Paul Hess

Dès 4 heures du matin, le canon recommence à tonner à proximité de la ville ; on entend encore mieux qu’hier la fusillade et les mitrailleuses.

La canonnade s’accentue de plus en plus ; nous nous rendons compte qu’un terrible duel, entre les pièces de différents calibres, est engagé depuis le petit jour.

Les rafales de coups de canon paraissant d’instant en instant moins éloignées, j’ai la curiosité de m’assurer, à plusieurs moments de la journée, si nous ne nous faisons pas illusion à ce sujet. Non, car j’ai pu voir parfaitement, à l’aide d’une jumelle, du haut des magasins de l’établissement, les nuages de fumée de l’artillerie, dans la direction des Mesneux et constater qu’ils se rapprochaient.

Quelquefois, les détonations deviennent si violentes que toutes les vitres tremblent aux fenêtres de notre appartement ; certains coups font vibrer la maison tout entière. Il paraît, d’ailleurs, que les Allemands sont près de la Maison-Blanche et que les troupes françaises viennent de la montagne de Reims.

Dans le courant de la matinée, vers 11 heures, on est venu de la maison Minelle, dire aux ouvriers occupés à la pose des vitres, dans nos magasins du mont-de-piété, de rentrer chez eux.

Reims est désert. Chacun attend chez soi les événements.

– Le journal Le Courrier de la Champagne de ce jour, samedi 12 septembre 1914, avant tout article, a imprimé en lettres majuscules ce qui suit, sans titre, dans sa première colonne :

« Quelles que soient les impressions intimes que peuvent éveiller les nouvelles, vraies ou fausses, qui circulent à tout instant, il est nécessaire que la population reste absolument calme et réservée ; il y va de sa dignité comme de sa sécurité.

Les événements présentent souvent des alternatives diverses, tant que des solutions définitives ne sont pas intervenues.

La ville de Reims, ouverte aux mouvements de troupes et désireuse de rester en dehors de toute action militaire, doit se montrer correcte et déférente vis-à-vis des autorités et des troupes allemandes, hospitalière et bienveillante pour les blessés, comme elle l’a été jusqu’ici. »

En deuxième page, il rappelle aux habitants qu’

il est formellement interdit de stationner et de former, sans aucun prétexte, des attroupements sur la voie publique, notamment dans les grandes artères et sur les places publiques, où les troupes sont appelées à circuler ou à cantonner.

Dans un court article, faisant suite à son entrefilet d’hier, il dit encore, sous ce titre :

« A propos des moteurs du champ d’aviation

Nous pouvons ajouter à notre information d’hier, qu’au moment de quitter leurs hangars, nos aviateurs ont retiré des moteurs une pièce importante, ce qui en empêche le fonctionnement. C’est ainsi, du reste, que l’on procède pour les pièces d’artillerie que l’on est obligé de laisser entre les mains des ennemis ; on en retire les culasses pour les rendre inutilisables. »

Il nous apprend, en outre, que le troisième fils du Kaiser, Prince Auguste-Guillaume, se trouve à Reims depuis deux jours, qu’il est descendu au Grand-Hôtel, où il occupe, au premier étage, la chambre n° 23 et qu’en raison de sa présence, les abords de l’hôtel sont sévèrement interdits à la circulation.

– Vers 15 heures, un nouveau roulement de voitures se fait entendre. De nos fenêtres, sur la rue de la Grue, nous voyons remonter la rue Cérès par une longue file d’autos, caissons, etc. ; elle est suivie de cavaliers puis de fantassins et d’artillerie, enfin d’un mélange assez confus des armes, donnant cette fois l’impression d’une retraite précipitée.

Une demi-heure auparavant, six soldats d’infanterie étaient arrivés chez une voisine d’en face, Mme Erard et cela m’avait donné à penser, tout de suite, que mon tour d’héberger des Allemands n’allait pas tarder. Jusqu’à présent, j’étais plutôt surpris de n’en avoir pas eu à recevoir, soit pour les voir effectuer des réquisitions dans nos magasins, soit pour les loger. Je me crois donc obligé de demeurer chez moi, à attendre, lorsqu’un coup de sonnette au n° 12, encore chez la même voisine, m’attire à la fenêtre.

