’après-midi, monté jusqu’à la Place rue Dallier pour demander si l’on m’octroierait un laissez-passer pour ma pauvre femme. J’obtiens tout ce que je veux et même si je voudrais même la lune. Samedi avant de partir j’aurai un laissez-passer pour elle, sauf à ne pas m’en servir. De la rue de l’Union Foncière je vais pour dire à Luton ce que j’avais obtenu de Lallier de faire pour sa permission de 8 jours à travers les mailles de cette vieille ganache de Cassagnade… (trois points)

Causé avec un capitaine des G.V.C. (Garde des Voies de Communication), Melon, un de mes vieux pensionnaires, mystification d’un brave maréchal des logis de Gendarmerie à qui je reprochais que dans cette rue déserte de l’Union Foncière de ne rencontrer que des gendarmes que s’en était fourni ! Haut-le-corps du brave…   Porte-baudrier ! qui crie au capitaine Melon qui pissait dans un coin : « Mon capitaine, qu’est-ce que ce civil me dit ? » – « Je vous le recommande !! et ne le lâchez pas !… » Alors moi de répliquer : « Mon brave gendarme, je le regretterais pour vous, car si vous avez votre testament à faire ce serait impossible car je suis le seul notaire resté ici à Reims, et l’oiseau rare que vous coffriez par vous serait dans l’impossibilité de vous rendre ce service. » Tête du Caporal qui après tout ne peut s’empêcher de rire quand il répondit devant lui : « Ah ! Môssieur le Notaire ! Vous me la paierez celle-là ! Si jamais je vous pince après 21h du soir dans mes parages vous n’y couperez pas !! »

Entendu mon cher, Marché ! je serais enchanté que vous me procuriez un abri, car comme ma maison est brûlée, je dois vous avouer que je couche sous les ponts depuis 2 mois 1/2 et coucher sous un toit, même celui du bloc ce serait pour moi une nouveauté et un délice tout notaire que je suis, doublé de votre juge de Paix pour tout le territoire de Reims !

Le pauvre gendarme doit être encore figé dans sa rectification de position militairement. « Oh pardon Monsieur le Juge ! Je ne savais pas que c’était vous Monsieur Guédet, le notaire !! »

Je m’en fus moi dormir pas plus fixé pour cela, mais une chose m’inquiète : « Est-ce que mon gendarme est encore figé dans sa rectification de position…  militaire, scrogneugneu ! devant la porte de son cantonnement ? J’espère que non !

Je poussai jusqu’à la Poste au Pont de Muire pour demander si mon courrier me subirait pas une nouvelle quarantaine en le faisant renvoyer d’ici à St Martin. On m’affirme que non si je donne l’ordre de le renvoyer à St Martin du 23 au 31.

Rentré chez moi fatigué. Je me mets à ma correspondance que je déblaie et mets au point. Il est 7h. Je dîne et j’écris ensuite ces lignes. 9h1/2 calme plat, pas un obus, pas un coup de canon. Tâchons de dormir si les allemands le permettent. Dans mes lettres reçues une charmante de Madame Schoen – toute de cœur – elle a vu les de Vroïl et a été très touchée par leur affection pour moi, et de leur odyssée à Rocquincourt, Courcy à quelques kilomètres d’ici où ils n’ont pu reprocher quoique ce soit aux allemands, chose qui surprenait au possible cette bonne Madame Schoen !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Aujourd’hui, pas un sifflement, pas un coup de canon.

Le calme singulier qui règne sur la ville depuis plusieurs jours et plusieurs nuits, donne lieu aux suppositions les plus bizarres. Il est de nos concitoyens qui ne sont pas éloignés de croire que les Allemands ont pu modifier leurs positions et sont partis des hauteurs qu’ils occupaient depuis si longtemps devant Reims. D’autres moins crédules, ne prennent pas leurs désirs pour des réalités ; ils s’attendent encore à percevoir à tout moment, les sifflements de nouveaux obus et certains mêmes, ne se décident pas à dormir ailleurs que dans les caves.

