Paul Hess

3 octobre – La nuit passée a été très calme ; on a pu, cette fois se reposer. Cependant, dans la matinée, de nombreux projectiles sont encore arrivés aux extrémités de la ville, en réponse au tir de nos batteries

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. 9 h coups de canon, bombes. Bombes nombreuses dans la matinée et dans l’après-midi, de 2 h à 2 h 1/2.

Nuit assez calme ; combats au loin

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Gaston Dorigny

Hélas non, l’ennemi est toujours là, le canon tonne encore toute la journée. A neuf heures ½ du matin un obus tombe aux environs de la poste provisoire rue Libergier. On aperçoit au dessus de nous deux aéroplanes, un allemand et un français. Ils paraissent se faire la chasse. En effet ils se combattent là-haut et après peu de temps, le nôtre abat l’avion ennemi qui tombe en feu.

Gaston Dorigny
Taube

Taube

Paul Dupuy

3 octobre 10H Départ de M. Hénin allant aider la caravane dans son retour.

Il évite Bezannes, occupé par un État-major qui rend le passage particulièrement difficile en lui montrant la presque impossibilité qu’il y aura pour le groupe de fléchir la consigne.

A l’appui de cette opinion vient s’ajouter, à Sacy l’affirmation, donnée par un gendarme, qu’on ne laissera certainement pas franchir le village en question on renonce donc à tenter l’aventure, et Hénin revient seul en prenant des chemins de terre un peu exposés.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires

Samedi 3 octobre

Le combat de la Somme se déploie de plus en plus vers le Nord. Nous avons légèrement reculé au nord d’Arras, mais nous progressons au sud de cette ville et dans l’Argonne.
Le succès des Russes sur les Allemands dans le gouvernement de Suwalki apparaît maintenant foudroyant. La forteresse d’Ossowietz a mis ses agresseurs en fuite.
Les Austro-Allemands ont concentré des forces considérables autour de Cracovie et la bataille serait même engagée devant cette ville. Les forces russes sont là plus nombreuses peut-être que celles de leurs adversaires.
L’avance des troupes du tsar dans les districts hongrois au sud des Carpates ne semble pas s’être ralentie.
Les nouvelles qui arrivent de Belgique continuent à être satisfaisantes. Les forts de la première ligne retranchée d’Anvers tiennent très bien contre les attaques allemandes. Le roi Albert Ier a prononcé une harangue très réconfortante pour ses troupes. Les Belges ont d’ailleurs réussi, par un stratagème habile, à obstruer la voie ferrée entre Mons et Bruxelles.
On publie un propos méprisant que Guillaume II a tenu sur la valeur de l’armée anglaise et les journaux britanniques le relèvent comme il convient.
L’Italie a réclamé des indemnités à l’Autriche pour ceux de ses bâtiments de pêche qui ont été coulés par des mines dans la mer Adriatique.

 

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