Je reconnais, tandis qu’il attend qu’on ouvre, un cycliste militaire qui avait amené là, tout à l’heure, les fantassins et qui revient sans doute les chercher, puisque tous sortent presque aussitôt. Ces soldats discutent un moment sous nos fenêtres, le temps de remettre leur sac au dos, et s’en vont. Il devient évident que cela ne va décidément plus pour l’armée allemande. Je vais dont être sûrement exonéré de logement et, du coup, je ne puis que me réjouir du contretemps survenu si vite pour troubler la quiétude de ces hommes.

Les troupes diverses continuent à passer, rue Cérès, l’infanterie chantant sans enthousiasme, comme elle chantait le 4, en faisant son entrée dans Reims et je m’aperçois que nos quasi-voisins d’une demi-heure à peine, ont été prévenus rapidement d’avoir à suivre les derniers éléments de la colonne qui part, cette fois, presque en cohue.

A distance, nous avons remarqué, dans le défilé, encadré de nombreux soldats baïonnette au canon, un groupe très important de civils, la plupart marchant avec leur parapluie ouvert, en raison du mauvais temps, ce qui nous a empêchés de les reconnaître. Nous sommes fortement intrigués, nous demandant quels sont ces hommes et où on les conduit, mais nous apprenons plus tard qu’il s’agissait des otages.

Les autorités militaires allemandes, après s’être assurées, dans la matinée, à la mairie, des personnes du maire, M. le Dr Langlet et de M. Bergue qui lui servait d’interprète, qu’elles conduisirent immédiatement au Lion d’Or ; de celles de Mgr Neveux et de M. l’abbé Camu, qui s’étaient présentés à la Kommandantur, en vue d’intervenir au sujet de l’arrestation arbitraire de deux prêtres du diocèse, avaient demandé l’élaboration rapide d’une liste de cent noms, à choisir dans tous les milieux sociaux et dans tous les partis politiques. Cette liste avait été établie avec l’aide de MM. Eug. Gosset, président de la chambre de commerce, Rousseau, adjoint au maire et Raïssac, secrétaire en chef de la mairie – pas assez vite, au gré des Allemands – car le temps pressait, et avant même qu’elle ne fût complètement terminée, ces messieurs furent obligés d’aller chercher les futurs otages à leur domicile, escortés de soldats en armes.

Une proclamation, portant la liste des otages désignés, avait été rédigée et traduite en français, pour être imprimée aussitôt et placardée. Elle disait ceci :

« Proclamation

Dans le cas où un combat serait livré aujourd’hui ou très prochainement aux environs de Reims ou dans la ville même, les habitants sont avisés qu’ils devront se tenir absolument calmes et n’essayer en aucune manière de prendre part à la bataille. Ils ne doivent tenter d’attaquer ni des soldats isolés ni des détachements de l’armée allemande. Il est formellement interdit d’élever des barricades ou de dépaver les rues, de façon à ne pas gêner les mouvements des troupes, en un mot de n’entreprendre quoi que ce soit qui puisse être d’une façon quelconque nuisible à l’armée allemande.

Afin d’assurer suffisamment la sécurité des troupes, et afin de répondre du calme de la population de Reims, les personnes nommées ci-après ont été prises en otages par le commandement général de l’armée allemande. Ces otages seront pendus à la moindre tentative de désordre. De même, la ville sera entièrement ou partiellement brûlée et les habitants pendus si une infraction quelconque est commise aux prescriptions précédentes.

Par contre, si la ville se situe absolument tranquille et calme, les otages et les habitants seront pris sous la sauvegarde de l’armée allemande.

Par ordre de l’autorité allemande,
Le maire, Dr Langlet.
Reims, le 12 septembre 1914″

La deuxième partie de cette proclamation était en italiques et le passage « ces otages seront pendus », avait amené des protestations de la part du maire et de ceux de nos concitoyens collaborant à la rédaction ou à sa traduction. Ils avaient demandé, paraît-il, que conformément aux lois de la guerre, cette expression fût remplacée par « seront fusillés » – mais satisfaction ne leur avait pas été donnée. La dite proclamation était suivie de la liste des noms de quatre-vingt-un des habitants de Reims ; elle se terminait, après le dernier nom, de celui de M. l’abbé Maitrehut, par ces mots « et quelques autres ».

