Abbé Rémi Thinot

17 JANVIER – dimanche -Mon impression dominante hier a été celle « du rien à faire ».

Le milieu n’a pas l’air de s’y prêter ; les aumôniers se la coulent douce. Aujourd’hui, j’entrevois que je pourrai risquer quelque chose. Je vais parler à l’Abbé Mandret… Je rêve des instructions à 5 heures…

A 4 heures 1/2, réunion des prêtres brancardiers dans la chambre de la chapelle de campagne. Je salue cordialement ces Messieurs, leur disant mon désir de leur rendre le moindre service moral ou matériel… Je crois qu’on m’a fait bon accueil. Ces Messieurs ne sont-ils pas les vrais aumôniers des régiments de la Division par leur situation, par leur mérite devant Dieu ?

Mon Dieu ; il y a du bien à faire ; donnez-moi lumière et force pour le faire.

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à Reims

Louis Guédet

Dimanche 17 janvier 1915 127ème et 125ème jours de bataille et de bombardement

A St Martin-aux-Champs (51)

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 17 – Nuit tranquille. Réponse au Cardinal Merry del Val, pour l’érection d’un monument à Pie X. Souscrit 1500 F + 200 F de Mgr Neveux. Bombes. Bombes sur l’église Saint-Benoît.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Eugène Chausson

17 – Dimanche – Toujours du mauvais temps. Le matin il tombe un peu de neige, il fait très froid. On parle de la reprise de Soissons par les Allemands. Ce qui me parait assez difficile, vu la crue de l’Aisne, il ne pouvaient pas la franchir plus que nous ; ce qu’ils ont pu faire, ce fut d’amener des masses de renforts sur cette position (Crouy etc.) et faire le coup d’effort qu’ils on fait, c’est à dire resserrer nos troupes sur l’inondation et ne pouvant traverser cette nappe d’eau ils ont pour une partie était faits prisonniers et un certain nombre de canons nous ont été pris par les Allemands, nos renforts n’ayant pu franchir non plus. Du reste, il y a lieu de croire que cette reprise de Soissons n’est qu’un canard, car ce n’est pas confirmé.

A midi, à Reims c’était encore calme mais la canonnade commençait un peu à se faire entendre et ce fut tout le reste de l’après-midi ainsi que toute la nuit une violente canonnade.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


Dimanche 17 janvier

Combat d’artillerie entre Nieuport et Ypres; nous prenons des tranchées dans le Nord et le Pas-de-Calais et y repoussons des attaques ennemies; autour de Soissons et de Reims, notre artillerie dissipe des rassemblements, provoque des explosions et démolit des ouvrages. Nous conquérons encore des tranchées à Perthes et à Beauséjour; nous refoulons une offensive à Flirey. Quelques engagements d’infanterie à la Tête-de-Faux dans les Vosges.
Les Russes cheminent en trois colonnes vers la Prusse orientale et la Prusse occidentale : par la Mazurie, par Mlava, par Sierpe. De ce dernier côté, ils ne sont plus qu’à 60 kilomètres de Thorn. Ils ont occupé toutes les passes des Carpates, entre la Galicie et la plaine hongroise, mais le froid et la neige y ralentissent les opérations.
La flotte turque a quitté la mer Noire, où la flotte russe a pris la supériorité, pour rentrer dans le Bosphore.
Des manifestations contre l’Italie ont eu lieu à Vienne et à Villach en Autriche. Celle de Vienne s’est produite devant l’ambassade. A Rome on prétend que ces démonstrations ont été organisées par le parti militaire autrichien.
La Roumanie a rappelé ceux de ses réservistes qui étaient à l’étranger.
Le ministre des Finances d’Allemagne, M. Kuehn, va se retirer : il allègue son état de santé, mais il est évident que cette maladie n’est qu’un prétexte. Son successeur désigné est M. Helferich, directeur de la Deutsche Bank.

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