Ce calme dont on ne peut jouir pleinement, permet tout de même de passer de meilleurs nuits, après une période de huit mois vécue le plus souvent, en ne dormant que d’un œil ou pas du tout.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 19 – Nuit et matinée silencieuses.

Visite à M. Grandremy de Balan.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
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Mardi 18 mai

Louis Guédet

Mardi 18 mai 1915 

248ème et 246ème jours de bataille et de bombardement

11h1/2 matin  Pluie toute la nuit qui a été calme. Je suis toujours inondé de plus en plus.

Reçu visite de l’abbé Dupuit, curé de St Benoit de Reims qui m’a remis le testament du pauvre abbé Thinot, tué à l’ennemi à Perthes-les-Hurlus. Visite d’Henri Abelé pour une citation en conciliation avec l’intendant militaire de Châlons-sur-Marne pour une automobile réquisitionnée et pour laquelle on lui offre 9 060 Fr quand elle lui a coûté 6 mois avant 14 000 Fr.

On m’apprend la mort de René Peltereau-Villeneuve, frère de mon confrère de Reims, la tête emportée à Givenchy ces jours-ci (tué à Notre Dame de Lorette le 9 mai 1915). Il était marié avec la fille de Pol Charbonneaux, et laisse 5 enfants.

La demi-page suivante a été découpée.

…qu’il m’a rendu durant ces derniers temps. J’en profiterai aussi pour voir l’intendant militaire pour l’affaire d’auto avec Henri Abelé. J’ai mon passeport signé d’avance pour le 22.

Quel calme ! il m’inquiète. La délivrance est si peu probable. J’ai déjeuné aux Galeries Rémoises avec Tricot et Masson notaire à Laon, actuellement maréchal des logis au 29ème d’artillerie cantonné aux Mesneux, celui-ci nous disait qu’on craignait encore un hivernage devant Reims. C’est à désespérer de tout !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Le calme continue ; cela semble anormal;- On procède, sous la direction de M. Loriquet, au déménagement des archives conservées à la bibliothèque de l’hôtel de ville. Elles sont transportées, par l’auto des pompiers, de la mairie à Sainte-Clotilde, pour être placées dans la crypte de cette église.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mardi 18 – Nuit tranquille, matinée silencieuse de part et d’autre. Écrit à M. Simond, « Echo de Paris », pour adresse du Personnel de la Caisse d’Épargne et de Prévoyance de Paris.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mardi 18 Mai 1915. Ton parrain vient de revenir de Paris où il avait passé cinq jours. Toute sa famille était malade, grippée. Ce n’est pas de chance. Sais-tu, je lui ai demandé si je ne le peinais pas en restant définitivement près de maman. Il m’a dit que j’avais raison, que cela la distrairait, du moment que les enfants se portaient bien, et que sa maison me serait toujours ouverte. Il est bon. Ton coco sera heureux. C’est qu’il ne veut plus quitter sa petite sœur.

Encore une journée de passée et toujours rien. Mais j’ai espoir. Je t’aime. Ta Juliette.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

/ je travaille aux capotes du capitaine ADAM serg. LEBOUR… et le lieut. BOUCHER

le 18 messe pour les artilleurs morts

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Lundi 17 mai 1915

Paul Hess

Calme étonnant.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 17 – Nuit tranquille ; journée tranquille jusqu’à 6 h soir. A 1 h orage.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Lundi 17 Mai 1915.  J’ai passé un dimanche triste, triste. La raison en est que je sais que le fils Collard, Alfred, a été tué il y a trois jours. Toute sa famille le sait. Il n’y a que la mère à qui on le cache et qui comme moi le croit prisonnier. Je me suis mis dans la tête qu’il en était de même pour moi, qu’on me le cachait peut-être. Et puis que veux-tu, on ne voit que des deuils autour de soi. M. Vandenberg a reçu le mortuaire de son fils Henri qu’on appelait ‘Le chemineau’. Il aurait été tué aux Eparges. D’Adolphe, il n’a pas non plus de nouvelles. Que je voudrais être plus vieille et de voir mes deux beaux petits si gentils et que tu n’es pas là pour les voir grandir…

Si tu voyais notre André, il cause et il chante, il fait la joie de tout le monde et il parle toujours de son tit papa Charles. Quand il sera grand il ira te rechercher, il tuera tous les boches. Il est bien plus intelligent encore que le petit Fender. Et la petite sœur, un petit ange. Pauvre coco, elle rit toujours ; elle aura bientôt des dents. Elle est belle.