En même temps que la publication de cette liste, un nouvel appel à la population rémoise était également affiché. Voici son texte :

« Appel à la population rémoise Chers concitoyens,

Aujourd’hui et les jours suivants, plusieurs d’entre vous, notables et ouvriers, seront retenus comme otages pour garantir vis-à-vis de l’autorité allemande le calme et le bon ordre que vos représentants ont promis en votre nom.

Il y va de leur sécurité, de la sauvegarde de la ville et de vos propres intérêts que vous ne fassiez rien qui puisse démentir ces engagements et compromettre l’avenir.

Ayez conscience de votre responsabilité et facilitez notre tâche.

Hommes, femmes, enfants, restez le plus possible dans vos demeures, évitez toute discussion.

Nous comptons que vous serez à la hauteur de la situation. Tout attroupement est absolument interdit et sera aussitôt dispersé.

Les adjoints : L. Rousseau, Dr Jacquin, Em. Charbonneaux,  J. de Bruignac  »
Le maire :  J.B. Langlet

 

Un certain nombre de ceux dont les noms avaient été portés éventuellement sur la liste des otages, n’ayant pas été trouvés à leur domicile, furent remplacés d’urgence par d’autres habitants désignés pour les suppléer et c’étaient ces malheureux, retenus au dernier moment, que nous venions de voir emmener.

Ils ne savaient s’ils partaient pour longtemps, lorsque arrivés à peu près à un kilomètre au delà du passage à niveau de Witry, sur la route de Rethel, l’officier qui les surveillait leur fit faire halte pour se ranger au bord de la route, puis s’adressant au maire, il dit quelques mots parmi lesquels ils retinrent surtout ceux-ci :

« Il n’y a pas eu de désordre à Reims ; vous êtes tous libres. Vous pouvez rentrer chez vous. »

On peut imaginer la joie qu’éprouvèrent instantanément ces pauvres gens qui ne pensaient pas recouvrer sitôt leur liberté. Aussi, quelque-uns d’entre eux voulant en jouir immédiatement, tentèrent-ils de rompre tout de suite le contact en s’égaillant dans les champs, malgré la pluie, mais des soldats lancés à leurs trousses, leur firent rebrousser chemin par la route, que les troupes suivaient encore et qu’ils reprirent en sens inverse pour rentrer à Reims. Les plus âgés étaient exténués. Le Dr Langlet, très fatigué, devait être soutenu par les deux bras.

Les Rémois, otages de fait, avaient eu de terribles angoisses au cours de cette longue journée. Leurs noms ne correspondant plus exactement avec ceux portés sur la liste faisant suite à la proclamation affichée dans l’après-midi, furent cités dans les numéros du Courrier de la Champagne, des 13, 14 & 15 septembre 1914. D’après ses indications et sauf omissions qui seraient infiniment regrettables, le cortège emmené par les Allemands était composé de : M. le Dr Langlet, maire, Mgr Neveux, M. l’abbé Camu, M. l’abbé Andrieux, MM. Mennesson-Dupont, Demaison, Bataille, Lapchin père, Guernier, Pérot, Ducrot, Menu, P. Jolly, Weiland, Mathieu, Bernard-Cahen, Lorin, Cahen Edouart, Fribourg, Fournier, Pétrement, G. Bonnet, Mars-Antony, Patoux, Osouf, R. de la Morinerie, M. Farre, R. de Bary, F. Kunkelmann, Lethwaitte, Cabanis, Lemaire, Em. Wenz, Ternier, Guerlin-Martin, Pingot, Dallemand, Putz, Latarget, Benoist, Lavoine, Stever, Bouy, Suffert, Darcq, Foureaux, Reuteler, Peltier, Sarrazin débittant, Colignon, Monimart père, Coty, Charlier, Cabay, Brimont, Plichon, Catoire, Lacomblin, Robin, Dorget, Moulet, Triquenaux, Huct, Adam, Savar, Gaillard, Wilmet, Muzin, Legrand, Etienne, Boudin, Abelé, Léon Collet, de Jivigny, Drancourt, Vanier, Gaudefroy-Sichard, Kanengieser, Gomont, Vor Morteau, Benj. Mennesson, Raimbeau, Rémia ou Remier, Saint-Aubin, Touyard, Martin.

