Aujourd’hui, on peut enfin se procurer, à la maison H. Matot-Braine, des éphémérides et calendriers de 1915 – introuvables jusqu’alors.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
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Mercredi 20 – Nuit tranquille. Visite à Saint Benoît, à l’Ambulance rue Lesage. Reçu réponse de l’Évêque de Paderborn, à qui j’avais écrit pour le prier d’aider M. Badré à obtenir la révision de la sentence qui l’avait fait emmener prisonnier en Allemagne. M. Schulte répond qu’il l’y intéressera, et que s’il l’obtient, il m’avisera.

12 bombes à 4 h ½ rue Pluche.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

20 – Mercredi. Même temps qu’hier et comme d’habitude, canonnade et bombardement. Un obus sur la maison Boschet de la Haubette, nous n’entendons que peu de choses. A 6 h du soir on n’entend que peu de chose, c’est calme, mais ça ne peut durer. Le soir, la canonnade et le bombardement ont été très durs, 4 obus en 1/4 d’heure.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy

Mercredi 20 janvier

Canonnade en Belgique; duels d’artillerie également autour d’Arras, où la neige ralentit les opérations, mais où nos batteries lourdes ont le dessus; calme rétabli à la Boisselle, où nous avons réoccupé toutes nos positions; et aussi autour de Soissons; canonnades de Vailly à Reims; progrès de nos troupes au nord-ouest de Pont-à-Mousson, où une longue étendue de tranchées allemandes est tombée entre nos mains; canonnades enfin au col du Bonhomme et à Thann. Tel est le bilan de la journée.
M. de Heydebrand, chef du parti conservateur allemand, celui qu’on appelle le roi sans couronne, a prononcé un important discours à Magdebourg. Il a fait le procès de la diplomatie germanique qui, d’après lui, n’aurait pas été à la hauteur de sa tache, et a ajouté que l’Allemagne, étant isolée dans le monde, ne ferait la paix qu’à l’heure qui lui conviendrait.
Le prince de Galles s’est rencontré à Belfort avec M. Millerand, ministre de la Guerre, qui vient de visiter notre région de l’Est.
M. Ghenadieff, envoyé spécial bulgare à Rome, a déclaré une fois de plus que son pays resterait neutre. Il a ajouté que les rapports s’étaient améliorés entre la Bulgarie, d’une part, la Serbie et la Grèce, de l’autre.
Les Russes poursuivent leur cheminement, non seulement des deux côtés de la Vistule, mais encore sur le front de la Prusse orientale. On sait que trois de leurs armées y ont pénétré. Seule a éprouvé quelques difficultés celle du centre, qui a traversé la région difficile des lacs Mazures. Les Allemands prennent toutes mesures pour que ces lacs ne soient pas recouverts d’une couche de glace qui en permettrait le passage.
Au Caucase, l’armée russe a capturé, de nouveau, quantité de Turcs et enlevé plusieurs villages. Le gouvernement ottoman est obligé maintenant d’avouer sa défaite après l’avoir longtemps cachée.
Les socialistes italiens ont décidé, une fois de plus, de rester attachés à la neutralité, mais ils ont décidé également de ne pas exclure les interventionnistes, partisans de l’action armée contre l’Autriche, qui se trouveraient dans leurs rangs.

 

 

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