Je te quitte mon Charles. Je pense à toi, toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

 

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Et pendant ce temps là, Albert Thierry du côté d’Aix-Noulette :Les Carnets de guerre d’Albert Thierry : le 17 mai 1915

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Dimanche 16 mai 1915

Paul Hess

Depuis quelques jours, un calme relatif règne en ville, la nuit surtout, mais on entend les grondements sourds du canon au loin. vers Berry-au-Bac.

– Actuellement, une promenade dans Reims, le dimanche, donne une impression pénible de tristesse et de vide. Aucun autre bruit que celui du canon. La gare, avec sa façade labourée par les éclats d’obus, ses vitres brisées, les toits de ses dépendances défoncés, ses bâtiments et ses cours sans mouvement, paraît délaissée dans un état navrant d’abandon.

Toute une végétation s’est donnée libre cours, dans les ruines. L’herbe est haute sur les voies du chemin de fer ; elle pousse même dans certaines rues de la ville. Sans parler d’endroits peu passagers en temps ordinaire, tels que la place Godinot ou la rue de l’Abbé-de-l’Epée, d’autres emplacements, dans des voies comme les rues Jeanne d’Arc, Clovis, Châtivesle, sont tout verts. Sur la place du Parvis, sur la place d’Erlon même, les touffes pointent entre les pavés.

Les promenades sont désertes. Dans les quartiers non commerçants, on ne voit personne ; toutes les maisons se trouvent hermétiquement closes et, pour la plupart inhabitées.

Quelques rares passants se rencontrent seulement dans les artères principales. Par contre, on trouve une animation relative dans l’avenue de Paris et la rue de Courlancy. où se sont fixés quelques service, militaires ou civils. Au-delà du canal déjà, et passé le pont du chemin de fer d’Épernay, on croise des promeneurs ; ils ne sont pas en foule non plus mais cette partie de Reims présente un aspect tout différent. On s’y croirait dans une autre ville tenant garnison.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Source : Gallica

Source : Gallica


Cardinal Luçon

Dimanche 16 – Nuit tranquille. A 8 h deux aéroplanes, canonnades, bombes. Visite à Fismes ; à l’église, où j’ai fait allocution et à quatre ambulances. Gare aux galeux ! Aux ambulances établies, aux Écoles, pensionnat, hospice, au Collège Saint-Macre. Partout aimable accueil, photographie. Fête de Jeanne d’Arc ; Prières publiques.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Dimanche 16 Mai 1915. J’ai parlé trop vite hier. Nous avons une lettre de Charlotte. Elle nous dit qu’elle a été à la Croix rouge à Paris et qu’elle a su que toi et Paul vous étiez sur la liste de ceux dont on ne s’est pas encore occupé. Elle va faire les démarches. Elle dit qu’elle va travailler et faire des masques pour les soldats contre les bombes asphyxiantes.

Nous avons reçu aussi une lettre de ma tante Phénie. Elle est à Moussy, près d’Épernay. Elle se trouve bien ; elle demande de tes nouvelles et nous plaint. Oh oui mon Charles, c’est une triste année pour nous ! Vivement l’autre, nous serons peut-être plus heureux.

Tes petits cocos t’embrassent.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

le 16 pour Mr FRÈRE téléphoniste

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

Voir la suite sur le blog : Activités de Francette: septembre 1916 – janvier 1917 : 3e carnet de guerre de Renée MULLER


Sur le front : même jour : Le carnet de guerre d’Albert Thierry : le 16 mai 1915


 Dimanche 16 mai

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