Enfin, ce samedi 12 septembre 1914 vécu au milieu d’une atmosphère de bataille toute proche, susceptible peut-être de reprendre et de continuer dans nos murs si l’ennemi n’a pas complètement abandonné Reims, se termine, pour nous dans une grande inquiétude.

Depuis le commencement de la nuit, le ciel s’est empourpré de lueurs qui s’étendent et rougeoient de plus en plus, malgré la pluie diluvienne.

Les Allemands auraient-ils mis le feu à la ville, après avoir, vers 19 h incendié les magasins à fourrage du Petit-Bétheny, qu’ils avaient arrosés d’essence ?

Malgré le désir d’avoir quelques nouvelles, j’ai évité de circuler aujourd’hui – et ce soir, à la maison, nous sommes plongés dans une incertitude complète.

Paul Hess dans La vie à Reims pendant la guerre de 1914-1918

Gaston Dorigny

Aussitôt 8 heures du matin on entend le bruit sourd du canon. Ce bruit se rapproche régulièrement et les troupes allemandes reculent après avoir, au moyen de plus de cent automobiles, emporté leurs blessés. On avait fait mettre pour eux de la paille plein la cathédrale mais ils n’ont pas eu le temps de l’occuper, devant se replier avec précipitation. A noter le passage dans l’avenue de Laon d’un convoi d’au moins 300 prisonniers français, dont plusieurs du 332e emmenés vers la Neuvillette par des allemands baïonnette au canon.

La canonnade qui ne cesse de faire rage se rapproche sans cesse et ne se termine qu’à six heures ½ du soir – Reims s’endort à la lueur des incendies allumés par les Allemands dans trois endroits différents et principalement au parc à fourrage qui est entièrement détruit.

C’est après une bataille de dix heures sans arrêt que la population peut essayer de se reposer.

Gaston Deorigny

Paul Dupuy

Encore grand va-et-vient dans la nuit du 11 et 12.

Dans la soirée d’hier on a tiré, avenue de Paris, sur les Allemands, ce qui a failli nous amener de terribles représailles ; mais le coupable ayant été saisi et fusillé, et sa maison brûlée, il y a tout lieu, ce matin, d’espérer que l’incident est terminé.

Ceci incite le commandant d’armes à exiger de la Municipalité une liste d’otages éventuels comportant des noms de toutes les classes de la société, et principalement d’ouvriers, car c’est dans l’un de ces derniers qu’il voit le coupable de l’attentat de la veille.

C’est à ce titre d’otage que Mr Guédet, accompagné de M.M. Fréville, Lejeune et Rohart, a passé la dernière nuit au Lion d’Or ; ces notables encadraient la chambre dans laquelle reposait le prince Henri de Prusse, cousin de l’Empereur.

Dès 8 heures une canonnade lointaine commence à gronder ; elle ne doit durer que jusque 19H15 allant toujours en progressant et finissant à tonner sans une minute d’interruption à partir de 11 heures. Les mitrailleuses sont aussi de la partie, et comme c’est tout à l’entour immédiat de Reims que se livre cette bataille, la situation n’est vraiment pas gaie pour ceux qui ne peuvent que se terrer chez eux dans l’ignorance de la conclusion du combat.

Les rues ne sont parcourues que par les troupes et services allemands qui exécutent en bon ordre, en chantant même, leur mouvement rétrograde.

À 17H un automobiliste du service municipal vient afficher en face du 23 une proclamation, sur papier vert, menaçant de pendaison pour les individus et d’incendie pour le quartier toute entrave qui serait apportée par les civils aux évolutions des troupes.

Avec les lueurs de deux incendies aperçues à 21 heures, ce sont les seules nouvelles que nous ait apportées cette lugubre journée.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires

Juliette Breyer

C’est aujourd’hui samedi. Toute la journée on a entendu très fort le canon. Il se rapproche. D’anciens disent qu’il va y avoir une bataille dans Reims.

M. Viot me conseille de me rendre chez Pommery avec mes parents. Lui y a conduit sa femme. Je suis longue à me décider mais je pense à André : il faut que je le mette à l’abri, surtout si ce n’est que pour une journée. Ton papa me le conseille aussi.

Il est deux heures après-midi. Je prends quelques conserves et je m’en vais. En passant devant le 22e, quelques Allemands sont assis sur le pas de porte. Un garde civil qui est avec eux pour leur servir d’interprète et qui d’habitude travaille chez Mignot m’aperçoit. Il traverse la route et me fait signe d’arrêter.

« Vous avez fermé votre magasin, me dit-il, vous avez eu raison, mais n’ayez crainte,  nous serons bientôt libres. Voyez là-bas sur la cathédrale, il y a un quart d’heure l’état-major allemand y était encore à surveiller le combat. Il n’y est plus, c’est parce que les leurs battent en retraite. D’ailleurs un chef avec qui j’étais tout à l’heure me l’a dit. Nous nous sommes laissés prendre au piège, tant pis pour nous. Mais il faut que je vous quitte car on nous regarde ».

J’avance et j’arrive chez maman. Ils m’attendent. Nous partons. Arrivés à Passini, deux Prussiens descendent en vélo. L’un d’eux s’arrête mais il s’exprime en allemand. ; nous ne comprenons pas. Enfin il sort un carnet de sa poche et c’est inscrit Nogent l’Abbesse. Ainsi c’est la route de Nogent qu’il demande. Nous n’avons pas le temps de lui répondre : un convoi de munitions sans doute monte la route de Chalons et celui qui est en tête vient de rappeler les deux cyclistes. La route, ils la connaissent mieux que nous. En dix jours ils ont eu le temps de connaître les alentours.

Nous rentrons chez Pommery. On s’installe le mieux possible dans le fond du cellier Jeanne d’Arc et nous attendons les évènements. Les Prussiens qui étaient à la maison sont partis aussi. Mon dieu, que tout cela est long.

La canonnade continue toujours. A six heures on a fermé toutes les portes et défense de sortir. Alors nous voilà forcés de passer la nuit là. On nous arrange le mieux possible et à contrecœur nous nous couchons. Encore bon que j’avais pris des affaires chaudes à André.

Enfin aussitôt le jour on vient nous apprendre que l’on a vu des chasseurs à pied dans Sainte-Anne. Alors tout le monde s’en va joyeux et on n’entend plus que « Vivent les Français ».

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

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Dimanche 12 septembre

Activité d’artillerie en Artois (Neuville, Roclincourt, sud d’Arras), et au sud de la Somme, aux environs de Roye.
Entre Somme et Oise, lutte de mines (Fay). Nous avons bombardé les tranchées et travaux ennemis.
Sur le canal de l’Aisne à la Marne, les Allemands ont tenté, à deux reprises, un coup de main, près de Sapigneul. Ils ont été repoussés.
Combats à coups de bombes et de pétards en Argonne, à Saint-Hubert et aux Courtes-Chausses.
Canonnade à l’est des Eparges et en Lorraine (Arracourt, Parroy, Leintrey, régions de la Loutre et de la Vezouse).
L’Allemagne a adressé aux États-Unis une réponse qui constitue une sorte de défi au sujet de l’Arabic. Elle prétend que l’Arabic avait voulu attaquer le sous-marin qui l’a torpillé.
Les Russes contiennent victorieusement l’ennemi sur tout le front de la Drina au Sereth. Ils ont même repris l’offensive sur quelques points et capturé 5000 Autrichiens en Galicie.
Le gouvernement russe négocie avec le parti progressiste de la Douma au sujet des remaniements d’ordre constitutionnel à opérer.
Une fois de plus, mais sans fournir une preuve sérieuse, la presse allemande donne l’accord turco-bulgare comme conclu.
Le cargo-boat Aude a été torpillé en Méditerranée. Il n’y a pas eu de pertes de vies humaines.

 

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